Couple : Kakashi Hatake x Obito Uchiwa

Genres : Romance – Humour – Tranche de vie / One-shot

Rating : +16

Résumé : « — Ne m’approche pas, ne me touche pas, ne me regarde pas ! »

Kakashi était en train de fondre, la dernière chose dont il avait besoin, c’était sa fournaise de compagnon.

Bonne lecture !


— Ne me touche même pas.

— Mais… Câlin ?

— Ne m’approche pas, ne me touche pas, ne me regarde pas !

Obito arborait une expression de chien battue. Elle avait autant d’efficacité auprès de Kakashi qu’auprès n’importe quel membre du clan Inuzuka. Autant dire, aucune.

Comment avait-il même pu croire que ça fonctionnerait, lui qui avait établi un contrat avec une meute de huit chiens ?

— Mais…

Mais toujours rien. Son partenaire se contentant de l’observer de loin, l’expression aussi froide que les températures dont il rêvait actuellement.

Bien sûr, avec leur affinité naturelle avec le Katon, les Uchiwa n’étaient pas aussi atteints par la vague de chaleur que la plupart des habitants de Konoha, particulièrement les civils qui ne pouvaient ou ne savaient pas manipuler leur chakra afin d’aider leurs corps à se protéger de la déshydratation et autres désagréments liés à la météo, ou encore les manipulateurs de Suiton qui n’avaient plus assez de sueurs à produire.

Kakashi n’avait pas le Suiton comme affinité, mais il faisait partie des natures qu’il maîtrisait, à l’égal des trois restantes. Cependant, c’était surtout sa peau claire qui faisait du soleil son ennemi.

Il fusillait donc du regard son compagnon qui tentait d’amorcer un rapprochement entre leurs corps, rapprochement non sollicité et rejeté par des remarques cinglantes, tant qu’il en avait encore l’énergie.

Et dire qu’il était encore au Pays de la Neige, il y avait moins d’une semaine ! S’il l’avait su, non seulement il aurait repoussé son retour de mission d’au moins une semaine, voire plus, mais surtout, il se serait roulé dans la poudreuse à en devenir bleu de froid !

À la place, il était en cours de transformation en flaque, sur l’engawa de la maison familiale, avec un fourneau humain en manque d’affection physique.

Plus épuisé encore par l’accumulation liée à la situation actuelle, le jōnin signa rapidement, juste de quoi créer un jet d’eau qu’il projeta sur l’autre mille-pattes.

— De quoi refroidir tes ardeurs, déclara-t-il.

— Mes… Kashi ! s’exclama-t-il.

Bien malgré lui, il ouvrit un œil en sa direction, lui faisant regretter toujours plus à quel point la température lui clouait les membres et asséchait sa libido. Son compagnon trempé était un vrai régal pour ses yeux et il ne pouvait même pas en profiter !

— Ne me traite pas comme un chiot entêté !

— Ah bon ? Alors, dis-moi quelle différence y a-t-il entre toi et Bull à cinq mois ?

Le chiot avait vraiment mal pris sa poussée de croissance, affectueux comme il l’était. C’était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Pakkun se perchait sur lui, l’apaisant dans ses besoins croissants d’attentions, malgré sa taille et son poids l’empêchant de se réfugier dans les bras de son invocateur, comme il en avait pris l’habitude, plus jeune.

Obito, lui, continuait de présenter une apparence entre le charmeur et le pitoyable, entre sa tenue et ses cheveux maintenant collés à sa peau, le tissu soulignant son corps à grand renfort de faux plis, pendant qu’il faisait la moue, le regard humide – mais pas des suites du jutsu.

Tous les deux savaient que c’était surtout une guerre de nerfs et chacun utilisait sa méthode préférée. Kakashi et son océan de patience, Obito et son entêtement sans égal (et son corps, bien sûr).

— J’ai dit non. D’ordinaire, je n’ai pas à me répéter. Même mes ninken l’ont compris depuis longtemps !

Boudeur d’être de nouveau comparé à ses invocations, le concerné croisa les bras et détourna le visage.

Certes, il avait parfaitement compris le refus de son compagnon, et plus encore ses raisons. Et c’est vrai qu’en temps normal, il passerait à autre chose.

Cependant, il semblerait que la hausse soudaine du thermomètre avait allumé un feu différent d’à l’ordinaire auprès des membres de son clan, lui inclus.

Le taux de natalité allait avoir une surprise, d’ici neuf mois…

Il n’y avait pas trop pensé, alors qu’il avait observé les couples de différents âges se poursuivre d’un air affamé ou les portes et volets fermés, alors qu’il était allé saluer sa grand-mère, à l’enceinte.

Il avait été trop jeune, lors de la précédente canicule, pour comprendre.

Shisui l’avait taquiné en passant, alors qu’il lui avait demandé pourquoi il était si pressé – enfin, Shisui avait toujours été pressé – disparaissant à son tour, bien qu’Obito n’avait pas eu le temps de bien voir de qui il avait été accompagné.

Ce ne fut qu’une fois rentré chez eux, en apercevant son partenaire alangui sur l’engawa, qu’il comprit un peu mieux l’étrange phénomène qui avait court au cœur de l’enceinte Uchiwa, celui-ci semblant soudainement prendre possession de lui, à son tour.

Clairement, Kakashi n’avait pas eu l’intention d’être particulièrement séducteur, s’était sûrement effondré sur la première parcelle de bois frais qu’il avait déniché, se débarrassant d’autant de couches que le voisinage lui permettait, remplaçant son éternel masque par un de ses Icha Icha ouvert, couvrant la moitié inférieure de son visage ainsi.

C’était plus un tas de membres suant imitant une étoile de mer que le shinobi attrayant qui l’avait embrassé pendant les feux d’artifices, quelques années auparavant, mais c’était sans doute ce que les gens voulaient dire quand ils répétaient que l’amour rendait aveugle.

Parce qu’actuellement, il trouvait cette étoile de mer bien plus attractive que le bel homme se confessant au festival Rinne.

Ou peut-être que ses derniers neurones avaient finalement fondus, comme on l’en avait menacé depuis sa première boule de feu…

— Et si je ne te touche pas ? tenta-t-il de marchander.

Le regard sceptique qu’il obtint lui arracha une nouvelle moue.

Bon, il ne pouvait pas lui donner tort, même lui ne s’était pas convaincu.

De son côté, Kakashi commençait doucement à réfléchir à l’idée.

Ce n’était pas tant pour abdiquer et lui faire plaisir, mais bien pour le sien propre.

L’apparence mister t-shirt mouillé avait pratiquement disparu entre les températures combinées, à son grand regret, mais ce n’était pas comme si son compagnon manquait d’intérêt le reste du temps. Ils se connaissaient depuis des années, étaient intimes depuis une partie d’entre elles et le charme opérait toujours sur lui.

Sauf qu’il faisait trop chaud pour ne serait que lever un sourcil.

Alors, autre chose…

La bouche se tordant d’un sourire amusé par anticipation, il claqua des doigts, attirant l’attention sur lui. Il se redressa légèrement sur les coudes, le livre glissant de son visage.

— Si tu m’emmènes n’importe où de plus frais qu’ici, je pourrais repenser à la question. Peut-être.

Obito se redressa subitement, presque au garde à vous, alors que son regard croisait celui de son interlocuteur. L’étincelle qu’il y aperçut renforça sa détermination et il ne fallut pas attendre long pour que Kamui les engloutisse tous les deux, le bois cédant la place aux blocs de pierre.

Autant Kakashi avait deviné que la technique allait être invoquée, autant il fut un peu déçu que ça ne soit pas uniquement comme moyen de transport, pour une destination plus rafraichissante, faisant la moue à son tour.

— C’est tout ce que je mérite ? La caverne aux mille cailloux ? renifla-t-il.

Mobilisant ses muscles épuisés, il s’assit, brossant la peau nue des minuscules gravillons et autres bouts de terre qui s’y étaient accrochés.

— Il fait frais et personne ne peut nous interrompre, ici ! se défendit Obito.

Lui jetant un regard peu impressionné par-dessus son épaule, son compagnon se tenta à glisser une main dans les mèches humides pour les décoller de son front mais c’était peine perdue.

Pendant ce temps, l’Uchiwa s’était rapproché, s’asseyant sagement à porté de bras. Il n’avait pas particulièrement tenté d’être discret – ce n’était pas une embuscade – mais garda docilement le silence, muselant son impatience autant qu’il le pouvait, alors que Kakashi avait pris le parti de l’asticoter en prenant tout son temps, tous les deux parfaitement conscients du manège de l’autre.

— Tu as l’intention de rester habillé ? finit par lancer le plus jeune.

Un Obito excité était un un Obito maladroit et brouillon. Pour le plus grand plaisir de Kakashi, le shinobi sauta aussitôt sur ses pieds et manqua à plusieurs reprises de tomber à la renverse alors qu’il quittait ses vêtements, rappelant l’enfant qu’il avait été dans son empressement maladroit à obéir.

Mais, heureusement, il n’y avait plus rien chez lui qui rappelait ledit enfant.

Lorsqu’il reprit sa place de plus tôt, de la vapeur lui sortant pratiquement des narines, son compagnon dut cacher le sourire attendri qui lui était venu, face au spectacle, lui indiquant plutôt de se rapprocher de la main, ce qu’il fit aussitôt.

La peau sous son toucher était presque aussi moite que la sienne. Être plus résistant à la chaleur ne signifiait pas que le clan n’y était pas insensible pour autant, un léger voile de transpiration couvrant la peau dorée.

Pour un civil, ce serait sans doute un motif de recul, mais pour deux shinobi ayant fait bien pire dans des conditions plus désastreuses encore…

Il se pencha, pour l’embrasser, mais Obito fut plus rapide que lui, réduisant la distance entre eux avant qu’il ne puisse le faire, pressant leurs lèvres précipitamment.

Sans doute ce baiser aurait-il duré en d’autres temps.

Mais cette fois, Kakashi l’attrapa par la nuque, le forçant à reculer, brisant le baiser, une étincelle amusée dansant dans le gris de ses yeux alors que ceux de son partenaire arboraient de nouveau cette expression de chien battu.

— As-tu vraiment cru que tu étais celui aux ordres ? On dirait bien qu’il va falloir reprendre le dressage depuis le début…

Il ne le tenait que d’une main et lui-même était encore en possession de tous ses moyens, mais Obito se contenta de déglutir – d’embarras ou d’excitation, il n’en était pas encore sûr – et d’attendre la suite, soudainement plus patient que jamais.

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