— Il aurait un genre de tonic dont les résultats seraient fabuleux ! Apparemment, ça soignerait tout, des maux de gorge aux relations amoureuses.

— Moins fort, Sakura, murmura Naruto.

— Pourquoi tant de monde aujourd’hui ? maugréa Sasuke.

La tête rentrée entre les épaules, le trio tentait de passer inaperçu, portant des vêtements décontractés et amples, les deux garçons ajoutant une casquette enfoncée jusqu’aux oreilles pour camoufler leurs chevelures caractéristiques.

— C’est par là.

Focalisés sur leur besoin de ne pas être remarqués, ils rasaient les murs, évitant ainsi les posters et autres flyers barrés d’un grand nuage rouge sur fond noir, annonçant un concert gratuit imminent.

— Les Akatsuki ?

— Jamais entendu parler. On teste ? C’est dans moins de deux heures…

La ruelle dans laquelle ils avaient bifurqué n’était pas inquiétante, mais elle restait déserte et sale.

— On y est !

La devanture ne payait clairement pas de mine et il n’y avait bien que Sakura a avoir l’air excité à l’idée de rentrer.

— Rappelle-moi… Comment tu as entendu parler de ce… Docteur Kabuto ? l’interrogea le malade.

— Internet ! Enfin, j’ai affiné mes recherches sur Internet, mais c’est Hinata qui me l’a conseillé. Elle a eu des soucis de voix, il y a deux ans, tu t’en souviens ? Il paraît qu’elle aurait consulté ici, et elle va très bien depuis !

Profitant qu’elle ne la regardait pas, Naruto se pinça la racine du nez, légèrement inquiet. En tant que chanteuse principale de THRICE, Hinata était une référence dans leur situation, bien sûr, mais c’était aussi une jeune femme crédule et superstitieuse. Connaissant les deux autres membres de son groupe, elles avaient dû la gaver de vrais remèdes dans son dos.

— Qu’est-ce qui pourrait mal se passer, après tout, grogna-t-il entre ses dents.

— C’est l’esprit !

Et elle ouvrit énergiquement les portes battantes.

— Vite, avant qu’on nous repère !

Ils se retrouvèrent rapidement assis dans la salle de consultation du praticien, pendant que celui-ci faisait ils-ne-savaient-quoi. Sakura feuilletait un magazine mis à disposition, dont ils avaient fait la couverture le mois précédent, pendant que Sasuke scrutait les décorations murales, un sourcil arqué.

Il y avait là bon nombre de photos dédicacées de célébrités posant avec le Docteur Kabuto, comme gage d’efficacité, en plus de ses diplômes encadrés. Ça pouvait autant être une faute de goût qu’une tentative de cacher son charlatanisme…

Quand le médecin passa la porte, ils sautèrent tous les trois sur leurs pieds pour s’incliner en salutations, ce qui fut accueilli d’un geste débonnaire de la main.

— Monsieur Naruto ! Je vous en prie, inutile de vous présenter, asseyez-vous tous.

Le chanteur se sentit soudainement bien seul, sur sa petite chaise, alors que le praticien se concentrait subitement sur lui.

— Vous auriez donc un problème avec votre voix, débuta-t-il.

— Oui ! jaillit Sakura en abandonnant sa lecture. C’est pour ça qu’on voudrait un de vos tonics. Du genre super efficace et qui fasse effet vite.

Bien que ce fut elle qui avait trouvé ce Kabuto, il n’avait pas été simple de la persuader de prendre ce raccourci. Et, finalement, elle semblait la plus impliquée dans cette affaire.

Ça tombait bien, Naruto se sentait comme une souris prise au piège et avait seulement envie de détaler.

— Je vois. Permettez-moi de regarder ?

Il abaissa ses lunettes, tout en penchant la tête. Aussitôt, le nouveau patient ouvrit la bouche le plus largement possible.

— Non non. Pour soigner une partie, nous avons besoin de prendre en compte toute la globalité.

Naruto eut juste le temps de fermer la bouche avant qu’après un grognement exagéré, le soignant ne s’approche de beaucoup trop près, les yeux pratiquement exorbités.

C’était le moment où il partait en courant, non ?

Il eut juste le temps de censurer un mouvement de recul que le docteur se redressa, se frottant le menton.

— Je vois, je vois… Ou, plutôt je devrais voir. C’est très étrange. Beaucoup de murs…

Dans son dos, Sakura hocha vigoureusement la tête, pendant que Sasuke haussait un sourcil. Ils étaient peu nombreux à pouvoir affirmer le savoir. Pour quiconque en-dehors de ce petit cercle, Naruto savait suffisamment jouer son personnage solaire et enjoué.

— Je n’ai aucun mur, grogna le concerné en retroussant le nez.

— On a déjà vu des labyrinthes moins emberlificotés, renifla le danseur. Bonne adresse, finalement.

Bien qu’il ne le regardait plus, il le sentit sans problème le fusiller du regard.

— Vous êtes plutôt perspicace, commenta Sakura, surprise.

— Je n’ai aucun mur, répéta son ami. Je tente juste de rester concentré. Sur ce que nous avons à faire. C’est si compliqué ?

— Sasuke est concentré. Toi…

— Mmh, les interrompit le praticien. Être concentré est une bonne chose. Mais se concentrer sur une seule partie conduit à en ignorer d’autres. Et on revient au précepte de départ. De plus, vous pourriez finir séparé de ceux qui vous sont chers. Isolé.

— Comme dans… réfléchit la jeune fille. Replis sur soi ?

— C’est exact.

— Hé ! Je ne suis pas…

Mais il fut ignoré, Kabuto s’étant concentré sur les deux autres, cette fois.

— Il est aussi un bourreau du travail, ne sait pas se détendre…

— Je sais me détendre, teme ! Et c’est toi qui as téléchargé…

— Je parie qu’il refuse de vous accompagner aux sources chaudes.

— Oui, c’est exactement ça !

— Comment vous savez ça ?!

Sakura se rassit dans sa chaise, enthousiaste.

— On tente de le traîner aux sources chaudes depuis…

Elle se tourna vers son voisin, l’air interrogatrice.

— Depuis nos premiers jours de recrues, je dirais.

— Une éternité ! renchérit-elle.

— Mais quel rapport ? pleurnichait presque la cible de cette conversation.

— C’est très relaxant.

— Je me relaxe très bien, dans le penthouse, devant la télé, sur le canapé ! Mais si une certaine personne…

Il fut de nouveau ignoré, mais cette fois parce que le docteur Kabuto avait commencé à se concentrer sur eux. Sur Sakura, en premier.

— Mmh, je vois…

— Euh, vous vous trompez de personne, bafouilla-t-elle, inconfortable.

Dans le dos du soigneur, son ami croisait les bras, boudeur. Chacun son tour !

— Une tendance à vouloir plaire à tout le monde… mais qui cache une loyauté indéfectible…

Un gloussement aigu lui échappa, en réaction.

— Non, je ne suis pas du tout comme ça. Vous me le diriez, sinon, non ?

Elle tenta de trouver un soutien de la part des garçons mais ils l’ignorèrent, pour différentes raisons.

Passant au dernier membre présent, il le fixa de nouveau de ce regard si intense. Pour se retrouver contrer par l’expression froide et dédaigneuse signature de Sasuke. Leur face-à-face s’intensifia au point que les yeux noirs parurent devenir brièvement rouges, juste avant que le praticien ne recule, effrayé.

— Gardez vos distances, menaça-t-il.

— En quoi tout ça peut m’aider à garder ma voix ? les recentra Naruto.

Ils étaient là pour lui, pour ses cordes vocales défectueuses, pas pour un tour de magie, merci ! À moins d’être tombés sur un fan dérangé, un stalker, peut-être…

Au rappel, le Docteur Kabuto toussota et se redressa, revenant au centre de la pièce afin de faire face à son patient.

— Comme je l’ai dit plus tôt, pour soigner une partie, il faut prendre en compte la totalité.

— Oui, j’ai compris, s’irrita Naruto. Mais nous sommes là seulement pour les tonics, pas pour une séance de lecture à froid !

— Oui, renchérit Sakura. Nous sommes là uniquement pour le cordial d’herbes pour sa voix !

Il les observa, l’un après l’autre, quelques secondes, avant de répondre :

— Mmh… Je sais exactement ce que je vais vous concocter.

Soulagés, le trio alla attendre dans le couloir de réceptionner le remède et payer. Ç’avait été partiellement une bonne idée, mais il avait surtout hâte de rentrer au calme dans le penthouse. Certes, c’était une belle journée ensoleillée, mais les derniers jours avaient été sportifs et riches en émotion. Il y aura d’autres belles journées ensoleillées, dans le futur !

Naruto fixait le mur face à eux, continuant de scruter les cadres photos dans lesquelles se trouvaient d’autres célébrités aux côtés du praticien.

Jusqu’à ce qu’il repère un cadre avec un trio bien connu.

Le leur.

— Mais…

Il la connaissait cette photo : c’était une pub pour une quelconque boisson gazeuse, des années auparavant ! Quand il lui était encore possible de camoufler les marques avec un peu de maquillage, afin de ne pas se faire repérer par ses camarades.

Il la fixa, les sourcils froncés, avant que l’image du Docteur Kabuto ne se détache subitement, voltigeant jusqu’au sol.

— Hinata, gronda-t-il tout bas.

— Voici les tonics ! les interrompit le charlatan.

Oui, à ce stade, Naruto préférait finalement boire le saké de Tsunade que de croire dans les pouvoirs de quoi que ce soit provenant de ce type.

S’emparant du grand carton dans lequel était sensé se trouver les remèdes, il attendit que Sakura paye et n’attendit pas un instant de plus pour sortir de la clinique.

— Bon, ça devrait vite aller mieux ! s’exclama la jeune fille.

— Une fois ta voix rétablie, nous pourrons plus facilement nous projeter, renchérit Sasuke.

De derrière sa charge, c’était assez difficile, mais il tenta quand même de se dévisser le cou pour les fixer, l’un après l’autre, et de les fusiller du regard tout en écarquillant les yeux.

Le résultat était… expérimental.

Mais il ne put expliquer son point de vue, que des bruits de pas se firent entendre, résonnant dans la ruelle dans laquelle ils étaient.

— Des fans ! glapit-il.

Lui et Sakura piétinèrent un peu n’importe comment, avant que Sasuke ne les attrape par le col pour les tirer dans un coin à l’écart. Il barra sa bouche de l’index, leur intimant le silence.

— On complète le déguisement et on la ferme.

Aussitôt, les casquettes furent couvertes par des capuches et Sakura dégaina des masques hygiéniques pour couvrir d’autant plus leurs visages.

Validant ensemble leurs apparences, ils reprirent leur avancée, ce qui leur permit de faire face au groupe qui les avait alerté.

Dans la ruelle étroite, cinq hommes (?) avaient tourné, parlant et riant entre eux, ignorant totalement le trio aux épaules courbées, contrairement à eux.

Subitement, le plus grand du groupe leva les bras pour s’étirer sans cogner un de ses voisins, révélant par la même occasion les abdominaux les plus soignés que Sakura n’avait jamais vu, ce qui ne fut pas sans lui faire beaucoup d’effet, si elle pouvait le deviner à la chaleur qu’elle ressentait subitement, sous le rempart de son masque. On pourrait changer du maïs en popcorn, juste en le collant à ses joues !

Sasuke, lui, avait l’air d’un lapin figé par les phares d’une voiture.

Malgré lui, Naruto était à peine mieux, déglutissant avec difficulté alors que ses yeux ne savaient plus trop où se déposer, manquant presque de loucher, alors qu’il tentait de regarder ailleurs en parallèle.

Ce ne fut donc pas si surprenant qu’il rentre en collision avec celui au centre, son carton tombant au sol alors que ses mains lui semblaient en gelée, tout comme ses jambes, l’envoyant rejoindre les gourdes.

Il eut l’impression de tomber au ralenti alors que celui qui lui était rentré dedans le regardait, ses yeux d’un noir profond plongeant dans les siens, ses lèvres parfaites s’entrouvrant de surprise, sa peau si claire, ses longs cheveux noirs…

Captant un mouvement de sa main, il tendit la sienne, s’attendant à être aidé à se relever mais l’inconnu préféra retirer une poussière imaginaire de sa veste noire, l’air soudainement ennuyé.

— Mais quel tr… grommela-t-il dans le papier de son masque.

— Regarde où tu marches, asséna-t-il.

Derrière lui, ses quatre amis fixaient Naruto comme s’il n’était qu’une nuisance. Il y avait même un petit roux qui ricanait derrière sa main !

La fureur le précipita sur ses pieds. Tant pis s’il se faisait repérer par des fans ou la police, il n’allait pas laisser cet acte impuni !

— Où je marche ? Mais toi, regardes où tu marches !

Mais trop tard, les cinq inconnus avaient déjà quitté l’allée sans leur jeter le moindre regard supplémentaire, laissant au trio le plaisir de ramasser les gourdes au sol et de calmer Naruto qui était au point de prendre feu sous la rage.

— Quel abruti, marmonna Sakura.

— La prochaine fois qu’on les voit, j’les défonce, promit le chanteur.

Sasuke ne commenta pas, se contentant de recoller le carton dans les bras de son ami et de le pousser en avant.

Mais de la musique et des acclamations se firent entendre du côté où avait disparu les cinq crétins, ce qui les interpela. Ils s’entre-gardèrent avant de décider de faire demi-tour et de s’y précipiter, curieux.

Sur la grand-place dégagée, des gens s’étaient attroupés, pendant qu’une épaisse fumée rouge montait dans les airs.

— Remets ton masque, marmonna Sasuke en tirant sur les élastiques du chanteur.

Celui-ci ferma les yeux sous l’air soudainement envoyé dedans, quand il revient en place. Mais il n’eut pas le temps de s’en plaindre ni de réclamer des excuses (décidément…) qu’il dut rejoindre ses amis avançant, l’air suspicieux, et que des voix parvinrent du centre de l’épais nuage, faisant se retourner tous ceux dans les environs.

[Soda Pop]

— [Hey, hey ! Hey, hey ! Hey !]

Soudainement, une ombre se découpa à travers, puis d’autres, autour. Le brouillard rouge disparut, au profit du dos d’un homme aux bras écartés, ainsi que de quatre autres bras tendus.

— [Je ne veux pas de toi, j’ai besoin de toi. Oui, j’ai besoin que tu me combles ! 마시고 마셔 봐도 성에 차지 않아]

Leur faisant face, le trio n’eut aucun mal à le reconnaître, alors que les quatre autres surgirent de derrière lui, l’entourant deux par deux, suivant la chorégraphie de ce qui semblait être un concert gratuit.

— Bon, du coup, tu veux qu’on tienne le carton, pendant que tu les défonces ? proposa ironiquement Sakura.

— Chut, marmonna-t-il.

Hypnotisé, il ne parvenait pas à arracher son attention du spectacle, jusqu’à ce qu’une vieille femme ne les pousse pour se précipiter sur le chanteur principal. Qui… la repoussa d’un champ de force ?

— [J’ai le sentiment que, oh oui. Tu pourrais être tout ce dont j’ai besoin ! Tu as un goût si doux.]

Elle retourna en arrière, amortie par deux autres femmes âgées, mais ça ne parut déranger aucune des trois, clairement sous le charme.

— Je rêve où c’est un boysband ?

— [Ça me donne envie d’en avoir plus.]

— C’est des gars ? sursauta Sasuke.

— [Tu ressembles à un snack !] chanta un blond dont une épaisse mèche couvrait l’œil gauche.

Ses deux amis tournèrent vers lui un sourire amusé et un sourcil haussé.

— Quelque chose à partager avec la classe ?

Au lieu de leur répondre, il croisa les bras et détourna le visage, mais la pointe rouge de ses oreilles le vendit aussitôt.

— Il a vraiment un crush sur Ino, alors, chuchota Sakura, une main couvrant sa bouche.

Naruto se contenta de ricaner, au courant.

— [Tu l’as compris comme ça !] reprit un roux.

— [Prends une grosse bouchée, tu en veux encore une autre ! 너의 모든 걸 난 원해, 원해, 원해 너 말곤 모두 뻔해, 뻔해, 뻔해 !] poursuivit le gars musclé de tantôt.

Il surgit de derrière les quatre autre, prenant l’avant de la scène improvisée, prenant à parti le public devant lui, pendant que ses camarades se cachèrent derrière lui, profitant de sa large carrure, avant qu’ils ne se dispersent de nouveau, laissant au centre le leader aux cheveux noirs, buvant…

— Mais c’est mon remède ! s’étrangla Naruto.

Pour faire bonne mesure, il ouvrit rapidement le carton, comptant son contenu avant de conclure bien avoir été volé.

— Oh l’enf-

— Chut, on est en public, lui rappela brusquement Sakura en lui plaquant la main sur la bouche.

— [Je ne peux pas lâcher prise, non, non, pas ce soir.]

Derrière le blond, le costaud et le petit roux moqueur de tantôt, se réunirent pour accompagner sa ligne, l’imitant alors qu’il tendait les bras devant lui et remuait les index.

Un fin filet de vapeur s’échappa de Sasuke.

Ils se rassemblèrent tous les quatre autour de celui aux cheveux noirs, le gars musclé s’appuyant sur une de ses épaules, le petit roux l’autre, pendant que les deux derniers prenaient la pose devant lui, puis ils changèrent de côté, en miroir.

— [지금 당장 날 봐 시간 없잖아]

Le plus grand roux des deux prit la parole à son tour, imité par les autres membres, distribuant des cœurs le temps de sa ligne.

— [넌 내꺼야 이미 알고 있잖아] 

— [Parce que j’ai besoin que tu aies besoin de moi]Le leader repoussa une mèche vagabonde, avant que sa vision ne soit bouchée par les quatre autres membres revenant devant lui, en file, le blond perturbant Sasuke à sa tête.

— [Je suis vide, tu me nourris. C’est tellement rafraîchissant !] chantèrent-ils en chœur, s’écartant l’un après l’autre.

Et ce fut le tour du petit roux de prendre le devant de la scène, écartant son pouce et son auriculaire, tel un surfeur.

— [Mon petit soda].

Alignés tous les cinq, ils levèrent le bras, portant leurs pouces à leurs lèvres, pour imiter l’ingurgitation de cette fameuse « boisson gazeuse », puis refirent face au public, ne changeant plus de place ensuite, alors que le gars musclé occupait la place centrale, épaulé des deux roux à sa droite, et des deux autres à sa gauche.

— [Tu es tout ce à quoi je pense. Chaque goutte que je bois. Tu es mon soda. Mon petit soda. Rafraîchis-moi, tu es si chaude. Verse-moi, je ne m’arrêterai pas ! Tu es mon soda.]

Leurs mouvements de bras et de jambes étaient parfaits, fruit sans doute de très longues heures d’entraînement, ce que pouvaient concéder SH/NOBI, ayant souffert de ces moments depuis qu’ils avaient été recruté en agence, et même avant.

Mais leur mouvement d’épaules était clairement étudié, de ce qu’ils pouvaient constater autour d’eux, les gens commençant à les imiter, malgré eux. Ainsi que Sakura.

Elle se figea sous l’attention de ses amis, qui finirent par l’imiter, malgré eux.

— C’est agaçant à quel point c’est entraînant, grommela Sasuke.

— C’est contagieux, l’imita Naruto.

Ce fut le moment décidé par les deux roux pour partager leur amour à la foule, envoyant des baisers et des cœurs aux femmes de l’assemblée.

Et à Sakura.

Celle-ci rougissait tellement qu’elle crevait de chaud sous son attirail.

Mais l’ambiance changea du tout au tout lorsque…

Des marques.

— Des nukenin, sifflèrent-ils entre leurs dents.

— [Ça me donne envie de lever le couvercle ! 한 모금에 , tu as mis dans le mille ! Chaque petite goutte, chaque bulle, chaque pétillement. 소름 돋아 Ça commence à chauffer.] rappa subitement le blond.

Nouveau changement d’ambiance, Sasuke se redressant subitement, pendant que Sakura en mordait presque son mouchoir.

— Ils sont vraiment bons, concéda-t-elle, de mauvaise grâce.

— Okay tiers, refusa Naruto. Mais un boysband de nukenin ? Pourquoi ?

— Aucune importance, balaya Sasuke. C’est des nukenin, on les vire. Point.

Il s’apprêtait à invoquer son épée quand la main de Naruto sur son épaule l’arrêta.

— Non. Trop de public.

— Mais, si c’était leur plan, justement ?

— Ils n’ont pas l’air de vouloir faire du mal à qui que ce soit, objecta Sakura.

Et, tout en chantant, le groupe alla aider une adolescente avec un pot de moutarde récalcitrant, puis consoler des enfants qui, en voulant se précipiter pour les voir, étaient tombés et s’étaient blessés, pleurnichant.

— On dirait presque… qu’ils sont gentils ?

— Les nukenin ne peuvent pas être gentils ! lui aboyèrent dessus les garçons.

Mais ce n’était pas comme s’ils pouvaient s’emparer du corn dog de la jeune femme ni arracher les pansements rigolos des genoux écorchés. Alors ils restèrent sur place, fulminant, pendant que le quintet s’élevait au-dessus de la foule, à l’aide d’une plateforme en forme de dessus de cannette, dansant et chantant toujours.

La fumée rouge de tantôt s’éleva à nouveau avant que, suite à un saut collectif, tout l’environnement parut plus coloré. Si les simples humains pensèrent à des effets spéciaux, il devint clair pour les Oinin que c’était dû à leurs pouvoirs.

Décidés, ils jouèrent des coudes, traversant la foule pour rejoindre le groupe. Ce n’était pas une mince affaire, l’engouement étant partout.

— Ils en ont après les fans. Encore, expliqua Sasuke. Nous devons les arrêter au plus tôt !

— [Sers-moi un verre, je ne m’arrêterai pas ! Tu es mon soda. Mon petit soda. Tu es mon soda ! Je dois boire jusqu’à la dernière goutte !]

La musique cessa alors que chaque nukenin prenait la pose, sous les hurlements de leurs nouveaux fans, conquis.

À travers l’agitation, le regard des deux chanteurs principaux se croisèrent. Et, sous l’énervement toujours plus croissant de Naruto, l’autre essuya de nouveau son épaule, répétant son mouvement de tantôt, souriant narquoisement.

Okay, lui, il allait lui enfoncer l’une des lames de son Shuriken Fūma dans…

— C’est tout pour aujourd’hui ! déclara le chanteur. Rendez-vous ce soir dans votre émission de variétés préférée !

Se réunissant, chaque membre pointa le doigt en direction du large écran publicitaire derrière qui annonçait le nom de l’émission et autres informations relatives.

— Et n’oubliez pas : nous sommes l’Akatsuki, et nous vous aimons !

Ils disparurent dans un nuage rouge, alors que [Mon petit soda] retentissait une dernière fois et que l’écran affichait cette fois le logo du groupe : un gros nuage rouge sur fond noir et aux lignes blanches.

Rejoint par les deux autres membres, Naruto continuait de fulminer tout seul.

— C’était vraiment des nukenin ? C’était peut-être autre chose…

— Oh, crois-moi, ils en sont.

— Ils doivent être juste plus forts que ceux que nous affrontons d’ordinaire, observa Sasuke. Mais ça ne change rien au fait que nous devons les éliminer.

— Préparons-nous au combat ! cracha subitement le chanteur.

Dans son dos, ses amis échangèrent un regard amusé.

— C’est vrai, Naruto doit les défoncer, après tout. Il est important qu’il se prépare.

À cette déclaration, il se retourna, furibond et beaucoup trop rouge pour être pris au sérieux.

— Qu… quoi ?

— T’occupes, balaya Sasuke. Tiens, reprends ton carton.

Il le lui fourra à nouveau dans les bras et ils rentrèrent à la tour sous les grognements du chanteur qui avait peu apprécié la plaisanterie.

Il n’avait pas du tout déclaré ça dans ce sens !

Après, c’est vrai que, s’il en avait l’opportunité…

Se rendant compte de la direction que prenait ses pensées, il s’empourpra une nouvelle fois et enfonça son visage contre son carton, piteux.

Une réflexion sur “Jpop Oinin – Soda Pop 5/15”

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