Couple : Kakashi Hatake x Obito Uchiwa

Genres : Romance – Humour – Tranche de vie / One-shot

Rating : +8

Résumé : Il fait chaud, il fait beau… Obito souhaitait seulement se reposer. Avec Kakashi, si possible.

Bonne lecture !


Le ciel se marbrait lentement d’une infinité de nuances de rouge. Une légère brise s’était – enfin – levée, rafraichissant doucement l’atmosphère.

Obito soupira de satisfaction alors qu’il se permettait de tirer un peu sur son uniforme.

Ils étaient tous libres de le customiser à leur convenance, tant qu’ils arboraient toujours l’hitai-ate et la plupart ajoutait simplement le gilet anti-choc à la tenue qu’ils étrennaient depuis leur première mission en tant que genin.

En plus de la couleur indigo typique des Uchiwa, le foutu col haut – qu’il était parvenu à remplacer par un simple col roulé – il avait pris l’habitude de couvrir le moindre centimètre de sa peau. Non pas tant par protection envers les éléments ou les éventuelles attaques, mais pour cacher les cicatrices qui marbraient la partie droite de son corps.

Bien sûr, le corps médical lui répétait que c’était de belles cicatrices saines, mais lui ne voyait que la moitié de son visage marqué à jamais.

Il couvrait aussi toute la partie gauche de son visage à cause de son orbite vide, mal à l’aise à l’idée de permettre à quiconque de montrer la peau lisse qui s’y trouvait. Ils pourraient comparer. Poser des questions.

Il ne savait pas trop, au fond.

Mais, ça ne dérangeait pas Kakashi, alors, quelle importance ? Lui-même portait un masque couvrant de son nez à son menton, depuis aussi longtemps qu’il le connaissait (avant, c’était une écharpe verte avec des motifs noirs. Il croit l’avoir vu quelque part, récemment…), et c’était sans parler de son hitai-ate qu’il portait de travers pour protéger le Sharigan qu’il lui avait confié, au bord de la mort.

C’était un peu dommage, ainsi, qu’ils se retrouvaient avec le même angle mort, mais ça faisait sourire leurs amis qui les avaient longuement taquinés lorsqu’ils leur en avaient donné la permission.

Sifflotant joyeusement à ce souvenir, le jōnin ôta ses gants, les fourrant dans l’une des poches de son gilet, tirant sur la fermeture éclair de celui-ci avant d’en agiter les pans, créant un petit courant d’air bien agréable.

De par son héritage génétique, il ne craignait pas trop la chaleur, mais la transpiration n’avait jamais eu besoin d’une invitation pour imprégner les tissus.

C’est donc légèrement débraillé qu’il se présenta à l’une des portes de Konoha, saluant débonnairement ceux de corvées de garde.

Le reste n’était qu’une danse mille fois répétée, et il put enfin rentrer à la maison Hatake, où il retira ses vêtements sales et débuta sa routine post-mission avec autant de satisfaction pour sa signification – il était rentré, c’était fini – que de maugréements – c’était chiant, okay ?

Le vent n’avait pas faibli, le léger tintement des carillons aériens l’accompagnant tout du long, mais il n’en profita réellement qu’une fois immergé dans le bain, jusqu’aux sourcils.

Il avait toujours voulu en avoir alors, lorsque Kakashi et lui avaient officialisé leur relation – après des mois à jouer les gars mystérieux, parce que c’était amusant – il l’avait invité à retaper l’ancien domaine Hatake puis à s’y installer. Et il avait donc pu installer autant de ces petites bricoles en verre qu’il le souhaitait.

Il avait craint, un moment, que ça ne blesse l’ouïe aiguisée de son amant mais celui-ci l’avait rassuré à ce sujet : cette petite chanson l’aidait, au contraire, à rester ancrée à la réalité lorsqu’il perdait pied. C’était donc un faible prix à payer, non ?

Obito s’était rendu compte que, lui aussi, usait de ce stratagème, surtout lors des cauchemars, les carillons se substituant à l’image de leur foyer à plus d’une reprise.

— Tu cherches à te faire pousser des branchies ?

Surpris dans ses pensées, il ne put qu’admirer son compagnon le rejoignant dans la baignoire, son uniforme lui aussi fourré dans la panière à linge.

Il était bientôt temps de s’occuper de la lessive… Mais pas ce soir.

Ce soir, il allait plutôt faire de la place à Kakashi, tous deux s’appuyant l’un contre l’autre, leurs cheveux mouillés se mêlant en mèches argentées et noires.

Un soupir épuisé quitta les lèvres du dernier arrivé alors qu’il coulait un peu plus sous la surface fraîche.

— Dure mission ?

— Si Minato m’en redonne une autre dans le même genre, je déserte, menaça-t-il dans le vide.

Qui aurait cru que le petit gars vindicatif et cinglant grandirait en adulte pleurnichard ?

Personne, mais ça faisait bien rire l’ancienne équipe sept, surtout en étant les principaux témoins de ce relâchement de comportement que le concerné ne réservait qu’à leur intimité.

Mais le fait qu’il ne puisse pas s’ouvrir plus sur le déroulé desdites missions n’aidait pas, évidemment. Alors Obito se contenta de glisser un bras autour de ses épaules, le pressant contre lui.

Ils restèrent ainsi, se délassant, refroidissant leurs corps échauffés par les températures estivales, le silence uniquement troublé par les sons cristallins des carillons.

Ils étaient à la maison. Ils étaient ensemble. Ils étaient en vie.

Et ils allaient s’endormir dans la baignoire, parti comme c’était parti.

La peau fripée et l’extrémité des doigts bleuie, ils s’en extirpèrent en gloussant comme des gamins, se changeant dans leurs jinbei avec délectation.

Sans cérémonie, Kakashi s’allongea sur l’engawa, savourant l’odeur du bois lui rappelant tant de souvenirs d’enfance, mais surtout cette brise qui n’en finissait plus, refroidissant les gouttes d’eau oubliées, et sa peau au passage.

Plus réservé, cette fois, son compagnon s’assit sagement à ses côtés, son regard voyageant sur la large étendue roussie des terrains du clan.

Espérons que l’automne sera plus miséricordieux que ne l’était actuellement l’été, au nom de la nature !

À côté de lui, Kakashi luttait vaillamment contre ses envies de somnoler, ses instincts s’apaisant les uns après les autres depuis qu’il avait passé l’enceinte, et plus encore maintenant qu’il avait pu revoir son partenaire et le tenir contre lui.

Dans ces moments-là, il avait parfois une pensée fugace à l’encontre de son père. Comment était-il parvenu à tenir toutes ses années après le décès de sa mère, sans perdre la tête ?

Un frisson le traversa, alors qu’il espérait ne jamais à avoir à le tester de première main. Son fiancé était un crétin de premier ordre, il le reconnaissait, mais c’était le sien. Il y avait de fortes chances qu’il aille se battre contre la mort lui-même pour l’arracher de ses griffes, le moment venu.

Le petit « ding ding » l’arracha de ses pensées et il observa plutôt le profil pensif de l’objet de ses pensées, souriant aux rayons rougissants du soleil caressant sa peau, glissant sur les cicatrices en relief courant le long de sa joue et de son nez.

Il avait eu si peur, cette fois-là… Ce n’était pas sa première mission, mais ç’avait été clairement la première fois qu’il s’était senti prêt à tout pour qu’un coéquipier survive, et plus encore quand cet imbécile avait empiré son état en demandant à Rin de lui greffer son œil restant !

Quel crétin…

Mais c’était le sien, encore une fois.

Tendant la main vers lui, il pinça le tissu de son vêtement et tira doucement dessus, attirant son attention.

D’une neutre contemplation, il l’observa se réchauffer d’un sourire à son égard, avant de se pencher vers lui, pressant ses lèvres contre son front.

Les jours ensoleillés étaient les pires pour ceux qui, comme eux, cachaient leurs faces pour des raisons variées. Déjà, à cause de la chaleur et des éventuelles difficultés à respirer, selon les dispositifs.

Ensuite, la pièce maîtresse à ne pas oublier : le ridicule. Le bronzage partiel.

Avec ses cicatrices, Obito avait des genres de rayures claires parsemant sa peau hâlée, le contraste empirant au fur et à mesure qu’il prenait des couleurs.

Kakashi, de son côté, n’osait presque plus utiliser le Sharingan à cette période de l’année, et encore moins baisser son masque à cause du patchwork que semblait présenter son visage.

La partie inférieure, couverte par un masque de la gorge au nez ne voyait jamais le soleil, à quelques rares exceptions, et se trouvait donc pâle, son grain de beauté se démarquant plus que tout.

Puis, il y avait donc la partie se trouvant sous son hitai-ate, qu’il relevait de temps en temps, voir retirait lorsqu’il se trouvait chez eux, qui présentait donc un léger hâle doré.

Et, enfin, la partie toujours exposée qui présentait donc la nuance la plus foncée des trois.

Le résultat était… dramatiquement comique.

Il avait été la raison de nombreux conflits, après qu’il eut quitté l’ANBU, le masque intégral lui ayant épargné cette peine, les premières années de leur relation.

Mais, maintenant, même si la vision était toujours aussi amusante et qu’il arrivait encore à Kakashi de se faire peur, les rares fois où il croisait son reflet, c’était à peine un sujet à relever.

— On pourrait passer la nuit, ici… proposa Obito.

Il se tortilla pour s’allonger le plus confortablement possible, leurs doigts s’entrelaçant.

— Trop de moustiques.

Malheureusement pour son compagnon, la greffe des cellules du Shodaime avait paru dégoûter tout parasite humain, aussi bien les sangsues que les moustiques. Et, avec les années, il oubliait graduellement l’inconfort perpétré par ces bestioles.

— Que proposes-tu, dans ce cas ?

La main dans la sienne la pressa doucement.

— Restons-là jusqu’au coucher du soleil, puis rentrons dîner.

— Les placards sont vides. Nous revenons tous les deux de missions de longue-durée.

Un léger silence s’installa, avant qu’Obito ne sursaute presque, se rendant compte que son interlocuteur n’avait pas l’intention de surenchérir.

— Nous ne mangerons pas des pilules énergétiques ou autres rations de survie ! prévint-il de sa voix la plus menaçante.

— Très bien.

Reniflant un piège, Obito fronça les sourcils, scrutant son partenaire qui resta très détendu sous son attention, renforçant sa suspicion.

— Et pas non plus de nourritures pour chien.

À ces mots, Kakashi ouvrit les paupières et fronça les sourcils, déçu.

— Tu n’as quand même pas cru que je n’allais pas m’en rendre compte ?

Étant donne la moue boudeuse qu’il commençait à afficher, si, il comptait bien dessus.

— Nous sommes allés à l’école ensemble, Kashi. Toute l’académie était au courant qu’il y avait un petit génie bizarre qui grignotait des friandises pour chien. Tu en as fait goûter à notre promotion complète. Et à tes ANBU !

Mikoto lui avait d’ailleurs passé une soufflante quand elle avait compris que son Itachi adoré avait goûté à une de ces abominations. Il avait été très près de lui rétorquer que ce n’était pas le pire que son fils avait pris en bouche, puis s’était souvenu que sa tante avait elle-même été capitaine de l’ANBU avant sa maternité et avait donc opté pour un repli stratégique.

Le couple se fixait l’un l’autre, se défiant d’être le premier à esquisser le moindre mouvement, qui serait donc le grand perdant, et qui devra alors s’occuper de trouver une solution pour le dîner.

Pendant ce temps, les carillons aériens continuaient leurs petites danses heureuses, la musique céleste semblant se moquer d’eux.

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