Couple : Kakashi Hatake x Obito Uchiwa
Genres : Romance – Humour – Tranche de vie / One-shot
Rating : +16
Résumé : Obito avait des envies romantiques.
Kakashi avait juste envie.
Bonne lecture !

Le Pays de Sources Chaudes avait un attrait pour les couples, et plus particulièrement ceux récemment formés.
Kakashi n’avait jamais compris pourquoi, jusque-là, et n’avait jamais été trop intéressé par la réponse.
Il était célibataire, en quoi le savoir était-il important pour lui ?
Or, maintenant que lui et Obito fêtaient leurs six mois ensemble, conjointement avec le succès de leur mission, il commençait à regretter son ignorance.
Heureusement pour lui, et surtout pour eux, Obito était bien assez niaisement romantique pour deux et avait réalisé tout le travail, alors qu’il le guidait au travers de la végétation en refusant de lui donner le moindre indice sur leur destination.
Tout ce qu’il avait bien voulu lui dire, c’est que ça allait lui plaire.
Kakashi était peut-être un génie, mais même le Nidaime aurait besoin d’un peu plus d’indices !
Cependant, il n’eut pas à attendre bien longtemps avant qu’un dernier buisson ne soit écarté et qu’un glapissement de plaisir de la part de son petit ami ne l’informe qu’ils étaient parvenus à destinataion.
Curieux, il le dépassa pour avoir une meilleure vue, découvrant alors le bassin naturel dont s’échappait de petites volutes de vapeur.
Le pays en était couvert, mais seules les plus grandes ou atypiques avaient été exploitées pour le tourisme, permettant ainsi aux plus pauvres ou timides de goûter malgré tout à ce plaisir, avec tous les risques qui pouvaient aller avec (chaque année se finissait avec son nombre de morts, de vols de vêtements ou d’accidents bizarres).
Évidemment, ils n’en étaient pas arrivés là dans leur carrière respective sans avoir développé le bon degré de paranoïa et ils vérifièrent scrupuleusement les alentours avant de ne serait-ce que penser à profiter de la ressource.
Mais, une fois que ce fut fait, ils n’attendirent pas longtemps pour se nettoyer rapidement à l’aide de quelques Suiton du plus jeune puis de se glisser dans l’eau délicieusement chaude.
Profitant de l’espace rien que pour eux, chacun revendiqua un côté, s’étendant autant qu’il le leur était possible, soupirant de satisfaction alors que la température et les éventuelles propriétés bénéfiques de la source remplissaient leur office, ramollissant leurs muscles épuisés et évacuant toutes tensions de leurs corps.
Une fois de plus, Kakashi n’était pas stupide, loin de là, et avait bien conscience que ce n’était pas uniquement pour ça qu’Obito les avait dirigé ici. Ils avaient parfaitement assez d’argents pour tenter leur chance auprès d’un des onsens payants, sans que ça n’attaque leurs économies !
Et si cet idiot se pensait discret avec ses coups d’œil.
— À la recherche de quelque chose ?
Son sursaut était attendrissant, et pas uniquement pour l’expression coupable qu’il afficha ensuite, mais parce qu’il était la preuve que son petit ami se sentait suffisamment à l’aise avec lui pour se détendre alors qu’ils se trouvaient à découvert, dans un pays étranger.
C’était mignon, sérieusement.
Et son expression coupable était plus mignonne encore, bien sûr ! Il perdait quelques années, rappelant le petit garçon qu’il avait été, il y a encore si peu de temps…
Décidant qu’il pouvait s’amuser encore un petit peu, Kakashi s’approcha de lui, restant immergé, et prit place à ses côtés, donnant l’impression qu’il le faisait sans mauvaise intention.
Ce qui serait bien mal le connaître…
Sagement, il laissa la nervosité redescendre, les chants d’oiseaux remplir le silence, avant de réaliser le premier mouvement.
D’un geste lent et calculé, il sortit une main de l’eau, qu’il fit courir le long de l’arrête de son nez, comme s’il hésitait à retirer le masque de coton qu’il portait spécialement pour la baignade.
Il n’avait pas besoin d’espionner son voisin, sentant clairement son regard sur lui et, plus encore, son souffle s’arrêter.
La main retourna sous l’eau, comme s’il avait finalement changé d’avis.
Puis, il répéta son manège, tout en s’assurant d’avoir l’air le plus naturel possible, plongé dans ses pensées.
De par leur proximité, il en profita aussi pour frôler de temps en temps leurs pieds, prétendant que c’était dû au relief naturel et rien de plus, alors que la température paraissait augmenter.
Ah, les Uchiwa et leur nature Katon…
Enfin, il estima avoir suffisamment joué avec les nerfs d’Obito comme ça.
Pas entièrement, il restait un dernier clou à planter pour son cercueil, et c’était le moment idéal.
Alors, en prenant son temps, Kakashi se tourna vers lui, légèrement appuyé contre la paroi rocheuse, souriant derrière le dernier rempart de sa nudité.
— Obi ?
L’interpellé se tourna vers lui avec toute la souplesse d’une statue en marbre, le visage aussi vide, prenant énormément sur lui pour se trahir le moins possible sur ses intentions.
Comme s’il n’avait pas été évident, à la seconde où il avait opté pour un onsen sauvage…
Adorable idiot.
Maintenant qu’il avait son attention pleine et entière sur lui, Kakashi leva à nouveau la main mais, au lieu de la porter à son nez, cette fois, elle bifurqua pour l’arrière de son crâne et, plus précisément, à l’attache de son masque, qu’elle dénoua vivement, le textile tombant aussitôt sur son torse, avant qu’il ne l’en retire, le jetant vaguement en direction de leurs affaires, préférant rester concentré sur son vis-à-vis.
Il n’eut pas longtemps à attendre avant que le teint naturellement hâlé d’Obito ne s’empourpre subitement, ses yeux s’écarquillant de surprise et – oh ! – que son Sharingan n’éclose d’un coup, alors qu’il esquissait un mouvement de recul, sous la surprise, bouche bée.
— Tu aimes ce que tu vois ?
Malgré tout ce sang détourné vers son cerveau, hélas, son petit ami semblait incapable de formuler le moindre mot cohérent, alors il patienta jusqu’à ce qu’une syllabe puisse enfin quitter ses lèvres.
Au pire, il pourra toujours l’y aider. N’était-il pas un partenaire attentionné ?
Il ne parvint pas à s’empêcher de sourire, ce qui parut empirer l’état d’Obito.
Il semblait proche de la combustion instantanée, mais Kakashi avait envie de découvrir jusqu’où il lui était possible d’aller.
Alors, il remit sa main à contribution, s’assurant qu’elle ait encore de l’eau dessus, alors qu’il appuyait son index sur une pommette, la redessinant lentement, avant de suivre le long de sa mâchoire, son menton…
Les gouttes glissaient, certaines retournant directement à la source, mais d’autres tombaient sur son visage.
Obito était clairement partagé et il put l’apercevoir manquer de loucher à plusieurs reprises, ses yeux peinant à savoir quel mouvement suivre.
Estimant qu’il pouvait en supporter encore un peu, Kakashi tira doucement la langue, cueillant délicatement une des perles d’eau de la pointe, remontant un peu le chemin qu’elle avait suivi, avant de refermer la bouche.
Et c’était tout ce qu’il manquait à son coéquipier pour l’achever, alors qu’il s’écrasait pratiquement contre le rebord, plus rouge que jamais et les jambes faibles, au vu de son équilibre subitement incertain.
Bien sûr, il n’allait pas le laisser se blesser, et encore moins se noyer ! En petit ami prévenant, il s’empressa de le prendre dans ses bras, l’enlaçant de manière à ce qu’ils restent face à face, alors qu’il affichait une expression inquiète.
— Tout va bien Obi ? Tu as dû rester trop longtemps dans l’eau, tu es tout rouge… C’est dangereux, tu sais, tu pourrais t’évanouir.
Il prit grand soin de garder son visage près du sien, comme s’il l’examinait, avant de le déplacer afin de l’enlacer pour les sortir tous les deux du bassin naturel, accueillant l’air considérablement plus frais sur leurs peaux brûlantes.
Posant un genou à terre, son petit ami assis sur l’autre, Kakashi lui caressa doucement les cheveux, jouant toujours.
— Tu devrais peut-être t’allonger un peu, le temps de refroidir, d’accord ?
Mais l’Uchiwa était résistant à toute sorte de source de chaleur, embarras inclus, et Obito le repoussa rapidement, se levant par lui-même, bien qu’il refusait cette fois de croiser son regard.
L’imitant, le jeune adulte ne cacha plus son amusement, observant les tourments intérieurs traduits par l’agitation muette de son partenaire : il se prenait la tête dans les mains, tirait sur ses cheveux, débutait une légère descente avant de se redresser aussitôt, le tout dans un ordre suivant uniquement celui de ses pensées.
Il avait toujours eu les yeux plus gros que le ventre. C’était commun à sa lignée, de ce qu’il avait cru entendre, mais Obito n’avait rien d’un maniaque cruel et tout du chiot un peu pataud.
Et tant pis si ça faisait de l’héritier Hatake une balle en caoutchouc, dans ce parallèle. Ses ninken l’avaient déjà habitué à pire !
Pour l’heure, il profitait simplement du spectacle, patientant jusqu’au moment où Obito parviendra à aligner ses pensées et à prendre ses décisions. Le connaissant, soit il jouera le gars cool et détaché – comme la fois où il lui avait demandé de sortir avec lui, se prenant ainsi un gros râteau – soit il réagira comme la fois où ils s’étaient embrassés pour la première fois et deviendra aussi lyrique que Gaï – il devrait peut-être commencer à préparer le campement pour la nuit, dans ce cas.
Il y avait aussi une troisième option possible : qu’il le fusille de son regard le plus noir, l’air vexé, avant de gonfler les joues et de se retourner vivement, boudant ostensiblement.
Qu’il était mignon, quand il s’amusait à déjouer ses pronostics…
Il ne le lui avouera jamais, mais c’était clairement ce reste de son comportement enfantin – le même qui l’avait tant agacé lorsqu’ils étaient encore une équipe – qui le faisant tant craquer. Bien sûr, la première braise fut allumée lors de ses tentatives pour le protéger, durant la guerre. Ensuite, il y eut les débats sur la meilleure stratégie à suivre, durant lesquels Obito éveilla lentement ce qui devint son plus grand atout à ce jour.
Qui aurait cru, chez ce cancre retardataire et prompt à s’enflammer, qu’un génie digne du clan Nara se trouvait ?
C’était sans doute la raison pour laquelle Minato leur avait conseillé des carrières différentes, dirigeant Kakashi auprès de l’ANBU tandis que son autre élève poursuivait la voie normale, leur permettant ainsi de cultiver leurs dons sans se marcher dessus.
Et les voilà, tous deux jōnin – Kakashi avait récemment raccroché le masque et avait donc été promu depuis – à mener une mission comme au bon vieux temps.
Mais sans les disputes intempestives et les temps sombres de la guerre, ainsi que sans leur troisième membre qui continuait de terroriser le directeur de l’hôpital, comme elle en avait pris le goût.
(Il commençait à y avoir des rumeurs sur le fait que, lorsque l’équipe 7 était reprise par un Hokage – peu importe s’il en avait le titre au début, tant qu’il l’avait à la fin – les shinobi la constituant devenaient terrifiants, par leur personnalité comme par leur efficacité.
Le parallèle avec les Sannin n’était pas pour leur déplaire.)
— Obi ? l’appella-t-il.
Le concerné ne se tourna pas d’un pouce vers lui. Par contre, il s’était assis, se frottant encore régulièrement les cheveux.
Il ne bougea pas lorsque Kakashi se profila au-dessus de lui, ni lorsque ses jambes se collèrent à son dos.
S’il la jouait comme ça…
S’accroupissant, il l’enlaça, ses bras glissant le long de ses épaules et son torse, tandis qu’il collait sa joue à la sienne, chuchotant :
— Tu me fais la tête ?
Le rougissement était de retour.
Malgré son comportement timide et réservé, dans l’intimité, Obito était du genre à prendre des initiatives et à les devants, n’ayant pas peur d’être audacieux.
À l’inverse, sous toute son arrogance et ses tendances rentre-dedans, Kakashi était finalement pudique et préférait suivre le mouvement, se laissant porter avec grand plaisir.
Le changement d’attitude était quasi immédiat, comme si un interrupteur était déclenché.
Quand l’Uchiwa referma les mains sur ses poignets, sans mot dire, ce fut tout ce qu’il suffit pour que la source de son embarras s’abandonne à lui, enfouissant son visage contre son cou, paupières closes, son souffle caressant la peau nue.
— Combien de temps avais-tu l’intention de me cacher ça ? chuchota Obito.
— Aussi longtemps que j’en étais capable.
À chaque mot, ses lèvres frôlaient les tendons de la gorge, déclenchant de petits frissons réflexes.
— J’étais censé être celui qui te faisait une surprise, ronchonna-t-il.
— Et c’en était une très belle. Je ne faisais que te rendre la politesse.
Avec le poids lourd pesant sur lui, se retourner fut complexe, mais il fallait plus que ça pour le décourager, lui permettant cette fois d’être celui qui enlaçait l’autre, Kakashi installé sur lui alors qu’ils s’embrassaient.
D’un pouce absent, Obito caressa le petit grain de beauté, perdu sur cette peau laiteuse de ne jamais voir le soleil.
— Je vais brûler tous tes masques, une fois à Konoha, promit-il. C’est criminel de garder cette vision pour toi tout seul.
— Vraiment ?
Bien sûr, malgré ses agissements plus doux au cœur de leur intimité, Kakashi restait Kakashi. Il réservait simplement son mordant pour en décorer la peau de son partenaire.
— Je me serais plutôt attendu à ce que tu m’interdises de le retirer jusqu’à la fin des temps, après une tirade comme tu en as le secret, où tu révéleras enfin à quel point tu peux être aussi possessif que n’importe qui de ton clan.
— Tais-toi avant de me donner une idée que tu regretteras.
Le baiser fut plus exigeant, ce qui ne déplut à aucun d’eux, jusqu’à ce qu’ils durent se séparer pour respirer.
— On retourne dans l’eau ?
— Seulement si tu me portes.
Taquin, il ne fit que sourire alors que son compagnon levait les yeux au ciel, le manipulant à son tour pour le soulever alors qu’il se levait, bien décidé à profiter de l’onsen qu’il avait déniché pour une occasion plus… légère à l’initial.
Pas qu’il allait se plaindre, si les températures montaient pour une autre raison…

