Couple : Kakashi Hatake x Obito Uchiwa
Genres : Amitié – Famille – Tranche de vie / One-shot
Rating : +16
Résumé : Obito n’avait jamais autant regretté d’avoir écouté son grand-père. Et d’avoir mal choisi les dates de son séjour. Ou peut-être pas, finalement…
Bonne lecture !

« Va rencontrer ta famille au pays » qu’ils disaient. « C’est l’occasion de prendre des vacances » qu’ils disaient.
— PAYS DE MERDE ! cracha-t-il, profitant d’une bourrasque de vent assez forte pour ne pas être entendu.
Ce n’était pas ce qui manquait, actuellement, alors qu’il parvenait – enfin – à l’auberge où il louait une chambre le temps de son séjour.
Une fois à l’abri, il grimaça de dégoût en direction de sa tenue complètement trempée.
C’était un costume italien, fait sur-mesure, offert par son grand-père à l’occasion de son embauche, et il était bon pour la poubelle… Et mieux valait-il ne pas regarder ses chaussures ou la fureur allait le faire sécher sur place !
Retirant rageusement les épaves en cuir au profit des chaussons mis à disposition, Obito quitta le genkan en direction de sa chambre, espérant vaguement pouvoir se changer pour quelque chose de sec et chaud avant d’avoir à se pencher sur sa situation pitoyable.
Il ignora l’employé qui venait d’arriver, manquant presque de le percuter alors qu’il le dépassait d’un pas rageur, des gouttes d’eau se perdant dans son sillage.
La chambre était confortable et plutôt jolie, il pouvait lui reconnaître ça, mais ce n’était pas suffisant pour l’apaiser.
Depuis qu’il avait atterri au Japon, il avait l’impression que les soucis ne faisaient que s’accumuler, comme s’il devait rattraper toute une vie à l’étranger en l’espace des quelques jours qu’il passerait sur l’archipel !
Abandonnant ses habits trempés dans la baignoire, il revint dans la pièce principale, reconnaissant au moins de l’épais peignoir à sa disposition, appréciant le réconfort après une journée aussi pourrie.
Lorsque son grand-père l’avait incité à retourner à la patrie familiale, il avait été réticent, et surtout désintéressé de toute cette branche – tout l’arbre même – mais il avait fini par céder, sans grande conviction.
Plus jeune, bien sûr, il avait été curieux de tous ces Uchiwa avec lesquels il partageait un nom, des gènes, mais qu’il n’avait jamais vu. Néanmoins, il s’était fait une raison et avait fini par s’en détacher, avançant dans sa vie en y pensant de moins en moins.
— Connards coincés, siffla-t-il.
S’essuyant les cheveux à l’aide d’une serviette, il observait la nature se déchaîner à l’extérieur, se concentrant sur sa colère et sa frustration pour sursauter le moins possible.
Comment le Japon pouvait être encore peuplé, avec des phénomènes naturels pareils ? Et ne parlons pas des séismes ! Entre les deux, il avait préféré les typhons, mais il n’était plus si sûr, maintenant…
S’il sursauta de nouveau, ce fut cette fois parce qu’on frappa à sa porte, le surprenant.
— Navré de vous déranger monsieur, c’était pour vous proposer de m’occuper de votre costume.
L’employé était peut-être celui qu’il avait manqué de renverser un peu plus tôt, mais Obito n’avait pas l’intention de le reconnaître, et encore moins de s’en excuser. À la place, il le fixa, les sourcils froncés, pendant qu’il réfléchissait.
— Il est bon à jeter, je ne vois pas ce que vous pourrez faire de plus, finit-il par répondre, grincheux.
— Un ami possède un pressing, il fait des merveilles !
Derrière le masque hygiénique que le jeune homme portait se trouvait peut-être un sourire, au vu du mouvement entraperçu. Mais il fallait plus que ça pour que le client confie le précieux vêtement à un inconnu.
Croisant les bras et se redressant, il le toisa, les sourcils encore plus froncés, alors qu’il le scrutait, tentant de déterminer ce qu’il pourrait bien avoir derrière la tête.
Traitez-le de parano si vous le souhaitez, mais on n’avançait pas dans son métier sans le devenir.
À la place d’avoir une réaction, si ce n’est normale, au moins attendue, l’employé parut garder son sourire et tendit les mains dans sa direction, lui signifiant ainsi de lui confier son habit.
Obéissant – non sans un avoir exagéré un soupir de défaite – Obito alla récupérer son bien et le déposa dans la grande serviette qui était magiquement apparue dans les bras de l’autre homme qui l’enroula prestement.
— Je vais le déposer de ce pas ! Je vous tiens au courant de la date où vous pourrez le récupérer !
Et, sur ces mots, il disparut, empêchant son interlocuteur de lui poser la moindre question.
— … Soit je viens de me faire dérober, soit je viens de me faire arnaquer… commenta-t-il dans le couloir vide.
Se faisant la note mentale de bien vérifier sa facture lorsqu’il partira, afin de s’assurer qu’elle n’aurait pas été artificiellement gonflée par les frais du pressing par exemple, il referma la porte et passa une tenue plus décontractée, maintenant qu’il était sec et réchauffé.
Comme il n’avait rien de mieux à faire, il sortit son téléphone, dans l’espoir de consulter ses mails, avant de subitement insulter sa secrétaire pour avoir changé volontairement le mot de passe, soi-disant que, dans le cas contraire, il n’allait pas pleinement profiter de ses congés.
— C’est pas des congés, c’est juste un avant-goût de l’enfer, grogna-t-il.
Comme pour lui donner raison, une rafale de vent fit trembler le bâtiment, suite à son commentaire.

Lorsque Madara l’avait encouragé à retourner sur sa terre natale, Obito avait été mitigé.
Actuellement, il oscillait entre mettre le feu au domaine et piquer un somme.
Il comprenait mieux pourquoi son grand-père avait claqué la porte, malgré son statut de chef de clan, toutes ces années auparavant. Ils étaient trop semblables pour que ça lui échappe, alors qu’il avait l’impression que le temps n’avançait pas, coincé au milieu de traditions désuètes et interminables.
Du coin de l’œil, il observa les membres les plus jeunes et se rassura de les voir aussi peu enthousiastes que lui.
Il eut un petit pincement au cœur en se rendant compte que c’était leur quotidien, alors que lui y avait échappé.
Il se fit alors la promesse de gaver le vieil homme de tous les inarizushi du monde, et tant pis si ses infirmiers le disputeraient à cause de son état de santé. Non seulement il avait dû subir ce calvaire, mais s’il n’avait pas pris la poudre d’escampette, lui aussi !
Il ne s’attendait pas à être accueilli comme le fils prodige, il ne fallait pas exagérer, mais le sourcil réprobateur et la distance froide…
Après, peut-être était-ce juste qu’il était trop habitué à sa vie au Canada. Il fallait qu’il vive sa première différence culturelle, au sein de sa propre famille, youpi.
Au moins son japonais était-il convenable. IL n’oserait pas imaginer, dans le cas contraire.
Mais, pire que tout, c’était définitivement la météo.
Par habitude, Obito avait voulu camoufler son inquiétude par un peu d’humour, mais personne n’y paraissait réceptif (enfin, si, le fils du voisin avait gloussé, ce qui l’avait réchauffé un peu. Cependant, il n’était pas la cible visée, donc ça ne comptait pas vraiment).
À la réflexion, il ne comprenait pas pourquoi il s’entêtait. Les anciens du clan refusaient de desserrer la mâchoire à son contact, paraissant lui reprocher les actes de son grand-père, tandis que les adultes – et l’actuel chef de clan – restaient distants. Quand à ceux de sa génération et les plus jeunes, ils n’avaient rien en commun.
Il hésitait de plus en plus à rentrer sans plus attendre, plutôt que de gaspiller bêtement plus de temps auprès de personnes qui n’en avaient clairement rien à faire de lui.
Le pire, c’est qu’il ne parvenait pas à se débarrasser de la rage que cette situation créait en lui et qu’il se retrouvait trop souvent à se tourner et se retourner dans son futon, à l’auberge, lorsqu’il était temps de dormir.
La météo ne faisait qu’empirer son état, alors qu’il devait lutter pour chaque trajet, le soin qu’il mettait à son apparence gâché par les pluies torrentielles et les vents puissants.
Trop de fois, il se retrouvait à rester assis sur la marche du genkan, après une journée gaspillée, le visage plongé dans les mains et les épaules basses, au milieu des chaussures d’autres personnes et les chaussons, dégoulinant d’eau.
Pourquoi se forçait-il à faire ça, sérieusement ?

Quelque chose de mou percuta son crâne, le recouvrant.
S’en saisissant, Obito reconnut une des serviettes de l’établissement. Il l’ôta et observa autour de lui, une étincelle de surprise luttant contre l’épuisement qui l’assourdissait.
C’est alors qu’il aperçut l’unique employé qu’il avait rencontré depuis son premier jour, celui-ci portant d’autres serviettes et souriait tout en secouant la main, comme pour le saluer.
— Vous devriez vous sécher avant de tomber malade ! s’exclama-t-il sur un ton joyeux.
— Je croyais qu’ici, on disait que les idiots ne peuvent pas tomber malade, renifla Obito, obtempérant malgré tout.
— Je crains que nous ne soyons tous des idiots.
Il s’avança, s’accroupissant à côté de son client et lui tendit une nouvelle serviette.
— Jetez l’autre par terre, je la ramasserai plus tard.
— Merci.
Le silence était un peu gênant, alors que le tissu absorbait lentement la pluie.
— Je sais que ça ne me regarde pas, mais… longue journée ?
Un soupir de fin du monde parut vider les poumons du client, alors qu’il enfouissait de nouveau son visage dans le creux de ses mains, la serviette prise en sandwich entre les deux. Un grommellement inintelligible lui échappa ensuite.
— Vous n’avez pas idée, déclara-t-il finalement, en se redressant.
Déposant le tissu, il entreprit de quitter son costume mais, compte tenu de leur humidité, c’était une véritable lutte inconfortable.
— Laissez-moi vous aider.
Plaçant le stock sur le sol, l’employé se glissa dans son dos, attrapant la veste par la couture des épaules et tira lentement dessus, prenant son temps pour la décoller de la chemise dessous.
La cravate suivit, ainsi que la ceinture, puis ils s’arrêtèrent là, gênés.
— Je devrais poursuivre dans ma chambre, déclara Obito.
Il hocha la tête en acquiescement, or aucun des deux n’esquissa le moindre mouvement, restant dans la même position, le silence uniquement troublé par la météo se déchaînant dehors et les bruits habituels de l’auberge.
— Comment vous faîtes ? finit par demander le touriste.
— Pour retirer votre veste ?
Confus, l’employé fronça les sourcils, se déplaçant afin d’avoir un aperçu du visage de son interlocuteur, à la recherche d’un indice.
À la place, il indiqua la porte du menton et, par extension, les pluies torrentielles dehors.
— Ah, ça !
Il pressa la veste entre deux serviettes, machinalement.
— Les premières années ont été un enfer, et ne parlons pas des séismes ! Mais j’ai failli par m’y habituer. Évidemment, je suis encore loin du flegme des natifs, mais j’aime à croire que je m’y suis fait.
À ces mots, comme pour le contredire, toute l’auberge parut être secouée par une bourrasque plus forte que les autres, les faisant sursauter.
— Peut-être encore quelques années de rodage nécessaire, marmonna-t-il en jetant un coup d’œil au plafond.
Estimant qu’il tiendrait, il retourna à sa tâche, s’appliquant à ôter le surplus d’eau du vêtement.
De son côté, Obito examinait ce qui venait de lui être dit, plus par réflexe et se concentrer sur autre chose que la dépression tropicale.
— Vous n’êtes pas d’ici ?
— Non ! Je suis né en Australie. Mais il semblerait que je sois destiné à vivre uniquement sur des îles.
— Moi non plus.
Commençant à ressentir le froid, il s’était penché en avant, se recroquevillant légèrement sur lui-même, s’enlaçant et se frottant les bras inconsciemment.
— Je suis né au Canada. Mais mon grand-père est né dans cette ville.
Satisfait de son travail sur la veste, l’employé la plia sommairement et la mit de côté, s’emparant cette fois de la cravate, et recommençant le processus.
— En visite de famille ?
— Plutôt là pour perdre mon temps, ronchonna-t-il.
Un petit silence s’étira, avant qu’il ne se rende compte de ce qu’il venait d’exprimer.
— C’est pas… c’est pas qu’ils sont horribles ! C’est juste…
— Vous êtes du clan Uchiwa ? C’est votre nom, n’est-ce pas ?
— Comment vous…
Mais un simple sourcil haussé suffit à ce qu’il ait la réponse.
— Bien sûr, le registre, soupira-t-il.
Le doux son d’un rire échappa à son voisin, alors qu’il se frappait le front de la paume de la main.
— C’est un clan assez connu dans le coin. Navré d’apprendre que vous leur êtes affiliés.
— Et moi donc… geint-il.
De son front, sa main glissa le long de son visage, jusqu’à se saisir de sa mâchoire.
— Nous devrions nous diriger vers une pièce plus… loin des courants d’air, déclara finalement l’employé. Et vous devriez aller vous changer, prendre une douche chaude, ce genre de choses.
— Vous avez sûrement raison, mais… j’ai pas envie de bouger, avoua-t-il.
Sans un mot, son interlocuteur lui tapota l’épaule avant de se lever et de se glisser dans son dos et de l’agripper par le haut des côtes, le tirant vers le haut. Il le lâcha, une fois debout.
— Voilà, maintenant, vous pouvez rentrer dans votre chambre.
Et il s’éloigna, tenant les serviettes – propres et sales – ainsi que la veste et la cravate.
Maintenant seul et subitement conscient du léger courant d’air, Obito fit comme demandé, et ne put qu’être d’accord : l’eau chaude était exactement ce dont il avait besoin.
À la réflexion, il avait l’impression d’avoir passé tous ses retours sous la douche, à tenter d’y retrouver une chaleur que lui refusait cette famille éloignée.
Mais, peut-être y réfléchissait-il juste trop.
Lorsqu’il en sortit, habillé comme il le serait chez lui, et non comme il se forçait à l’être depuis son premier jour ici, on toqua à la porte. Il l’ouvrit sur le profil aussi mystérieux que maintenant bien connu de l’employé.
Maintenant qu’il y pensait, il n’avait pas le souvenir d’en avoir vu un autre… Était-il seul à tenir l’établissement ?
— Je vois que vous m’avez écouté ! J’ai mis vos affaires à sécher, souhaitez-vous que je m’occupe du reste de votre tenue ?
Obito s’empressa d’aller récupérer son pantalon et sa chemise. Les sous-vêtements se contenteront du rebord de la baignoire, ce sera suffisant !
— Souhaitez-vous que je vous apporte une boisson chaude ? Nous avons toutes sortes de variété de café, de thé, et notre chocolat chaud est très bon !
À cette heure, le café était une mauvaise idée, et il avait ingurgité tellement de thé auprès du clan qu’il se demandait s’il n’avait pas remplacé son sang, actuellement.
— Je prendrai le chocolat, dans ce cas.
Et, pris d’une pulsion qu’il ne pouvait raisonner, il ajouta :
— Et joignez-vous à moi !
Au-dessus du masque en papier, les yeux gris s’écarquillèrent sous la surprise.
— Enfin, si ça ne pose pas de problème à votre supérieur ni à votre travail…
Il se reprit vite, semblant sourire de ce que transmettait son regard.
— L’auberge m’appartient, et vous êtes actuellement mon seul client. Ça devrait pas poser de problème.
Puis, il disparut, sûrement pour étendre le linge confié et préparer les boissons. Ce qui laissait à Obito le temps de planquer ce qui devait l’être et d’organiser un tant soit peu la pièce.
Certes, l’autre homme devait y entrer régulièrement pour le ménage, mais ça paraissait soudainement différent, avec lui dedans. De toute façon, il avait besoin de s’occuper, c’était mieux que rien.
Il en était à tenter de regonfler les espèces de coussins lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, cette fois pour permettre à l’employé d’entrer, chargé d’un plateau sur lequel se trouvait deux tasses et des assiettes, sûrement remplies de friandises pour accompagner les boissons.
— Je me suis permis…
— Faîtes comme chez vous, le coupa le Canadien en agitant la main. Après tout, c’est le cas, non ?
Il ne répondit rien mais fit comme demandé, refermant la porte derrière lui et déposant sa charge sur la petite table, y organisant ce qu’il transportait dessus, alors que l’arôme sucré du chocolat parut parfumer soudainement la pièce.
Obito eut beau scruter les pâtisseries, il était incapable de les reconnaître.
Après, pour sa défense, en-dehors de la langue dans son ensemble et quelques sujets précis comme le port exact d’un yukata, il ne connaissait pas grand-chose de la culture nippone.
Sa propre mère en savait tout aussi peu, ayant quitté le pays tout bébé, avant d’être adopté par Madara et son mari. C’était donc leur grand-père qui leur servait de caution culturelle, et même lui n’était pas très intéressé à transmettre cet héritage, répétant qu’il ne l’avait pas abandonné pour l’enseigner et vivre encore à travers, merci bien.
Curieux comme un chat, il scruta donc chaque friandise, essayant d’en deviner la saveur.
— On dirait que j’ai bien deviné, rit doucement l’autre homme.
Interloqué, il leva sur lui un sourcil.
— Au vu de ce que vous me disiez, je me suis dit que vous n’aviez jamais goûte de wagashi avant. Enfin, je me doute que le clan vous en a proposé, mais ces pisse-vinaigres n’ont aucun goût, renifla-t-il.
— Vous avez l’air bien renseigné.
— Mon filleul s’est entiché du second fils du chef, Sasuke.
— Ah, je pense l’avoir croisé ! Un petit garçon tout blond ? Il était le seul à rire de mes blagues.
— On dirait que vous avez fait la rencontre de Naruto. Il se plaint toujours de la nourriture là-bas, mais lorsqu’on lui fait la remarque qu’il n’a pas à se forcer, ni à y traîner par ailleurs, il rétorque qu’il ne va pas laisser son meilleur ami souffrir tout seul !
Le roulement d’yeux parut si automatique qu’on sentait bien que le souvenir avait eu de maintes répétitions, forçant Obito à étouffer son amusement dans sa première gorgée.
Et quelle gorgée ! Toute la richesse du chocolat, tout en n’étant pas aussi sucré qu’il le craignait !
Le retour à la maison allait être douloureux, après cette quasi diète de sucre, mais il avait aussi conscience qu’il allait devoir s’y rhabituer doucement.
Manquerait plus qu’il retourne au travail avec des aphtes, tiens.
— Délicieux, soupira-t-il de satisfaction.
— Merci !
Puis, une première assiette des fameux wagashi lui fut présenté, et un long doigt commença la présentation, indiquant chaque élément au fur et à mesure.
De temps en temps, Obito tentait l’expérience à petits crocs prudents. Parfois c’était concluant et il engloutissait la suite avec plaisir, et parfois il valait mieux passer au suivant.
Ses réactions amusèrent beaucoup Kakashi – au détour d’une poignée de tokoyo, il s’était rappelé de le lui demander – qui paraissait toujours plus excité à l’idée de lui présenter la friandise suivante et, surtout, d’épier sa réaction.
Malgré les déconvenues, c’était toujours plus agréable que ce qu’il avait subi depuis son arrivée à l’aéroport de Narita. Kakashi était quelqu’un d’intéressant et comprenait un peu son expérience actuelle, même si lui n’avait pas autant subi le décalage culturel.
De ce qu’il avait compris, il avait grandi dans une communauté japonaise, en Australie, avant de suivre la famille Namikaze lorsque celle-ci avait émis le projet de retourner sur l’archipel.
— On dirait que les senbei ne sont pas trop à ton goût, se moqua-t-il gentiment.
— Le mélange avec le chocolat chaud est atroce, se plaignit Obito.
— Plutôt bec sucré, hein ? Tu devrais essayer ça, alors.
Il poussa vers lui une autre assiette, où reposaient trois petites boules de pâtes enfilées sur un pic à brochette, mais Obito se contenta de les fixer avec méfiance.
Méfiance qu’il regretta aussitôt qu’il les porta à sa bouche, les yeux brillant sous son contentement, manquant presque de chantonner dans le processus.
— On dirait que j’ai eu raison !
— Comment ça s’appelle ?
— Ce sont de simples dango. C’est très commun, tu peux en trouver un peu partout.
Heureusement, le castella trouva aussi grâce à ses yeux, ainsi que d’autres variétés, mais rien ne fut à la hauteur des dango qui furent malheureusement trop vite avalés.
Paraissant s’en rendre compte, Kakashi sourit.
— Tu sais, commença-t-il. Si tu n’as pas trop peur de fondre sous la pluie, et que tu es disponible, je pourrais te faire un peu visiter. Et s’arrêter au stand de dango du coin.
Définitivement conquis par sa nouvelle découverte, Obito se sentit enthousiaste à l’idée. Pas de visite contraignante avec une famille aussi déprimante que les pierres, des sucreries plein le bec et une compagnie…
Se rendant compte de la direction que prenait soudainement ses pensées, il eut un mouvement de recul alors qu’il sentait ses joues doucement chauffer.
Face à lui, le coude appuyant sur la table, le masque retiré et la main déployée pour tenir son menton, Kakashi dardait un regard intense qui lui fit se demander s’il ne venait pas de lire ses pensées.
— Ce… ce serait très agréable, merci, répondit-il après s’être éclairci la gorge. J’aimerais beaucoup.
— Je ne sais pas quand est ton départ, mais ce serait dommage que tu n’emportes aucun bon souvenir de ton séjour, renchérit l’aubergiste. Je m’en assurerais.
Il porta la tasse à ses lèvres, gardant ses yeux rivés sur les siens, paraissant pétiller d’amusement, alors que la promesse paraissait figer l’instant présent, tandis que ses lèvres se courbaient en un sourire malicieux autour du bord de porcelaine.
Malgré lui, Obito déglutit. Mais son enthousiasme ne faiblit pas pour autant.
Il avait hâte de découvrir ce que Kakashi lui réservait.
Très hâte.

