Dans une plaine désolée, l’hôtesse qui avait été la principale interlocutrice du groupe lors du vol, trébuchait sur le sol inégal. Ou était-ce à cause de ses talons ? Ou peut-être la vilaine blessure s’étalant sur son mollet…
Tant de possibilités, et si peu de réponse…
Au fur et à mesure qu’elle avançait, une foule d’individus s’amassa autour d’elle, l’observant dans un silence presque religieux. Parmi eux, on pouvait retrouver d’autres Genin, ces êtres décédés trop jeunes, trop immatures, pour pouvoir un jour comprendre le concept même de la gravité. Ils étaient bons pour jouer des tours, pour réaliser des dégâts mineurs. Pas pour une mission de cette ampleur !
C’était essentiellement de la piétaille, avec une part importante de Chūnin et de très rares Jōnin. Une bonne fournée de chair à canon qui attendait, tremblante et muette, la suite des événements.
Les derniers pas trébuchant jusqu’à la base du socle parurent durer une éternité, mais ce n’était rien avec l’élévation soudaine de la fausse hôtesse, entourée par l’une des dix queues de leur maître, qui la souleva afin de la mettre à hauteur de son œil unique pour mieux la scruter sans lui laisser le moindre échappatoire.
Elle était obligée de rentrer, c’était le seul endroit où elle pouvait aller, mais elle regrettait amèrement d’avoir eu à le faire, forcée de rendre des comptes à Jūbi. Où étaient passés les autres avec lesquels elle avait réalisé cette mission ? Ils auraient été aussi punis qu’elle, mais au moins le tort serait partagé…
La prise sur elle se raffirma, vidant ses poumons de tout l’air qu’ils contenaient jusque-là, ses côtes déjà abîmées menaçant de se briser complètement.
— Laisse-moi deviner… Vous avez encore échoués ? grinça le propriétaire de l’appendice.
— Les Oinin… sont beaucoup trop forts, parvint-elle à articuler.
— Je vois.
La prise sur elle s’allégea légèrement, mais la douleur avait déjà été ravivé, rendant cette grâce futile.
— Vraiment ? osa-t-elle.
Elle n’était pas là depuis longtemps, peut-être s’était-elle trompée ? Peut-être que Jūbi était finalement plus magnanime et compréhensif qu’elle ne le pensait ?
Mais à peine cette pensée l’effleura-t-elle que la pression revint, manquant de la couper en deux.
— Je vois que vous êtes FAIBLES ! PATHÉTIQUES ! INUTILES !
Sur le socle sur lequel il reposait, les miettes constituant la Genin retombèrent une fois qu’il eut desserré sa queue, après qu’il l’ait réduite en poussière sous sa rage.
— VOUS TOUS ! rugit-il, prenant à parti les nukenin à ses pieds. Vous ne comprenez donc pas, bande d’idiots ? Une fois que les Oinin auront réalisé le Honmoon d’or, IL EN SERA FINI DE NOUS !
La panique suite à cette réalisation créa un mouvement de foule malheureux, pleurs et effroi se mêlèrent dans le brouhaha général. Ça aurait pu durer longtemps, du moins, jusqu’à ce que Jūbi en ait assez et ne décide de se défouler sur eux, mais il en fut autrement, lorsque les notes légères d’un biwa se fit soudainement entendre.
Ils se tournèrent dans sa direction, autant à la recherche d’une distraction que par curiosité. Ce n’était pas comme si les possessions matérielles étaient nombreuses ici-bas…
— Il était une fois un puissant roi démon, commença le musicien. Arrêtez-moi si vous connaissez déjà cette histoire. Il avait tout sous son contrôle. Il se nourrissait de chakra. Le monde tremblait quand il rugissait. Mais alors, des chasseurs ont chanté des chansons. Maintenant, il ne fait plus que mourir de faim. Il ne peut plus atteindre le chakra, et sa flamme s’éteint peu à peu. Il n’est plus qu’un murmure dans l’obscurité.
Il avançait sans s’arrêter, la foule se divisant devant lui et l’observant passer, comme plus tôt avec leur semblable. Un corbeau fendit les cieux rougeâtres pour se percher sur une de ses épaules.
— [Va-t-il laisser le chakra s’éteindre ? Est-ce la fin pour lui ? Un roi mourant avec une couronne en ruines ? Va-t-il laisser le chakra s’éteindre ?]
La dernière note résonna dans les airs alors qu’il faisait face au roi démon, sur son socle.
— Je t’ai autorisé à garder ta voix, Itachi. Et tu te permets de l’utiliser pour te moquer de moi ? gronda Jūbi d’un ton menaçant.
— Je ne suis pas là pour me moquer de vous, assura celui-ci. Je suis là pour vous aider. Il est temps d’adopter une nouvelle stratégie. Combattons les Oinin là où ils s’y attendent le moins, ce qui alimente le Honmoon : leurs fans.
Dans une fumée typique, quatre silhouettes apparurent autour du musicien, et tous les cinq adoptèrent des poses bien typiques…
— Un boysband nukenin ?
Son rire était à l’image du reste de sa personne. Les nukenin sentirent une traction au niveau de leur estomac pendant que le sol tremblait, les forçant à rire à leur tour, bien qu’ils étaient loin de partager cette hilarité.
— Qu’est-ce qui te fait croire que ça marcherait ? ricana-t-il.
Itachi claqua des doigts. L’apparence des quatre autres se lissa afin de coller plus à l’esthétique typique des boysband : yeux captivants, cheveux longs, traits séduisants…
Des chuchotements parcoururent la foule amassée en-dehors du socle :
— Oui, ça pourrait marcher…
— À cent pour cent…
Jūbi concentra son attention sur Itachi. Celui-ci parvint à s’empêcher de se tortiller face à cet œil grâce à une impassibilité sophistiqué avec les ans. Les décennies…
— Je te connais, Itachi. En quatre cent années, tu n’as jamais rien fait qui ne te rapporte rien. Que veux-tu ?
Les siècles.
— Les souvenirs, articula-t-il.
Son petit frère tente de s’accrocher à sa tunique, en larmes et la gorge à vif à force de demander des explications, couvert de sang, sans que ça ne soit le sien, le leur.
— Qu’ils soient effacés.
Son regard hanté se fixa dans l’œil unique.

— J’ai eu la berlue ou bien…
Le trio trépignait dans la cabine de l’ascenseur qui les menait dans les coulisses, l’adrénaline après concert les électrisant encore. Il y avait eu tant d’énergie ! Tant d’émotions ! C’était un peu comme de la drogue…
Sakura émit un son suraigu en réponse. Elle rebondissait comme une balle en caoutchouc depuis que la dernière note avait résonné.
— L’or ! cria-t-elle en chœur avec Naruto.
Contaminé par leur enthousiasme et lui-même encore sous les contrecoups du concert, Sasuke sourit avec amusement à ce spectacle.
— Je ne peux pas croire que nous en avons été témoins, commenta-t-il.
— C’est si excitant !
— Sakura, calme-toi, ou tu vas encore nous coincer…
Difficile pour elle de se réfréner, mais elle obéit. Personne n’avait envie de vivre à nouveau l’expérience de rester bloqué dans l’ascenseur.
— Okay, reprit Naruto.
D’un cillement, il avait abandonné l’engouement de tantôt, revêtant une persona plus sérieuse, ses yeux bleus étincelant alors qu’il se redressait, appuyant le bout de ses doigts entre eux, alors qu’il remontait ses mains jusque sous son nez.
— Vous savez ce que ça veut dire. Il est temps de sortir la chanson.
— Oui, C’est le moment idéal.
— Nous allons changer le Honmoon en or, déclara Sakura sur le même ton. C’est le moment que nous attendions.
Naruto allait lâcher un cri de joie mais celui-ci sortit dans un gargouillement étouffé, plus proche d’un coassement.
Son ami lui tapota gentiment le dos, les sourcils froncés, mais pas autant que la troisième. Tout emballement en rapport avec l’imminence du Honmoon d’or disparut de ses traits, chassé par le sérieux de la situation de leur chanteur vedette.
— Tout va bien, tout va bien, tempéra celui-ci. Il était juste temps de prendre une pause.
Aucun des deux n’acheta son prétexte mais ils prétendirent que si.
— Oui, tu sembles avoir bien besoin de repos.
— Et pas que moi ! rit-il faussement. Allez, un peu d’eau et tout sera oublié !
— Quelqu’un a parlé d’eau ?
Les portes de l’ascenseur s’étaient ouvertes à leur insu, des bouteilles tendues dans l’espace. Derrière l’essaim d’employés, le demi visage de leur manager, les yeux fermés sous la largeur de son sourire.
— Hey Kashi ! s’exclamèrent-ils en chœur.
Ils s’emparèrent des bouteille pendant que des peignoirs épais étaient glissés sur leurs épaules, épongeant la sueur de leurs habits de scène et évitant qu’ils prennent froid. Ils avancèrent dans le couloir, suivi de l’équipe technique, Kakashi marchant en reculant sans la moindre hésitation.
— Maa, quelle manière d’achever cette tournée mondiale ! Le gars en costume de démon, explosant en confettis ?
— Trop classe, répondit un employé.
— Les effets spéciaux étaient incroyables ! s’enthousiasma une assistante.
— Oui. Des « effets spéciaux », ne put s’empêcher de répéter Sasuke, souriant en coin.
— Bon, ça va nous ruiner, commenta-t-il distraitement, sortant son téléphone, vérifiant les classements de groupe. Mais regardez ces chiffres ! Vous avez dépassé Thrice, vous écrasez la concurrence ! Dooonc, pour fêter ça… Je vous ai réservé une semaine de vacances dans le complexe hôtelier le plus chic et le plus exclusif du Pays des Sources Chaudes !
Le trio prit quelques secondes pour y penser, rêvassant à ce à quoi devait ressembler ce domaine. Mais c’était impossible.
— Navré Kashi, on a d’autres plans, commença Naruto, l’air suppliant.
— Des plans ? Quels plans ?
— Nous avons des billets pour la destination la plus exclusive de Konoha, surenchérit Sakura, l’air malicieuse.
— Notre canap’ !
Quittant l’essaim, Naruto et Sakura sautillèrent en direction des loges pour se changer, se tenant les mains tout en répétant « canap’, canap’ ! ».
Resté seul, Sasuke resserra la ceinture de son peignoir, les observant s’éloigner, pensif.
— Kakashi, tu devrais profiter de la réservation, tu l’as bien mérité. Cette tournée a été épuisante pour tout le monde.
— Moi ? Nooon. Je n’oserais jamais.
Mais ses protégés le connaissaient suffisamment et il abandonna vite, claquant des doigts pour attraper l’attention des assistants.
— Je plaisantais, bien sûr. Peignoir, maintenant. Taille 44.
Toujours aussi efficaces, il se retrouva rapidement vêtu, un masque rose rafraichissant pour les yeux sur le front. Il était parfaitement ridicule, avec le reste de sa tenue, mais c’était ce qui en faisait un manager d’exception.
— Prenez soin de vous, les morveux ! chantonna-t-il en s’éloignant.
— Prends soin de toi toi-même, vieux croûton, répliqua Sasuke.

Après s’être débarrassé de leurs maquillages de scène et de tout ce qui ne ressemblait pas à une tenue confortable, Sakura et Naruto avait entrepris de réaliser une razzia dans la cuisine, s’emparant de tout ce qui pouvait être gras et sucré qui y avait été stocké.
— Je ne peux pas attendre de me goinfrer de zenzai en pensant à riiiiien.
Naruto bavait presque à ces mots.
À ses côtés, Sakura empilait leur butin, sifflotant joyeusement.
— Je nous ai déjà sélectionné un film ! Enfin, c’est plutôt une playlist de sept cent vidéos de deux secondes parlant de crapauds !
— Toi et tes crapauds, gloussa la jeune fille. Ça a l’air démentiellement chiant, je valide complètement !

Sasuke passa à ce moment devant la pièce, leur jetant un coup d’œil mais ne s’arrêtant pas. Il s’enfonçait dans les ombres, uniquement illuminé par l’écran de son smartphone.

— [Première étape], chantonna Sakura.

Sur l’écran, la pochette de leur futur nouveau single était affiché, avec le gros bouton « lancement » en-dessous.

— [Je t’ai dans mon viseur. Bientôt, tu seras avec moi. Ma stratégie, ma stratégie t’aura, t’aura, bébé.]
— T’as encore la force de chanter ? la taquina son ami.
Pour toute réponse, elle gloussa et lui asséna un coup de sachet de chips contre la tête.
— T’as eu des nouvelles des filles, récemment ? reprit-il.

— C’est parti… souffla Sasuke, pressant le bouton, chargeant la chanson encore inédite, pour qu’elle soit envoyée un peu partout à travers le Pays du Feu.

— Ino me tient régulièrement au courant. D’ailleurs, je crois qu’elle m’a écrit après le concert.
Les bras chargés de leur futur gueuleton, elle extirpa avec difficulté le téléphone de sa poche, consultant ses messages.
— « Ce n’est que partie remise, grand front, on va vous écraser avant les Idol Awards », lut-elle à voix haute.
— Ouais, les mots d’amour habituels, quoi.

Une fois son méfait accompli, il entra dans une grande pièce dont les murs étaient couverts de niches rétro éclairés, chacune présentant une tenue dans son ensemble, chaussures et accessoires inclus
Longeant les premiers mètres, il s’arrêta devant une en particulier, contenant les mêmes habits qu’il portait sur la pochette encore inédite, un large sourire, dont peu avait pu se vanter en avoir été témoin, se dessinant sur son visage.
— Il est temps…

— Canap’, canap’, canap’ ! avait repris le duo.
Tous les deux chargés de leurs goinfreries à venir, ils avaient quitté la cuisine pour le grand séjour, mais plus encore le fameux canapé sur lequel ils s’échouèrent avec toute la grâce d’un phoque fourbu.
De deux phoques fourbus.
Sentir le tissu doux, l’épaisseur du garnissage, leurs muscles douloureux… C’était le paradis avant l’heure…
— Oh oui, c’est ça, tellement ça… geint Sakura de son côté. La récompeeeeense qu’on mériiiiite.
Elle fredonnait encore la chanson de Thrice, sans trop savoir pourquoi celle-ci restait coincée dans sa tête. Peut-être parce que leur danseuse secondaire l’avait contacté, au débotté.
Bras et jambes écartés, les pieds sur la table basse, la nuque pliée avec la tête penchée en arrière pour mieux contempler le plafond, ils étaient réduits à deux flaques humaines, plus rien de consistants dans leurs corps respectifs.
La possibilité d’enfin pouvoir souffler, de ne pas suivre de régime alimentaire contraignant, de ne pas porter des vêtements très classes mais inconfortables, de maquillages irritants, de bijoux lourds et nombreux, d’enfin pouvoir faire des grasses mat’… Tout ça commençait lentement à les imprégner et, petit à petit, les fibres de leurs corps commençaient à se détendre.
Bien sûr, il allait leur falloir plus qu’une milliseconde pour parvenir à la forme olympique nécessaire à leur reprise, mais ce ne sera pas avant plusieurs mois. C’était déjà un bon début, non ?
Mais Naruto n’eut même pas le temps de se motiver à se pencher pour s’emparer de la télécommande et, ainsi, lancer la fameuse playlist, que ses sens entraînés aperçurent Sasuke du coin de l’œil. Sakura l’imita, alors qu’il se redressa lentement, sa tête se décollant du dossier pour reprendre un peu de vertical, ses neurones épuisés se relançant.
— Sas’ke ? marmonna-t-il.
Celui-ci se releva lentement, sous les regards conjoints aimantés de ses amis. Un… sourire ? étrange tirait inconfortablement les traits de son visage, alertant vaguement tous les instincts primaires qu’ils pouvaient encore avoir.
Était-ce vraiment leur ami qu’ils avaient devant lui, ou bien un nukenin était-il parvenu à se faufiler jusqu’au penthouse de la tour ?
— Alors, vous vous êtes bien reposés ? lança-t-il.
— Nous venons seulement de nous asseoir, répliqua automatiquement Sakura, malgré elle.
Mais tous les deux profitaient du meuble les séparant pour refermer leurs doigts sur leurs armes, le comportement étrange du troisième ne faisant qu’amplifier le son de leurs alarmes intérieures.
— Pourquoi tu portes ton nouveau costume ?
Malgré son exténuation, Naruto parvint à prendre la parole à son tour, se rendant compte que Sasuke ne portait plus son peignoir, mais pas non plus une de ses tenues de relâche. Ç’avait encore moins de sens que son sourire loufoque.
Sans rien dire et avec tout le sens dramatique que cet abruti pouvait avoir, le danseur secondaire leva théâtralement ses mains – encore invisible pour eux, jusque-là – et bien vite les luminaires firent briller les strass de leurs nouveaux costumes respectifs.
Ce fut ce moment-là où Sakura et Naruto firent la même erreur.
Leur esprit parut comme geler et ils lâchèrent leurs prises sur leurs armes respectives, tentant de comprendre ce qui se tramait.
N’importe quel ennemi aurait pu les dégommer sans le moindre souci, alors qu’ils restaient pétrifiés une poignée de secondes, avant de pouvoir se reprendre correctement.
— Non…
— Tu n’as pas fait ça, teme ! s’emporta le chanteur.
Passer de l’hébétude à l’embrasement n’était pas sans coût, mais Naruto ne prit même pas le temps d’y penser alors qu’il commençait à saisir la situation.
— Tu as lancé le nouveau single !
La rappeuse l’avait rejoint dans son cri, réalisant en même temps.
— Et la promotion commence… demain ? tenta-t-elle.
Sasuke aurait pu être remplacé par son sosie de cire, tellement il n’y avait aucun mouvement sur son faciès. À cette réflexion intérieure, Naruto se promit de l’aider d’un bon coup de poing s’il ne décidait pas de s’expliquer, et rapidement.
— Non, quand même pas…
— CE SOIR ?!
Pour toute réponse, leurs costumes respectifs leur furent pressés contre leurs visages, en encouragement silencieux pour les enfiler.
— Mais la pause, balbutia Sakura.
— Les crapauds !
— Les friandises…
— Les ramen !

Lorsque Kakashi entra dans le penthouse, son œil unique rivé sur l’écran de son smartphone, il portait toujours son peignoir et le masque rafraîchissant. Celui-ci était d’ailleurs en travers de son crâne, camouflant par l’un des bords en gel rose le bandeau couvrant l’œil manquant.
— Maa, vous n’allez jamais le croire ! lança-t-il.
En s’arrêtant à la lisière du salon à proprement dit, il releva le nez, découvrant le trio portant les nouveaux costumes. Mais si Sasuke posait fièrement, maquillage et bijoux en place, les deux autres ne partageaient clairement pas l’opinion, pliés en deux en avant, des larmes de crocodiles coulant sur leurs joux et délavant le mascara.
— Kashi… pleurnicha Naruto.
— La pause est finie, compléta son amie.
— Le nouveau single cartonne ! Tout le monde l’adore ! poursuivit le manager sans faire mine de les avoir écouté.
Il tendit vers eux la page des classements musicaux en temps réel, prouvant la nette avance qu’ils avaient avec le numéro deux. Thrice, sans la moindre surprise.
— Ino doit être verte de jalousie, gloussa Sakura, toute fatigue oubliée.
Requinqué à son tour, Naruto sautillait sur place, soudain plein d’énergie.
Et, alors que leur manager se débarrassait enfin de ses accessoires ridicules, dévoilant une veste s’accordant à l’omniprésence de l’or sur leurs nouveaux habits, ils sautèrent tous de joie, criant en chœur.
— C’est parti pour la promooooo !

