Genres : Amitié – Famille – Tranche de vie / One-shot

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Résumé : Grand-mère était malade. Obito était investi d’une mission !

Bonne lecture !


Les étals étaient bien hauts, pour un enfant de sept ans. Tout juste pouvait-il apercevoir les fruits et les légumes, mais il était nécessaire qu’il s’appuie sur l’aide des adultes pour obtenir ce qu’il voulait, tout en ayant la désagréable impression de déranger et de ne pas obtenir exactement ce qu’il voulait.

Son panier pesait de plus en plus lourd, au bout de son bras, mais il continuait sa pénible avancée, vaille que vaille.

Sa liste contenait encore des éléments qu’il n’avait pas trouvé, il était trop tôt pour rentrer !

Mais voilà, il avait mal aux pieds, il faisait chaud et il ne trouvait toujours pas ce qui lui restait.

Il avait très envie de pleurer.

Cependant, il ne pouvait pas. Non. Parce qu’il était un shinobi. Mieux ! Il était un shinobi en mission !

— Hé, petit, tu es perdu ?

Au milieu de tous ces gens – des marchands, des civils, d’autres shinobi, des enfants – un adulte s’était arrêté à sa hauteur et plié en avant pour s’adresser à lui.

Il détestait ça, en temps normal. Néanmoins, cet inconnu ne semblait pas le faire pour se moquer de lui. Il avait un sourire qui donnait envie de lui faire confiance.

— N… Non ! parvint-il à répondre, troublé.

Soudain, de derrière ce monsieur, surgit un enfant plus petit que lui, le nez enfoui dans une écharpe verte à motifs géométriques. Il avait de longs cheveux argentés, mais en-dehors de la couleur, ils ressemblaient à ceux de l’adulte.

Peut-être son fils ? Il n’avait pas l’air si vieux, malgré ses cheveux blancs… Et c’était clairement un shinobi, lui aussi !

Et grand-mère dit toujours qu’on peut faire confiance aux shinobi, non ? C’est même pour ça qu’il a demandé à rejoindre l’Académie, l’année dernière !

Néanmoins, alors qu’il réfléchissait, ses courses devinrent définitivement trop lourdes pour lui et le panier tomba à terre, se renversant dans la poussière, à son désespoir croissant.

Un sanglot lui échappa, malgré lui, alors il enfonça rapidement ses dents dans sa lèvre inférieure pour le repousser.

Pendant ce temps, le gentil monsieur et son fils avaient commencé à ramasser les fruits et légumes, frottant les salis et triant les endommagés, les remettant dans le panier.

— Ce sont des courses bien lourdes pour un petit garçon, commenta l’adulte. Tu habites loin ?

Il tendit le bras dans la direction du quartier Uchiwa et tenta de reprendre son bien de l’autre.

— Mais, je n’ai pas encore tout trouvé…

Il jeta un œil en direction des quelques fruits qui n’avaient pas apprécié la chute, ses yeux commençant à lui piquer.

— Et je vais devoir les remplacer…

Ça devenait de plus en plus dur de lutter contre ses larmes, mais il tint bon, essayant de camoufler ses reniflements du mieux qu’il pouvait.

Il releva subitement la tête lorsqu’une grande main appuya soudainement contre son crâne, frottant ses cheveux noirs comme le fait grand-mère lorsqu’elle est contente de lui.

Sauf que ce n’était pas grand-mère, mais un monsieur qu’il ne connaît pas. C’était bizarre, non ?

— On va t’aider, n’est-ce pas Kakashi ?

Le petit garçon à côté de lui hocha vigoureusement la tête, ses petits poings serrés contre son torse.

— Mais, je n’ai pas d’argent…

Les shinobi prenaient des missions contre de l’argent, non ? Cependant, grand-mère lui avait donné juste assez pour les provisions… Et c’était une très mauvaise idée de tromper des shinobi !

— Concentrons-nous d’abord sur tes courses, d’accord ? Tu as une liste ?

Il lui tendit le papier couvert de la calligraphie élégante de sa tutrice, indiquant ce qu’il n’avait pas encore trouvé.

L’inconnu vérifia avec lui ce qu’il lui restait d’argent, puis il passa les anses du panier autour de son épaule avant de lui tendre la main :

— On y va ?

Alors qu’il fixait cette main ouverte et tendue vers lui, son fils sembla l’escalader, s’asseyant sur son épaule avec ce qui semblait être une habitude, car aucun des deux n’y réagit.

Réunissant tout son courage, il imita le monsieur, glissant sa petite main dans la sienne, carra les épaules et leva le menton, essayant de ne pas laisser trop de place au désespoir.

Les shinobi sont plus gentils que les policiers, non ?

— Je m’appelle Sakumo, et voici mon fils, Kakashi, reprit le monsieur. Et toi ?

— Uchiwa Obito ! répondit-il de la voix la plus claire possible.

— Enchanté Obito, tu viens souvent au marché ?

— Non, d’habitude c’est grand-mère, mais elle est malade.

Ils avançaient au milieu des étals, le petit garçon se tordant le cou pour tenter de reconnaître les éléments manquants de sa liste.

Lorsqu’il reconnut les melons, il tendit son bras en leur direction, s’apprêtant à guider Sakumo jusqu’à eux, mais celui-ci secoua la tête.

— Non, ils sont trop chers. Le commerçant est connu pour gonfler les prix, allons plutôt là-bas.

C’était possible ?

Soudainement alarmé par cette éventualité, Obito le suivit sans y prendre garde, plongé dans ses pensées.

Si un des vendeurs du marché arnaquait les gens, et que tout le monde le savait, pourquoi était-il toujours là ? N’était-ce pas le rôle de la police de l’arrêter ?

Mais, surtout, si lui le faisait, est-ce que, au travers de ses achats, n’avait-il pas été la cible d’autres marchands aussi peu scrupuleux ?

Grand-mère allait être tellement déçue de lui…

— Tiens, juste là, moins chers et bien meilleurs ! Qu’en penses- Obito ?

Il avait tenu bon jusque-là, mais sa dernière pensée avait démoli tous ses bons efforts, les larmes coulant comme libérées d’un barrage. Bien vite, il se trouva incapable de répondre de manière cohérente, étouffé par ses sanglots qu’il essuyait rageusement de ses mains sales.

Il se sentit soudainement soulevé sauf que sa vision floue l’empêchait de distinguer correctement et ses hoquets l’empêchaient de poser la moindre question.

Il se retrouva assis sur quelque chose en bois alors qu’il commençait à renifler peu élégamment. Une bonne odeur semblait régner par ici, éloignée de celles qu’il avait pu sentir jusque-là, lui indiquant qu’ils s’étaient éloignés du marché. Pas trop non plus, mais suffisamment pour qu’elles passent en arrière-plan.

— Tiens, bois un peu d’eau, tu dois être bien déshydraté.

Se saisissant de la coupe qui lui était tendue, il la vida en quelques gorgées, se rendant compte que Sakumo avait effectivement raison, bien qu’il ne s’en était pas rendu compte avant.

Mais c’était ça, aussi, les adultes. C’était des télépathes qui savaient toujours quand les enfants avaient soifs ou faims ! Grand-mère était pareille !

Quand il eut fini de boire, un chiffon doux lui essuya les yeux puis lui nettoya le visage et enfin les mains.

— Ça va mieux ?

Lorsqu’il lui avait adressé la parole, il avait déjà trouvé sa voix douce, mais Obito découvrait qu’elle pouvait l’être encore plus.

Timidement, il hocha la tête, fixant ses genoux. Il avait toujours eu la larme facile et avait été traité de pleurnichard par quasiment tout le clan et sa classe, maintenant. S’être ainsi donné en spectacle devant quelqu’un qu’il ne connaissait pas…

Mais au lieu de se moquer de lui comme tout le monde le faisait, Sakumo le surprit en lui caressant à nouveau le crâne, et plus encore en lui présentant une brochette de dango, le tout sans le forcer à le regarder de nouveau, se contentant de la placer dans son champ de vision, attendant qu’il s’en saisisse.

Quand Obito ferma sa petite main sur la tige en bois, il releva courageusement la tête, reniflant toujours et un peu effrayé de l’expression qu’il allait arborer.

Or, il n’avait l’air ni moqueur ni en colère, se contentant de lui sourire comme il le faisait depuis qu’il l’avait interpellé.

— Merci monsieur, souffla-t-il.

— J’espère que tu aimes le sucre ! Malheureusement, Kakashi déteste ça.

Le concerné paraissait ravi de sa tasse de thé, la sirotant avec toute la concentration d’un enfant de son âge, louchant pratiquement dessus.

En regardant autour d’eux, Obito reconnut l’endroit. Ils étaient effectivement toujours au marché, mais loin des étals précédents, entourés de stands de nourritures déjà cuisinées. Il était un peu trop tôt pour le dîner et les confiseries attiraient le plus de clients.

Ils se trouvaient d’ailleurs assis à l’une des enseignes, un peu à l’écart.

— C’est mon dessert préféré, confessa le futur shinobi.

— Quelle coïncidence ! C’est aussi la mienne !

Les dango avaient toujours eu bon goût, mais ils lui semblaient meilleurs encore.

Rasséréné par cette pause, Obito se sentit capable de reprendre les courses, ce qu’il prouva en sautant sur ses pieds, l’air décidé.

En revanche, Sakumo ne semblait pas partager son avis, alors qu’il lui tapotait l’épaule :

— Je vais me charger de la fin, d’accord ? Reste ici avec mon fils pendant ce temps, je serai rapide.

— Mais…

Mais, c’était à lui de le faire ! C’était à lui que grand-mère avait confié la liste et le portefeuille ! Comment pouvait-il devenir un shinobi digne de ce nom s’il ne parvenait pas à réussir une mission aussi facile que celle-ci ?

Encore une fois, Sakumo prouvait qu’il était un adulte car il usa de sa télépathie pour savoir à quoi il pensait et donc le rassurer (en vérité, Sakumo était habitué à deviner les pensées de son louveteau et Obito était particulièrement expressif. Du gâteau, sans même mentionner sa carrière sur le terrain).

— Tu sais, demander de l’aide et compter sur les autres, ce n’est pas une preuve de faiblesse. Au contraire, il est très important de savoir faire confiance aux autres quand on se sent dépassé par la situation.

Bouche bée et comme en transe, le petit garçon l’observa, des étoiles dans les yeux.

— Ta grand-mère doit commencer à s’inquiéter, non ?

Il hocha la tête, une légère culpabilité se formant à cette pensée.

Pauvre grand-mère, elle qui ne se sentait déjà pas très bien…

— Alors, ça ira plus vite si je m’en occupe. Et pendant ce temps, surveille Kakashi pour moi, d’accord ?

Ne trouvant pas comment refuser et se rendant compte qu’il commençait à se sentir fatigué, Obito remonta sur son tabouret et hocha la tête, l’air sérieux.

C’était une mission très importante ! Il avait l’intention de la mener avec rigueur ! Sakumo pouvait compter sur lui !

Finalement, c’était la demande de gardiennage la plus simple de sa courte vie.

Au cœur du clan, c’était fréquent d’avoir à surveiller les plus jeunes, peu importe que vous n’ayez que deux ans de plus qu’eux. Et les petits Uchiwa étaient une bande de fuchizaru indomptables, toujours à la recherche de frissons dans l’espoir d’éveiller le dōjutsu familial, c’était donc une tâche harassante qui ne permettait aucun repos.

Puis, il y avait Kakashi, qui se contentait de siroter doucement son thé, de lui tendre sa coupe pour qu’elle soit remplie de nouveau, et de recommencer.

Obito avait tenté de lui parler, d’en apprendre un peu plus sur lui, mais rien à faire. Il avait donc fini par abandonner, inclinant la théière quand il le lui faisait signe, et se contentait d’observer les environs, impatient de reconnaître Sakumo au travers de la foule.

Ce n’était pas que le mutisme de Kakashi le gênait ou l’apeurait, simplement qu’il s’ennuyait un peu et avait hâte de rentrer pour s’occuper de sa grand-mère.

Quand il aperçut la haute taille se démarquer au milieu des civils, il se redressa et prit appui sur la table, ravi.

— Et voilà, j’ai tout pris ! Avais-tu autre chose à acheter ou un autre endroit où aller ?

Il secoua énergiquement la tête alors que l’adulte baissait le panier à sa hauteur, afin qu’il puisse apercevoir les provisions soigneusement emballées et rangées.

— Et je vois que mon louveteau est toujours en un seul morceau ! Bon travail !

Obito ne s’attendait pas à grand-chose, simplement récupérer son panier et à des salutations. Il fut donc surpris lorsqu’à la place, Sakumo repassa l’anse à son épaule, fouillant dans sa poche pour en sortir quelques ryō qu’il lui tendit.

Il les prit, sans comprendre.

— Tout travail mérite salaire !

Comprenant que c’était pour avoir veillé sur Kakashi, il se redressa subitement, prêt à refuser, mais il n’en eut pas le temps.

Sakumo lui tendit la main à nouveau, son fils sautant au bas de son tabouret.

— Allons-y, nous te raccompagnons chez toi !

Une nouvelle fois, ils se tinrent la main, Kakashi sur l’épaule de son père, alors qu’ils quittaient la place bondée au profit des rues plus calmes au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient.

— Tu habites à l’enceinte ?

— Non, à l’extérieur.

Il les guida avec application au travers de Konoha. Évidemment, ils ne passèrent pas inaperçu et il ne fallut pas longtemps pour que les femmes âgées qui l’arrêtaient tout le temps, ne les repèrent. Ils se retrouvèrent rapidement encerclés.

— Obi-chan ! l’interpelèrent-elles. Tu es allé faire des courses pour ta grand-mère ! Quel gentil petit-fils !

Il y eut des grognements sur leur descendance respective qui ne le ferait jamais, des conversations qu’elles reprirent entre elles, tout en pinçant les joues encore rebondies du petit garçon qui les laissa faire, habitué.

— Et tu n’es pas seul !

— Bonjour mesdames, les salua poliment le concerné.

Les commentaires furent cette fois sur sa politesse, se pâmant sur ce nouveau visage, puis sur l’enfant assis sur ses épaules, roucoulant sur à quel point il était mignon.

Ça prenait toujours de longues minutes pour s’en sortir, mais pas cette fois.

Sakumo devait être un très grand shinobi ! Il parvint à les extirper de la situation sans paraître impoli, gardant toujours le sourire et les guider en-dehors du rassemblement, et ils pouvaient encore entendre les vieilles dames glousser, ne paraissant pas insultées de leur départ.

Il avait besoin d’apprendre cette capacité !

Cependant, ils arrivèrent bientôt à la maisonnette où Obito vivait, sonnant la fin de leur réunion.

Le petit garçon commença à réfléchir à un stratagème pour retarder cette finalité mais il ne trouva rien et se retrouva rapidement à court de temps.

Et puis, grand-mère surgit alors qu’il se tenait dans le genkan, l’air inquiète. Malgré la fièvre, son visage s’éclaircit en l’apercevant, et plus encore en voyant qui l’accompagnait.

Ou bien était-ce une impression ?

— Grand-mère ! l’appela-t-il en la voyant.

Il se précipita contre elle, l’enlaçant maladroitement, autant sous le plaisir de la voir, la fierté d’être parvenu à rassembler tout ce dont elle avait besoin, mais aussi l’espoir qu’elle comprenne son envie que Sakumo et Kakashi restent un peu plus longtemps et l’y aide.

Pendant ce temps, celui-ci expliqua la situation, s’enquérant de la situation de l’aînée, ce qui la fit glousser derrière sa main, avant qu’elle n’invite père et fils à entrer, en accord avec le plan de son petit-fils.

Mais Sakumo devait refuser. Il n’avait pas encore fait ses propres emplettes, et maintenant qu’Obito était chez lui, il pouvait y retourner, satisfait.

L’intéressé eut l’impression de sentir son cœur tomber, alors qu’il observait les adultes échanger des politesses, avant que le duo ne le salue et ne parte, la porte se refermant derrière lui.

Quand grand-mère passa à sa hauteur, elle s’arrêta et lui caressa gentiment les cheveux, amusée.

— Ce n’est pas tous les petit-fils qui peuvent se vanter d’avoir le Croc Blanc pour faire ses courses !

Elle lui pinça affectueusement la joue, ensuite, et s’empara enfin du panier déposé à terre, l’emportant pour la cuisine, bien avant que le petit garçon ne bouge de nouveau, interloqué.

Comment ça, le Croc Blanc ?

— Grand-mère ?!

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