Couple : Kakashi Hatake x Obito Uchiwa
Genres : Amitié – Humour – Tranche de vie / One-shot
Rating : +8
Résumé : Sous les menaces de Tsunade, Kakashi s’était inscrit à des cours de rééducation par le sport.
Mais il reviendrait, juste pour le coach.
Bonne lecture !

— Peu importe votre âge, vous pouvez y arriver !
En temps normal, Kakashi se contenterait d’un rire sardonique, en réaction. Franchement, qui croirait à ce genre de maxime ? Elle excluait tellement de monde…
Et pourtant, il apprenait lentement à y croire, non pas parce qu’en effet, il parvenait à réaliser les exercices, mais plutôt parce que…
Eh bien, si le coach lui disait que la lune était faite de fromage, il y croirait. Alors ça, en comparaison…
En temps normal, Kakashi avait l’habitude de dépasser pas mal de gens en terme de taille, mais c’était devenu douloureusement évident lorsqu’il avait rejoint ce cours. Il n’y avait bien que l’instructeur à l’égaler, lui permettant de se sentir moins seul, mais le condamnant malgré tout à rester au fond de la salle.
Pas qu’il avait particulièrement besoin d’être dans les premiers rangs pour comprendre et répéter les figures enseignées !
Juste… La vue y était particulièrement plus attrayante que l’actuelle…
Franchement, maudit soit son père et ses gènes de géant, pour le punir ainsi !
Ses genoux lui brûlèrent subitement, comme pour le tancer de sa mauvaise pensée, le rappelant à la réalité.
Se redressant doucement, il les massa, vérifiant que tout allait bien et rajusta les genouillères qui glissaient, malgré les sangles.
— Ne forcez pas ! rappela aussitôt l’instructeur. Même un peu, c’est déjà très bien !
Il aurait pu penser que cette préoccupation lui était destinée, mais il avait appris bien vite que c’était destiné à tout leur petit groupe. Qui, ici, ne souffrait pas ? Après tout, c’était le créneau réservé à la rééducation par le sport. Certes, il était essentiellement entouré de membres du troisième âge, mais ça ne rendait pas l’inquiétude moins importante.
Les pauses pour s’hydrater étaient toujours les bienvenues. Mais, si la plupart l’accueillait surtout pour étancher la soif qui les prenait après avoir tant transpiré, Kakashi en satisfaisait une toute autre, alors qu’il observait l’entraîneur s’emparer de sa propre gourde à laquelle il buvait par petites gorgées.
Il préférait vers la fin de l’heure, quand une goutte de sueur lui échappait, glissant le long de sa peau, redessinant les contours de sa gorge, mise en valeur alors qu’il se désaltérait, avant d’imprégner son T-shirt.
Il lui était déjà arrivé de rêver d’être cette goutte, ou de simplement suivre son chemin de sa langue, ou de toute autre partie de son anatomie, il n’était pas fermé.
Mais ce n’était pas la seule raison pour laquelle il appréciait tant la fin du cours. Obito – le coach – avait alors tendance à repousser les quelques mèches errantes loin de son visage, le dégageant entièrement, à son grand plaisir, sans s’arrêter dans ce qu’il disait ou faisait, distribuant à quiconque son grand sourire lumineux alors qu’il complimentait tout le monde pour son assiduité.
Kakashi aurait bien voulu lui emprunter de son temps, à ce moment-là, jouer les élèves perdus peut-être, ou inquiets de ses performances, peu importe. Or, c’était peine perdue. À la seconde où il annonçait la fin des étirements, un mur de femmes âgées s’agglutinaient autour de lui, interdisant à quiconque de s’approcher sans leur approbation.
Clairement, s’il voulait échanger autre chose que des salutations plates, il allait devoir brosser ces cerbères dans le sens du poil.
Mais, est-ce que le jeu en valait la chandelle, telle était la question.
Le mieux qu’il avait pu avoir, pour l’instant, c’était les quelques minutes tranquilles avant le cours, lorsque la plupart des gens y assistant n’étaient pas encore arrivés, ce qui lui avait permis d’être un peu plus que deux étrangers, mais tout juste.
Cependant, il ne perdait pas espoir.
Rattrapant le groupe au mouvement suivant, il se concentra, imitant les gestes réalisés par l’instructeur.
Dans l’ensemble, sa rééducation se passait bien, Tsunade ne l’avait pas trop enguirlandé lors de leur dernier check-up, ce qu’il interprétait comme encourageant. Elle l’avait interrogé sur le déroulé des cours et sur son ressenti, les deux étant positifs. Néanmoins, il ne se voilait pas la face : même si c’était elle qui l’y avait poussé et lui avait indiqué ce centre, il valait mieux éviter de l’informer sur son potentiel intérêt pour le coach.
À la fin de l’enchaînement, Kakashi tentait de se convaincre que c’était une bonne douleur qui traversait actuellement son corps, mais son esprit était plus têtu que lui, lui répétant sans vergogne que c’était à cause de ce genre d’aveuglement qu’il s’était retrouvé ici, avec deux genoux pratiquement en miettes.
Pas qu’il se plaignait de la rencontre, seulement du processus à travers lequel il avait dû passer pour en arriver là.
Grimaçant au souvenir, il serra les dents alors que ce fut cette fois son dos qui se rappela à lui.
Y avait-il, quelque part, un endroit de son corps qui n’avait pas l’intention de participer à ce grand inventaire de l’inconfort ? Il avait traversé pire, il s’en remettra, comme à chaque fois…
Tu ne peux ralentir la course du temps, Kakashi. Ce que tu pouvais ignorer à vingt ans te gardera éveillé à trente.
Tsunade n’avait pas apprécié qu’il lui réponde qu’il souffrait d’insomnie, de toute façon, donc que ça ne le dérangeait pas tant que ça.
C’était d’ailleurs suite à ce trait d’esprit qu’il s’était retrouvé à boîter jusqu’au club de sport qu’elle lui avait indiqué, afin de poursuivre sa thérapie.
Heureusement, l’hématome qu’elle lui avait infligé avait disparu avant le premier cours, lui épargnant de traîner la patte plus longtemps.
Cette fois, ce fut une main sur son épaule, et une autre sur son bras qui l’arracha de ses réflexions, corrigeant sa posture.
Il lui fallut son départ pour se rendre compte que c’était bien sûr Obito, mais c’était déjà trop tard, celui-ci étant parti aussi sec, au profit d’une autre personne en difficulté.
Cependant, au vu du rempart de regards noirs qui fut aussitôt dirigé sur lui, il en vint à regretter ses rêveries qui avaient alors affecté sa pose.
Ce n’était pas parce que la plupart portait un dentier que ces femmes ne savaient pas mordre !
Un frisson le parcourut alors qu’il essayait de garder son habituel visage neutre, bien aidé par le masque hygiénique qu’il portait. Obito avait bien tenté de le convaincre de le retirer, arguant sur les difficultés à respirer qu’il allait devoir rencontrer, mais il n’en avait pas démordu et s’en remerciait actuellement.
Son père était bien le dernier à se rappeler de son visage en entier, et c’était bien assez suffisant comme ça.

Essuyant la sueur grâce à sa serviette, Kakashi épiait involontairement ce que les membres féminins pépiaient, assiégeant une fois de plus le coach.
Ce dernier n’avait pas l’air si dérangé que ça, à savoir si ça lui plaisait ou qu’il n’osait pas les repousser.
Il devrait lui poser la question, un jour…
Il semblerait que la doyenne lui avait apporté un cadeau, alors qu’elle lui tendait une boite qu’il tentait de refuser.
La douce odeur qui l’atteignit ne le détrompa pas, alors que le couvercle était relevé : la femme âgée avait réalisé des prouesses en cuisine et avait bien l’intention d’engraisser l’instructeur, ce dont elle se défendait, tout en lui pinçant les joues et en répétant à quel point il était maigre.
Kakashi ne partageait pas vraiment son point de vue, son œil glissant lentement sur la silhouette plus que tout athlétique, malgré les vêtements de sport un peu larges qui la drapait.
Ensuite, tel un rituel, il y avait toujours une photo de la descendance de l’une d’elle, pendant que les louanges de la jeune fille qui y figurait étaient chantés, dans le but évident d’organiser une rencontre, et plus si affinité.
Si Obito n’avait pas l’air si pitoyable, il en rirait. Mais comme ce n’était pas le cas, il se contentait d’un sourire compatissant, bien que caché derrière son sempiternel masque.
C’était incroyable de voir la masse humaine qui l’entourait à la fin de chaque cours, contraste flagrant avec les rares membres masculins (ça aussi, ça l’avait surpris, qu’ils soient une minorité), qui les observaient de loin, certains ne cachant pas les divers degrés de jalousie qui froissaient leurs visages.
Distraitement, il les compara à Pakkun et Bull.
À cette pensée, il secoua la tête et se hâta de partir afin de rejoindre sa petite meute.
Après tout, il n’avait aucune raison de s’attarder !

— Allez mesdames ! ronchonna gentiment Obito.
Il tapa dans les mains, tel un instituteur face à une classe indisciplinée.
Il aimait bien ses petites mamies, comme il les surnommait, elles lui rappelaient sa grand-mère qui l’avait élevé, et elles le lui rendaient bien, mais parfois il devait un peu hausser la voix lorsque l’exercice présenté n’était pas à leur goût et qu’elles préféraient, à la place, se regrouper pour commérer entre elles.
Les hommes présents démontraient une meilleur volonté, de ce côté-là, jusqu’à ce que l’un d’entre eux lance un compliment à l’un des femmes, et c’était fini, il n’existait plus.
Dans ces moments-là, il remerciait il-ne-savait-qui pour l’inscription de son dernier membre. Kakashi ne semblait pas intéressé par l’une ou l’autre de ces activités et gardait son attention fixé sur lui.
Il lui arrivait parfois d’hésiter à continuer le cours juste pour lui, quitte à ce que les autres membres les rejoignent en cours de route, mais un petit pincement de culpabilité le saisissait alors.
Alors, à la place, il cherchait à les reconcentrer et à les stimuler, de régner sur des personnes ayant plus du double de son âge tout en restant professionnel.
Qu’il enviait Iruka, qui pouvait hausser le ton autant qu’il le voulait quand ses élèves faisaient des bêtises ! Autant les siens ne le regardaient pas avec cet air de suffisance que concédait l’âge vénérable des siens…
Par désespoir, il retourna vers Kakashi, alors que les derniers membres confluaient vers la réunion impromptue.
— Ça arrive souvent ? lui demanda-t-il.
— De temps en temps. Les séances avant les vacances sont les pires. Les réunions familiales ont tendance à les enflammer, expliqua l’instructeur.
Il hocha la tête sans commenter, pensif.
— Que faîtes-vous, dans ces moments-là ?
— Je regrette mon choix de carrière.
Son interlocuteur ne devait pas s’attendre à une réponse aussi franche car il s’étouffa dans sa gorgée d’eau et toussota longuement. Obito allait s’inquiéter pour lui quand il se rendit compte que la toux était aussi mâtinée de rires, le faisant sourire aussi.
— Vous n’êtes pas si mauvais, le rassura-t-il, une fois la crise écartée. Disons plutôt que vous n’aviez aucune chance depuis le début. Se faire obéir par plus vieux que soit est un combat perdu d’avance.
On sentait que c’était l’expérience qui parlait, mais il ne put l’interroger dessus car ils furent soudainement interpellés par la doyenne qui agita le bras vers eux.
— Obi-kun ! C’est bientôt le festival Rinne !
— En effet, comme tous les ans, s’amusa-t-il.
Suki eut un mouvement de main de dédain en réponse, comme pour lui signifier de ne pas la couper.
— Nous devrions organiser quelque chose, pour l’occasion !
— Nous faisons un pot, d’ordinaire, objecta l’instructeur.
Encore ce geste. Décidément…
— Nous avons un nouveau membre, nous sommes donc un chiffre pair ! Nous devrions organiser un échange de cadeaux !
— Oh oui, ma petite-fille m’en a déjà parlé !
Et ils furent aussitôt oubliés le temps d’une nouvelle conversation.
— Je pense que vous n’avez plus la moindre chance aujourd’hui avec eux, sensei.
Obito se frotta le front en soupirant, partageant cette pensée.
— Il nous reste plus de la moitié du cours, ce n’est pas sérieux…
— Puis-je en profiter pour demander une supervision privée ?
Le masque omniprésent semblait faire partie intégrante du visage de Kakashi, avait-il fini par se rendre compte, mais ses yeux communiquaient suffisamment ses expressions pour qu’Obito décèle la légère pointe d’humour.
— Je suis aussi là pour ça ! Et puis, peut-être que ça les motivera à nous rejoindre…
Lorsque leur nouveau membre les avait rejoint, il avait jeté un œil sur son dossier, et surtout la lettre adressée par sa médecine qui expliquait la raison de sa présence. Les genoux étaient à surveiller, certes, néanmoins elle avait aussi ajouté la liste de ses antécédents et ils n’étaient pas non plus à négliger.
Sélectionner des exercices qui lui conviendraient, sans pénaliser les autres participants avaient été un casse-tête mais, quelques mois plus tard, il estimait que ça en valait le coup. Personne ne s’était encore plaint ni blessé, c’était donc une victoire qu’il se permettait de savourer.
Scrutant ses mouvements d’un regard acéré, il indiqua quelques modifications légères, ajusta les longs membres lorsqu’ils étaient décalés… dans l’ensemble, il n’y avait que peu d’erreurs.
Si omettait les genoux, Kakashi était plutôt souple, surtout compte tenu de l’âge qu’il devait avoir, et ses muscles témoignaient d’une vie d’exercices fréquents.
— Vous faîtes ça très bien ! le complimenta-t-il. N’oubliez pas de ménagez vos articulations et de prendre régulièrement des pauses quand vous en ressentez le besoin, d’accord ?
Autour d’eux, les autres membres du cours avaient repris leurs places initiales, soudain impatients de poursuivre les exercices, les forçant à se séparer et à les imiter, l’un allant au devant et l’autre au fond.

Évidemment, Suki avait fait comme elle l’entendait, comme toujours, et le dernier cours de l’année se retrouva amputé de sa moitié finale, durant laquelle tout le monde s’échangea les fameux cadeaux, qui se résuma essentiellement par des pièces crochetées ou tricotées et quelques tasses faîtes mains.
Obito tourna et retourna le petit cactus en pot qu’il avait reçu, surpris autant par sa présence inhabituelle (combien de lainages avaient-ils collectés depuis qu’il donnait des cours ?) que par sa taille. Il en existait donc de si petits représentants ?
Son oncle en avait toute une collection certains dépassant sa taille d’enfant, et si acérés qu’ils lui faisaient parfois penser audit oncle et à sa chevelure sauvage.
Rien à voir avec cet espèce d’échantillon.
— C’est un rebutia muscula, l’informa une voix à sa gauche. Vous avez toute la liste des soins sous le pot.
Kakashi disparaissait actuellement sous une immense écharpe verte aux motifs géographiques douteux. Obito ne parvint pas totalement à réprimer le gloussement qui lui vint à l’image inattendue.
— Je crois que Chiaki n’a pas apprécié que je refuse son cadeau, commenta-t-il platement. Elle a de la ressource.
Il tentait vainement de desserrer le nœud, encourageant ainsi l’instructeur à lui confier sa plante pour s’en charger à sa place.
— C’est la première fois qu’on m’offre un cactus, déclara-t-il.
— J’ai demandé conseil à un ami, je ne suis pas très bon en cadeau.
— Oh, je suis juste étonné ! J’aime beaucoup, il est très mignon !
Distraitement, il constata que le nuage d’épines l’entourant pouvait être comparé à la surprenante chevelure argentée de son interlocuteur.
— Content de savoir qu’il vous plaise.
Libéré de son écharpe, Kakashi la retira de son cou, se massant la nuque, ce qui attira l’attention de son interlocuteur sur la chaîne qu’il y portait.
— Vous portez une plaque d’identification ? reconnut-il.
Marquant un temps d’arrêt sous la surprise, il finit par hocher la tête et se saisir de ladite plaque, la lui montrant.
— Vous étiez dans l’armée ?
— Je le suis toujours. Enfin, dès que Tsunade me jugera apte, j’y retourne.
— Avec des genoux dans cet état ?
Sous l’ébahissement, sa voix partait dans les aigues de manière embarrassante, alors que ses mains se resserraient autour du pot, les épines s’enfonçant dans sa peau.
Loin d’être aussi déphasé, Kakashi haussa les épaules. Il avait vécu pire, avait été dans de pires états, et s’était toujours relevé. Alors, pourquoi pas cette fois ?
— Mais, à votre âge… balbutia-t-il encore. Je… je vous suis reconnaissant pour ce que vous avez fait pour le pays, mais… vous savez que vous avez le droit de prendre votre retraite ?
Le militaire fronçait tellement les sourcils qu’Obito s’attendait à ce qu’ils restent bloqués.
— À mon âge ? répéta-t-il, confus.
Il n’eut pas le temps de trouver une pirouette que Hiroki abattit lourdement une main sur l’épaule de Kakashi, attirant leur attention sur lui.
— Mes vieilles oreilles ont bien entendu parler de l’armée ?
— Oui monsieur. Le coach a remarqué ma plaque identitaire.
— Fais-moi voir, tu la portes encore ?
Tirant autant qu’il lui était possible, le vieil homme porta le bout de métal à ses yeux, les plissant pour parvenir à lire les informations qui s’y trouvaient.
— « ANBU » ? C’est cette unité militaire, non ? Mon frère rêvait de les rejoindre. Et capitaine, rien que ça !
Il émit un sifflement d’admiration au grade.
— Par contre, je crois qu’ils ont mal gravé ta date de naissance… Tu ne peux pas avoir vingt-sept ans !
Il rit bruyamment, ce qui acheva d’intéresser ceux à portée d’oreille, les rejoignant à leur tour.
Toujours aussi stoïque, Kakashi récupéra sa plaque et la glissa sous son T-shirt gris.
— Et pourtant, c’est bien le cas.
Il ne sembla pas se rendre compte du choc suscité par cette information.
— Tu es plus jeune que moi ? demanda Obito. C’est… c’est impossible !
Il ne fut pas le seul à refuser d’y croire, bien vite un brouhaha se créa, alors que tout un chacun ajoutait son grain de sel.
Les seuls à ne pas participer au boucan se trouvaient donc être les deux plus jeunes du groupe.
Maintenant ignoré, la raison du chaos en profita pour s’écarter, au profit de la gourde qu’il avait déposé au début du cours, s’en abreuvant.
Sans trop savoir pourquoi, l’instructeur dudit cours le suivit, fixant son cactus.
— Tu es plus jeune que moi, répéta-t-il doucement.
— C’est un problème ?
Relevant le nez à la question, Obito en loucha presque sous la surprise supplémentaire de le découvrir le masque à moitié retiré, pendant à son autre oreille, alors qu’il s’essuyait le menton du revers de la menton.
Le visage ainsi relevé, la vérité était plus facile à croire.
— Vous êtes en train de vous blesser, ajouta-t-il.
Il indiqua ses doigts dans lesquelles les épines s’étaient enfoncées, plus tôt.
— C’est pas grave, j’en ai plein d’autres, marmonna-t-il sans réfléchir.
— Oui, je m’en étais rendu compte.
La légère pointe d’amusement dans son ton lui fit se rendre compte de l’absurdité qu’il venait de sortir, piquant un fard aussitôt.
— Je… Je voulais dire…
Le sourire taquin qu’il contemplait lui vida la tête aussi sec.
Ce serait mentir que de prétendre qu’il n’avait pas ressenti une légère attirance pour Kakashi, jusque-là. Il l’avait balayé avec des arguments évidents sur la différence d’âge, qu’il était sans doute marié ou veuf, qu’il était son instructeur et lui son élève…
Mais maintenant qu’il le savait bien bien plus jeune que ce qu’il croyait (et, coup du sort, trois ans de moins que lui), l’éventualité lui revint avec force et il commença à espérer.
— Ça vous dirait de m’accompagner au festival ?
Et, s’il devait se fier à cette invitation, il semblerait qu’il n’était pas le seul à espérer quelque chose.
— Pour m’offrir d’autres cactus ?
Son interlocuteur parut un peu déstabilisé à la question, alors que lui-même se morigénait intérieurement. Il avait fini de dire des bêtises, oui ?
— Pourquoi pas, si c’est ce qui vous intéresse. Même si je ne suis pas sûr qu’ils en vendent à cette période de l’année…
Retirant délicatement ses doigts des épines et les examinant – des piqûres superficielles et aucune écharde, tout allait bien ! – Obito lui tendit sa main libre, souriant.
— Je suis sûr que nous trouverons de quoi compenser cette perte.
Amusé, Kakashi se saisit de cette main, évitant les doigts meurtris au profit de la paume, la caressant légèrement, appréciant sa chaleur.
— Je n’ai aucun doute à ce sujet.

