Couple : Sukea | Kakashi Hatake x Obito Uchiwa

Genres : Tranche de vie – Romance – Humour / One-shot

Rating : +16

Résumé : Obito avait simplement l’intention de trainer au festival, comme tous les ans, tout en surveillant vaguement l’équipe 7 dont il est le senseï. Mais ce gars avait clairement l’air douteux…

Bonne lecture !


Les festivals d’hiver étaient les plus beaux, de l’avis d’Obito.

Bien sûr, Konoha avait un vrai sens de la fête et il n’y avait pas une rue, un commerce, qui avait été oublié lors de l’installation des décorations, mais l’Uchiwa avait une nette préférence pour les festivals d’hiver.

Il ignorait si c’était dû à la sobriété des installations, aux kimono d’apparats qui étaient plus raffinés que les yukata, ou encore à l’excitation des enfants.

Ou, était-ce tout ça, avec le privilège de ne pas souffrir du froid, de par son clan.

(Les Uchiwa étaient systématiquement écartés des missions pour Suna, afin d’éviter les risques d’hyperthermie.)

Peu importe.

Pour l’heure, le jōnin déambulait au milieu de la foule, tentant de repérer les trois genin dont il a la charge, tout en essayant d’esquiver ses amis.

Ce n’était pas par méchanceté, il les adorait. Mais il semblait qu’ils se soient tous mis en tête de le gaver de dango. Et, autant il en raffolait, autant il était un humain comme les autres et ne pouvait en consommer une vingtaine sans en finir malade.

Oh merde, n’était-ce pas Gaï, là-bas ?

Hélas, le seul moyen de lui échapper attirerait inéluctablement l’attention sur lui, alors Obito serra les dents, rentra la tête dans les épaules et insulta sa haute taille pour le rendre si repérable dans la foule.

Mais, heureusement pour lui et les oreilles de tous ceux dans un périmètre proche, le vert qu’il avait repéré n’était pas la combinaison préférée de son collègue, mais celui du manteau d’un civil.

En temps normal, il se serait contenté de soupirer de contentement et de passer à autre chose, comme retrouver les trois poisons de son existence, mais il n’essaya même pas.

À la place, il dévisagea l’inconnu, ses méninges tournant à plein régime, alors qu’il avait l’impression de l’avoir déjà vu quelque part.

Bien sûr, en tant que shinobi, c’était vague, ils avaient tendance à énormément se déplacer et à croiser une foule de visages ! Mais là encore, pour que ces traits le titillent à ce point, c’est que son inconscient avait un message urgent à lui transmettre.

Et là encore, en tant que shinobi

Décidant de prendre le taureau par les cornes, Obito quitta le stand où il s’était assis pour interpeller cet étranger.

Après tout, il valait mieux l’avoir sous les yeux que dans son dos, non ?

— Salut ! C’est ta première fois ?

Le sursaut de surprise lui parut exagéré, mais le rougissement, là, était clairement naturel, tout comme l’expression troublée.

La maladresse de sa salutation lui revint en pleine figure et il s’empourpra à son tour, regrettant sa décision.

Pourquoi on ne l’envoyait jamais en mission diplomatique, déjà ?

Ah, oui, c’est vrai…

— Première fois que tu visites Konoha, tenta-t-il d’éclaircir.

Il obtint une grimace cette fois, c’était une amélioration ?

— Ça se voit tant que ça ?

L’inconnu était pratiquement aussi grand que lui, presque aussi large sous son grand manteau, il ne s’attendait pas à ce que sa voix soit aussi douce.

Mais, en y repensant, ça collait plutôt au gars et à l’aura qu’il dégageait. Il tenait plus de l’agneau que du loup. Soit il était effectivement un civil lambda qui n’avait pas la moindre idée à quel point il paraissait suspect, soit c’était le shinobi le plus désastreux en matière d’infiltration.

Ils n’avaient échangé que quelques mots et Obito cherchait déjà inconsciemment le kunaï dans sa manche.

Personne, de leur âge, ne pouvait être aussi gentil et inoffensif, à moins de souffrir de maladie mentale.

Mais malgré tous ses doutes, il n’était rien si ce n’était professionnel et garda la même expression affable, pendant que son vis-à-vis plongeait le nez dans son écharpe, l’air intimidé.

— En tant que natif, il est aisé de reconnaître les nouveaux des habitués, balaya-t-il d’un mouvement d’épaule. Et il n’y a bien que les touristes pour ne pas porter de kimono à un festival.

Loin de s’en vexer, l’homme rit joyeusement en réponse.

— Je me rends, vous avez bien deviné ! Je n’avais pas prévu le festival et il n’y avait plus de location disponible.

Il soupira dramatiquement, les paumes levées au ciel, lui permettant d’apercevoir l’appareil photo, le faisant tiquer.

Obito n’avait pas dû être aussi discret qu’il le pensait – ou le gars était vraiment attentif – car il plaça l’appareil devant lui, souriant toujours aussi doucement.

— Je suis reporter indépendant, expliqua-t-il. Je suis toujours à la recherche d’un bon scoop, que ce soit par photo ou par écrit !

Un instant, l’Uchiwa se détendit, pensant que c’était peut-être la raison de son pressentiment. Il l’avait peut-être aperçu au travers des magazines que consultaient son clan, Rin, Minato-senseï…

Tiens, est-ce que Kakashi lisait autre chose que ses romans de gare et les rouleaux de mission ?

Mais ça restait suspect, malgré tout.

— Et donc, tu as choisi Konoha.

— Disons plutôt que mes pieds m’y ont mené. Je voyage d’est en ouest, sans direction claire.

— Oh, et qu’en est-il du nord et du sud ?

La paupière maquillée parut parcourue d’un tic, mais c’était peut-être la lumière.

— Que c’est amusant ! On m’a posé exactement la même question, pas plus tard que tout à l’heure ! Un enfant blond…

Il indiqua sa taille approximative de sa main libre et Obito se sentit rougir à nouveau. Okay, c’était une manière originale de lui annoncer qu’il posait des questions aussi débiles que celles de Naruto.

Il détourna la tête, se grattant la joue du doigt.

— Autre chose, shinobi-san ?

— Je ne suis pas-

Mais il se tut face au sourire amusé.

Formidable, il avait beau être en civil, il semblerait s’était involontairement trahi…

— Bon, okay, grillé, marmonna-t-il.

Lorsqu’il lui refit face, son visage semblait briller tel un soleil, juste par son sourire doux et son aura apaisante.

Jusque-là, il avait jugé ça suspect, maintenant il commençait à trouver ça plutôt agréable. C’était sûrement une simple façade, mais il était prêt à y croire.

— On dirait que j’ai attiré votre attention, poursuivit le civil. J’espère ne pas avoir gâché votre soirée !

Malgré lui, Obito haussa les épaules, d’un air dégagé.

— Rien de tel. C’est aussi notre travail de s’assurer que les nouveaux arrivant se sentent bien à Konoha.

— Mais la question n’a pas été posée, shinobi-san.

Cette fois, malgré l’aura solaire, il put largement distinguer la moquerie sous-jacente.

Avec n’importe qui d’autre, sans doute se serait-il emporté, voire en serait venu aux mains, pourtant pas là. Pas avec lui. Il se sentait penaud, à la place.

— Tu… tu passes un bon festival ? Bégaya-t-il.

— Je ne sais pas… taquina l’inconnu. Tout allait plutôt bien, avant qu’un étrange shinobi ne commence à me poser plein de questions. C’est un sacré préjudice moral.

Son sourire joueur convenait parfaitement à son visage, surtout ce grain de beauté…

— Comment pourrais-je me faire pardonner ?

Obito abandonna, il se sentait vraiment piteux pour avoir pratiquement exigé des réponses d’un touriste, juste pour quelques suppositions stupides !

Maintenant, il allait devoir ramper pour se faire pardonner, afin que cette mésaventure ne parvienne aux oreilles de son ancien senseï !

— Eh bien, je ne sais pas…

Malgré ses habits épais, ses poignets et ses mains étaient délicats, alors qu’il se tapotait le menton de l’index, faussement pensif, ses yeux brillant de méfaits.

— Le dédommagement devrait être à la hauteur du délit !

Il s’amusait clairement, les marques violettes de ses joues se froissant sous son sourire malicieux.

— Crache le morceau, s’impatienta le jōnin, l’air lugubre.

Allait-il se faire extorquer tout son argent ? Devoir se ridiculiser devant tout le village ? Répondre à un pari digne de ceux de Gaï ?

Le sourire radieux qu’il obtint lui tapa sur les nerfs.

— Vous allez me tenir compagnie jusqu’à la fin du festival ! Déclara le civil.

Ne s’y attendant pas, Obito le fixa longuement, clignant de l’œil, l’esprit vide.

Hein ?

N’attendant pas qu’il se reprenne, le reporter se faufila à ses côtés, s’emparant de son bras gauche et lui adressant un sourire candide.

— On y va ?

S’approcher d’un shinobi et s’accrocher à lui sans prévenir pouvait mener à des conséquences… désastreuses. Mais hormis se pétrifier, Obito ne se sentit pas menacé.

Comme… s’il le reconnaissait ?

Repoussant cette réflexion, il entreprit de guider sa charge involontaire au travers de la foule.

— Il y a beaucoup de monde, commenta le civil. C’est toujours comme ça ?

— Je trouve que c’est plutôt calme, comparé à d’habitude.

— Vraiment ?

Ce regard candide sera sa perte.

— Oui. D’ordinaire, le festival de la Volonté du Feu attire pratiquement tout le pays ! Au point que les civils restent dans les rues et les shinobi sur les toits. Mais la nuit est encore jeune et ça commence tout juste.

Leurs respirations s’élevaient en nuage de buée alors qu’ils parlaient. Le reporter racontait d’autres événements auxquels il avait pu assister au long de sa carrière.

— Sérieusement ? Du lancer d’artichauts et du craché de bigorneaux ?

— Ce sont deux championnats différents, mais oui. C’est très amusant à voir.

— J’imagine, oui, renifla-t-il.

De temps en temps, il scrutait la foule pour retrouver le trio de morveux dont il avait la charge, mais il ne les avait pas encore repéré.

— Un souci, shinobi-san ?

— Uchiwa Obito, corrigea-t-il enfin. J’avais rendez-vous avec mes étudiants, mais impossible de leur mettre la main dessus.

— Oh, vous êtes jōnin-senseï ! S’exclama le civil. Vous pouvez m’appeler Sukea, d’ailleurs.

Ce nom ne lui disait rien, mais il était un peu occupé, présentement.

Certes, il était arrivé en retard au point de rencontre – pour changer – ce qu’ils lui avaient bien fait comprendre – pour changer – et ils s’étaient aussitôt dispersés au milieu des kimono chamarrés sans l’écouter – pour changer – mais ce n’était pas une raison pour l’éviter jusque-là… et bien, jusqu’à ce qu’ils décident de réapparaître.

— Je vais finir par me vexer, gloussa Sukea.

Il lui tenait toujours le bras, bien qu’Obito commençait à se demander si c’était vraiment pour ne pas se perdre au milieu des gens.

— J’ai pour mission de surveiller mes genin, répliqua-t-il en fronçant les sourcils.

— Et je parie que vous avez un taux de réussite très élevé.

Il lui tapota le bras avec nonchalance, ce qui eut l’effet inverse de celui recherché.

Mais ce fut à ce moment précis que les trois petits démons surgirent au coin de la rue et le repérèrent, se précipitant sur lui en essayant de ne pas trébucher avec leur setta, pilant juste devant lui. Ils étaient tous les trois débraillés, décoiffés, les joues rougies et arboraient une expression malicieuse qui lui donnait des sueurs froides.

— Obito-senseï ! S’exclamèrent-ils en chœur.

— Oh, Sage, dois-je cacher un corps ? Demanda-t-il avec défaite.

Franchement, comment avait fait Minato-senseï ? Malgré le contexte de la guerre et cette tête de pioche de Kakashi, il avait donné l’impression que c’était… facile d’enseigner.

Ça devait être un truc de génie.

Quoique, à la réflexion, il ne confierait pas un cactus à Kakashi, tout prodige qu’il est, alors des enfants…

Loin de prendre la mouche, les trois genin sautillaient pratiquement sur place, définitivement habités d’une énergie que leur aîné lui enviait.

— Où étiez-vous, tout ce temps ? Les interrogea-t-il pour la forme.

Au travers des réponses mélangées, il crut comprendre qu’ils avaient fait le tour des attractions proposées, avaient croisé leurs anciens camarades de classe et avaient joué quelques tours à des visages qui ne leur revenaient pas.

La routine, donc.

Malgré lui, Obito ne parvint pas à s’empêcher de gémir de désespoir en imaginant les remontrances inévitables qui l’attendront à la fin du festival, auprès du Hokage.

— Qu’Amaterasu ait pitié de moi… ou de vous.

Après s’être frotté le visage de sa main libre, il fusilla du regard les trois vermisseaux, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte du changement d’ambiance.

— Vous trois. Tenez-vous à carreau pour les trois jours du festival ou je vous jure que je vous utilise comme cible.

Son effet fut brisé par son voisin – qu’il avait oublié.

— Oh ! S’exclama-t-il, tout guilleret. Vous participez au concours ?

Pour une raison inconnue, Obito eut soudainement l’envie de faire le coq, se redressant et prenant un air dégagé avant de répondre, mais Sasuke l’interrompit sans aucun scrupule.

— Non, cousin Obito en a été banni après avoir mis le feu à un pâté de maison, il y a trois ans.

Ce n’était pas très glorieux, mais était-ce de sa faute si les mesures de sécurité avaient été si basses ? Les trois-quart des participants étaient issus de son clan et le Katon était leur nature de chakra par défaut !

— Un pâté de maison, répéta le reporter. C’est impressionnant !

Il tourna vers lui un regard brillant qui lui donna envie cette fois de se tortiller.

— Oh, ce n’est rien, répondit-il avant de s’interrompre. Euh, je veux dire, j’ai perdu le contrôle et…

Décidément, aucune réponse ne lui convenait, et il commençait à s’agiter sous l’attention conjointe des enfants et du civil. Et d’autres passants, curieux.

Sukea cacha un léger rire derrière sa main et il abandonna. Tant pis, il valait parfois mieux se taire.

— C’est qui ? Interrogea brusquement Naruto. Ton petit ami ?

Les deux adultes se raidirent à cette question, échangeant un regard en coin, hésitant.

— Qu’est-ce qui te fait penser ça ?

— Vous vous tenez le bras. Mes parents font toujours ça, les renseigna Sakura.

Ses joues roses étaient clairement pour autre chose que leur course précédente, maintenant.

Naruto émit un de ses cris signatures, à peine interrompu par la déclaration de Sasuke :

— Impossible.

— Pourquoi ça ? Mes parents le font tout le temps !

— Cousin Obito est avec Kakashi, balaya-t-il d’un haussement d’épaules.

Ignorés par les genin soudainement très occupés à débattre du sujet, les deux adultes réagirent différemment.

Déjà, le principal concerné prit la couleur d’un Sharingan, à deux doigts d’émettre de la chaleur, pendant que son voisin portait sa main libre au visage, amusé de la situation.

Se penchant vers le jōnin, il eut envie de jouer avec lui. Un peu plus.

— Kakashi ? Répéta-t-il. Je ne vous pensais pas du style à jouer sur plusieurs tableaux, shinobi-san.

L’implication – les implications – donna plus encore envie à Obito de s’engouffrer sous terre pour ne plus jamais en sortir.

Définitivement, la vie à la surface, c’était très surfait.

— Il n’y a rien entre Kakashi et moi, parvint-il à balbutier. J’ignore ce qui a pu leur faire croire le contraire.

Sauf qu’ils l’avaient entendu, bien sûr, et avaient peu apprécié l’insinuation.

— On n’est pas des menteurs ! S’exclama Naruto.

Bon sang, le volume sonore de ce morveux devait-il toujours être aussi élevé ? Comment pouvait-il espérer être shinobi en étant incapable de chuchoter ?

— C’est vrai ! Surenchérit Sakura. Vous êtes tout le temps ensemble !

— Vous parlez sans mot, ajouta Sasuke. Vous vous fixez dans les yeux tout le temps !

Aïe, pour le coup, ce poison avait relevé quelque chose d’embarrassant. Pour des familles porteuses de dōjutsu, c’était un geste très significatif.

— Détails, grommela-t-il.

— Rin dit toujours que vous allez vous marier !

— Oui, c’est vrai ! Maman et papa aussi !

— Grand frère m’a déjà dit qu’il ne savait pas de quel côté il devra s’asseoir pour la cérémonie !

Obito n’avait pas enclenché son Sharingan, pourtant il avait l’impression que ses yeux commençaient à tourbillonner sous l’embarras croissant.

Est-ce qu’on lui en voudrait vraiment, s’il noyait le fils du Yondaime et de la jinchūriki de Kyūbi, celui du chef du clan Uchiwa et une fille de civils ?

Il émit un croassement embarrassant que nul ne releva.

— Alors, vous et Kakashi ? L’interrogea Sukea. Vous vous connaissez depuis longtemps ?

— J’ai dit qu’il n’y avait rien…

— Ce n’est pas ce que j’ai demandé.

Peu importe qu’ils venaient de se rencontrer, Obito était parfaitement capable de déchiffrer l’expression moqueuse dans les yeux gris/vert.

— Depuis toujours, grommela-t-il en réponse. Mais ne les écoute pas. On était tous les deux dans la même équipe, c’est tout.

— N’est-ce pas les prémices d’un tome d’Icha-Icha ?

— J’sais pas, j’lis pas ces… trucs.

Mais Kakashi, si. Il saurait répondre.

Il sortit de ses pensées alors que Sukea lui tapotait de nouveau le bras, affichant ce même sourire tendre.

— Maintenant que vous avez trouvé vos genin – et que nous avons clarifié votre relation à vous et Kakashi-san – si nous reprenions notre balade ? Il y a encore tant de choses à voir !

C’est un piège.

Affichant un sourire crispé, Obito siffla brusquement, rappelant à l’ordre sa charge qui se redressa aussitôt, les yeux écarquillés, attentive.

— Bon, les gremlins. Vous nous collez aux basques et on avance, compris ?

Ils hochèrent vivement la tête et Sakura vint même s’accrocher à sa main libre.

Voyant ça, Naruto se précipita sur celle de Sukea, les sourcils froncés.

Laissé seul, Sasuke croisa les bras, son visage se froissant dans cette expression typique du clan, sûrement pour camoufler qu’il était vexé de sa situation et refusait de le reconnaître.

— Et, on est parti, grommela le jōnin-senseï.

La main de Sakura était déjà toute collante, mais sûrement moins que celle de Naruto, se consola-t-il.

— On va voir quoi ? Voulut savoir le petit blond.

Il commença à lister tout ce qu’ils avaient déjà fait jusque-là, réduisant ainsi le champ de possibilités, au déplaisir de son enseignant.

Pour le bien de Konoha, et jusqu’à ce que les parents respectifs viennent les récupérer, les morveux devaient être suffisamment occupés afin qu’aucun projet de chaos n’éclate dans leur petite tête.

Malheureusement, ils semblaient avoir écumé toutes les activités disponibles, et ce n’était pas la première fois qu’ils assistaient à cet événement, il n’y avait donc aucune surprise.

Cette réflexion donna justement l’idée nécessaire à Obito qui se tourna aussitôt vers le trio, les yeux brillants.

— Je vais vous charger d’une mission de la plus haute importance !

Il attrapa la main de Sukea, l’attirant devant lui afin de le mettre en valeur.

— Sukea, ici présent, est un reporter qui a l’intention d’écrire sur le festival de la Volonté du Feu ! Vous allez donc devoir le guider à travers les installations et lui présenter sous votre meilleur jour, pour le bien du village ! Compris ?

Évidemment, Naruto s’enthousiasma aussitôt à la nouvelle, tandis que Sakura commençait à réfléchir au meilleur itinéraire, au vu de ses sourcils froncés.

Mais Sasuke croisa les bras, le regard noir, pas dupe.

— Où est le parchemin de mission ? Et quelle sera la rémunération ?

Obito eut très envie de frapper son cher cousin en plein visage.

Ça le détendrait.

Mais, il était un adulte et devait prendre des décisions d’adultes.

À la place, il prit une profonde inspiration et afficha son plus beau sourire.

— Ma reconnaissance éternelle.

Le temps parut suspendre son vol alors que les quatre spectateurs écarquillèrent les yeux, avant de pouffer de rire, au grand dam du jōnin.

Vexé, il se redressa de toute sa hauteur et usa de son aura d’enseignant :

— Sinon, c’est deux mois de rangs D.

Étrangement bien motivée, la petite équipe se réunit pour décider de la première étape, alors que Sukea se rapprochait du shinobi, toujours ce sourire doux aux lèvres, bien qu’il le brisa le temps d’une moue.

— À la base, c’était votre punition. J’ai la bizarre impression que vous venez de vous débarrasser d’un encombrant paquet et que vous vous en sortez sans conséquence.

Il n’avait pas complètement tort, ce qui le fit grimacer à la réalisation.

— Navré, c’est tout ce que j’ai trouvé pour les tenir suffisamment occupés afin qu’ils ne tentent pas de mettre le feu au village.

La moue disparut comme si elle n’avait jamais existé et Obito se sentit sourire à son tour.

— Vous semblez parler d’expérience… des histoires à partager ?

— C’est… c’est confidentiel, balbutia-t-il alors qu’il rougissait.

Il ne mentait pas : le Yondaime y avait apposé son sceau, personne n’avait le droit de mentionner cet incident, avant de très nombreuses années.

Mais, en bon journaliste, Sukea ne lâcha pas l’affaire, fleurant sans doute le scoop, se penchant un peu plus contre lui au point de le faire pratiquement loucher.

— Vraiment ? Demanda-t-il dans un souffle. Je sais tenir ma langue, vous savez. Je peux faire d’autres choses avec, d’ailleurs…

Il parvint tout juste à bredouiller que c’était bien noté, merci, pouvez-vous-reculer-s’il-vous-plaît-merci, avant que son cerveau ne surchauffe complètement.

Cette fois, l’étincelle malicieuse dans ses yeux gris/vert était presque menaçante, alors que Sukea se recula, mais uniquement pour presser les deux mains à plat sur la soie douce de son kimono, comme pour en apprécier la sensation, mais sa cible se trouvait clairement en-dessous de son hadagi.

Oh Sage, Obito commençait à douter de sa survie, d’ici la fin de soirée…

Satisfait de l’émotion suscitée, le touriste se recula, fredonnant gaiement alors qu’il s’emparait de nouveau du bras du shinobi, demandant aux enfants quelle était la suite du programme.

Ce n’était pas bien de jouer avec les gens comme ça, Minato-senseï répétait toujours que c’était fragile.

Mais bon, c’était Obito, il pouvait bien faire une exception, non ?

Malgré sa distraction dans un premier temps, le jōnin ne put que féliciter ses étudiants pour leur organisation. Ils s’en étaient sorti comme des chefs et Sukea paraissait avoir apprécié leur petit tour.

Alors, pour l’occasion, ils s’étaient arrêtés à un petit stand et leur avait payé un daifuku à chacun.

Bon, c’était surtout pour lui, trompant allégrement ses dango chéris pour leur grand frère, alors qu’il enfouissait gaiement les dents dans le riz gluant, la myrtille et la menthe couvrant sa langue et la poudre de Ube colorant le tour de sa bouche.

Ils s’étaient assis à l’écart, un peu dans l’obscurité, reposant leurs jambes fatiguées.

Dire qu’ils étaient capables de courir des kilomètres en courant mais que piétiner était une épreuve !

Les enfants dévoraient leurs friandises comme s’il n’y avait pas de lendemain, pendant que Sukea la mangeait avec une délicatesse qu’il pensait n’avoir encore jamais vu.

Il prenait de petites bouchées, retroussant les lèvres par la même occasion, mâchait une poignée de secondes, avalait puis recommençait, le tout en tenant sa main libre en-dessous, pour parer à la moindre miette.

Repérant finalement son regard sur lui, le reporter lui adressa un sourire timide.

— Vous voulez y goûter ?

Sortant de sa rêverie, Obito secoua les mains pour refuser, cherchant un prétexte – autre qu’expliquer qu’il s’était fait happer par le spectacle de sa dégustation.

— Non non, c’est gentil ! Je… je suis allergique aux fruits à coques ! Prétendit-il.

Malheur pour lui, son cousin l’entendit. Mais au moins se contenta-t-il de froncer les sourcils.

C’était déjà ça de gagné.

— C’était délicieux ! Quelle est la suite ?

Une fois de plus, le jōnin n’écouta pas l’échange, se concentrant sur un peu de poudre de noisette décorant la joue du civil.

Il tendit le bras, afin de la lui retirer, mais fut intercepté par la main du concerné, qui la saisit avec force, tournant sur lui une expression froide et menaçante, à mille lieues de celle affable et lumineuse montrée jusque-là.

Avait-il eu raison depuis le début ? Sukea serait un espion venu saboter ou réaliser des repérages ?

Étrangement, Obito se sentit émoustillé face à ce visage hostile.

Certes, les shinobi avaient rarement une vie sexuelle calme et composée, comme pouvait l’être celle des civils, mais lui ne se souvenait pas avoir un jour fantasmé sur une situation de vie ou de mort.

Jusque-là.

Mais Sukea afficha de nouveau son sourire paisible et Obito oublia instantanément ses préoccupations. Non pas comme s’il pensait à autre chose, mais comme si ça n’était jamais arrivé.

— Tu es un peu sale, expliqua-t-il.

Aussitôt, le reporter porta son autre main à l’endroit indiqué mais il ne le lâcha pas pour autant, modifiant seulement pour qu’à la place, ils se tiennent la main, provoquant un rougissement lorsque le shinobi s’en rendit compte.

Il hésita à s’en libérer puis abandonner.

Par contre, il aurait cru que ses mains étaient aussi douces qu’elles en avaient l’air, mais il semblait s’être trompé.

Pas grave, il aimait bien, même si ses pensées commençaient à se diriger vers le sud.

Très agréable, mais ce n’était pas le moment !

Se rendant compte que tout le monde avait fini et le fixait, il se permit juste une microseconde pour apprécier Sukea léchant consciencieusement ses doigts un par un, l’attention rivée sur lui, avant de s’éclaircir la gorge.

— On continue ?

Il commençait à y avoir plus de monde dans les rues, les forçant à se rapprocher, en tout cas c’est ce qu’il se dit alors qu’il qu’il lâchait finalement la main au profit de sa taille, gardant son regard droit devant afin de ne pas croiser le sien. Quand il s’y risqua, il n’en paraissait pas dérangé, ayant d’ailleurs refermé la main sur la sienne.

L’attraction principale commençait à être proche et l’excitation augmenta.

— Croyez-vous qu’il serait possible de me trouver l’endroit idéal pour une photo ?

La question de Sukea parut hanter son oreille avant qu’il ne la comprenne.

Il se tourna vers lui, paraissant réfléchir, puis de l’autre côté pour repérer les trois enfants – mais ils avaient été englouti par la foule.

Alors, il les faufila vers le premier mur à disposition, ramassa le reporter dans ses bras et concentra le chakra sous ses semelles, grimpant la façade avec l’aisance dû à des années de pratique.

Dans ses bras, Sukea ne hurla pas de peur. Il ne gloussa pas non plus.

Il observait simplement les passants en contrebas, puis les toits de la ville une fois en haut.

Ça ne devait pas être la première fois.

Obito ignorait si c’était lui qui était juste fort ou si c’était lui qui était léger, mais il fronça les sourcils en se rendant compte de sa facilité à le déplacer.

— Ce n’est pas très idéal, bouda le civil.

— Nous n’avons fait que prendre de la hauteur, le corrigea-t-il. Tiens-toi bien, que je ne te lâche pas.

À ces mots, Sukea eut encore cet air malicieux et il ouvrit les bras pour les glisser autour de son cou.

— Oh, mais, je me tiens toujours bien, assura-t-il.

S’ils continuaient ce petit jeu, l’Uchiwa n’était pas sûr de ce qu’il pourrait faire. Ni des conséquences que ça pourrait avoir.

Courir et sauter d’un toit à l’autre n’était pas bien ardu pour un shinobi de sa trempe, et il se contenta de demander à son passager quel serait le meilleur endroit pour ses photos.

Bien vite, les toitures se couvrirent d’autres shinobi, parfois accompagnés de leurs familles, qui s’interpellaient joyeusement, tentant de réserver les meilleurs emplacements.

Mais ce n’était pas par là que le reporter les dirigea.

Ils se trouvèrent pratiquement à l’opposé de la compétition, à un emplacement qui lui semblait – à ses yeux de néophyte – absolument aux antipodes de ce qui servirait à son article.

Obito doutait de plus en plus de la véracité de ce fameux article… Et plus encore en se rendant compte que le shinobi le plus proche se trouvait être parmi les concurrents au sol.

Eh bien, on dirait en effet que je vais mourir ce soir…

Loin de ses pensées, Sukea le remercia et quitta ses bras, testant sa prise sur les tuiles, avant de se retourner pour presser un baiser sur la joue de son porteur, puis retourna à ses repérages.

Troublé, celui-ci l’observa faire, hésitant.

Il avait récolté bon nombre de dissonances avec l’histoire de simple journaliste civil, mais il y avait plusieurs solutions possibles.

Bien sûr, il pourrait laisser à l’Agence de l’Intelligence le loisir d’obtenir la bonne réponse, mais avec le festival durant trois jours…

— Qu’en pensez-vous ?

Reprenant pied avec la réalité, Obito loucha sur l’écran de l’appareil photo, où il put voir les concurrents s’invectiver. Distraitement, il reconnut un certain nombre d’Uchiwa.

À ce stade, ce n’était plus un concours, c’était une sortie en famille…

— C’est… bien ? Tenta-t-il.

Il n’avait pas vraiment la tête à ça, ce qui parut vexer le jeune homme qui fit la moue et lui tourna le dos, retournant prendre ses photos.

— C’est vraiment le meilleur endroit ? S’enquit-il, au bout d’un moment.

Plus bas, les jutsu rivalisaient en techniques et maîtrises. Chaque participant devait montrer le plus beau, celui reflétant le mieux l’incarnation de la « Volonté du Feu ».

Tch, et dire qu’il n’avait même pas été récompensé, après son incendie accidentel…

Y avait-il plus représentatif de Konoha qu’un ensemble de bâtiments inconnus réduits en cendre, franchement ?

… Oui, certainement.

Surpris par la question, Sukea se tourna vers lui, avant de se redresser et d’abaisser son appareil, l’air coupable.

Le soleil avait commencé à se coucher et le vent s’était levé, dérangeant les décorations et ébouriffant les boucles châtain, alors qu’il lui souriait, les yeux fermés.

Il tripota un des boutons de réglage, regardant ses pieds, avant d’enfin lui répondre.

— C’est l’un des pires, finit-il par avouer.

Obito se sentit soudainement capable de cracher du feu sans mudrā, alors qu’une étrange colère montait en lui.

— Alors, pourquoi ? Parvint-il à articuler, encore calme.

— En fait, j’aurais peut-être menti, une ou deux fois…

Embarrassé, il cacha le bas de son visage à l’aide de son appareil et son écharpe, détournant les yeux pour ne pas croiser ceux légèrement rougeoyant de son interlocuteur.

Celui-ci s’était rapproché, les poings serrés et le corps tendu comme un arc.

— « Une ou deux fois » ? répéta-t-il d’une voix sèche. C’est-à-dire ?

— J’ai… commença-t-il avant de déglutir. Je suis déjà venu à Konoha auparavant, ainsi qu’au festival.

Merveilleux. En plus d’avoir permis à un espion de se promener librement dans le village, il m’a pris pour un con. Si je ne meurs pas ce soir, on ne me laissera jamais tranquille.

La vision fugace d’un Kakashi désapprobateur lui passa devant les yeux, à son incompréhension.

— C’est tout ? Grogna-t-il.

— C’est tout ! Lui assura-t-il.

Et il plongea son regard dans le sien, comme pour l’inviter à sonder son âme de plus près.

Obito avait très envie de le croire.

Ce serait tellement plus simple, de juste l’accepter et de poursuivre la soirée, de le raccompagner à son auberge, de se souhaiter une bonne nuit et d’en finir là (peut-être).

Mais il y avait encore trop d’incohérence pour laisser passer ça.

— Tu n’es pas un civil, lança-t-il.

Cependant, tout ce qu’il obtint fut un regard triste, un qui lui allait si peu qu’il ne convenait pas à son visage. Celui-ci était fait pour les sourires, les expressions légères et positives.

Pas… ça.

— J’ai du chakra, reconnut-il. Mais mes réserves sont infimes. J’ai été diplômé de justesse, puis la guerre… Je ne pouvais plus supporter cette vie. Alors… j’ai démissionné.

Ses phalanges étaient pratiquement blanches sur son appareil, alors qu’il perdait son regard mélancolique dans la foule.

— Je voulais juste… voir de belles choses. Pour moi. Et les partager à d’autres.

Obito pouvait difficilement aller plus loin, dans ces conditions.

Il voulait juste accepter cette explication et poursuivre le festival comme si de rien n’était.

Mais, son devoir…

Il observa de nouveau son vis-à-vis mais rien dans son attitude ne trahissait d’intention funeste. L’histoire du shinobi à la retraite, malade du système, pouvait correspondre.

Remarquant son regard sur lui, Sukea afficha de nouveau son sourire taquin, l’index tapotant sa bouche alors qu’il lui adressait un clin d’œil.

— Mais vous pouvez réaliser une fouille complète, si vous doutez de moi !

— Arrête de plaisanter ! S’écria-t-il.

S’approchant de lui, l’ex- shinobi lissa un faux-pli sur son torse du plat de la main, son visage plus sérieux avant qu’il ne se penche près de son oreille :

— Mais je ne plaisante pas.

Il se recula, affichant de nouveau son sourire candide et sortant son appareil photo.

— Cesse ton petit jeu, maugréa Obito. Ça sert à quoi de prendre des photos d’un festival que tu as déjà vu ?

Sans s’interrompre, il se tourna, l’immortalisant lui faire la leçon.

— Ce n’est pas parce que je l’ai déjà vu que je n’ai pas le plaisir à le revoir.

Il sentit ses oreilles se réchauffer malgré le vent froid, alors qu’il perdait encore contenance suite au flirt.

Décidant finalement que c’était de la paranoïa, le jōnin soupira et alla s’asseoir au bord du toit, imitant Sukea qui lui offrit un autre de ses grands sourires.

Il mitraillait de temps en temps, mais c’était clairement pour un but récréatif.

— Il t’arrive de garder des photos uniquement pour toi ? L’interrogea-t-il.

L’air surpris fut rapidement remplacé par un sourire en coin alors que le reporter mettait en valeur son appareil.

— Bien sûr ! Je viens d’ailleurs de capturer un très beau modèle que j’ai l’intention de réserver pour un usage plus personnel.

Il acheva sa tirade d’un clin d’œil alors que ledit modèle virait à un cramoisi soutenu.

— N… non, je veux dire…

Son rire s’éleva dans les airs, le coupant efficacement.

— Oui, bien sûr ! Je me suis mis à la photographie bien avant de songer à en faire une carrière. Quand aux articles, il faut souvent en avoir plusieurs, pour sélectionner celle qui convenaient le mieux texte.

Incapable de garder son sérieux plus longtemps, il se tourna vers Obito, l’air charmeur.

— Je fais aussi dans les photos de nu, si jamais.

L’Uchiwa avait tellement rougi en quelques heures qu’il commençait à s’inquiéter pour son cœur.

Il devrait interroger Rin, demain, à ce sujet.

— Non merci, marmonna-t-il.

— Oh, ça me fait penser !

Sous la lumière de la lune, tout en lui criait à l’innocence, à la timidité, son teint pâle et les marques violettes sous ses yeux pleinement mis en valeur.

Il est plutôt mignon, lui reconnut-il.

— Vous m’interrogiez sur les festivals que j’ai pu voir, plus tôt dans la journée, vous vous en rappelez ?

— Oui oui, lancer d’artichauts, craché de bigorneaux, course après des meules de fromages…

— C’est exact ! Mais il y en a un, tout spécialement où j’aimerais beaucoup vous voir, shinobi-san.

C’était déjà gênant qu’il l’appelait ainsi quand il le croyait civil, c’était pire maintenant qu’il savait pour sa carrière avortée.

— Oh, vraiment ? Lequel ?

— Hadaka Matsuri ! S’écria-t-il. (fête de l’homme nu)

Puis, avant que son voisin n’ait le temps de traiter l’information, il se pencha près de lui, son souffle roulant contre sa peau.

— Un festival où les participants ne portent bien souvent qu’un fundoshi pour tout vêtement. Et quand le prêtre shintoïste jette l’objet sacré et qu’ils se bousculent tous pour s’en saisir…

Il se saisit de son menton pour le tourner vers lui, s’approchant un peu plus, son sourire n’ayant plus rien de doux ou d’innocent.

Il y avait quelque chose de… carnassier, qui fit naître quelques sueurs froides chez Obito.

Lui resta figé, comme hypnotisé, alors que son cœur battait plus fort.

Épisodiquement, la lueur des jutsu éclairait leurs visages, réchauffant le teint pâle de Sukea.

Il y eut des éclats colorés, comme un feu d’artifice, alors que leurs lèvres se rencontrèrent et que leurs yeux se fermaient.

Il n’y avait plus de poudre de noisette mais ce n’était pas bien grave, alors que leur baiser s’approfondissait.

Ses oreilles paraissaient pleines d’eau, jusqu’à ce qu’il entende un discret « clic ».

Le bruit de l’obturateur.

Surpris – et un peu gêné – Obito se recula, observant l’appareil incriminé puis son possesseur, l’air outré.

— Ma collection personnelle, assura-t-il. Une jolie chose de plus pour mon album.

Mitigé, le jōnin ne savait plus trop comment réagir. Le compliment était agréable, mais ce baiser…?

— Mon invitation pour les photos de nu ou la participation au Hadaka tient toujours, au fait ! Lança-t-il joyeusement. Je n’ai pas l’intention de vous abandonner de sitôt !

Peu sûr d’où finissait la blague et où commençait la proposition sérieuse, le jōnin prit une décision radicale : disparaître.

S’agrippant à sa perruque sous le vent soudain suite à l’usage du jutsu du déplacement instantané, Sukea fit la moue.

Avait-il été trop insistant ?

Maa, ce n’était pas de sa faute si Obito avait une tête dure à en éclater des portes ! Il était bien obligé de passer à l’offensive pour se faire comprendre !

Soupirant, il se leva, défroissa sa tenue puis sauta de toit en toit avec aisance, ne prêtant aucune attention au festival en contrebas, au profit d’une maison en retrait où il entra sans frapper, déposant son appareil photo sur la table de la cuisine, où il entreprit d’ôter sa perruque et son large manteau olive.

Il attendit d’être dans la salle de bain pour retirer ses lentilles vertes et le maquillage violet, et lorsqu’il y retourna, il n’était plus seul.

Dans son kimono arborant les kamon des Hatake, Sakumo fouillait dans les placards, se tournant à peine au passage du reporter.

— Déjà rentré ?

— Oui, le festival n’avait plus rien d’intéressant, bouda-t-il.

— Attend d’avoir assisté à autant d’entre eux que moi ! Rit le plus vieux.

Sortant enfin l’hydromel familial afin de s’en servir un verre, il se tourna vers lui.

— Je vais boire sur l’engawa, tu m’accompagnes ?

— Non, je vais te laisser avec « ta » lune, le taquina-t-il.

Il ramassa ses affaires, les équilibrant dans ses bras, permettant à Sakumo de remarquer l’appareil photo.

Il le pointa du doigt.

— Tu as pris des clichés intéressants ?

— On peut dire ça.

Sukea pouvait sentir le bord de ses lèvres se courber dans un sourire mutin, se remémorant deux en particuliers. Et un tas d’autres pris à l’insu de leur cible, bien sûr !

Un peu fatigué, mais surtout amusé, l’aîné secoua la tête en soupirant.

— Bien, sur cette conversation éclaircissante, je te souhaite une bonne nuit, Kakashi ! Je vais voir « ma » lune !

Ils se quittèrent sur un sourire amusé semblable, chacun se tournant vers son activité prévue : Sakumo et sa contemplation silencieuse en sirotant son alcool, Kakashi et le développement de ses portraits bien spécifiques.

Et, s’il portait un déguisement sur l’un deux, qui pourrait y redire quelque chose ?

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