Genres : Humour – Famille – Tranche de vie / One-shot
Rating : +8
Résumé : Kakashi ne s’attendait pas à ce que le monde adulte soit si dur avec lui, et encore moins à ce qu’il lui réservait. Il dut prendre des décisions suite à ce qu’il découvrit. Et il allait s’y tenir !
Bonne lecture !
Day 1: Parents or Parental Figures Day || Prompts du bingo : n’importe quel UA + vérités inattendues

Au fond de la cour, près des terrains d’entraînement, Kakashi abattait des revers de kunaï rageurs sur un des piliers qui n’avaient rien demandé.
En revenant de ses heures avec son équipe et Minato-senseï, il y était allé tout droit, saluant à peine son père et épuisait les dernières gouttes de force qu’il lui restait.
Restant à distance, Sakumo l’observait, prêt à intervenir à la seconde où son fils trébucherait, pour le rattraper.
Le petit Kakashi lui manquait. Certes, seulement quelques années séparaient le bambin enthousiaste de la teigne agressive, mais la transition avait été si brutale qu’il ne pouvait s’empêcher cette pensée.
Il soupira de défaite alors que son enfant continuait de se défouler.
Certes, Kakashi était un shinobi, comme lui. Il était même jōnin, à seulement treize ans ! Le contexte de la guerre n’aidait pas non plus, et il déplora plus d’une fois d’avoir fait de son unique héritier un shinobi, surtout depuis son premier mort.
Il avait aussi mis ça sur le dos de l’adolescence et ses changements, il n’aurait pas été le premier à être en colère contre le monde, juste par la faute du manège de ses hormones !
Il avait bien tenté d’ouvrir le dialogue, mais Kakashi se contentait de le fusiller du regard et de quitter la pièce.
Comme si c’était de sa faute…
À la seconde où le pied d’appui de son fils s’affaiblit, il se précipita en avant, l’attrapant avant qu’il ne se blesse, le redressant rapidement et s’écartant, comme il le désirait.
— Le dîner est prêt, tu te joins à moi ? L’invita-t-il.
Sa tendance à sauter les repas était inquiétante, mais là encore il ne parvenait pas à avoir le dessus. Il avait bien pris l’habitude de lui laisser sa part dans le réfrigérateur, de glisser des barres de céréales dans ses affaires ou de le soudoyer avec ses mets préférés, mais ç’avait été un nouvel échec.
Mais, chance, Kakashi accepta cette fois, et lui emboîta le pas pour rentrer, se lavant les mains et se changeant.
Sakumo fit l’essentiel de la conversation, une fois de plus, mais c’était toujours mieux que de manger seul, au moins.
— Ça fait un moment depuis la dernière fois, tu devrais inviter tes amis, lança-t-il avec espoir.
— Je n’ai pas d’ami, répliqua-t-il froidement.
Tu m’étonnes, s’interdit de répondre son père.
— Et tes coéquipiers ? Tu ne me parles plus d’eux depuis des mois ! Ils doivent avoir bien grandi depuis la dernière fois !
S’il avait espéré obtenir une réponse comme autrefois, une diatribe sur Obito, des remarques sèches sur Rin ou un portrait élogieux de Minato, il en fut déçu lorsque tout ce qu’il obtint fut Kakashi se redressant, l’air furieux, son chakra piquant presque l’air d’électricité statique, avant de reposer ses baguettes et son bol, puis de s’enfuir pour sa chambre.
Qu’avait-il encore dit ?
Abandonné, Sakumo soupira de défaite.
C’était dans ces moments-là qu’il regrettait le plus le décès de son épouse. Il était un bon shinobi, mais ses compétences parentales étaient médiocres.
Que pouvait-il faire ?
Préoccupé, il rangea le dîner et entreprit de laver la vaisselle.
Kakashi appréciait ses coéquipiers, non ? Au début, il en parlait régulièrement, surtout de ce gamin bruyant, critiquant ouvertement tout ce qu’il faisait. Il aurait peut-être dû l’arrêter, à l’époque, mais il avait été trop amusé de le voir si animé, lui d’ordinaire si réservé, et avait établi un parallèle avec son propre comportement envers sa propre future épouse, aux mêmes âges.
C’était mignon.
Obito était aux antipodes de tout ce qu’était Kakashi. Une présence chaleureuse, enthousiaste et bruyante. Comme un chiot surexcité.
Il était le genre d’enfants qu’il voudrait retirer du chemin shinobi, qu’ils gardent leurs sourires et leurs joies de vivre au lieu de les perdre, mâchés par les odieuses machines de leur système.
Lors de la brève scolarité de son fils, il avait pu apercevoir l’enfant, attendant à ses côtés et cherchant à parler avec lui.
Il l’avait interpelé pour lui épargner l’effort – les prisonniers d’Iwa étaient plus bavards que son rejeton – mais il obtint à la place toute l’attention de ce jeune chiot.
Il l’avait enjoignit à rentrer avec eux, obtenant un air trahi de Kakashi et une danse effrénée de leur invité.
C’était un bon souvenir, bien que l’excès d’énergie du gamin l’avait épuisé, sans parler des plaintes du lendemain, de la part de Kakashi.
Sakumo ne l’avait réellement revu que lorsque les deux enfants avaient été appariés dans la même équipe, et qu’il l’avait convié tout ce petit monde au restaurant pour célébrer ça.
L’expérience avait été mitigée, surtout dû aux rumeurs qui courraient sur son compte depuis cette mission, mais Obito était toujours ce jeune chien fou parlant à mille à l’heure, permettant à Rin et Minato de se réchauffer et de participer à leur tour à la conversation.
Le souvenir le fit sourire alors qu’il se couchait.
Ce temps lui manquait.

Kakashi était malheureux.
Il tentait de l’oublier, de le cacher du mieux qu’il le pouvait, mais il était malheureux.
Et, le pire, c’est qu’il ne comprenait pas pourquoi.
Il avait fait des recherches, seulement pour apprendre qu’il n’avait pas de raison de broyer du noir. Ses principaux besoins étaient satisfaits : il avait le ventre plein, un lit où dormir, un toit au-dessus de la tête, accès à de l’eau potable, une famille aimante et il avait axé sa carrière vers le métier qui lui plaisait. Il était même reconnu par ses pairs pour ses compétences !
Mais, il y avait toujours ce vide.
Un vide qui se remplissait de lave lorsqu’Obito ouvrait sa grande bouche pour chanter les louanges du Croc Blanc. Ou quand celui-ci, son père, lui demandait des nouvelles de son crétin de coéquipier.
Un jour, Rin lui avait dit qu’il était jaloux.
C’était celui où son père avait ébouriffé les cheveux d’Obito en le complimentant de sa perspicacité, simplement parce que cet imbécile lui avait expliqué porter ces abominations oranges lors des jours venteux pour protéger ses yeux.
Le bon sens même !
Mais non, son père l’avait félicité pour ça et sourit !
Quand le lui avait-il fait, pour la dernière fois ?
Une poignée de mois plus tard – durant lesquels ce stupide Uchiwa avait arboré ce foutu accessoire à toute heure de la journée – l’immonde visière orange avait subi un accident tout à fait regrettable, les brisant irrémédiablement.
Obito en avait été inconsolable.
Refusant d’admettre sa culpabilité, Kakashi en avait touché deux mots à son père, l’air de rien.
Et, il ne fallut pas attendre longtemps pour qu’Obito ne retrouve le sourire en même temps qu’une visière toute neuve, d’un orange encore plus criard que le précédent, ne les quittant plus, que ce soit pour dormir ou se laver.
Elles lui sortaient plus encore par les yeux que les précédentes, mais Kakashi ne pouvait plus leur faire connaître le même destin qu’à leurs prédécesseures. Ça deviendrait trop suspect.
Mais, ça, c’était bien lorsqu’ils n’étaient encore que des enfants.
En grandissant, et grâce à son statut plus élevé et le manque de temps de leur tuteur de par son poste de Hokage, il avait rempli des missions de plus en plus éloignées de Konoha, parfois seul, et parfois avec des adultes.
Au travers de ses assignations, il avait été (trop) souvent le témoin de l’intérêt d’étrangers envers… le Croc Blanc. Son père.
Il avait attrapé les chuchotements dans les campements, il avait aperçu les photos et les posters échangés comme des images saintes et précieuses, il avait entendu les déclarations enflammées, mais surtout, il avait été parfois la cible de la haine ou de l’intérêt déviant d’inconnus, juste par sa filiation.
Au début, il avait été trop jeune et avait mis ça sur de l’hostilité atypique, envers le shinobi d’exception qu’il est, mais l’adolescence était passé par là, et avait obtenu ce genre de réalisation :
Son père, Hatake Sakumo, était un foutu sex symbol à travers les cinq nations.
Son premier réflexe avait été de le confronter à cette découverte, mais il s’arrêta à la dernière minute et bifurqua plutôt pour sa seconde option : Minato-senseï.
Son arrivée improbable et peu protocolaire dans le bureau du Hokage mit tout le monde sur le pied de guerre mais il n’en avait cure alors qu’il réclamait des réponses à celui qui aurait pu être un père dans une autre vie.
Pour le voir détourner les yeux, rougissant faiblement.
Reculant sous la surprise, il aperçut que son enseignant était loin d’être le seul. C’était comme si la tour s’était changée en un champ de tomates ! Une vraie épidémie…
Décidant qu’il y verrait mieux en s’isolant, il s’était réfugié dans l’une des forêts du village, tentant de trier tout ce qu’il venait – malencontreusement – de découvrir.
L’univers shinobi était peuplé de pervers qui en voulait au cul de son père.
Fort bien, il ferait de la protection de la vertu de celui-ci sa priorité !
Et ce fut ainsi qu’il ne le lâcha plus d’une semelle, grondant à travers son masque lorsque quelqu’un devenait trop tactile ou amical envers Sakumo, celui-ci accueillant cette réaction d’un rire embarrassé et d’excuses.
Les adolescents étaient vraiment une espèce à part, qui pouvait deviner ce qui se tramait dans l’esprit de son fils, pour qu’il agisse ainsi ? La peur de grandir et de ne plus être le louveteau de son papa ?
Au début, Sakumo en avait été ravi, pensant raviver leur lien père/fils que leurs carrières respectives avaient détendues, mais il avait vite déchanté en comprenant qu’il n’en était rien et que Kakashi avait plutôt décidé de devenir son ombre.
Mais voilà, à force de le suivre partout – sauf en mission – ils avaient croisé pratiquement tout le village.
Dont Obito.
Obito qui afficha le même rougissement et les mêmes yeux en étoiles qu’un nombre de plus en plus croissant de cibles à abattre.
(Bon, Rin aussi, mais il s’en moquait, de Rin.)
Et ce fut à ce moment-là que Kakashi se renferma définitivement, déboussolé par ce qu’il ressentait, incapable de s’ouvrir à qui que ce soit à ce sujet, et malheureux comme les pierres.
Enfin, le croyait-il, jusqu’à ce que ses hormones – encore elles, décidément – l’attrapèrent par les épaules et le secouèrent comme un prunier, jusqu’à ce qu’il parvint à une nouvelle réalisation qui le chamboula autant que la précédente.
Obito était attirant.
Il avait l’impression que c’était encore hier que son coéquipier n’était qu’un genin énervant, à l’œil humide et bruyant. Et pourtant, il dut changer d’avis alors qu’ils partagèrent une chambre d’auberge où il aperçut l’adolescent ne portant qu’un bas de pyjama, baillant à profusion, à mille lieues des pensées de son ami.
Et c’était sûrement à cause de cette découverte qu’il se concentra un peu plus sur lui, dès le lendemain, enterrant définitivement le genin maladroit et faible, alors qu’il l’observait en plein combat, souriant alors que son Sharingan scrutait les moindres gestes de leurs adversaires.
Il exsudait d’un rien de confiance en lui et d’impertinence qui donnait des sentiments contraires à Kakashi.
Jamais le retour à Konoha ne lui fut plus agréable, lui permettant de se carapater à l’enceinte Hatake, sous le sourcil haussé de Sakumo.
Cependant, maintenant qu’il pouvait réfléchir tranquillement, l’effroi le gagna petit à petit sous une nouvelle découverte.
Obito était attractif, certes.
Mais, Obito, et à peu près l’entière population shinobi, désirait Hatake Sakumo. Son père.
Ce fut suite à cette conclusion que le jōnin commença à se défouler sur les cibles du terrain d’entraînement, lorsqu’il n’avait rien d’autre pour s’empêcher de réfléchir, s’épuisant trop pour en être encore capable.
C’était bien, l’épuisement. Papa était trop occupé à s’inquiéter pour lui, veillant sur lui comme une poule inquiète, pour s’intéresser à tous ces humains dégoûtants dehors.
Mais, quand il était l’heure de se coucher, il restait encore des pensées inhérentes, des qui lui faisaient miroiter de nombreux futurs, jusqu’aux plus loufoques.
(Il avait d’ailleurs hurlé au point de s’arracher de la version où Obito devenait son beau-père. Belle-mère. Peu importe.)
Il était urgent, au nom de sa tranquillité d’esprit, qu’il trouve une solution à son problème. Et pour cela, le mieux serait de faire disparaître une partie du problème.
C’était décidé. Pour protéger son père, il sortirait avec Obito. C’était parfaitement logique, raisonné et absolument pas pour assouvir un étrange sentiment de possession envers l’Uchiwa.
Définitivement pas.


Une réflexion sur “Jour 1 : Journée des parents ou figures parentales”