Couple : Kakashi Hatake x Obito Uchiwa
Genres : Tranche de vie – Romance / One-shot
Rating : +16
Résumé : Obito n’avait qu’un seul souhait, un seul fantasme. Un baiser. Embrasser Kakashi à pleine bouche, comme dans les livres.
Bonne lecture !
Ils étaient ensemble depuis un certain temps, maintenant. Plusieurs années.
Qui comptait ?
Pas lui. Pas Obito.
Il avait beau se réveiller la plupart de ses matins auprès de l’amour de sa vie – mission oblige – il restait frustré.
Et, pour ne pas être en reste, leurs amis les charriaient suite à une confession ivre.
Il voulait embrasser Kakashi. Passionnément. Sur les lèvres. Qu’il retire ce satané masque au moins une fois et qu’Obito puisse enfin avoir cette bouche pour lui !
Ce n’est pas qu’il ne le retirait jamais. Ça lui arrivait, de temps à autre, lorsqu’il se sentait parfaitement en confiance. Ou qu’il souhaitait le marquer…
S’empourprant à ce souvenir, il plaqua une main contre son visage, le détournant de son voisin, qui l’observait avec curiosité.
Au vu de leur conversation passionnante sur les derniers formulaires de rapport, le jōnin devait subir l’embarras d’une pensée intrusive. Et il avait très envie de la connaître…
Pour la science, bien sûr !
La vie de jōnin n’avait rien de reposant, mais Obito avait travaillé trop dur pour cracher dessus.
Enfin, seulement auprès d’un public sélectionné et avec de l’alcool dans le sang…
Il comprenait mieux le célibat des autres jōnin, ou leurs relations avec des civils.
Où était la vie de couple, l’affection, lorsque vous passez la plupart de vos journées sur le terrain, en mission ?
Où était le romantisme et la tendresse quand vous rentrez en trébuchant, couverts de sang et autres fluides de vos cibles, à ne rêver que d’une douche et d’un coma de plusieurs mois ?
Où était la spontanéité et la surprise quand on pouvait être convoqué n’importe quand, qu’une mission puisse prendre plus de temps que prévu ou qu’un séjour à l’hôpital rende le retour à la maison incertain ?
Mais ni Obito ni Kakashi ne s’en plaignait.
Ils étaient deux orphelins, l’un détesté par son clan, l’autre par le village, qui avaient appris à collecté chaque miette de bonheur à leur porté et à la chérir comme le trésor qu’elle était.
Chacun à sa manière, bien sûr.
Tranquillement installé au salon, Obito avait prévu de rattraper les dernières nouvelles, lorsque le son familier du retour de son amant se fit entendre.
Pliant son journal en soupirant, il se leva pour remplir la baignoire, bientôt rejoint par un ANBU masqué et puant le sang, tremblant de fatigue.
Il lui sourit chaleureusement et attendit son signe pour qu’il puisse se rapprocher, décollant le masque de porcelaine pour retrouver les yeux hantés de Kakashi.
— Salut, toi. Besoin d’aide ?
Il hocha silencieusement la tête et s’abandonna à ses soins, en confiance.
Obito retira l’uniforme soigneusement, familier des sangles et autres coutures, le laissant tomber au sol en tas sales et abîmés, libérant un corps en sueur, blessé et fatigué. Lui tendant une main pour lui fournir un appui afin qu’il s’extirpe des jambes de son pantalon puis pour le guider jusqu’au tabouret pour qu’il s’y asseye.
L4eau chaude emporta une partie de la saleté, révélant la peau claire dessous, mais le shampooing et le gel douche se chargèrent du reste, la mousse se teintant en fonction de ce qu’il y avait à décaper dessous.
Assis derrière lui, Obito fredonnait distraitement, travaillant le produit à travers la chevelure spécifique de son amant, jusqu’à en être satisfait.
Sous ses doigts, il sentait les muscles rouler alors qu’il les dénouait doucement sur son passage.
C’était devenu leur rituel, par la force des choses. Tant que Kakashi aura à gérer des missions aussi pénibles, durant lesquelles il aura l’impression d’y égarer son humanité, son compagnon mettait un point d’honneur à l’escorter jusqu’à ce qu’il reprenne pied avec la réalité.
En attendant, il s’occupait de lui.
Leurs yeux se croisèrent à travers le miroir, et Obito lui sourit tendrement, amusé de la timidité sur le visage nu.
La légère pointe des crocs était visible, malgré les lèvres closes, mais c’était le Sharingan tournoyant paresseusement qui l’attira, lui faisant apposer sa main en creux par-dessus, l’incitant à rabattre la paupière.
— Quelque chose que tu aimes ? Lui lança-t-il.
Le visage pâle se colora sous l’embarras, et plus encore à la réalisation qu’il n’y avait rien pour le cacher. De dépit, le shinobi enfouit son visage dans les mains, un son plaintif s’en échappant.
Amusé de son comportement, Obito pressa ses lèvres contre une vertèbre affleurante, reprenant sa tâche sans l’embêter plus.
Lorsqu’il eut fini, il le rinça minutieusement puis le guida jusqu’à la baignoire où l’eau chaude acheva son travail de relaxation. Déjà, des couleurs lui revenaient, ses yeux se fermaient et ses épaules s’abaissaient, s’arrondissaient.
Mais il était loin d’en avoir fini, déplaçant le banc qu’il utilisait plus tôt et entreprenant de sécher la chevelure argentée. En effet, celle-ci était dépositaire d’un secret bien gardé : tel le pelage des chiens et des loups, les crinières Hatake présentaient une couche de… sous-poil ? sous-cheveux ? épaisse et courte, en plus des longues mèches plus colorées, expliquant les coiffures naturelles improbables.
Pas qu’il en ait connu beaucoup, à l’exception de Sakumo et de Kakashi.
En-dehors de l’aspect esthétique, cette particularité assurait une bonne protection du cuir chevelu face aux températures froides et un toucher doux.
Et une vraie corvée à sécher.
Et oui, telles les plumes d’un canard, l’eau coulait pratiquement dessus, rendant la tâche du shampooing plus ardue, et celle du séchage pire encore, nécessitant une attention toute particulière.
Mais Obito n’allait pas s’en plaindre, alors que ça lui permettait de prolonger le temps passé ensemble !
Généralement, l’heure du bain s’achevait une fois les cheveux complètement secs, se redressant lentement dans sa coiffure habituelle.
À ce moment, Kakashi était majoritairement de retour avec lui, lui permettant de nettoyer la pièce pendant qu’il se rhabillait, et ils avaient le reste de la journée pour eux.
Profitant du soleil sans s’y exposer, Obito lisait confortablement sur l’engawa après l’entretien matinal de son potager.
Il aimait le contact avec la terre et s’était donc accaparé ce qui restait de celui de Sakumo et bichonnait ses semis avec un enthousiasme proche de celui de son amant avec ses chiens.
C’était leurs petits bébés respectifs !
À la différence que, les siens, on les mangeait.
Les légumes, hein.
Ricanant à sa bêtise, l’ancien Uchiwa fut interrompu par l’arrivée de Kakashi, qui prit appui à côté de lui, debout, le regard perdu dans le lointain.
— Qu’est-ce que tu fais, en juban ? Se rendit compte son partenaire.
— J’avais trop chaud.
Ce qui était bien avec l’amour, c’est qu’il vous rendait télépathe.
Ou c’est juste qu’il le connaissait trop bien.
Toujours est-il que, bien qu’en gardant son attention sur le fond du jardin, le cadet avait dû sentir le regard peu amusé de son compagnon, car il réfléchit à une meilleure réponse :
— Réunion de chefs de clans, marmonna-t-il. Kimono Tsumugi de rigueur. Je déteste ça.
Satisfait, et par l’éclaircissement apporté, et par ne jamais avoir au à sacrifier à ces responsabilités, Obito tourna une page, souriant.
Il n’eut pas à attendre longtemps avant que Kakashi ne s’allonge sur les lattes de bois, plaçant ses jambes sur les siennes.
— Que regardes-tu, si intensément ? L’interrogea-t-il.
— Les arbres. Je pense qu’il va falloir bientôt les élaguer.
L’instant, il ne put que froncer les sourcils, ne voyant pas ce qui lui faisait penser ça.
Après, c’était son domaine, c’était à lui de gérer ça !
De son côté, Obito se contentait de concentrer ses efforts sur leur foyer et son potager, ce qui les arrangeait bien.
Reprenant sa lecture, il en fut de nouveau arraché par une menace blanche qui s’agitait au coin de son champ de vision, éveillant tous ses instincts de survie jusqu’à ce qu’ils soient les plus forts et qu’il lâche son livre, furieux, refermant ses mains sur… un mollet ?
— Aïe, émit-on platement.
— Bakashi, qu’est-ce que tu fous avec ta jambe ?
— Je la balance.
Allongé pratiquement sur le ventre, celui-ci ne modifia pas sa position, une jambe donc maintenue en l’air et l’autre sagement sur les genoux d’Obito, le livre ouvert dessus.
— Je m’en étais rendu compte, merci, grommela-t-il. Et pourquoi spécifiquement dans mon visage ?
Ce fut très léger, mais le jōnin aurait juré l’avoir vu déplacer la tête, juste le temps de lui sourire avec malice, derrière son masque, les yeux brillants, avant de retourner à sa contemplation.
Comprenant qu’il faisait face à un caprice absurde, son ami soupira bruyamment et relâcha sa prise, non sans avoir déposé un baiser sur les ecchymoses de ses mains, sur la peau cicatrisée.
— Tu es pardonné, chantonna leur propriétaire.
En réponse, il lui pinça la fesse à travers le tissu, obtenant un son outré, le faisant ricaner.
Ah, zut, il avait perdu sa page…
Obito n’avait jamais été du matin, raison de ses (trop) nombreux retards, plus jeune.
Avec ses années de carrière derrière lui et de la discipline, il avait évolué pour le mieux, mais ça restait clairement ce qu’il aimait le moins (avec le meurtre d’enfant).
À force de persuasions diverses, il était parvenu à convaincre Kakashi à traîner au lit, les jours de congé, jusqu’à ce qu’ils en aient marre.
Installés dans leur cocon de chaleur, envahis par la meute de ninken, ils se prélassaient l’un contre l’autre, se réveillant lentement et sans un mot, échangeant des sourires nonchalants aux yeux entrouverts, leurs mains se retrouvant au milieu des draps pour se saisir entre elles, les doigts s’entremêlant légèrement.
C’était une matinée douce et calme, le soleil brillait déjà dehors, où tous les deux étaient de repos, avec juste les corvées quotidiennes de prévues.
Ils pouvaient prendre leur temps, c’était parfait.
Encore léthargique, Kakashi enfouit son visage contre son cou, son souffle y chatouillant la peau sensible.
Souriant à cette attitude si loin de sa personnalité, Obito l’embrassa sur le front, repoussant les mèches du bout du nez, inspirant l’odeur chaude qui s’échappait de lui avec satisfaction.
Derrière lui, un des chiens lui assena un coup de pattes dans le crâne, à travers son sommeil, mais il n’en avait cure, savourant le moment, égarés dans leur petite bulle de calme, entre deux sommeils.
— T’es un crétin.
— Je suis blessé. Où es ton empathie envers les gens faibles ?
— Tu n’es pas « blessé », tu as stupidement siphonné ton chakra parce que tu es un abruti de frimeur.
— Ton amour me submerge, grommela Kakashi.
Allongé sur son lit d’hôpital, il fit la moue, appréciant peu les reproches assenés par son compagnon, mais incapable de s’en défendre sans mauvaise foi.
Obito, lui, le contemplait, bras croisés et dardant sur lui un œil furieux.
La vie de shinobi était suffisamment dangereux sans avoir besoin de rajouter ce genre de cascades inutiles !
Bien qu’il tentait de régner sur ses nerfs, autant pour ne pas se donner en spectacle que pour ne pas transmettre l’inquiétude qui bouillonnait en lui depuis qu’il avait été alerté, il ne pouvait s’empêcher de faire les cent pas et de lancer des coups d’œil en direction du gisant.
Enfin, il n’était pas mort. Pas encore.
Abandonnant, il s’affala sur la chaise de visiteur, à côté du lit, soupirant bruyamment.
Lorsqu’il regarda de nouveau son amant, celui-ci parut se recroqueviller, l’air enfin honteux de la situation actuelle.
— Ça y est, tu réalises enfin ? Grommela-t-il.
— C’était marrant ? Tenta Kakashi.
L’œillade noire le convainquit de clore la bouche audiblement.
— Nous ne rajeunissons pas, rappela-t-il d’une voix glaciale. Ce genre d’acrobaties inutiles pourraient être ta dernière.
Maladroitement, son partenaire sortit une main de sous ses couvertures pour s’emparer d’une des siennes, la pressant.
— J’ai eu peur, avoua finalement Obito en la serrant à son tour. Nous avons de la chance, toi et moi, de n’avoir pas encore subi de grosses blessures handicapantes, mais les statistiques sont là : peu de shinobi de notre envergure vieillissent.
Il ne dit pas « meurent avant leur quarante ans », mais il n’en avait pas besoin. Ils le savaient tous les deux.
— Et que devrais-je faire, alors ? Soupira le blasé, las.
— Quitte les ANBU. Reviens à des missions plus sommaires. On a notre part d’adrénaline, tu sais !
Un regard plat lui fut offert, l’informant que son mensonge n’avait pas été cru.
Bon, bah, il aura essayé.
Se frottant le visage du plat des mains, Obito soupira de nouveau, à court d’idées.
— C’est juste que… j’ai peur, Kashi. Tu passes pratiquement plus de temps ici qu’à la maison.
L’œil humide, il attrapa sa main, évitant l’intraveineuse qui y avait été placé, serrant les doigts fins des siens.
— Je veux simplement vieillir avec toi. À mes côtés, et pas dans une urne sur l’autel familial, tu comprends ?
Entre le masque et le cache-œil, les expressions visibles étaient limitées, mais ils se connaissaient depuis plus de vingt ans, il aimait à se croire capable de déchiffrer tous les battements de cils de son partenaire.
Il l’observa écarquiller l’œil de surprise, avant de s’adoucir doucement, comme s’il réalisait enfin tout l’amour d’Obito à son encontre, qu’il n’avait pas l’intention de passer à un autre, ni demain ni jamais.
— Je t’aime, acheva-t-il. Et je te veux à mes côtés.
Il se pencha, embrassa la pointe de son nez à travers le papier du masque, puis le borda, l’incitant à dormir, ce qui ne fut pas bien dur.
Déjà, Kakashi cillait, l’œil trouble, puis il n’y eut plus qu’Obito, veillant sur son sommeil.
Kakashi en était bien capable alors, pourquoi pas lui ?
Las, Obito croisa maladroitement les bras, gêné par le panier des courses, s’appuyant d’une épaule contre l’un des piliers en bois du marché couvert.
À côté de lui, son amant avait la lourde tâche de choisir les légumes des menus de la semaine, et c’était un spectacle mille fois répétés.
Lorsqu’il le sentit se tourner vers lui, il n’ouvrit même pas la paupière.
— Non, Kashi, il existe autre chose que des aubergines dans la vie. Repose-les.
L’entendant grommeler, il sourit. Il le connaissait trop pour son bien, dommage pour lui.
Le sommeil était juste là, tendant ses petits bras pour l’atteindre mais restait hors de porté malgré tout.
C’était frustrant. Comment parvenait-elle à dormir debout, cette grande asperge ?
— Repose-moi ça, marmonna-t-il.
Nouveaux grommellements.
Il pouvait comprendre l’engouement de son partenaire pour ce fruit, mais il n’avait pour autant pas envie de se nourrir exclusivement de ça pendant les sept jours à venir, merci bien !
— Tu essayes de fusionner avec l’architecture, senpai ?
— Pas ton senpai, marmonna-t-il avec difficulté.
Il lutta contre sa paupière, plus par politesse car il avait reconnu Tenzō, le saluant avec épuisement.
Ils observèrent Kakashi face aux choix hebdomadaire le plus cornélien de sa vie, sans émotion, avant de revenir à leur vis-à-vis.
— Mais, tu n’as pas un potager ?
— Pas encore suffisant pour nous nourrir tous les deux, bâilla-t-il. Et puis, il faut bien faire fonctionner l’économie locale.
Ils échangèrent quelques banalités, avant que Kakashi ne revienne avec les fruits de son labeur – ou plutôt, ses légumes – l’air abattu.
Obito récupéra les sachets, vérifiant rapidement leur contenu, bien que l’expression actuelle de son compagnon lui suffisait pour certifier qu’il était enfin parvenu à se faire une raison.
— Tu vas voir, Tenzō, je vais t’en faire un adulte digne de ce nom ! S’exclama-t-il en tapotant l’épaule du concerné.
Celui-ci croisa les bras, boudeur. C’était de leur cadet qu’il fallait taquiner, pas lui, merci !
Lorsqu’il croisa son regard, Obito ne put s’empêcher de sourire, puis se pencha pour l’embrasser sur l’angle de la mâchoire, à travers le tissu de son masque, ce qui parut le contenter au vu de l’aura moins lourde.
Et, évidemment, Kakashi décida d’user de ce regain d’énergie pour taquiner son subordonné, le leur faisant regretter.
Irrécupérable.
— Comment me trouves-tu ?
— Toujours dans le chemin, hélas.
Son commentaire valut à Kakashi un coup de pied dans le tibia, le forçant à s’arracher à sa vilaine lecture et à découvrir un Obito au Sharingan déployé et au sourcil froncé, une expression dure sur le visage.
Mais, plus encore, dans un très beau et très sobre kimono Tsumegi portant le kamon Hatake.
— Tu me cachais cette surprise depuis longtemps ?
Radouci par cette belle surprise, Kakashi l’attrapa par les manches, tirant sur le tissu pour admirer le rendu, aussi bien d’à quel point son compagnon de meute était magnifique en tenue traditionnelle que les broderies argentées.
Rougissant sous l’attention, Obito voulait se gratter la nuque mais ne put que se saisir du bord de sa manche, la triturant des doigts, détournant le regard.
— C’est trois fois rien, marmonna-t-il. Pas besoin d’en faire toute une histoire.
Mais il en fallait plus pour le détromper.
En tant que chef de clan – réduit à sa portion congrue – et grâce au don d’Obito de son Sharingan, Kakashi avait été formé par les Uchiwa, qui n’avaient rien laissé passer.
Du point de vue de leur clan, ils s’étaient mariés dans l’obscurité d’un éboulement, sous le chakra salvateur de leur amie, grâce à ce don.
Par ricochet, Obito n’était donc plus un Uchiwa officieusement, mais au vu de leurs âges respectifs et de l’ignorance du symbole derrière ce geste, Fugaku lui avait permis de se présenter comme membre du clan, en-dehors des cérémonies officielles et ce, jusqu’à ce que le couple décide de révéler leur union ou de la renouveler.
La vue de ce kamon réveilla des instincts possessifs chez Kakashi, le surprenant, mais pas autant que cette vue, et encore moins que le message sous-entendu.
— Qui dois-je prévenir ? Le Hokage ou le prêtre shinto ? Lança-t-il d’un ton taquin.
— Les pompes funèbres si nous arrivons en retard. Tante Mikoto ne nous ratera pas.
Il tenta de l’esquiver, mais Kakashi n’avait clairement pas envie de le relâcher, posant sur lui ce regard affectueux qui le renversait toujours de l’intérieur.
— Pousse-toi, marmonna-t-il.
Mais, à la place de lui obéir, son mari lui lâcha une marche et, s’emparant de la main de celle encore saisir, la guida au creux de son coude pour l’y déposer, le tout sans quitter son visage de l’œil une seule fois.
Pliant doucement son coude pour la presser, il la recouvrit de son autre main, puis s’avança, l’invitant à le suivre ainsi, l’escortant à travers les rues, le dos, les manches et le col affichant le blason du clan à quiconque les croisant.
Les rumeurs ne devraient pas prendre trop longtemps à se répandre à travers la capitale…
Le cœur gonflé par toute l’affection ressentie à l’encontre d’Obito et de sa décision, Kakashi les arrêta avant qu’ils n’entrent dans la salle de réunion.
Il pinça le bord de son masque, le repoussant juste assez pour dénuder ses lèvres et se redressa, les pressant contre la paupière de son mari, avant de se recouvrir rapidement.
Trop heureux de ce geste, Obito le suivit avec le plus large sourire qui soit, incapable de désactiver son Sharingan pendant les minutes suivante, à l’amusement de certains.
Les mains dans la terre, Obito bichonnait ses plants de tomate avec application.
Il avait désherbé plus tôt, maintenant il scrutait attentivement chaque hôte de son potager avec attention, sous le regard mi-blasé mi-amusé de Kakashi, l’observant depuis l’engawa, dorlotant sa tasse de thé.
— Je vais être jaloux ! Lança-t-il.
— Occupe-toi de tes aubergines, répliqua le jardinier en herbe.
Ils ricanèrent de leur bêtise et retournèrent à leurs occupations précédentes, permettant au silence de reprendre ses droits entre eux, bien qu’Obito ne put s’empêcher de fredonner, juste content.
Comme il l’avait expliqué à Tenzō, ils n’étaient pas encore autosuffisant – particulièrement avec les besoins en viande de Kakashi, dont la dentition broyait tout impitoyablement – mais c’était son objectif, alors il travaillait dessus avec application, chérissant chaque feuille, chaque tige, les encourageant à croître toujours plus.
Lorsqu’il eut fini et revint à l’abri du soleil, de la terre couvrant encore son pantalon et ses mains, il n’avait pas perdu son sourire radieux, s’asseyant aux côtés de son compagnon, posant la tête sur son épaule et lui volant sa tasse dont il sirote le contenu.
Beurk, le thé était froid.
— Eh bien, on prend ses aises, je vois, commenta Kakashi.
— C’est parce que tu es confortable, minauda-t-il.
Il se contenta de lever les yeux au ciel à la réponse et d’entreprendre de récupérer son bien.
Mais c’était peine perdue, alors il se rabattit sur une main sale qu’il saisit des deux siennes.
Obito la lui abandonna sans souci, contemplant plutôt le jardin et le fruit de ses efforts.
Toujours des légumes, cependant.
Il se tourna lorsqu’il sentit un léger baiser pressé sur le dos de sa main.
— Tu vas être malade, l’avertit-il
— Je ne fais qu’embrasser notre main nourricière.
Sous les mèches argentées, il capta l’œil séducteur et se sentit rougir en réaction.
— T’es ridicule, marmonna-t-il. Va embrasser le potager, dans ce cas.
— Mmh, je veux bien bien, mais il est moins attrayant que toi. Et tu vas encore dire que je suis bizarre.
— Tu es bizarre, et tu le sais parfaitement. Et je t’ai dit d’arrêter !
Kakashi avait poursuivi ses baisers sur les mains abîmés et couverts de terre au travers de leur conversation, peu soucieux des objections de son mari.
Il savait qu’il ne protestait que pour la forme, il était parfaitement capable de le repousser au besoin.
Alors, il continua.
Être jōnin signifiait pouvoir partir en mission seul, mais ça ne voulait pas dire que c’était une norme.
En théorie, Obito avait bien préparé son équipe, recrutant les shinobi convenant au mieux avec l’objectif.
Mais aucun plan n’était infaillible et, malgré eux, ils se retrouvèrent rapidement en sous-nombre et à subir des pertes.
En tant qu’Uchiwa et porteur d’un Mangekyō Sharingan, il possédait de bonnes réserves de chakra, mais il restait humain avant tout, ainsi que capitaine de son équipe. Il dut donc ordonner la retraite, avant que la situation n’empire.
Et c’est ainsi qu’ils se trouvaient à se terrer dans des grottes, à son plus grand déplaisir, pansant les blessures et faisant le tour de leurs fournitures.
Dans l’état actuel, leurs adversaires pouvaient tout aussi bien les assiéger que rebrousser chemin, donc le mot d’ordre est de ne prendre aucune initiative et d’attendre les renforts.
Au travers de cette semi obscurité, Obito faisait son possible pour s’occuper l’esprit, volant d’une occupation à une autre, bénie et maudit par l’inutilité de dormir, sous l’attention circonspecte de son équipe.
Mais ce n’était pas comme s’il pouvait partager avec elle sa claustrophobie latente et les semaines d’agonie à être torturé par son ancêtre et son mignon.
Il n’y avait bien que dans les bras de son mari qu’il parvenait à s’abandonner au sommeil, non parce que sa présence repoussait les souvenirs au loin mais parce qu’il était le seul à parvenir à le rassurer et le réconforter à chaque réveil.
Y penser le fit se tendre, serrant les mâchoires.
Kakashi lui manquait, au-delà de sa phobie qu’il tentait de réprimer, et il focalisa ses pensées sur lui malgré l’anxiété montante, car ça lui permettrait de rester stable malgré tout.
Lorsque des chakra surgirent subitement dans les galeries, tout le monde se mit en garde, arme aux clair, prêt à se battre même à deux doigts de la mort.
Mais la tension retomba très vite lorsque les masques animaliers de porcelaine typique du village se montrèrent, et plus encore une fois les codes échangés.
Le sang tachant certaines tenues établirent qu’ils avaient bien été assiégé, alors que les shinobi d’élite s’avançaient au milieu d’eux pour avoir une vue d’ensemble.
Mais Obito n’y prêtait pas attention, uniquement concentré sur l’ANBU au masque de chien qui l’avait repéré et s’approchait de lui.
Il eut à peine le temps de poser un genou à terre et d’ouvrir les bras que l’ancien Uchiwa se précipita pour l’enlacer, sanglotant.
Sous ses masques, l’homme sourit, ému, avant de lui rendre l’étreinte, caressant les cheveux de ses mains gantées.
— Pleurnichard, soupira-t-il.
— La ferme, renifla le concerné.
Kakashi ne pouvait pas retirer son masque en service, et ils attiraient trop l’attention alors Obito sécha hâtivement ses larmes avant de presser ses lèvres contre le gilet de protection, y enfouissant son visage.
Tout irait pour le mieux, dorénavant. Ils étaient sauvés.
De par leur affinité au Katon, les membres du clan Uchiwa présentaient une température corporelle élevée, ce dont profitait allégrement Kakashi quand la situation le lui permettait.
Il avait souvent froid, surtout en-dehors des missions, alors avoir sa propre source de chaleur ambulante était un luxe qu’il n’avait pas l’intention d’ignorer.
Comme ici, alors qu’il s’asseyait contre le torse d’Obito, observant Konoha sous le coucher du soleil.
Une fois par mois, ils s’installaient sur le crâne du premier Hokage pour y dîner. Il n’avait pas d’occupation spéciale, c’était uniquement pour le plaisir de passer du temps ensemble, dehors à admirer le coucher de soleil.
Obito proposait à chaque fois d’emporter des couvertures, ce que Kakashi refusait constamment, arguant qu’il n’aura pas froid. Et, invariablement, il se pelotonnait contre lui, les yeux rivés sur les couleurs
