Genres : Amitié – Humour – Tranche de vie / One-shot
Rating : +8
Résumé : Obito avait un plan impossible à échouer ! Kakashi voulait juste lire en paix.
Sauf que personne ne leur avait demandé leur avis.
Bonne lecture !

Son plan était sans faille !
Obito avait menacé tous les garçons de sa classe pour y parvenir et il était à deux doigts de la finalité de son idée de génie !
Alors qu’autour de lui, les groupes se formaient, il s’approcha de Rin, plus confiant que jamais et lui fit son plus beau sourire :
— Hé, ça te dit qu’on le fasse ensemble ? Tous les gars ont déjà trouvé quelqu’un…
Mais, contrairement à ce qu’il avait prévu, son amie lui présenta un sourire d’excuse.
— Désolée, j’y vais avec les filles.
Elle indiqua les concernées de la main, avant de se retourner et de reprendre leur conversation, le laissant bouche-bée.
Ce n’était pas prévu, ça !
Alors qu’il traitait lentement l’échec de son « plan sans faille », il tourna sur lui-même, se rendant petit à petit compte que tout le monde s’était déjà appairé. Sauf qu’ils étaient une classe de nombre pair, donc il devait impérativement trouvé qui était seul – comme lui.
Découvrir que c’était Kakashi n’était même pas une surprise.
Ce n’était pas tant que l’autre bébé – il avait sept ans, alors que lui en avait onze. Il était presque un adulte ! – n’avait pas d’ami (du coin de l’œil, il aperçut Gaï occupé avec Asuma), seulement que… tout le monde le trouvait bizarre.
Personne ne l’avait encore entendu rire (pour le voir sourire, il aurait déjà fallu qu’il découvre le bas de son visage) ni avoir de conversations passionnées comme ça leur était déjà arrivé, à tous. En plus de tous les écraser de par sa supériorité intellectuelle et ses foutues notes de génie, il semblait aussi froid et triste qu’une pierre tombale.
Or, il n’avait pas le choix, l’exercice requérait d’être à deux ou plus, et comme son plan A avait échoué malgré tous ses meilleurs efforts…
— Hatake ! s’écria-t-il avec grandiloquence. Je te permets de participer au kimodameshi avec mon auguste personne !
Bon, on aurait dit quelque chose qu’aurait proclamé Gaï (d’ailleurs, celui-ci l’observait avec des étoiles dans les yeux, mauvaise idée), mais ça lui avait paru important, afin de se la jouer cool devant les autres, et non qu’ils croient que c’était par défaut.
C’était important l’image, c’est ce que répétait toujours grand-mère !
Cependant, à la place, le morveux ne quitta même pas sa lecture pour le regarder lorsqu’il lui répondit, alors qu’ils étaient le centre d’attention de leurs camarades :
— Sans façon.
— Que– quoi ? bégaya-t-il.
— Je ne participe pas. C’est un truc de bébé, je préfère terminer mon livre. Amusez-vous bien.
Humilié par ce deuxième râteau, mais surtout par cette réponse, Obito se sentit empli d’une rage qu’il s’ignorait jusque-là. Heureusement, leur professeur intervint à ce moment-là, calmant le jeu et ordonnant presque à Kakashi de participer. Il n’avait pas le choix, ça faisait partie du programme de la soirée. Les seuls à pouvoir y échapper étaient ceux avec une condition médicale particulière.
Bon gré mal gré, l’élève se leva, confia son ouvrage à l’adulte et alla se placer à côté du seul de ses camarades à être encore disponible, lui offrant un regard plat.
— Je te déteste, déclara-t-il d’un ton morne.
— Le sentiment est partagé, siffla le concerné.
Une fois assurés tous les deux qu’il n’y avait aucun amour perdu entre eux, ils se tournèrent résolument le dos, les bras croisés et les joues gonflées d’indignation.
Déjà épuisé par leur comportement, Minato frappa dans les mains, attirant l’attention de toute la petite classe, et répéta les règles établies et les explications. Il trouvait ça toujours aussi stupide que la première fois que le directeur Sarutobi le lui avait expliqué, mais quel poids avait-il pour refuser ? Les parents avaient signé les décharges, il n’avait plus qu’à croiser les doigts pour que les enfants reviennent en un seul morceau et avec un pantalon sec. Et commencer à charger les torches pour quand il faudra dénicher ceux qui se seront évidemment perdus dans les buissons.
Au moins n’étaient-ils pas encore dérangés par leurs hormones, ça rendra les recherches moins embarrassantes…
Bien vite, les premiers départs se firent, sous les encouragements du groupe de plus en plus restreint.

Marcher avec Kakashi n’était pas amusant.
Avec Rin, ils auraient sûrement parlé, raconté des blagues… Il avait même envisagé de se confesser ! Et, le cas échéant, il aurait joué les chevaliers et l’aurait protégé et consolé quand elle aurait eu trop peur !
Mais il se retrouvait à avancer dans un silence gênant, à peine éclairé par la lumière faiblarde de la lampe qui leur avait été donné.
Les bruits habituels de la forêt commençaient déjà à attaquer ses nerfs, tandis qu’il se tenait sur ses gardes, prêt à rire de la première épreuve.
Il n’était plus un bébé, lui ! Il était sûr que les tests prévus par les professeurs n’étaient pas si terrifiants que ça et que ce serait super ridicule et fauché.
Par contre, Kakashi était un bébé, donc il allait sûrement crier de peur et vouloir fuir.
S’il jouait les chevaliers servants à son égard, et non plus pour Rin, et l’aidait à traverser le kimodameshi sans casse, Rin devrait le trouver super cool non ?
Fort de cette nouvelle décision, il serra les poings et bomba le torse, prêt à y coller.
Puis, une énorme araignée eut le malheur de choisir ce moment pour descendre le long de son fil, se dévoilant soudainement dans le faible faisceau de lumière.

— T’as entendu, Asuma ?
Kurenai se tourna vers son coéquipier, inquiète.
— Oui, ça devait être un animal, tenta celui-ci de l’apaiser.
— Un animal ? répéta-t-elle, se tenant à la torche comme à une arme.
— Oui, un genre de chouette. Tu as déjà entendu le cri d’une Effraie ?
Sa tentative fut bien accueillie et il parvint graduellement à apaiser son amoureuse en lui parlant de son animal préféré.

L’âme d’Obito quittait son corps, sous l’observation blasée de Kakashi qui se demandait, pas pour la première fois, ce qu’il avait fait pour mériter ça.
— C’est juste une araignée, lui fit-il remarquer.
Mais trop tard, son camarade abandonnait progressivement cette dimension. Adieu monde cruel et araignée poilue.
Soupirant suite au cinéma de cet idiot, il se pencha pour lui arracher la lampe des mains, l’éteignant et la glissant dans sa poche. Cela fait, il lutta mais parvint enfin à le glisser sur son dos, le soulevant avec difficulté.
Le plus intelligent serait de faire demi-tour, le professeur Minato devrait être encore au point de départ et ils étaient encore dans la première partie du parcours. Ils n’avaient même pas encore croisé la première épreuve, une pauvre arachnide avait suffi pour mettre à terre cet imbécile à la tête vide !
Se remémorant rapidement le plan que l’adulte leur avait présenté pour qu’ils évitent de s’écarter du chemin, Kakashi changea finalement d’avis.
Certes, le point de départ était définitivement plus proche que la fin, mais ils étaient plus proches encore du premier test, et d’autres adultes devaient s’y trouver, non ? En plus, de souvenir, il devait y en avoir d’autres qui patrouillaient, pour éviter les accidents en tout genre.
L’araignée était juste… un imprévu.

Parmi les mille dons que Kakashi possédaient, il était nyctalope. Ou pratiquement.
En tout cas, il lui était bien plus simple d’avancer en éteignant la torche qu’en s’appuyant sur son faisceau ridicule.
À cela s’ajoutait qu’ils évitaient d’attirer la faune nocturne, et principalement ces satanés moustiques qui semblaient apprécier s’abreuver de son sang, ne laissant que des vilains boutons sur sa peau fragile, malgré tous les répulsifs au monde.
Son père avait tout tenté, à ce niveau-là il ne restait plus qu’un sacrifice aux dieux. Ou un exorcisme.
Ou les deux.
Sur son dos, sa charge grommela et s’agita mollement, signe d’un éveil proche, mais il préféra ne pas s’arrêter. Si jamais c’était une fausse alerte, il aurait du mal à repartir.
Sans être particulièrement musclé, il avait imité son père lors des entraînements de celui-ci, ce qui l’avait amusé. Néanmoins, il restait un enfant de sept ans, avec les limitations physiques qui allaient de pair. Soulever son camarade avait déjà été un peu au-dessus de sa limite, mais avancer en le portant était pire encore. S’il devait marquer une pause, ce sera lorsqu’il pourra se déplacer à son tour.
L’idée d’abandonner l’idiot à son triste sort (le temps d’aller prévenir un enseignant, bien sûr) lui effleura l’esprit à plusieurs reprises, particulièrement quand ses muscles lui faisaient mal, mais il s’y refusait.
Après tout, papa répétait toujours qu’il n’y avait que les vilaines personnes qui laissaient les gens derrière ! Et Kakashi n’était pas une vilaine personne. Papa l’avait juré !
Alors, il continuera, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Papa sera fier de lui, n’est-ce pas ?
Un grognement l’arracha de ses rêveries.
— De retour avec nous ? grommela-t-il.
Heureusement, oui, son camarade s’était réveillé et put ainsi être remis sur ses pieds, au grand soulagement de son porteur qui eut une pensée pour demain. Il allait haïr son réveil. Définitivement.
Évidemment, Obito expédia rapidement ses remerciements avant de s’en prendre à lui sur sa décision d’avancer au lieu de retourner sur leurs pas, ou de refuser d’allumer la torche.
Ils étaient tellement concentrés sur leur dispute que le moniteur chargé de l’animation les contempla un long moment avant de les interrompre en se râclant la gorge.
S’il obtint effectivement l’attention nécessaire, il eut surtout deux expressions colériques braquées sur lui. Après, c’était les expressions colériques de deux gamins, donc il n’allait pas partir en courant à travers la forêt, non plus, mais il sentit tout de même un frisson le parcourir, ce qu’il mit sur le compte de la légère brise qui venait de se lever.
— Bouh, tenta-t-il, malgré tout.
Malheureusement, il avait droit à un public difficile, plus occupé à s’écharper verbalement qu’à s’intéresser à son costume un peu naze.
N’étant définitivement pas assez payé, et surtout pas pour forcer deux morveux à s’occuper de lui, il se contenta de claquer des mains, les interrompant.
— Poursuivez votre chemin avant que je ne change d’avis, soupira-t-il. Et, petit rappel : vous êtes là pour avoir peur, pas pour vous disputer.
Décidant de prendre sur eux le temps de disparaître du champ de vision de l’adulte – mais pas de son champ d’écoute, malheureusement – ils hochèrent sagement la tête et reprirent leur avancée.

— Pourquoi tu t’arrêtes ? lança Obito.
Boudeur, il avançait en traînant les pieds.
Son camarade avait refusé de lui rendre la torche, et plus encore de l’allumer, prétendant qu’on voyait très bien comme ça.
À vrai dire, il n’avait pas tort, la lune éclairait suffisamment pour qu’ils puissent marcher sans problème, mais il n’avait pas l’intention de l’admettre à voix haute, oh que non !
Alors, à la place, il boudait, les mains dans les poches et gonflant les joues.
Jusqu’à ce qu’il se rende compte que Kakashi n’était plus à côté de lui.
— Je suis fatigué, admit celui-ci. J’ai juste besoin d’une petite pause.
D’ordinaire, il se serait moqué de lui, l’aurait traité de bébé, et c’est ce qu’il avait l’intention de faire ! Mais il se souvint que le « bébé » l’avait porté sur son dos après son évanouissement peu glorieux.
Ils pouvaient bien se reposer un peu, non ? Au pire, le groupe suivant les rattrapera et ils pourront les rejoindre.
— Okay, mais pas trop longtemps, ajouta-t-il, pour les apparences.
S’asseyant à ses côtés, il leva les yeux vers le ciel, émerveillé par toutes ces étoiles qu’il n’avait pas l’habitude d’observer, depuis chez lui.
Ça ne devrait pas être mal, non, de souffler quelques minutes ? Tant qu’il n’y aura pas d’araignées, ils ne risquaient rien, de toute façon…

Minato jugeait actuellement tous ses choix de vie.
Pourquoi avait-il estimé nécessaire de devenir enseignant ? Son amour initial – en plus de sa fiancée – se portait sur les expériences scientifiques, les recoins obscurs de ce monde qui restaient encore à découvrir !
Mais non, il était là, à explorer un autre genre de recoin obscur, tout en espérant à la fois que sa torche ne le lâche pas, comme dans les films d’horreur, et de retrouver les deux seuls élèves manquants.
Ç’aurait pu être n’importe qui, mais non, il fallait que ça tombe sur ceux qui se disputaient de la première minute de leur arrivée à la derrière de leur départ.
D’horribles images le hantaient depuis sa réalisation et c’était donc résigné et recroquevillé sous le fardeau imaginaire de sa tâche qu’il fouillait les bois, à la recherche des deux disparus.
Il espérait vraiment qu’ils s’étaient simplement perdus et que tout finirait comme dans les contes de fées. Enfin, ceux tout public.
Pour le moment, il n’avait rien trouvé, ce qui était aussi positif que négatif. C’était rien, quoi.
Son collègue avait pris l’autre extrémité du parcours, ce qui le rassurait en partie.
Après tout, s’il s’était passé quelque chose d’horrible, il avait une chance sur deux de tomber dessus, dans cette configuration, non ?
Non ?
Ses phalanges blanchissaient sous la pression qu’il exerçait sur le pauvre plastique de la torche, alors qu’une chouette s’envolait à travers le ciel nocturne.
Minato n’avait qu’une envie, présentement. Bon, évidemment, retrouver les deux microbes. Mais, surtout, surtout, rentrer dans son petit appartement confortable et enlacer sa fiancée avec plus de force qu’il n’en avait jamais utilisé avec elle.
Mais, ouais, il devait d’abord rendre tous les gamins à leurs tuteurs respectifs pour ça, avant.
Lorsque le pinceau faiblard illumina une tache claire, son cœur faillit quitter sa poitrine tandis que son cerveau créait un scenario aussi invraisemblable qu’effrayant. Il put rapidement se rassurer en se rendant compte que ce n’était pas une menace quelconque – enfin, si, Kakashi était une menace – mais les cibles de leur affolement de la dernière heure.
Les examinant sommairement à la lueur de sa torche, il attrapa rapidement son portable pour prévenir son collègue de l’autre côté du parcours, puis ceux attendant leur retour, pour les informer de la bonne nouvelle.
Et, maintenant, il devait les réveiller…
Il devrait peut-être revoir ses choix de carrière, sérieusement.

Lorsqu’Obito ouvrit les yeux, ce ne fut pas sur la voûte céleste mais le plafond du dortoir où logeaient les garçons de la classe, le temps de leur classe verte.
Déçu, il esquissa une moue.
Ç’avait été si beau, hier ! Toutes ces étoiles inconnues jusque-là, se dévoilant à ses yeux néophytes, alors qu’il découvrait que le ciel nocturne n’était pas si noir, finalement. Piqueté de ces têtes d’épingles blanches, il lui faisait plutôt penser à l’étole de la robe de soirée de sa mère, une grande pièce de velours noir décorée de diamants. Grand-mère la lui avait souvent montré, très fière de l’élégance de sa fille et plus encore de l’amour que lui avait alors porté son mari, lui offrant cet accessoire comme une promesse pour d’autres sorties semblables à celle où ils s’étaient rencontrés.
Naïvement, il avait levé le bras, comme s’il avait la capacité de se saisir d’une des étoiles, comme d’une de ces pierres précieuses, mais, dans un cas comme dans un autre, ça lui était impossible.
Un petit rire à ses côtés lui avait soudainement rappelé qu’il n’était pas seul et que, une fois de plus, il avait agi comme un idiot devant Kakashi.
Enfin, un peu plus, un peu moins…
Soupirant par avance, il se tourna vers lui, prêt à lui répondre comme il le faisait depuis le premier jour.
Mais il s’interrompit, alors que ses yeux tombaient sur le visage entièrement découvert du petit garçon, alors qu’il lui souriait sans la moindre méchanceté.
— Maman disait toujours que, si tu le souhaites assez fort, Mère Louve viendra t’emporter avec elle et s’occupera de toi comme d’un de ses louveteaux, déclara-t-il. Tu as essayé d’attirer son attention ?
Cependant, Obito ne comprenait pas de quoi il parlait. En temps normal, il aurait lâché l’affaire, cherchant les réponses de son côté ou questionnant un adulte, mais pas cette fois. Peut-être était-ce dû à la magie de la nuit, ce genre de choses.
— Mère Louve ?
Aussitôt, le plus jeune parut briller aussi fort que la nuit, ses yeux remplis des étoiles du ciel, alors qu’il serrait les poings d’excitation.
Obito n’eut que le temps d’une profonde inspiration pour se préparer au discours enflammé sur toutes les croyances – un peu dépassées – de son clan, lui permettant d’en apprendre plus sur les astres et les histoires qu’on racontait sur eux. Mais aussi sur Kakashi.
Il apprit beaucoup de choses sur lui, malgré eux.
C’était plutôt sympa, il faudrait recommencer !
… Cependant, sans les araignées, cette fois…

