Naruto

Fuck Marry Kill

Genres : Smut – Drame – Hurt / One-shot

Rating : +18

Résumé : La vie de Kakashi ne tournait en définitive qu’autour d’une seule personne.

Bonne lecture !


FUCK

Une étreinte brutale qui pourrait être maladroite s’il n’était pas question de deux shinobi entraînés, se camouflant derrière des masques.

Sukea sourit alors que la surface irrégulière du mur irritait sa peau nue, les aspérités menaçant d’arracher sa perruque.

Les rayons de lune semblaient faire briller sa peau trop pâle, alors qu’il resserrait l’étreinte de ses membres sur le corps encore vêtu de son amant de l’heure.

Il ne pouvait apercevoir que les spirales oranges d’un masque, mais ce n’était de toute façon pas pour son visage qu’il l’avait sélectionné et en était parfaitement satisfait, jusque-là.

Une main gantée quitta soudainement ses hanches pour serpenter jusqu’à la gorge pâle, y enfonçant l’extrémité des doigts comme pour tester l’élasticité, avant de se refermer subitement, compressant la tranchée lentement, alors que des halètements et gémissements étouffés se bousculèrent dans la bouche entrouverte, le cou contraint arqué à la recherche d’air.

Tous ses instincts péniblement affûtés par les entraînements et l’expérience se dressèrent, bandant les muscles, prêts à se défendre de cette tentative d’étranglement.

Mais Sukea n’était pas là pour se battre et, si son bras se leva à son tour, c’était pour presser sa propre main sur celle entourant sa gorge, en une bénédiction pour y aller plus fort, ce qui parut lui plaire.

Entre ses cuisses, le rythme n’avait pas ralenti, et il raffermit l’étreinte de ses jambes croisées, le rapprochant plus encore, des sons brisés s’élevant sous le plaisir toujours plus douloureux qui augmentait sous les attentions de cet inconnu qui avait rapidement compris qu’il n’était pas en verre.

Si seulement il avait pu se contenter d’un henge ! Il aurait pu sentir cette main forte tirer sur ses cheveux, parachevant l’orgasme qu’il sentait lentement se construire.

Il enfonça ses dents tranchantes dans sa lèvre inférieure, autant pour ravaler un son plus fort, trop fort, que pour la piqûre de douleur et le léger goût de sang qui parut amplifier tout ce qu’il ressentait déjà, comme si sens s’affûtaient à cette simple goutte au goût cuivré.

L’autre main, toujours sur sa hanche, s’enfonça dans la peau tendre, comme à la recherche de l’os, de pouvoir le briser de ses doigts, tandis que les poussées s’accéléraient et que la brûlure de son dos râpant contre la façade s’intensifiait.

Il ne lui manquait plus grand-chose pour jouir enfin…

C’était sûrement ce qu’avait dû comprendre le shinobi alors qu’il abandonnait sa hanche meurtrie au profit de sa verge, la comprimant soudainement, lui arrachant un râle alors que le choc le traversait comme un courant électrique, le redressant, les yeux écarquillés à en perdre ses lentilles, avant de le branler vivement, rompant le rythme, pendant que le plaisir augmentait vite, trop vite.

Des larmes coulèrent sur ses joues, malgré lui, emportant la peinture violette sur ses joues, un sourire brisé dévoilant ses dents tordues à la clarté de la lune.

Il aurait pu hurler sa jouissance à l’astre, si la poigne de fer sur sa gorge, ne lui coupait pas le souffle et si ça n’aurait pas attiré une attention malvenue sur eux deux.

Pas grave, Sukea n’avait pas l’attention de partager.

MARRY

— Et ce sera tout pour aujourd’hui, Uchiwa-san !

La nouvelle recrue manqua d’avaler sa salive de travers alors que sa collègue lui enfonçait son coude dans les côtes, mais trop tard.

En face d’elles, Kakashi ne leur jeta pas un regard, se contentant d’enfiler ses habits, son amplitude réduite par ses blessures et leurs soins.

Il pouvait les entendre, bien sûr, même lorsqu’il s’éloigna hors de vue, la cadette répétant que c’était le nom marqué dans son dossier, pendant que l’aînée montrerait sûrement la ligne indiquant qu’il passait toujours par son nom de naissance.

Quelle importance, au fond ?

Sur son chemin, il acheta des dango, ignorant volontairement les tentatives de conversations de la vendeuse, puis reprit son chemin, bifurquant avant l’enceinte Uchiwa au profit de leur cimetière.

La plupart des pierres tombales étaient couvertes d’herbes folles et de vignes, en-dehors de celles de Fugaku, Mikoto… et Obito.

Sasuke était encore trop jeune, trop faible, pour entretenir les tombes de plus d’Uchiwa.

Et lui… il n’y avait bien que celle-là à compter pour lui.

Il ramassa les pics pratiquement décomposés, les remplaçant par de nouvelles friandises dont le sucre avait légèrement fondu le temps du transport.

Dans l’intimité du lieu, Kakashi se permit de s’asseoir, tandis qu’il monologuait à voix basse sur les derniers événements depuis sa précédente visite.

Le reste du temps, la pierre commémorative lui suffisait, le nom presque effacé entouré de tous les autres qu’ils avaient connu ou non, mais lors des retours de mission, il privilégiait la véritable sépulture, même s’il n’y avait qu’une paire d’affreux goggles oranges cassées dedans.

Puis, lorsqu’il eut fait le tour des sujets qu’il avait prévu d’aborder, il se levait, saluant la pierre immuable et allait passer la nuit dans ce qui aurait dû être leur chambre, mais où il n’y avait plus que de la poussière, les affaires d’Obito et…

Le stupide shiromuku emprunté en urgence à une des épouses du clan, pour ne jamais être rendu, enfilé sur un de ces cintres à kimono, la couleur pâle et le fini satiné du tissu luisant dans l’obscurité, tel un fantôme menaçant.

Le reste du temps, il aurait rejoint son appartement, mais ça allait avec la visite de la réelle tombe d’Obito : une exception qu’il répétait de loin en loin.

Et là, dans le silence étouffant d’une enceinte pleine de maisons vides, à fixer d’un Sharingan humide cette tenue qu’il avait dû porter pour le bien d’une cérémonie posthume, il comptait les heures de son insomnie, visité par des spectres et sa culpabilité.

Il était vraiment un affreux mari. Une horrible épouse.

Uchiwa Kakashi.

KILL

La difficulté de se battre avec quelqu’un que vous connaissez, avez connu, c’est que même dans une situation réelle de vie ou de mort, votre mémoire musculaire sait comment parer les mouvements mille fois répétés. Ou, au contraire, vous induit en erreur et vous passez très près d’un mauvais coup.

Ou, même, de la mort.

Kakashi respirait bruyamment, haletait, alors que l’adrénaline quittait lentement ses veines, sa raison lui revenant progressivement.

La douleur le frappa juste ensuite, alors qu’il découvrait l’épine le traversant de part en part, mais ce n’était rien comparé à celle ressentie quand il comprit ce qu’il avait fait.

Ce qu’il avait encore fait.

Le sang sur sa peau, ses vêtements. L’odeur de chair brûlée saturant son nez malgré le masque. Les muscles luttant contre les parois cautérisées par la foudre, pressant contre son bras.

Leurs corps pressés l’un contre l’autre, plus proche qu’ils ne l’avaient jamais été de toute leur vie.

Leurs souffles hachés, leurs cœurs tambourinants…

En avait-il encore seulement un ?

Une autre réalisation le frappa, suite à cette pensée fugitive.

Il avait tué Obito.

Encore une fois.

L’angoisse chassa tout sur son passage alors qu’il se redressait, luttant entre retirer son bras du trou béant où était censé se trouver l’organe, et celle de l’y laisser, pour contrer l’évidente hémorragie…

Ce fut son adversaire qui décida pour lui, alors qu’il trébuchait en arrière, dissipant la lance qu’il avait invoqué plus tôt pour le transpercer, lui aussi.

En évitant les points vitaux, à portée de main, que tout genin connaissait.

Malgré lui, il sentit une étincelle d’espoir à cette conclusion.

Tout n’était pas perdu.

Puis, Obito le regarda, avec la même grimace haineuse qu’au début, mais plus encore cet énorme trou provoqué par son jutsu personnel, telle une accusation.

Par deux fois, il aura usé des Mille Oiseaux contre ceux qu’il avait juré de protéger grâce à lui.

Par deux fois, il aura traversé leurs corps de son bras armé, les enlaçant presque, taché de leur sang et de leur chair, la chaleur de leur vie fuyant entre ses doigts.

Mais Obito n’était pas résolu à mourir ainsi. Il n’en avait pas fini avec lui, avec le monde. Il avait encore l’intention de se battre, de hurler à la face du monde tout le bien qu’il en pensait, l’enfer qu’il avait traversé.

Mais ça ne suffit pas.

Et c’est alors, le cœur en miettes et l’esprit brisé, que Kakashi le vit mourir, encore et encore.

C’était plus que ce qu’il s’en sentait capable et, lorsque son esprit vint récupérer les Sharingan, il eut l’espoir que ce n’était pas un adieu.

Parce qu’il ne se sentait pas capable de l’abandonner, une fois de plus, d’avoir à visiter une tombe vide, une mention sur une pierre trop grande et trop pleine. Parce qu’il avait encore besoin de lui, pour avancer dans la vie, comme boussole morale.

Après tout, il avait défié la mort plus de fois qu’il n’avait pu le compter, il pouvait encore recommencer, non ?

Non ?

Non.

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