Naruto

Chabada bada bada

Genres : Humour – Amitié – Romance / One-shot

Rating : +16

Résumé : Le monde d’Obito ne tournait qu’autour d’un seul homme. La seule idole de son cœur : Sukea. Mais, finalement, il semblerait qu’il y avait de la place pour plus.

Bonne lecture !


— Obito ? Obito ?

Rin secouait son ami par l’épaule, tentant de l’arracher de sa transe, mais c’était peine perdue.

Soupirant, elle cessa, se penchant pour se saisir d’une poignée de chips et se réinstalla dans le canapé.

De son côté, son ami ne l’avait même pas remarqué.

Son attention était toute entière sur l’écran de la télévision, buvant sa vue tel un homme assoiffé.

La rediffusion de la performance de son groupe préféré avait souvent cet effet-là, sur lui.

Mais, lorsque le danseur secondaire entrait en ligne de mire, c’était le summum.

Amusée, Rin préféra observer les expressions de son ami d’enfance que l’émission, se mordant la langue lorsqu’elles virèrent à l’admiration fanatique, typique du passage de son membre préféré.

Sous son regard attentif, Obito s’empourprait, son sourire devenait extatique et il remuait les bras, s’attrapant parfois le visage, alors que son monde se réduisait à l’artiste.

Parfois, il couinait, mais c’était assez rare, préférant baver discrètement sur son idole.

Objectivement, la jeune femme comprenait son engouement : Sukea était assez sexy. Mais comme devait l’être n’importe qui dans le secteur du divertissement, et plus encore les boysband.

Elle avait subi suffisamment de monologues sur la plastique du danseur, de ses boucles « adorables » à ses abdos « parfaits », du grain de beauté « mignon » au coin de sa lèvre inférieure à ses « superbes » yeux gris/verts.

Heureusement, elle était parvenue à mettre le holà avant qu’il n’aille plus bas dans ses descriptions ou éloges, l’étendu des fantasmes de son meilleur ami pour un produit de la société n’était clairement pas quelque chose qu’elle avait envie de connaître, merci.

De toute façon, c’était de simples fantasmes inoffensifs, Obito pouvait continuer de collectionner chaque représentation du danseur et rêvasser devant ses performances, ça ne mènerait à rien, n’est-ce pas ?


Kakashi était trempé de sueur alors qu’il quittait la scène sous les hurlements surexcités des fans, accompagné des membres du groupe. Il accepta la serviette tendue, marmonnant un remerciement épuisé et tamponnant ce qu’il pouvait.

Porter une perruque et du maquillage étaient clairement la pire idée qui soit dans ces moments-là, et il se maudissait intérieurement pour cette idée, ce qui n’était clairement pas la première fois, et sûrement pas la dernière.

Malgré sa furieuse envie de tout arracher, il dut prendre sur lui, jusqu’aux loges où il put s’adonner à ses envies, se grattant tel un raton laveur enragé, sous l’amusement de ses amis qui s’écrasèrent un peu partout, gémissant de fatigue.

— Si elle te gratte à ce point, évite de la porter, lui dit Iruka.

— Plutôt crever, marmonna-t-il en réponse.

— Laisse tomber, personne ne pourra le faire changer d’avis, balaya Genma. Ignore-le.

Épuisés par leur performance, ils restèrent où ils étaient tombés, vite rejoints par Kakashi une fois celui-ci débarrassé de ses artifices.

Ils y seraient bien restés des heures, mais le studio de télévision n’allait pas apprécier, alors il fallut se démaquiller, se changer et se traîner dans le mini bus pour y agoniser tranquillement.

Kakashi termina de placer son masque facial, n’affichant que son expression blasée au monde.

Il suivit le groupe, bien qu’un peu à l’écart, et profita de la discrétion de son masque pour sourire, alors qu’il se faisait ignorer par les fans qui les avaient attendu, hurlant leur noms et agitant des pancartes…

Sans se rendre compte que Sukea ne se trouvait pas dans le lot.

Les portières claquèrent et ils purent se laisser bercer par le mouvement de la voiture, certains s’endormant.


Obito tourna la page de son magazine, saluant bruyamment quiconque venait de passer les portes automatiques du konbini.

Il bailla sans bruit, remuant sa mâchoire dans tous les sens jusqu’à la faire craquer.

Un coup d’œil à l’écran de la caisse le renseigna sur le temps restant de son quart, lui arrachant un soupir.

Étant encore à l’université, il n’avait rien trouvé de mieux comme job.

Clairement, il voyait ce poste d’un autre œil, maintenant qu’il se retrouvait coincé entre les longues heures mortes et celles où tout s’enchaînait trop vite, le forçant à jongler avec trop de choses à la fois.

Au moins, ça lui permettait d’acheter tout son merch Sukea.

Lorsque le client s’approcha du comptoir, Obito s’arracha de sa lecture tout en attrapant la scannette de la main droite, l’autre tendue pour s’emparer du premier article.

— C’est beaucoup de masques, commenta-t-il. Avez-vous fait un tour du côté des médicaments ? On en a un d’enfer contre le rhume !

Ce n’était pas complètement commercial : il l’avait testé !

— Je ne suis pas malade. Mais merci.

Surpris, il leva rapidement les yeux pour apercevoir seulement la moitié d’un visage surplombé d’une chevelure argentée, caché par une épaisse écharpe bleu marine.

Il comprit mieux lorsque, une fois encaissé, le client ouvrit une boîte pour sortir un des masques et le mit en place, semblant se détendre dans le processus.

— Besoin d’autre chose ?

— Non, c’est bon, c’était un oubli de dernière minute, balaya-t-il. Bon après-midi.

Sa curiosité non rassasiée, Obito l’observa partir, son sac plastique à la main.

Il avait eu des achats plus extraordinaires, mais une impression étrange le travaillait.

Mais, comme rien ne venait, il retourna à sa lecture, haussant les épaules.

Une journée comme les autres.


Kakashi grimaça devant les tenues prévues du shooting.

Pourquoi cette obsession pour afficher son ventre, franchement ? Tout le monde avait des muscles plutôt défini, dans le groupe, ses abdos n’étaient pas la seule exception.

— Pourquoi j’ai jamais de t-shirts ? Soupira de lassitude Izumo, à ses côtés.

Bon, d’accord, il n’était pas le seul dans cette galère.

Autant il aimait les représentations, danser jusqu’à ne plus avoir un muscle ne hurlant pas de douleur, chanter à en avoir la gorge à vif, aveuglé par les projecteurs, assourdi par les cris excités des fans…

Mais, bordel, qu’est-ce qu’il détestait les sessions photos où le but était de vendre leur plastique de la façon la plus inconfortable qui soit !

En passant, Iruka lui décocha un coup de coude, affichant déjà son sourire commercial.

Bon, et bien, quand fallait y aller…


Lorsque Rin revint de sa journée de garde, elle eut un mouvement de recul en découvrant son colocataire assis par terre, entouré de mouchoirs froissés.

— Obito, t’es dégueulasse ! Cria-t-elle. Fais ça dans ta chambre !

Déconcerté, le coupable tourna la tête vers elle, un mouchoir enfoncé dans chaque narine.

— Oh, salut Rin ! Prononça-t-il d’une voix nasillarde. T’as passé une bonne journée ?

Prise d’un doute, la jeune femme se rapprocha, donnant des coups de pieds aux boules suspectes, dévoilant des taches de sang.

Se penchant, elle s’empara du menton de son ami, le tirant vers elle afin qu’elle l’examine.

— Sérieusement ? T’es pas un peu vieux pour te vider de ton sang devant tes magazines ?

Elle soupira en le repoussant, levant les yeux au ciel suite à sa conclusion, heureusement bien différente de son observation première.

Pour toute réponse, Obito lui tendit sa lecture, qui se trouvait être une photographie pleine page de Sukea – encore et toujours – dans un des crop-tops habituels, dans une pose suggestive, qui ne pouvait évidemment pas laisser son ami indifférent.

— Il te vide de ton argent, maintenant de ton sang… T’es sûr qu’il n’est pas plutôt un vampire ? Tenta-t-elle faiblement.

Malheureusement, sa plaisanterie eut l’effet inverse et elle était au premier plan lorsque les yeux noirs se voilèrent et qu’un peu de bave glissa du sourire stupide.

— T’es irrécupérable, abandonna-t-elle. Je vais me doucher.

Laissant son ami dans ses rêveries, elle quitta le séjour, roulant les yeux.


Alors que Kakashi allait se saisir de son habituel masque hygiénique, il se rendit compte avec horreur – et une profonde lassitude – qu’il n’en avait plus.

Il hésita à enguirlander leur manager, dont l’approvisionnement constant faisait partie de ses tâches, mais abandonna. Ce n’était pas la première fois que cet incident se produisait, et ce ne sera certainement pas la dernière.

Il allait devoir y aller lui-même.

Confiant de son camouflage – bien qu’au contraire, il n’en abordait aucun – il enroula son écharpe autour du cou, enfouissant son visage dedans autant que possible, et c’était parti.

Heureusement, il y avait un konbini non-loin des studios de répétitions, mais il avait en horreur les interactions sociales, et plus encore sans un masque en bouclier.

C’était déjà un enfer avant NINKEN, c’était pire avec le personnage de Sukea.

Une fois de plus, l’employé avait le nez plongé dans une lecture quelconque, le saluant sans le regarder.

Il pouvait faire avec.

Fonçant rapidement au bon endroit, il vida le rayon de sa marque préférée puis alla en caisse, les bras chargés.

Une fois de plus, leurs regards ne se croisèrent pas durant la transaction.

— Toujours pas guéri ? Lança joyeusement l’hôte de caisse.

— Toujours pas malade, répliqua-t-il.

Il s’empressa d’enfiler un masque, le soulagement l’envahissant, ce dont parut se rendre compte l’employé qui lui offrit un sourire compatissant.

— Ça va mieux ?

— Bien mieux…

Il se permit un petit sourire, même si caché derrière son rempart de papier, ce qui ne parut pas déranger son vis-à-vis qui agrandit le sien, faisant jaillir des fossettes.

C’était plutôt mignon.


Sans trop y faire attention, Kakashi commença à se porter volontaire pour chaque petite course, au point de finir par attirer la suspicion de ses amis qui le charrièrent alors.

— Je t’accompagne ! S’exclama subitement Iruka.

— Pourquoi ?

— Pour vérifier à quel point le caissier est mignon, pardi !

Rouge jusqu’à la pointe des oreilles, il lui jeta un de ses masques à la figure afin de camoufler une partie de son visage, trop reconnaissable.

Certes, NINKEN n’était pas non plus un succès retentissant, mais ils étaient à la une de suffisamment de magazine pour ne pas vouloir tenter le risque.

Cette fois, Obito – ce n’était pas de l’espionnage, il portait un badge nominatif – n’était pas derrière le comptoir mais dans les rayons, occupé à les remplir.

Levant la tête au signal sonore, il afficha un sourire lumineux à leur encontre mais poursuivit sa tâche, concentré.

— Oh, c’est lui ? Chuchota Iruka à son oreille.

Surpris et dérangé par la sensation, Kakashi frissonna suffisamment violemment pour lui donner un coup d’épaule dans la mâchoire.

S’en saisissant, le blessé couina avant de pleurnicher faussement sur la dévalorisation de la marchandise.

L’insultant sous son souffle, son ami s’éloigna afin de s’emparer des articles listés.

— Mais, sérieusement, t’as rien tenté ? Reprit Iruka.

Suivant Kakashi comme son ombre, il jetait des regards discrets en direction du gars. À cause du silence de l’échoppe, il devait faire très attention à son volume sonore.

— J’ignore de quoi tu parles, nia-t-il simplement.

Mais il n’était pas son ami pour rien et comptait bien l’aider !

Profitant que le danseur soit plongé dans la liste des composants, il le quitta, au profit du mystérieux employé qui le salua quand il parvint à sa hauteur.

— Je peux vous aider ? Proposa celui-ci aimablement.

— Oui ! Répondit Iruka avec force. Mon ami juste ici a besoin d’apprendre la recette du bonheur, et vous semblez être l’ingrédient parfait pour ça !

Cette déclaration fut accueillie par le son d’articles tombant au sol, les deux adultes ayant simultanément laissé échapper ce qu’il tenait, sous le choc.

D’un coup d’œil, Iruka put constater que Kakashi était aussi rouge que l’était son vis-à-vis.

Parfait !

Un balbutiement incompréhensible lui parvint, attirant son attention vers l’inconnu.

— C’est… c’est une chanson de NINKEN, ça, parvint-il à articuler.

Et devine qui en est l’auteur, ricana intérieurement le jeune homme.

— Exact ! Mais ça ne rend pas la demande moins caduque !

Kakashi avait dû arriver à ses limites, car il surgit à leur côté, s’empara de l’autre crétin par le col, et le traîna derrière lui, les oreilles toujours rouges, et s’excusant pour le dérangement.

Comme ils revinrent les mains vides, Genma y alla à la place, un sourcil haussé face à l’embarras visible du danseur.

Il reçut un sms d’Iruka une fois au konbini, lui résumant ce qu’il avait fait. Il n’eut pas besoin de lui demander quoi que ce soit, le chanteur avait bien l’intention d’entrer dans la danse à son tour.

Parvenant à la caisse avec ses courses, il évalua l’employé d’un regard, validant les goûts de Kakashi, et s’accouda au comptoir, souriant tout en jouant avec son cure-dent.

— Célibataire ? Lança-t-il sans détour.

De son côté, Obito traversa un nouvel embarras pétrifiant et manqua de lâcher tout ce qu’il tenait, son sang affluant à son visage.

— C’est privé, bégaya-t-il.

— Ce n’est pas pour moi, balaya le client. Mes amis sont passés tantôt. Je suis là pour terminer le travail.

Il afficha un sourire amusé cette fois, parfaitement à l’aise, contrairement à Obito qui avait envie de fondre dans le sol.

— Je suis justement au travail, tenta-t-il bravement. C’est inconvenant.

Mais, clairement, il n’avait pas l’air du genre à s’encombrer des convenances, au vu de son apparence nonchalante.

— En tout cas, mon pote, Kakashi, est célibataire. Et c’est sûrement pas pour les réductions qu’il accoure ici dès qu’on a besoin d’un truc. Alors…

Fouillant ses poches, il en extirpa de quoi écrire, griffonna puis lui tendit le papier.

— Appelle-le, acheva le client.

Mécaniquement, il s’empara du papier, puis encaissa l’achat, observant cet homme étrange quittant le konbini avec son sac.

Il lui rappelait quelqu’un…


Le nez dans son livre, Kakashi patientait.

L’heure arrêtée était dépassée depuis vingt bonnes minutes, mais il faisait beau, il pouvait encore attendre.

Il tourna la page et une ombre parvint à sa droite, haletant bruyamment, s’excusant pour le retard.

Il leva à peine les yeux des lignes pour constater le visage rouge et à bout de souffle de son petit ami.

— Tu es là, c’est tout ce qui compte, balaya-t-t-il. Assis-toi, j’ai déjà commandé.

Obito avait composé le numéro donné le soir-même, le cœur battant… pour tomber sur un répondeur dont la voix automatique l’avait invité à laisser un message.

Ce qu’il avait fait, invitant le propriétaire à un rendez-vous.

Auquel il arriva en retard, pour changer.

Mais Kakashi l’avait attendu. Et il le fit pour tous ceux suivant, même quand il devait les écourter pour raison professionnelle.

Timidement, il s’assit sur l’autre chaise, observant ce qu’il pouvait voir du visage de son petit ami, entre le livre et son masque hygiénique, avec un sourire affectueux.

— Tu me fixes.

— Ça te dérange ?

— Non, tu peux continuer.

Amusé, Obito remarqua la pointe des oreilles rosissantes de son ami, tandis qu’il prenait une apparence détachée.

Il le trouvait adorable.


— Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Demanda Rin, un soir. T’es encore plus bizarre que d’habitude.

Son ami la fixa une poignée de secondes, bouche bée, avant de se reprendre.

— Alors, déjà, je t’emmerde, grogna-t-il. Et je ne suis pas « bizarre ».

Il lui asséna un coup de pied, depuis sa position avachie sur le canapé, mais elle l’esquiva sans problème.

Elle l’examina, les yeux plissés, avant de se redresser, claquant des mains.

— T’es amoureux !

Afin d’éviter de lui répondre, il enfourna une grosse bouchée, poussant contre ses joues pour avoir de la place, et pointa son visage de ses baguettes pour indiquer son prétexte.

Mais Rin n’eut pas besoin de réponse.

Elle posa de côté son propre repas, réfléchissant.

— C’est un gars, n’est-ce pas ? Vous devez être ensemble depuis deux mois, tu souris comme un crétin depuis mars, ça colle, tu as dû le rencontrer au travail…

Ses déductions étaient effrayantes, son colocataire s’empressa d’avaler sa nourriture alors qu’il écarquillait les yeux au fur et à mesure qu’elle poursuivait ses réflexions.

— T’es sûre que tu ne veux pas devenir détective privé ? Marmonna-t-il. T’es plus que qualifiée.

— La flatterie ne fonctionne pas sur moi, l’alerta-t-elle. Pourquoi je ne l’ai pas encore rencontré ?

La question qu’il redoutait le plus.

— Je ne veux pas être trop étouffant.

— Obi. Tu es étouffant. T’es comme un gros labrador, un peu pataud et plein d’amour. Une boule de poil qui te noie d’affection et qui n’a aucune notion de sa taille ou d’espace vital.

S’empourprant sous la comparaison, il se mordit la langue.

— C’est comme ça que tu me demandes à rencontrer Kakashi ? Râla-t-il.

— Comprends-moi : après toutes ces années, je découvre que tu es enfin capable de t’intéresser à un humain en 3D ! Je dois absolument en être témoin !

— Sukea est très réel, marmonna-t-il, vexé.

— Oui, et t’as autant de chance de le rencontrer en-dehors des événements du groupe que moi de serrer la main de Senju Tsunade.

Grimaçant à sa remarque pleine de bon sens, son ami ne répondit pas, attrapant son téléphone pour envoyer l’invitation à son petit ami.


Rin fut celle qui ouvrit la porte, lorsque Kakashi sonna.

Ils se fixèrent sans un mot, jugeant l’autre grâce à leurs statuts respectifs, avant de se valider mutuellement, la jeune fille l’invitant à entrer, souriante.

Ce fut à ce moment que surgit Obito, décoiffé, les trouvant dans le salon, l’observant.

— Arriver en retard, dans son propre appartement, en y étant, c’est un record, le taquina Kakashi.

Son petit ami enfouit son visage dans ses mains en couinant d’embarras, pendant que sa traîtresse d’amie riait de son malheur.

— Vous faire vous rencontrer était la pire idée qui soit.

Aussitôt, sa meilleure amie surgit à ses côtés, lui pinçant la joue, comme à un enfant, le taquinant, sous le regard amusé de Kakashi.

Lorsqu’il parvint à se débarrasser d’elle, ce fut un véritable soulagement qu’il traduisit par un bruyant soupir, alors qu’il se baissait sur le canapé, à l’amusement de Kakashi.

Il tourna la tête pour lui tirer la langue, avant de se rendre compte que son habituelle allure calme et composée était remplacée par une apparente timidité, trahie par le regard fuyant et les oreilles roses.

— Rin a dit quelque chose de gênant ? Paniqua-t-il.

Il avait l’intention de sauter sur ses pieds mais fut arrêté par la main de Kakashi sur son bras, l’invitant plutôt à se rapprocher de lui, ce qui parut approfondir son rougissement, alors qu’Obito obéissait, réduisant la distance entre eux, l’enlaçant par la même occasion, embrassant sa tempe.

— Ferme les yeux, chuchota son petit ami.

Maintenant habitué, le locataire des lieux obéit et fut récompensé d’un baiser. Et, à sa grande surprise et son plaisir, il commença à devenir plus entreprenant, plus approfondi, ce qu’il accueillit avec enthousiasme.

— Tu peux rouvrir les yeux.

Accoutumé à ça aussi, Obito obtempéra mais les écarquilla les yeux en découvrant que Kakashi n’avait pas remis son masque, ce qui semblait être la cause de son émoi.

Il n’osait pas croiser son regard alors qu’Obito pouvait enfin admirer son visage dans son entier, ce dont il ne se priva pas, semant de légers baisers sur cette peau dévoilée, ce qu’il accueillit d’un gloussement amusé.

— On… est-ce qu’on peut aller dans ta chambre ? Demanda-t-il d’une petite voix.

— Ouh, doucement beau gosse ! Là le masque, maintenant la chambre ? C’est un peu rapide, non ?

Il remua les sourcils afin de ne pas être pris au sérieux, recevant une main en pleine face, pour l’écarter, pendant que Kakashi râlait sur le pervers qu’était son petit ami.

Riant, celui-ci se leva du canapé, lui tendit la main, et le guida jusqu’à la pièce demandée, lui volant ses lèvres sur le court trajet à plus d’une reprise, appréciant de pouvoir être spontané, plus encore que cette preuve de confiance.

Ce fut sa main sur la poignée qui rappela à sa mémoire un détail assez important.

— Euh, tant que j’y pense… La déco… prends pas peur, je jure que je ne suis pas un mec bizarre ou quoi que ce soit, okay ?

Curieux, Kakashi arqua un sourcil mais Obito se contenta d’ouvrir la porte et de s’effacer, lui permettant de contempler la fameuse « déco »…

Et de censurer sa réaction instinctive de fuite.

— C’est… c’est beaucoup, glapit-il.

Ses yeux passaient d’un poster à une figurine, d’un magazine à un album…

— Fan de NINKEN ?

— De Sukea, principalement, comme tu peux le constater.

Ça, pour le constater…

Partout, son portrait. Son visage. Son corps.

C’était le moment où Obito devait sortir une tronçonneuse, non ?

— Maintenant que j’y pense, ça doit faire un peu… trop, commenta le locataire des lieux, se frottant la nuque.

Raide, Kakashi se tourna vers lui. Avait-il compris que lui et Sukea…

— Mais sache que mon amour pour toi est le plus fort !

Ce n’était pas la première fois qu’il s’en faisait la réflexion, mais son petit ami était un crétin.

Pas grave, il pouvait faire avec.

Il l’imita, s’asseyant sur le lit, l’accueillant dans ses bras avec tendresse et reprenant ses lèvres des siennes, reprenant où ils en étaient.

Il pouvait bien faire abstraction de son alter ego sur les murs, non ?


Plus tard, alors qu’ils reposaient l’un dans les bras de l’autre, savourant simplement cette étreinte et le partage de chaleur corporelle, Obito soupira un peu plus fort, béat de satisfaction, resserrant ses bras autour de Kakashi.

— Je ne pourrais pas être plus heureux, murmura-t-il.

Souriant de sa déclaration théâtrale, son petit ami continua de jouer avec les mèches noires.

— Oh, vraiment ? Pas même si j’étais… disons, Sukea ?

Il lui pinça l’oreille à la fin de sa phrase, le taquinant.

— Mon amour pour lui est pur et sincère ! Se défendit le fan.

— Et pas ton amour pour moi ?

Obito releva la tête, ravissant ses lèvres, avant de se reculer, leurs nez se brossant.

— Absolument pas. Complètement damné et impie.

Son expression était celle d’un petit garçon ravi de sa bêtise. Kakashi se sentit plus amoureux encore, ce qu’il pensant impossible.

— Aucune compétition ?

— Pas la moindre.

Ce serait amusant de le lui annoncer… Attendons le moment propice, se promit-il intérieurement.

Pour l’instant, il se contenta d’un autre baiser.

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