Depuis l’annonce fracassante, il avait été très dur d’apaiser Dean, et Gabriel fut passé à la Question pour obtenir des renseignements.
Apprenant que, depuis des mois, l’archange avait « transfusé » sa Grâce dans son compagnon, sans l’accord de celui-ci il va sans dire, avait été un choc pour les deux chasseurs.
Sam tenait énormément à son humanité, et plus encore au concept de consentement.
Gabriel avait manqué de peu de finir à un autre type de tableau de chasse, avant que Castiel n’intervienne, expliquant qu’en leur qualité de « véritables compagnons », aucun d’eux ne pouvait porter préjudice à l’autre, physiquement ou psychologiquement.
À cette nouvelle, Sam s’était senti flancher, se tournant vers l’ancien dieu païen qui confirma quasi timidement.
— C’est l’une des raisons pour lesquelles je l’ai fait. Nous ne pouvons blesser l’autre, maintenant. Notre différence de statut est nulle.
— À la bonne heure, fils de pute ! Cracha Dean. Et c’est quoi les autres raisons ? Tu as changé mon frère en monstre, juste parce que tu avais peur de lui, avoue !
Épuisé, il secoua lentement la tête avant de reprendre la parole :
— Ce n’est pas de Sam dont j’avais peur. C’est de moi. Jamais plus je ne pourrais te blesser. Je pense que tu pourrais même voir ma véritable apparence sans danger.
— Et quelles sont les autres ?
Sam sentit son cœur s’emballer, autant à l’aveu qu’à l’expression tendre qu’affichait son fiancé (ils l’étaient toujours ? Ou étaient-ils plus ? Moins ?)
— Ton espérance de vie s’est calquée sur la mienne, sourit-il. Je ne pourrai jamais t’abandonner, Samuel.
Rosissant sous l’implication, celui-ci s’approcha de Gabriel, bouleversé par la nouvelle, l’enlaçant avec émotions.
Oubliés, Dean enrageait pendant que Castiel soupirait, envieux malgré lui.
— Techniquement, ça fait de ton frère mon supérieur, indiqua-t-il.
Il les observa se séparer, les yeux humides, riant et chuchotant de plaisanteries.
— On nous a toujours dit que les frères Winchester avaient été créé pour Michaël et Lucifer, ajouta-t-il. Mais quand je les vois comme ça… Je pense que Père avait un autre plan.
Et il se tourna vers son voisin qui avait croisé les bras et fusillaient du regard le couple.
— Et pas juste pour Sam.
