Ship-tober 2025

Ship-tober 2025 – Étreinte 20/31

Plus jeune, Sam était affamé d’une affection qu’il parvenait à étancher avec difficulté. Dean était déjà matrixé par les réflexions homophobes de leur père, celui-ci avait toujours mieux à faire et il était toujours difficile pour lui d’en réclamer à des inconnus, même Bobby, ou le père Jim.

Alors, oui, qu’il ait eu un ami imaginaire n’avait rien de surprenant. Sully avait été une bouée de sauvetage comme personne ne pouvait l’imaginer.

Le revoir avait été un choc, après toutes ces années, et plus encore au rappel de cette enfance solitaire et froide.

Mais tout ça était fini, maintenant.

Quand ils rentrèrent au bunker, Gabriel était là, l’accueillant avec une plaisanterie et les bonbons laissés par Sully l’entourant. Il avait trouvé une occasion et s’en était emparé.

Mais Sam n’avait pas l’intention de lui reprocher quoi que ce soit. Il n’avait même pas l’intention de lui répondre ou de sourire à son trait d’humour.

Non. Au lieu de ça, il s’approcha de l’archange d’un pas chancelant, avant de l’engloutir dans une étreinte désespérée, le visage enfoncé dans le tissu de sa veste, les épaules tremblantes malgré l’absence de larmes.

Ne s’y attendant évidemment pas, Gabriel resta figé un temps, avant d’évacuer les reliefs de ses en-cas d’un claquement de doigts, puis de l’enlacer en retour, déposant sa tête contre la sienne, yeux et bouche closes.

Les spasmes ne disparaissant pas et promettant, au contraire, d’empirer, il prit l’initiative d’invoquer ses paires d’ailes, les refermant sur eux deux en un cocon virtuel, sa grâce virevoltant entre eux en des lacets compliqués, comme pour lier leurs destinés ensemble.

Comme si c’était nécessaire.

Dans les bras de l’ancien dieu, le chasseur se sentait en sécurité, comme il ne l’avait jamais été ou jamais senti. Il n’avait pas l’impression d’être faible ou jugé, bien au contraire. Il y avait une force tranquille, ancienne, qu’il pouvait effleurer du bout des doigts, dans ces instants, l’impression d’effleurer des pouvoirs des temps immémoriaux.

Autour d’eux, l’univers avait pu s’écrouler qu’aucun d’eux n’avait réagi, comme coupés du monde, par l’abri tissé par l’énergie de Gabriel.

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