Delbert avait obtenu son premier télescope à l’âge de sept ans. Son père avait eu pitié de ses petits yeux myopes plissés vers le ciel nocturne, et avait pris la décision personnelle de cet achat, au déplaisir de sa mère qui avait bien du mal à coucher ce chiot enthousiaste et à le faire dormir.
Le télescope fut rapidement sorti de sa boîte et étrenné, la fête oubliée avec sa famille et le reste de sa portée, au profit du ciel sans nuage et ensoleillé.
Le jeune Delbert passa les années suivantes, la tête dans les étoiles et le nez dans tous les ouvrages possibles, pour en apprendre le plus possible sur l’univers et ses mystères.
Lorsque sa fratrie se maria, les uns après les autres, il se contenta de hausser les épaules et de manger du gâteau, se résignant au destin qui lui était promis : celui du célibat.
Sa seule relation sera avec les astres et il était marié avec ses recherches, ainsi soit-il.
Passer ses journées à analyser les données qu’il accumulait étaient devenues son quotidien et ses rares loisirs furent le déjeuner hebdomadaire qu’il s’offrait à l’auberge Benbow et d’autres menues activités.
Et c’était très bien, tout le monde n’était pas taillé pour le frisson et l’adrénaline. Ou l’amour et la famille.
