— « L’Étrange Noël de M. Jack » ? Sérieusement ?
— Oh, tu connais ? S’exclama-t-il, cessant de siffloter.
— Gabriel, s’il te plaît, c’est un classique, protesta Sam en roulant les yeux.
— Pardonne-moi Winchester, mais il est de notoriété publique que toi et ton frère n’ayez pas vraiment eu une enfance classique.
Pouvant difficilement le corriger, il se contenta de lever une dernière fois les yeux au ciel et de soupirer bruyamment.
Quand il le voulait, l’archange était une telle migraine.
— Bref, on n’est pas là pour ça. Tu trouves quelque chose ?
— Des citrouilles, principalement.
Non, pas bien, on ne vide pas son chargeur sur son archange de partenaire. Même si ça défoule. Même si ça ne lui fera aucun mal.
— Que c’est surprenant dans un champ de citrouilles, répliqua-t-il.
— Fais gaffe, toute cette acidité va t’attaquer les dents, un jour.
Décidant qu’il serait finalement plus sage de lâcher son arme, Sam sortit les mains des poches, croisant les bras, une énième bitch face bien en place.
Pour un peu, il regrettait de s’être séparé de Dean. Quand il était là, Gabriel était plus occupé à l’asticoter lui.
— T’es sûr de ton tuyau ?
— La prochaine fois, tu n’auras qu’à interroger Jack lui-même.
— Qui est acide, maintenant ?
Gabriel lui tira une langue bleue, avant de reprendre sa sucette en bouche.
— Quelle idée d’égarer sa lanterne, aussi, maugréa-t-il.
— Elle lui a été volée, rappela l’archange.
— C’est pas sensé être un navet, d’ailleurs ? Qu’est-ce qu’on fait, à chercher une citrouille ?
— C’est un ivrogne notoire et ce sont des braises de l’Enfer. Crois-moi, la lanterne a changé de contenant à plus d’une reprise.
Grimaçant, Sam continuait de scruter les cucurbitacées à parte de vue.
— Braises de l’Enfer ? Crowley ne pourrait pas les localiser ? Ou les remplacer ?
— C’est un ivrogne, Sam. Un ivrogne coincé entre les mondes depuis des siècles. C’est la dernière de ses possessions, crois-moi qu’il flairera l’embrouille. Et même Lucy ne pourrait pas les reconnaître. C’est des braises, pas de l’argenterie !
L’idée de lui vider son chargeur dessus lui effleura de nouveau l’esprit.
