Ç’avait été une longue et passionnante journée.
Tirant sur sa cravate, Sam s’empressa d’ouvrir son col afin de se sentir moins oppressé dans son costume.
Il venait de gagner le procès de son client, son plaidoyer avait été salué par sa consœur, il était temps de rentrer à la maison pour partager sa liesse !
Le trafic fut dégagé, rallongeant cette bonne humeur alors qu’il apercevait la maisonnette typiquement américaine, avec sa belle clôture blanche fraîchement repeinte. Le plus difficile était d’ouvrir le portail sans que Lucky, le petit Jack Russel, n’en profite pour fuguer, mais l’avocat avait le savoir-faire, et bien vite ramassa-t-il le petit chien se tortillant sur lui-même d’excitation, le saluant avec tendresse.
Il avait toujours cru qu’il adopterait un grand chien, type Labrador ou Samoyède, et maintenant il n’imaginerait plus sa vie sans le petit Jack Russel.
— Vous voulez que je vous laisse juste tous les deux ?
Le ton amusé ne cachait ni jalousie ni amertume. Gabriel était celui qui avait craqué pour Lucky et il était fier de constater la belle relation que son mari entretenait avec.
Il était un peu leur enfant à tous les deux, au fond.
— Tu as passé une bonne journée ? Surenchérit-il.
— Excellente, mais ce n’est rien comparé à maintenant.
— Charmeur…
Il vint tout de même le serrer dans ses bras, le chien reposée au sol, répondant au baiser avec entrain.
— Et la tienne, de journée ?
— J’ai enfin mis le point final de mon roman, puis notre cher fils a décidé de mâchouiller le câble de l’ordinateur. J’ai sans doute tout perdu…
— Ce n’est que le chargeur, je suis sûr que non, tu me laisses voir ?
Alors qu’ils rentraient tous les deux, l’odeur sucrée caractéristique d’une tarte aux pommes tout juste sortie du four leur chatouilla les narines.
Suspendu par les bras, à l’aide de chaînes, bercé par le pouvoir des Djinns, Sam Winchester laissa échapper une larme, coulant le long de sa joue.
