Ship-tober 2025

Ship-tober 2025 – Premier baiser 5/31

Gabriel se définissait comme une grande gueule. Et un grand fan de pyrotechnique.

Il exsudait tellement de confiance en lui qu’elle lui servait de bouclier, repoussant avec efficacité quiconque souhaiterait s’approcher de lui, une manière de se protéger après tant de trahison.

Il n’y prêtait même plus attention, à force, habitué à ses propres manières avec les siècles, s’y complaisant.

Dans les premiers temps, Sam avait fait comme les autres, il s’était frotté contre la première impression qu’ils avaient devant lui (enfin, la deuxième, le concierge ne comptait pas) et l’avait prise pour acquis. Mais il avait dû revoir son impression sur lui, à force de travailler ensemble, de traverser de bonnes et de mauvaises passes.

À voir à travers le masque lumineux et à l’aise.

À pouvoir trouver l’archange dépressif, blessé et trahi, perdu et appelant à l’aide, pour lui tendre la main, comme il s’évertuait à le faire ces dernières années.

Le chasseur l’avait rattrapé quand il avait trébuché, avait pansé ses plaies et séché ses larmes.

Ils s’étaient apprivoisés l’un l’autre, dans l’ignorance de leurs frères respectifs, malgré les événements qu’ils traversaient en serrant les dents.

Sam avait le réalisme, les pieds sur terre, dont Gabriel avait besoin, le plomb dans la tête qui lui permettait d’accepter la réalité telle qu’elle était.

Gabriel, lui, avait ce positivisme, cette joie de vivre et cette capacité de voir au-delà des apparences et des a-priori. Il avait cette qualité lui permettant de donner sa confiance entière à quelqu’un qui ne payait pas de mine, juste parce qu’il savait.

Ils s’embrassèrent sans calcul. Limite, ils auraient pu ne pas s’en rendre compte tellement ç’avait été naturel, sans le bruit dramatiquement écœuré de Dean qui les fixait avec les yeux tellement écarquillés qu’ils seraient tombés s’ils avaient été dans un cartoon.

Quand ils parvinrent à s’isoler après ce nuage d’orage, ils s’observèrent sans un mot mais sans que l’un des deux n’ait l’air d’être dérangé ou de regretter.

— Du coup, on fait quoi ? Voulut-il savoir.

— On recommence ?

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