Lorsque la fortune ne lui souriait pas autant qu’elle le fit plus tard, Nathaniel avait pris l’habitude d’appareiller une chaloupe et de partir explorer par lui-même.
C’était une époque où son nom était encore peu connu, et son visage moins encore, ce qui lui permettait cette relative liberté et donc de s’adonner à ses fringales de découverte.
Il n’aimait rien de plus que collecter, réunir et d’entreposer. Il aimait mettre la main sur ce que chacun convoitait et le ravir, juste pour le plaisir de posséder et déposséder. C’est ainsi qu’il pouvait sentir son âme vibrer et qu’il était vivant.
Alors, poser le pied sur des terrains encore vierges, des paysages inconnus, pouvoir les parcourir et jouer les propriétaires jusqu’à ce que ça ne l’amuse plus…
C’est ainsi qu’il découvrit ce qui devina plus tard la « planète au trésor », une planète mineure, à peine plus grosse que son vaisseau principal, dont l’opulente végétation n’était qu’un stratagème pour détourner l’attention des entrailles d’acier et des divers mécanismes promettant un feu d’enfer si on enclenchait les bons boutons.
Ou les mauvais.
Ce jour-là, le capitaine Flint sut ce que lui soufflait son instinct : il venait de mettre la patte sur un trésor comme personne ne pourrait en rêver. Ce serait le sien et il l’emporterait dans sa tombe !
