Sam en avait eu le pressentiment, avant même d’ouvrir les yeux. Mais il l’avait balayé et avait suivi sa routine habituelle, se préparant comme tous les matins, comme il l’avait toujours fait.
Lorsqu’il sortit de la salle de bain, une serviette enroulée autour des reins, et se pencha sur sa pile de vêtements, il regretta de ne pas s’être attardé une seconde sur ce présage et, surtout, à s’y préparer.
— Sérieusement, Gabriel ?
À l’appel de son prénom, celui-ci apparut dans un léger bruit d’ailes, que l’oreille exercée du jeune homme repéra, mâchonnant n’importe quelle sucrerie déniché n’importe où.
— Un souci Sammy ?
— Sam, claqua-t-il sans réfléchir. Et je te parle de ça.
Se tournant vers lui, il déplia le T-shirt criard avec une photo d’eux deux en mode tourtereau sans le moindre doute, et des cœurs partout sur le reste du vêtement.
— Tu aimes ? Ça m’a demandé beaucoup de travail, tu sais !
D’un mouvement d’épaules, il écarta les pans de son blouson, tendant les pouces en direction de la photo niaise qui décorait déjà son torse.
— Ça t’a demande un claquement de doigts. Et je n’ai jamais posé pour cette photo ! D’où vient-elle ?
Déposant l’habit incriminant plus loin, Sam commença à s’habiller, prêtant peu attention à l’air gourmand largement visible sur le visage de l’archange.
— Un autre « claquement de doigts », singea celui-ci. Tu pourrais être un peu plus impressionné que ça, quand même ! As-tu idée de la concentration que ça demande, de visualiser chaque maille, chaque détail, chaque motif ?
— Pas la moindre, reconnut le chasseur d’un ton plat.
— Allez, porte-le, c’est notre T-shirt de couple ! Minauda-t-il finalement.
Déjà épuisé et sentant l’imminence de la migraine, Sam obtempéra sans un mot, cachant l’horreur sous la flanelle de sa chemise.
Gabriel, lui, passa de la satisfaction d’avoir gagné au désarroi horrifique en s’en rendant compte.
— C’est pas du jeu !
— Fallait instaurer des règles, alors.
Joueur, il embrassa la joue de son ange boudeur.
