C’était une matinée paisible, comme il y en avait peu. Un lendemain de chasse, quand le corps était éreinté par les affrontements et l’esprit trop épuisé pour proposer d’enquêter sur l’affaire suivante.
Quelques heures volées au dur quotidien, durant lesquelles il leur était possible de s’aimer sans que Dean n’y trouve quoi que ce soit à y redire.
Sam s’était réveillé tôt, trop tôt, et se trouvait incapable de se rendormir, et tout aussi incapable de se lever pour commencer la journée. Alors, à la place, il avait retourné son oreiller pour une face plus fraîche, et avait tiré la couverture jusque sous le menton.
— Tu as froid ?
— Non. Je dors.
— Tu es réveillé.
— Non non, je dors, marmonna-t-il.
Le matelas s’agitait alors qu’ils se déplaçaient tous les deux, se rapprochant, leurs positions initiales, en cuillère, évoluant en une étreinte chaste, les deux amants se blottissant l’un contre l’autre.
Gabriel caressait les longues mèches châtain, les repoussant du visage somnolant, sans trop savoir s’il le faisait pour encourager Sam à se rendormir ou pour l’en empêcher, au contraire.
— Kestu fais ? Grommela le chasseur.
— Des crêpes.
Toutes forces sapées par le sommeil réduit, il était incapable de répliquer et préféra abandonner. Il était vain, de toute façon, de raisonner l’ancien Embrouilleur. Il incarnait bien mieux le libre-arbitre que Dean et lui.
— Je t’entends, tu sais, commenta le concerné.
Un gargouillis indistinct lui répondit, alors qu’il retirait les mains de la chevelure, pour mieux les glisser le long de la colonne vertébrale, reposant sur les omoplates, d’un air presque sage.
Mais l’un comme l’autre savait que ce n’était qu’une apparence et que, à la seconde où le jeune homme serait plus disposé pour d’autres… activités, elles iraient trouver instantanément un meilleur endroit auquel s’accrocher.
