Year of the OTP - 2023

Year of the OTP – 2023 – Amours de lycée/université 46/69

— N’oubliez pas de remplir la liste de vos vœux pour les universités !

La voix du professeur principal était pratiquement noyée sous les bruits des lycéens rangeant leurs affaires et râclant leurs chaises sur le sol pour quitter rapidement la classe.

C’était l’heure des clubs et les adolescents s’agglutinaient en masse pour les rejoindre. Les sportifs, surtout, hâtant le pas dans le faible espoir d’arriver à l’heure sur le terrain.

L’Académie Royale était un établissement assez modeste, malgré son nom pompeux, et les activités y étaient réduites.

On pouvait y trouver, entre autre, le baseball, le cheerleading et le sumo, parmi les plus connues. Bien que le dernier ait perdu ses lettres de noblesse depuis que les Gorons aient monté leur propre institution (la capitale était vraiment loin de leurs montagnes).

Mais ces dernières années, c’était bien les deux premiers clubs qui se faisaient connaître à travers le royaume et même au-delà. Les championnats auxquels ils assistaient et les médailles qu’ils raflaient augmentaient chaque année.

Ce n’était donc pas surprenant que les recruteurs prennent des sièges dans les gradins, autant pour l’un que pour l’autre, à la recherche de la perle rare. Ou de tout un collier.

Ce n’était pas plus surprenant que des demandes de bourse s’empilent sur les bureaux des universités à cursus sportifs portaient les armes de l’Académie Royale.

Les jeunes qui s’y démenaient n’étaient pas complètement grisés par leur succès toujours croissants, mais on ne pouvait pas leur reprocher l’étincelle d’espoir à l’idée de pouvoir, peut-être, jouer pour le pays, et pas uniquement dans le cadre scolaire.

Jehd faisait partie de ces noms.

Il avait déjà été approché par des recruteurs l’année précédente et ç’avait été pire celle-ci.

Pourtant, il se trouvait plutôt moyen. Peut-être correct, mais en tout cas pas du genre à rejoindre les plus grandes équipes ou à viser une école renommée.

Il s’était ouvert à ce sujet auprès de son coach et, si celui-ci l’avait compris, il lui avait conseillé de garder ça pour lui, et peut-être en toucher deux mots à son professeur principal. Ce genre d’attitude pourrait être mal vue par ses coéquipiers et, pire, par l’établissement entier.

Sa liste de vœux avait été poussé au fond de son sac alors qu’il trottinait vers les vestiaires pour s’y changer, amicalement bousculé par ses camarades qui se charriaient mutuellement.

Si on lui avait dit qu’il en serait arrivé là, lorsqu’il s’était inscrit à ce lycée, jamais il ne l’aurait cru.

Sans être particulièrement détesté par ses semblables, il avait trainé la réputation d’un intello terne et un peu bizarre. Le genre que les gens observaient de loin et riaient dans son dos. Et, sans aller jusqu’à dire que ça ne le dérangeait pas, il avait appris à ne pas y prêter attention, faisant sa vie dans son coin.

Et, un jour, il s’était inscrit aux essais pour l’équipe de baseball. Comment, pourquoi ? Encore aujourd’hui il ignorait ce qui l’y avait poussé. Juste, il l’avait fait. Il s’était présenté au rendez-vous. Il avait fait ses preuves. Il avait été sélectionné, d’abord pour réchauffer les bancs puis, petit à petit, il était devenu un des atouts de l’équipe, portant sa veste à lettres par-dessus ses tenues habituelles, traînant avec ses coéquipiers et tissant des liens qu’il n’aurait jamais pu espérer.

C’était une toute nouvelle vie et l’idée d’en changer ne lui effleura pas l’esprit.

Bien sûr, le rythme qu’il devait suivre était épuisant, il avait trop de fierté pour laisser ses notes baisser ne serait-ce qu’un peu, même s’il pouvait se le permettre. Après tout, les résultats scolaires de l’équipe étaient corrects, mais c’était plus fort que lui. Il avait les capacités de dominer le classement, alors il allait le faire.

Une fois changé, Jehd rejoignit l’équipe pour les tours de piste et se concentra uniquement là-dessus.


Les « loups de l’Académie Royale » (aussi appelés « les loups royaux ») étaient connus pour régner sur les championnats lycéens ces dernières années, mais ce n’était pas la raison principale pour laquelle les gens venaient en masse pour assister auxdits championnats.

Et non, qui disait matchs sportifs disaient aussi cheerleading. Et si les loups avaient du succès, ce n’était rien comparé aux chèvres !

Personne ne savait qui était vraiment à la base du nom, et on murmurait que c’était pour empêcher quiconque de les tourner en dérision qu’ils se démenaient à ce point.

L’infirmerie avait appris à gérer les foulures et les fractures depuis bien longtemps, et l’hôpital avait déjà proposé de réserver des chambres spécifiquement aux élèves des deux équipes, à force d’avoir à les soigner.

Car, si le baseball restait un sport moins dangereux que pouvait l’être le rugby ou d’autres, il y avait des lancers foireux, des battes glissantes ou encore des courses piégées. Et que dire de la pratique du cheerleading qui ne possédait toujours aucune installation sécurisée ?

Sans courir derrière, la plupart des cheers avait vécu au moins un traumatisme, que ce soit des ligaments ou osseux. Bien que les traumatismes crâniens n’étaient pas à exclure, hélas.

C’était pour ces raisons que Link prenait autant à cœur son rôle.

Étant doté d’une carrure plutôt musclée, il était souvent compris dans les stunts et autres pyramides. Selon les besoins, il était soit base, soit spotter. Parce qu’aussi musclé soit-il, il restait bien petit, comparé aux autres membres.

La musique n’avait plus rien de mélodieux à ses oreilles alors qu’il se contentait d’en compter les battements pour se repérer dans leur routine. Les gestes devaient être presque automatique, réglés comme du papier à musique. Il ne fallait plus agir, il fallait réagir. Plier les bras avant même que la flyer n’ait achevé sa figure, prêt à lui donner l’impulsion nécessaire pour la suivante. Garder le regard fixe dessus pour prévenir la moindre chute ou interférence…

On parle souvent d’esprit de groupe, mais le cheer avait élevé ça à plus grand encore. On était quasiment à de la symbiose à ce niveau-là. Un membre éternuait et toute l’équipe avait un rhume.

Heureusement, ce n’était le cas que lorsqu’ils étaient tous réunis, ici, et pas lorsqu’ils étaient en cours ou qu’ils traînaient en ville. Ce serait trop bizarre, sinon…

Louda atterrit en douceur dans leurs bras et elle avait déjà les pieds au sol, prête à se lever pour enchaîner avec la figure suivante.

Pas le temps de penser, tout était dans le mouvement.


La journée avait été plutôt normale jusque-là, aussi la surprise avait été totale lorsque le coach dut expliquer que l’entraînement ne pourra pas se faire dans le gymnase, comme à l’ordinaire, suite à un dégât des eaux inattendus.

Après, qui pouvait s’attendre à un dégât des eaux, franchement ?

Bref, pour l’occasion, ils étaient délocalisés sur le terrain, tirant le peu de matelas ayant survécu à l’incident avec eux.

Ça râlait beaucoup, mais ce n’était pas comme s’ils avaient le choix. Après il fallut courir jusqu’aux vestiaires pour s’y changer et revenir avec le même rythme, chaque minute comptait. Au moins, ils s’étaient échauffés !

Sans les murs pour permettre à la musique de rebondir dessus, elle semblait comme… dispersée. C’était plus difficile mais c’était aussi comme ça lorsqu’ils performaient durant les matchs. Au moins, la terre n’était ni trop meuble, ni trop sèche…

Au loin, ils pouvaient entendre l’échauffement de l’équipe de baseball. D’ailleurs, quand ils furent à leurs tours de terrain, il était plus compliqué de les ignorer. Mais ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’ils se retrouvaient à devoir s’étirer devant des gens. Ce n’était pas comme s’ils pouvaient toujours avoir des vestiaires dédiés lors des compétitions ou des représentations…

C’était un peu distrayant de les entendre, mais heureusement quand il était temps de démarrer les routines, l’équipe de cheerleading était imperturbable et restait concentrée sur ce qu’elle faisait.

C’était peut-être pour ça qu’ils ne remarquèrent pas plus tôt l’attention qu’ils attiraient sur eux.

Des curieux avaient rejoint les gradins, mais ce n’était rien comparé à ce que leur réservaient les joueurs de baseball.

Comme ils étaient sur terre et non dans la sécurité du praticable, il avait été préférable de se concentrer sur des routines moins risquées. Celles les plus répétées ou qui ne comprenaient pas des sauts acrobatiques.

Pour l’occasion, c’était aux filles de répéter leur motion donc les autres profitaient d’une pause bien méritée, les observant faire. Un cheer au repos, restait un membre de l’équipe, et il était important de garder l’œil ouvert pour repérer une erreur ou autre.

Le coach des loups avait dû s’absenter, ou c’était un plus gros con que ce que laissait entendre les rumeurs… Toujours est-il qu’il fallut bien l’accepter, des sifflets et autres commentaires dérangeants étaient hurlé à leur encontre, ce qui commençait à faire grincer des dents certains des plus sanguins.

Link attrapa le poignet de Fahd alors que celui-ci serrait les poings, semblant prêt à aller leur coller dans le visage alors que le nom de sa petite amie se faisait entendre parmi leurs conneries. Puis il dut faire de même avec Midona qui, malgré l’énorme attelle sécurisant sa jambe, paraissait prêt à en découdre.

À ce niveau, il était impossible pour qui que ce soit d’ignorer ces incivilités et Tobi, leur coach, demanda à tout le monde de s’arrêter, s’éloignant en fulminant. Sans doute allait-il réclamer un meilleur comportement aux meneurs, ou tout simplement à son homologue. Toujours est-il qu’ils le virent s’éloigner de son pas boitillant alors qu’ils se levèrent rejoindre les filles, allant aux nouvelles.

— Ce sont des crétins, tempéra Hannah auprès de ses amies. Ne les écoutez pas.

Louda n’eut pas besoin de le demander, Link la serra dans ses bras et elle lui rendit son étreinte, tremblant légèrement dedans. Elle n’avait que quinze ans, c’était loin d’être facile pour elle. Et de ce qu’il pouvait observer, elle était loin d’être la seule. La plupart des nouvelles recrues, ou juste des plus jeunes, était secouée par la situation, et il était du devoir de leurs coéquipiers de les rassurer.

Heureusement pour eux, Midona n’était pas du genre à se laisser faire et elle se reprit rapidement, s’équilibrant comme elle le pouvait avec l’énorme appareillage à sa jambe, les poings sur les hanches.

— Allez, on va pas se laisser faire ! On va leur mettre des étoiles plein les yeux à cette bande de cro-magnons !

Des yeux furent essuyés, des nez mouchés, les sourires étaient un peu bancals, mais le message était passé.

Lars se faufila jusqu’à l’enceinte portable, remettant la musique en marche, noyant sous la chanson ce qui était extérieur à leur équipe.

Ce n’était pas très futé, bien sûr, de le faire sans la supervision de leur coach, mais il était plus important encore de replonger dans le déroulé normal des entraînements, laisser les soucis au vestiaire et épuiser leurs muscles.

Le retour de Tobi fut à peine remarqué, contrairement au coquard qui commençait doucement à noircir.

Plongé dans sa routine, Link rattrapa les jambes de Louda à la fin de l’enchaînement de ses saltos, lui donnant l’impulsion nécessaire pour qu’elle se redresse et l’escalade, lui et les deux autres servant de base à leur stunt. Ce fut à ce moment qu’une vive douleur à la cuisse manqua de le faire plier par réflexe et par la même faire s’écrouler toute l’installation, le sortant de sa concentration.

Heureusement, il se reprit à temps, n’occasionnant qu’une légère perte d’équilibre, se rattrapant rapidement. Il serra les dents à chaque fois qu’il devait utiliser sa jambe mais ce n’était pas le moment alors il attendit que Louda soit de nouveau sur le plancher des vaches pour se pencher sur la question.

Lorsqu’il dévoila l’énorme bleu qui commençait à s’étaler sur sa cuisse, il y eut quelques halètements de surprise. On ne l’avait pas raté !

La cause se trouvait à leurs pieds, d’ailleurs, sous la forme d’une balle de baseball, bien reconnaissable. Et un regard en direction des crétins de l’autre côté du terrain ne l’éclaira pas plus sur l’identité du coupable.

— Cette fois, je vais m’les faire, cracha Link.

Attrapant la balle qu’il serra dans son poing, il alla rejoindre l’équipe, traversant le terrain à son tour. Dans son dos, ses coéquipiers avaient très envie de l’encourager mais ç’aurait été attirer l’attention du coach, alors ils retournèrent à ce qu’ils faisaient, murmurant aux autres membres ce qui pensaient.

Le manque de concentration dans ce genre de discipline était une très mauvaise idée, mais la soif de commérage – ou juste de revanche – était plus forte.

Link n’avait pas particulièrement de plan alors qu’il arrivait à portée de voix des joueurs. Alors, il y alla au feeling.

— Hé ! C’est à qui ?

Il montra la balle à bout de bras, mais évidemment, ils n’allaient pas lui rendre la partie facile.

— T’as demandé à ta mère ? se moqua l’un d’eux.

Et d’autres plaisanteries dans le genre.

Heureusement, certains devaient avoir mieux fixé leurs casques car ils le rejoignirent pour entamer le dialogue, lui demandant ce qui s’était passé. Évidemment, difficile de savoir si cette balle avait été envoyé à dessein dans leur direction ou si c’était un manque de chance, il s’était passé quelques minutes entre son lancer et l’arrivée du cheerleader.

— Désolé de ne pas pouvoir t’en dire plus, s’excusa une fois de plus l’un des joueurs. Je ne comprends pas ce qui se passe avec mes co-équipiers, d’ordinaire, ils sont plus… civils.

— Si j’entends le moindre commentaire de leur part, alors que je suis ici, je leur fais un lancer style Shin Soo-ji en pleine tronche.

Bien que légèrement séduisante, la menace restait sérieuse. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir les bras épais du sportif devant eux. Et même sans élan, se prendre une balle de baseball dans le visage était loin d’être agréable.

— Tu risques d’avoir des soucis si tu fais ça, parvint à articuler finalement celui qui s’excusait plus tôt.

Considérant que l’affaire était close, et interpellés par leur coach, la plupart des joueurs qui l’avait approché s’éloignèrent, ne laissant que celui qui lui parlait.

— Si tu crois que ça va me faire peur… renifla Link avec amusement. Indique-moi celui qui s’est permis les commentaires les plus salaces envers mes amis et tu verras si je me dégonfle pour si peu !

Il parut incertain mais finit malgré tout par pointer ce qui ressemblait à un crétin vaniteux, de ceux qui signaient les listes d’inscription uniquement pour la renommée que ça leur apportait et qui se présentaient avec une belle coiffure et sentant le parfum de luxe.

Un sourire mauvais déforma le visage du cheeleader avant qu’il ne s’écarte légèrement et ne se mette en position. Et, comme promis, telle la gymnaste susmentionnée, il prit appui sur sa jambe gauche, tout le reste de son corps s’inclinant en avant, ses cheveux frôlant l’herbe, alors qu’il réalisait un tour complet sur sa hanche, puis utilisait l’élan donné par le mouvement pour lancer la balle, comme promis, droit dans le visage du rustre.

Si la plupart des spectateurs involontaires tourna leur attention vers la cible malheureuse, le voisin de Link n’en fit pas partie, l’observant les yeux écarquillés.

N’y prenant pas attention, le jeune hylien se redressa de tout son long, bombant le torse, revendiquant avec plaisir son attaque, avant de finalement se tourner vers lui, un peu surpris.

— Tout va bien ?

— C’était le truc le plus sexy que j’ai pu voir de ma vie, balbutia-t-il, sous l’émotion.

— Euh, merci ?

Il parut soudainement se rendre compte de ce qu’il venait de dire et sursauta pratiquement, affolé.

— Euh, non, ce n’est pas ce que je voulais dire ! Enfin, si, c’était méga sexy, mais, euh, non…

Prenant pitié de son calvaire, le cheer décida de lui tapoter l’épaule de l’index, attirant son attention.

— Que dirais-tu qu’on reparle de ma figure et de si elle était sexy ou non, autour d’un verre ?

— Je suis mineur, je ne bois pas d’alcool, débita-t-il d’un ton plat.

— Moi non plus, mais je n’ai pas la carte sous le bras pour dire ce qu’il y aurait dans ce verre. Je m’appelle Link.

— Jehd.

Leur poignée de main était légèrement comique, surtout que ledit Jehd avait l’air toujours un peu égaré.

— Bon, par contre, je crois qu’il est l’heure de la retraite stratégique, déclara Link en pointant l’équipe en colère. On se retrouve à la fin de nos entraînements ?!

Il n’attendit pas sa réponse et courut à petites foulées rejoindre l’autre bout du terrain.

— Il a vraiment fait ce qu’il a fait ? siffla l’un des joueurs en parvenant aux côtés de Jehd.

— De quoi ?

— Défoncer la gueule de Loyal ! cria-t-il presque. S’il survit à la gueulante que va lui pousser le coach, je peux te dire que toute l’équipe va le vénérer comme un dieu ! C’est qui ce mec, pourquoi il n’est pas dans l’équipe ?!

Mais Jehd ne l’écoutait plus, luttant pour ne pas sourire niaisement en repensant à l’invitation pour dans quelques heures.

Hé hé.

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