Bilbo avait mis un point d’honneur à élever Frodon comme n’importe quel petit hobbit, et la socialisation en faisait parti.
Or, les nains l’étaient aussi, et jamais Bilbo n’aurait pensé à empêcher son neveu d’y participer.
Lors de son adoption, tous les amis de Thorin s’étaient précipités pour le voir, l’accueillir et surtout le fêter.
Ç’avait été une fête la plus naine qui soit, tout en musique, chants, danses et nourritures dans tous les sens.
Au début, Bilbo avait angoissé à l’idée que Frodon prenne peur ou soit effrayé, qu’il pleure ou ne parte en courant. Thorin en avait d’ailleurs pris pour son grade quand il lui avait avoué avoir envoyé les invitations. Depuis, le canapé l’avait accueilli, le temps que son mari se calme.
Heureusement pour tout le monde, Frodon avait adoré et avait couru vers chaque nain pour l’observer jouer de son instrument, curieux de toutes ces choses qu’il n’avait jamais vu jusque-là.
Mais ce n’était rien comparé, au moment où Thorin sortit sa harpe et commença à en pincer les cordes.
Son fils tout neuf s’était alors précipité à ses côtés, comiquement penché pour fixer l’instrument, ses yeux brillant pratiquement sous son émerveillement.
Le coucher cette nuit-là avait été une véritable épreuve, et Bilbo ne fut nullement surpris de l’apercevoir une poignée de minutes plus tard. Pour la sauvegarde de ses nerfs, il décida de ne pas réagir et de le laisser faire. Le sourire que le petit hobbit affichait valait bien une nuit blanche !
Les années passant, d’autres réunions furent organisées, certains venaient avec leurs partenaires ou leurs enfants, au plaisir de Frodon qui ne se lassait pas de rencontrer de nouvelles personnes.
Mais Thorin sortit sa harpe à d’autres occasions, enchantant toujours plus son neveu qui devint son plus fidèle auditeur, toujours volontaire pour l’écouter, peu importe le moment.
Et, évidemment, Bilbo l’avait vu venir à des kilomètres…
— Mon oncle, je veux apprendre à jouer de la harpe !
