Les Hobbits n’étaient pas connus pour leurs prouesses en natation.
Les longues heures passées dans la Rivière de la Forêt, invisible, à veiller sur les tonneaux dans lesquels Bilbo avait fourré les nains pour les libérer des geôles du palais de Thranduil, l’avait rendu encore plus frileux envers cette discipline.
Le décès de ses cousins, Drogon et Primula, suite à un accident de bateau sur le Brandivin, avait renforcé sa négativité à cette encontre, malgré les habitudes des Touc et des Brandibouc d’y traîner.
Frodon, lui, n’avait pas de grand avis sur la question, bien qu’il partageait celui commun de la plupart des Hobbits, qu’il valait mieux en rester loin, malgré ses visites auprès de la famille Touc et Brandibouc.
Évidemment, lorsqu’il apprit les circonstances autour du décès de ses parents, un frisson de malaise le secoua, mais il ne put complètement condamner cette pratique, conscient que cette noyade tenait plus du manque de chance et de l’incapacité de feu son père à nager.
En réaction, ni lui ni son oncle n’étaient particulièrement à l’aise lorsqu’ils devaient s’approcher du Brandivin, sans être pour autant frappé de terreur comme tant d’autres.
Alors, lorsqu’ils rejoignirent la Dernière Chevauchée des Gardiens de l’Anneau à la Pointe-aux-Bois, afin de prendre la direction des Havres Gris et de là embarquer pour les Terres Immortelles, leur quiétude n’était que de façade.
Bien sûr, ils avaient confiance en l’équipe elfique, tout comme en Gandalf, Elrond et Galadriel, pour s’assurer que tout se passe au mieux. Mais il y avait des craintes qu’on ne parvenait à taire malgré tous nos efforts, et plus particulièrement après avoir subi les affres d’un anneau empoisonné qui avait pour habitude de jouer avec.
Au moins n’étaient-ils pas seuls pour affronter cette épreuve et purent-ils compter sur leur cousin pour se rassurer, loin du regard des Elfes ou de Gandalf.
Ce fut d’ailleurs les premiers mots que Frodon adressa à son ami Sam, lorsqu’il les rejoignit.
