Quand ils arrivèrent sur les terres de Beorn, Bilbo ne se sentit jamais aussi petit.
Tout lui paraissait si immense, que ce soit les végétaux ou les animaux. Même les abeilles étaient immenses !
Malgré lui, il ne put s’empêcher d’imaginer la taille de la ruche qui devait les abriter, ainsi que la quantité de miel qu’elles devaient produire, malgré sa peur d’éventuelles piqûres.
Mais Gandalf ne lui laissa pas le temps de rêvasser et l’invita à l’accompagner saluer leur probable hôte.
Quand celui-ci se montra, Bilbo hésita à reculer afin de soulager sa nuque dans son besoin de regarder son visage alors qu’ils parlaient.
Même le sorcier paraissait rétrécir en sa présence, ce qui n’était pas rien !
N’écoutant que d’une oreille le récit que celui-ci entreprenait de monter pour charmer le change-peau, le hobbit tentait de se remémorer si c’était aussi le cas lors de leur séjour à Fendeval, mais il n’était pas totalement sûr de ses souvenirs.
Heureusement qu’ils étaient assis, même si l’herbe était trop loin pour ne serait-ce que frôler le bout de ses orteils, tellement le banc était haut pour lui, car le récit fut long, en plus d’être entrecoupés par Beorn à chaque fois que Gandalf modifiait le nombre qu’ils étaient, au point que le soleil était couché depuis longtemps lorsque la conclusion fut.
Mais le vertige était loin d’être fini. Quand ils entrèrent enfin dans la demeure dans laquelle les différents animaux mirent la table, la hauteur sous plafond rappela aux nains leurs demeures.
Au moins, la table était basse et seul Gandalf eut des difficultés pour s’y glisser, alors qu’ils purent se repaître des produits frais et savoureux comme s’ils avaient jeûné depuis des mois.
Et ce fut ainsi, le ventre plein et dormant debout, que Bilbo eut la satisfaction de s’allonger sur une couchette dont le confort n’avait pas à rougir, et qu’il put sombrer, laissant les nains à leur chanson et Gandalf à ses machinations.
