Le « livre rouge de la Marche de l’Ouest ».
En voilà un ouvrage connu par nombre de peuples, sans qu’ils n’aient pu pour autant mettre un jour la main dessus ou juste en lire une ligne !
Naguère débuté par Bilo Bessac qui y coucha son périple jusqu’en Érébor aux côtés de la Compagnie de Thorin, il y ajouta des détails et des chansons avec le temps passant.
Jusqu’à ce qu’il le confie à son neveu et cousin, Frodon, après avoir retranscrit ce qu’il lui avait raconté lors de leurs retrouvailles à Fendeval.
Bon élève, le hobbit se prêta à l’exercice à son tour, épaulé par ses camarades de quête, aussi bien Elessar, anciennement Aragorn, que Peregrïn ou Sam, à qui il confia à son tour l’énorme volume, partant de la Comté pour les Havres Gris, épuisé et aspirant au repos.
Lorsque ce fut son tour, Sam remit le précieux ouvrage aux bons soins de sa fille aînée, Elanor, qui en fit un trésor familial, chaque génération révérant les pages vieillissantes et les illustrations pâlissantes.
Ce n’était pas uniquement un livre (ou plusieurs) sur de belles aventures. C’était des archives, des témoignages d’une ère révolue, d’actes devenus historiques, que ce soit la reconquête d’Érébor et la fin d’une branche de l’héritage de Durin, la traversée pénible jusqu’à la Montagne du Destin affaiblissant Sauron, la mise à sac de la Comté, le retour du véritable roi du Gondor, et tant d’autres choses…
Il y eut de nombreuses tentatives de vols, de dégradations (oui, même un petit hobbit de sept ans bavant à profusion sur les splendides aquarelles de Bilbo Bessac était considéré comme un profanateur d’héritage, non mais !) et il était fréquent que la descendance des Belenfant s’inquiète qu’un jour leur héritage le plus précieux soit réduit à de la poussière.
Mais personne n’osait retranscrire les mots si inestimables.
