Des quatre, Vio était celui qui supportait le moins les écarts de température.
Contrairement à Red, la chaleur l’abrutissait. Contrairement à Blue, le froid le rendait amorphe. Et, contrairement à Green, les températures intermédiaires n’étaient pas mieux à son égard.
Il n’était pas rare qu’il en subisse donc les conséquences et finisse par se réfugier, soit dans le sanctuaire qu’était son bureau/bibliothèque, soit dans sa chambre, particulièrement quand il se sentait mal.
Et nous étions une de ces fois.
Fiévreux depuis la veille, Vio avait tenté de s’occuper aujourd’hui mais il avait fini par accepter la défaite et, avec l’aide de Blue, retourna au lit. Son frère prit le temps de le border soigneusement avant de quitter la chambre sur la pointe des pieds.
Dans la pièce, tout n’était plus que ténèbres, les rideaux ayant été précédemment tirés et les bougies soufflées.
La respiration laborieuse semblait prendre toute la place, les expirations frappant contre les murs et le plafond. Des halètements de douleur rebondissant contre les meubles.
Sans un son, les couvertures furent tirées alors qu’un corps s’y glissait, se collant contre le malade.
Celui-ci ne prit pas la peine de demander, ni même d’ouvrir les yeux, l’imitant.
En petites cuillères, Vio se sentait plus lourd, plus apte à se détendre enfin et s’endormir. Bien sûr, il lui fallait plus que ça mais ça restait un changement bienheureux !
Contre son dos, Shadow augmenta lentement sa température corporelle, attentif aux tous premiers signes de décontraction de son compagnon.
Par petits gestes doux, il le manipula de manière à ce qu’il puisse l’enlacer confortablement, enfouissant son visage contre son épaule.
Ils restèrent ainsi une poignée de minutes, la respiration de Vio s’égalisant petit à petit.
Les ombres parurent prendre vie à ce moment-là, tourbillonnant lentement, puis de plus en vite, s’élargissant au fur et à mesure que leur vitesse augmentait, ne devenant plus qu’un abime noir. La chambre n’était plus qu’un immense trou noir, le moindre bruit englouti automatiquement.
Puis, sur le même rythme, les ombres se retirèrent, se concentrant sur le deuxième corps dans le lit, celui-ci paraissant se gonfler, les couvertures se soulevant en même temps.
Un soupir profond fut poussé, tel un signal de retour à la normale, le bruit revenant. La vie reprenant.
Toujours profondément endormi, Vio se détendit complètement alors que la prise sur lui devenait plus ferme, la peau contre la sienne devenait plus solide, le corps allongé contre le sien était devenu si grand qu’il dépassait de tous les côtés.
Un son désagréable claqua subitement, comme une pierre à briquet qu’on activait, et, aussitôt, la température un peu fraîche de la pièce obscurcie augmenta sous l’effet de fournaise.
Un petit sourire étira les lèvres de l’endormi, lissant les rides et autres marques dues à la maladie et à l’inquiétude, lui redonnant une apparence plus proche de son âge, ses songes s’éclaircissant pour ne plus être que des rêveries apaisantes et légères.
Peu lui importait que la peau chaude et élastique ait laissé la place à des écailles d’obsidienne, froides et solides, que le corps hylien constitué d’ombre s’était métamorphosé pour celui d’un immense dragon. Non, tout ce qui importait à Vio, c’était la chaleur qui s’en échappait. Et pas uniquement la température qu’exsudait du redoutable fourneau où se trouvait le feu qu’il pouvait cracher, mais tout simplement l’attention spéciale de venir le voir, de veiller sur son sommeil sans qu’il n’ait à le lui demander.
Ainsi, allongé dans les bras draconiques de Shadow, Vio se savait protégé de quiconque oserait venir le déranger, son sommeil défendu autant par une langue de vipère, de griffes acérés, des crocs carnassiers ou tout simplement un feu destructeur.
Bien sûr, personne ne viendrait jusqu’ici, et encore moins pour lui faire du mal, mais il n’y avait pas plus parano qu’un héros privé de ses capacités physiques.
Shadow, lui, ne dormait pas. Il n’en avait pas besoin, de toute façon. Alors, il restait là, allongé avec le corps alangui de son compagnon dans les bras, inutilement couvert de l’épais édredon, ses yeux écarlates traversant l’obscurité artificielle, telles deux bougies rouges, rivés sur le visage serein.
Il avait tissé des tentacules d’ombres un peu partout, afin d’être constamment renseigné sur ce qui passait au-dehors de la chambre, attentif au train-train quotidien se déroulant dans la maison, prêt à riposter à la moindre attaque.
Son ouïe était partagée entre la respiration régulière de son partenaire et le plus petit bruit perceptible dans un rayon de trois kilomètres.
Vio ne lui avait jamais rien demandé. Ni de venir, ni de jouer les garde-malades, et encore moins de veiller sur lui comme un garde du corps. Mais il ne l’en avait pas non plus empêché ou repoussé. Tout le monde – ou, en tout cas, les trois autres Link – était au courant de sa présence, maintenant, mais il évitait quand même d’être vu, restant blotti dans cette dimension dont il avait été arraché par Vaati. Parfois, il en sortait sous l’invitation de Vio, parfois de lui-même, mais jamais bien longtemps, l’omniprésence de la lumière, dans ce monde, l’affaiblissait et le faisait souffrir mille maux.
Au début, il avait été curieux, au sujet de ce Link. Puis fou de joie de le voir changer de camp. Ensuite, il avait été amer de sa trahison, le lui en voulant de toutes les fibres de son corps. Mais c’était du passé, maintenant.
Certes, il l’avait blessé comme personne ne l’avait fait. Mais, techniquement, il avait vécu une très courte vie, jusque-là, c’était donc facile à dire. Sans parler qu’à la fin de cette aventure, une fois tout les vilains pas beau scellé ou anéanti, Vio lui avait tendu la main et l’avait invité à les rejoindre. Le rejoindre.
Rien ni personne ne l’y avait forcé, il aurait très bien pu l’achever ou simplement le laisser agoniser, abandonnant son sort au premier passant, mais c’était mal connaître Vio. Il voulait se racheter pour avoir floué sa confiance, c’est vrai, mais il le considérait surtout comme une victime. Et même s’il n’était qu’une ombre, il restait une partie de ce qui constituait le Link d’origine, non ? Et chaque partie de lui était précieuse, peu importait son caractère ou ses actes (Blue était bien plus exaspérant que lui, de ce qu’il avait pu entendre un jour où Shadow s’était faufilé dans les ombres de la demeure).
Quand il avait attrapé la main tendue, ce jour-là, il avait pensé que ça serait comme quand il croyait réellement à la volte-face du héros. Mais finalement, ça avait été encore mieux, car Vio avait été vrai, naturel, mais surtout qu’ils savaient tous les deux qu’il n’y avait pas de raison de mentir ou de porter un masque. Particulièrement quand il n’y avait plus qu’eux deux.
Oui, Vio ne pouvait s’empêcher de tenir une attitude froide et réservée à l’instant où il quittait cette maison. Ou même la chambre, bien qu’il se réchauffait toujours un peu plus au contact de ses frères ou de leur grand-père.
Mais quand ils n’étaient que tous les deux…
Courbant son cou épais, il effleura de son museau les mèches blondes collées par la sueur, un souffle chaud les éparpillant.
Quand ils n’étaient que tous les deux, Vio avait ce regard… Il était sûrement le seul à qui il adressait cette œillade douce, le bleu persan s’adoucissait et paraissait briller…
Une fois, il lui avait dit qu’il avait l’impression de contempler la voûte céleste à chaque fois que ses yeux plongeaient dans les siens. Vio avait piqué un fard et s’était aussitôt détourné, n’osant plus se retourner tant que le sang n’était pas retourné à sa place.
Ils étaient plus intimes, plus tactiles quand ils n’étaient que tous les deux. Ils n’avaient pas besoin de mots, comme deux âmes-sœurs, se comprenant d’un simple geste ou inclinement de tête.
Le plus souvent, Shadow s’installait sur l’accoudoir, s’adossant à un bout du dossier ou directement contre Vio, celui-ci plongé dans sa lecture. Parfois il lisait par-dessus son épaule, parfois Vio lui faisait la lecture à voix haute.
Il avait une belle voix, Vio. Il savait mettre le ton, garder l’attention tout au long de l’histoire, même quand c’était des textes religieux ou obscurément scientifique, expliquant patiemment autant de fois que nécessaire.
Une grande aile fut étirée, sortant de sous l’édredon, drapée au-dessus du malade, comme pour le protéger.
Il ne rechignait jamais à lui parler, à lui expliquer quoi que ce soit, même le concept le plus élémentaire, utilisant encore et toujours cette voix douce et patiente. Il ne l’infantilisait pas pour autant, bien au contraire.
Il l’avait déjà fait vu, au contact avec enfants. Il restait courtois mais tenait une certaine distance avec eux, les observant, comme un biologiste découvrant une nouvelle espèce.
Mais parfois, ils se contentaient de partager des silences, des respirations, où ils profitaient simplement de la présence de l’autre, chacun dans son petit monde, et parfois partageant le même.
Quelques flammes roulèrent dans sa gorge, manquant de s’échapper de ses lèvres fermées. Il les retint in-extremis, se raccrochant avec le monde présent, vérifiant que rien n’avait changé pendant ses rêveries.
Heureusement, non.
Vio était toujours là, allongé dans ses bras, collé contre son poitrail, un léger sourire aux lèvres.
L’imitant sans s’en rendre compte, Shadow leva une patte griffue, la glissant le long de son visage avec tendresse, repoussant des mèches vers l’arrière pour dégager son front.
Et y déposer un baiser.Des quatre, Vio était celui qui supportait le moins les écarts de température.
Contrairement à Red, la chaleur l’abrutissait. Contrairement à Blue, le froid le rendait amorphe. Et, contrairement à Green, les températures intermédiaires n’étaient pas mieux à son égard.
Il n’était pas rare qu’il en subisse donc les conséquences et finisse par se réfugier, soit dans le sanctuaire qu’était son bureau/bibliothèque, soit dans sa chambre, particulièrement quand il se sentait mal.
Et nous étions une de ces fois.
Fiévreux depuis la veille, Vio avait tenté de s’occuper aujourd’hui mais il avait fini par accepter la défaite et, avec l’aide de Blue, retourna au lit. Son frère prit le temps de le border soigneusement avant de quitter la chambre sur la pointe des pieds.
Dans la pièce, tout n’était plus que ténèbres, les rideaux ayant été précédemment tirés et les bougies soufflées.
La respiration laborieuse semblait prendre toute la place, les expirations frappant contre les murs et le plafond. Des halètements de douleur rebondissant contre les meubles.
Sans un son, les couvertures furent tirées alors qu’un corps s’y glissait, se collant contre le malade.
Celui-ci ne prit pas la peine de demander, ni même d’ouvrir les yeux, l’imitant.
En petites cuillères, Vio se sentait plus lourd, plus apte à se détendre enfin et s’endormir. Bien sûr, il lui fallait plus que ça mais ça restait un changement bienheureux !
Contre son dos, Shadow augmenta lentement sa température corporelle, attentif aux tous premiers signes de décontraction de son compagnon.
Par petits gestes doux, il le manipula de manière à ce qu’il puisse l’enlacer confortablement, enfouissant son visage contre son épaule.
Ils restèrent ainsi une poignée de minutes, la respiration de Vio s’égalisant petit à petit.
Les ombres parurent prendre vie à ce moment-là, tourbillonnant lentement, puis de plus en vite, s’élargissant au fur et à mesure que leur vitesse augmentait, ne devenant plus qu’un abime noir. La chambre n’était plus qu’un immense trou noir, le moindre bruit englouti automatiquement.
Puis, sur le même rythme, les ombres se retirèrent, se concentrant sur le deuxième corps dans le lit, celui-ci paraissant se gonfler, les couvertures se soulevant en même temps.
Un soupir profond fut poussé, tel un signal de retour à la normale, le bruit revenant. La vie reprenant.
Toujours profondément endormi, Vio se détendit complètement alors que la prise sur lui devenait plus ferme, la peau contre la sienne devenait plus solide, le corps allongé contre le sien était devenu si grand qu’il dépassait de tous les côtés.
Un son désagréable claqua subitement, comme une pierre à briquet qu’on activait, et, aussitôt, la température un peu fraîche de la pièce obscurcie augmenta sous l’effet de fournaise.
Un petit sourire étira les lèvres de l’endormi, lissant les rides et autres marques dues à la maladie et à l’inquiétude, lui redonnant une apparence plus proche de son âge, ses songes s’éclaircissant pour ne plus être que des rêveries apaisantes et légères.
Peu lui importait que la peau chaude et élastique ait laissé la place à des écailles d’obsidienne, froides et solides, que le corps hylien constitué d’ombre s’était métamorphosé pour celui d’un immense dragon. Non, tout ce qui importait à Vio, c’était la chaleur qui s’en échappait. Et pas uniquement la température qu’exsudait du redoutable fourneau où se trouvait le feu qu’il pouvait cracher, mais tout simplement l’attention spéciale de venir le voir, de veiller sur son sommeil sans qu’il n’ait à le lui demander.
Ainsi, allongé dans les bras draconiques de Shadow, Vio se savait protégé de quiconque oserait venir le déranger, son sommeil défendu autant par une langue de vipère, de griffes acérés, des crocs carnassiers ou tout simplement un feu destructeur.
Bien sûr, personne ne viendrait jusqu’ici, et encore moins pour lui faire du mal, mais il n’y avait pas plus parano qu’un héros privé de ses capacités physiques.
Shadow, lui, ne dormait pas. Il n’en avait pas besoin, de toute façon. Alors, il restait là, allongé avec le corps alangui de son compagnon dans les bras, inutilement couvert de l’épais édredon, ses yeux écarlates traversant l’obscurité artificielle, telles deux bougies rouges, rivés sur le visage serein.
Il avait tissé des tentacules d’ombres un peu partout, afin d’être constamment renseigné sur ce qui passait au-dehors de la chambre, attentif au train-train quotidien se déroulant dans la maison, prêt à riposter à la moindre attaque.
Son ouïe était partagée entre la respiration régulière de son partenaire et le plus petit bruit perceptible dans un rayon de trois kilomètres.
Vio ne lui avait jamais rien demandé. Ni de venir, ni de jouer les garde-malades, et encore moins de veiller sur lui comme un garde du corps. Mais il ne l’en avait pas non plus empêché ou repoussé. Tout le monde – ou, en tout cas, les trois autres Link – était au courant de sa présence, maintenant, mais il évitait quand même d’être vu, restant blotti dans cette dimension dont il avait été arraché par Vaati. Parfois, il en sortait sous l’invitation de Vio, parfois de lui-même, mais jamais bien longtemps, l’omniprésence de la lumière, dans ce monde, l’affaiblissait et le faisait souffrir mille maux.
Au début, il avait été curieux, au sujet de ce Link. Puis fou de joie de le voir changer de camp. Ensuite, il avait été amer de sa trahison, le lui en voulant de toutes les fibres de son corps. Mais c’était du passé, maintenant.
Certes, il l’avait blessé comme personne ne l’avait fait. Mais, techniquement, il avait vécu une très courte vie, jusque-là, c’était donc facile à dire. Sans parler qu’à la fin de cette aventure, une fois tout les vilains pas beau scellé ou anéanti, Vio lui avait tendu la main et l’avait invité à les rejoindre. Le rejoindre.
Rien ni personne ne l’y avait forcé, il aurait très bien pu l’achever ou simplement le laisser agoniser, abandonnant son sort au premier passant, mais c’était mal connaître Vio. Il voulait se racheter pour avoir floué sa confiance, c’est vrai, mais il le considérait surtout comme une victime. Et même s’il n’était qu’une ombre, il restait une partie de ce qui constituait le Link d’origine, non ? Et chaque partie de lui était précieuse, peu importait son caractère ou ses actes (Blue était bien plus exaspérant que lui, de ce qu’il avait pu entendre un jour où Shadow s’était faufilé dans les ombres de la demeure).
Quand il avait attrapé la main tendue, ce jour-là, il avait pensé que ça serait comme quand il croyait réellement à la volte-face du héros. Mais finalement, ça avait été encore mieux, car Vio avait été vrai, naturel, mais surtout qu’ils savaient tous les deux qu’il n’y avait pas de raison de mentir ou de porter un masque. Particulièrement quand il n’y avait plus qu’eux deux.
Oui, Vio ne pouvait s’empêcher de tenir une attitude froide et réservée à l’instant où il quittait cette maison. Ou même la chambre, bien qu’il se réchauffait toujours un peu plus au contact de ses frères ou de leur grand-père.
Mais quand ils n’étaient que tous les deux…
Courbant son cou épais, il effleura de son museau les mèches blondes collées par la sueur, un souffle chaud les éparpillant.
Quand ils n’étaient que tous les deux, Vio avait ce regard… Il était sûrement le seul à qui il adressait cette œillade douce, le bleu persan s’adoucissait et paraissait briller…
Une fois, il lui avait dit qu’il avait l’impression de contempler la voûte céleste à chaque fois que ses yeux plongeaient dans les siens. Vio avait piqué un fard et s’était aussitôt détourné, n’osant plus se retourner tant que le sang n’était pas retourné à sa place.
Ils étaient plus intimes, plus tactiles quand ils n’étaient que tous les deux. Ils n’avaient pas besoin de mots, comme deux âmes-sœurs, se comprenant d’un simple geste ou inclinement de tête.
Le plus souvent, Shadow s’installait sur l’accoudoir, s’adossant à un bout du dossier ou directement contre Vio, celui-ci plongé dans sa lecture. Parfois il lisait par-dessus son épaule, parfois Vio lui faisait la lecture à voix haute.
Il avait une belle voix, Vio. Il savait mettre le ton, garder l’attention tout au long de l’histoire, même quand c’était des textes religieux ou obscurément scientifique, expliquant patiemment autant de fois que nécessaire.
Une grande aile fut étirée, sortant de sous l’édredon, drapée au-dessus du malade, comme pour le protéger.
Il ne rechignait jamais à lui parler, à lui expliquer quoi que ce soit, même le concept le plus élémentaire, utilisant encore et toujours cette voix douce et patiente. Il ne l’infantilisait pas pour autant, bien au contraire.
Il l’avait déjà fait vu, au contact avec enfants. Il restait courtois mais tenait une certaine distance avec eux, les observant, comme un biologiste découvrant une nouvelle espèce.
Mais parfois, ils se contentaient de partager des silences, des respirations, où ils profitaient simplement de la présence de l’autre, chacun dans son petit monde, et parfois partageant le même.
Quelques flammes roulèrent dans sa gorge, manquant de s’échapper de ses lèvres fermées. Il les retint in-extremis, se raccrochant avec le monde présent, vérifiant que rien n’avait changé pendant ses rêveries.
Heureusement, non.
Vio était toujours là, allongé dans ses bras, collé contre son poitrail, un léger sourire aux lèvres.
L’imitant sans s’en rendre compte, Shadow leva une patte griffue, la glissant le long de son visage avec tendresse, repoussant des mèches vers l’arrière pour dégager son front.
Et y déposer un baiser.
