Couple : Sam Winchester x Gabriel
Genres : Tranche de vie / One-Shot
Rating : +8
Résumé : Sam n’aimait pas trop se réveiller. Jusqu’au jour où il ne voulait plus se lever.
Bonne lecture !
Sam n’aimait pas trop se réveiller.
Déjà, son dos avait connu peu de matelas confortables ou de cadres de lit pouvant supporter sa taille sans qu’une partie de son anatomie ne dépasse inconfortablement.
Ensuite, il vécut de nombreux réveils où il lui semblait apercevoir une silhouette blonde collée au plafond, exsangue avant de subitement prendre feu. Que ce soit sa mère ou Jessica.
Une fois ce traumatisme géré – autant qu’il avait pu l’être dans une vie de chasseur, c’est-à-dire en se noyant dans le travail – il devait maintenant affronter chaque réveil comme les prémices d’une nouvelle chasse. De nouvelles rencontres. De nouvelles pertes. De nouvelles visions.
C’était devenu tellement insupportable que, pendant la période où Hallucifer avait sévi, il lui avait paru plus simple de ne pas dormir. De se tenir éveillé par tous les moyens.
Ça n’avait pas vraiment marché, mais ce n’était qu’une parenthèse dans sa longue vie.
Mais, rien à faire, Sam détestait avoir à se réveiller.
Peu importe si la découverte du bunker leur avait apporté une notion de confort qu’ils n’avaient jamais vécu jusque-là.
En y réfléchissant, la pire période fut celle où Gabriel l’avait coincé dans cette boucle temporelle. Tous ces matins à entendre encore et encore ce qui avait été sa chanson préférée alors, assister à la routine matinale de son frère en sachant qu’il allait mourir d’une seconde à l’autre. Que chaque geste, chaque mot pourrait être le dernier.
Jusqu’au lendemain.
Là aussi, il aurait pu s’empêcher de dormir, mais il était toujours trop épuisé de ses journées passées à traquer l’ancien Embrouilleur.
Bref, il détestait dormir, mais plus encore se réveiller. Sa vie était devenue un film d’horreur dont il était incapable de s’extirper malgré tous ses efforts.
Et c’était difficile à cacher à son frère, surtout lorsqu’ils partageaient la même chambre ou le même habitacle de voiture. Castiel était du genre à mettre les pieds dans le plat et à énoncer l’évidence ou tout détail qui lui ferait froncer les sourcils. Il lui suffirait d’une phrase malencontreuse pour que Dean lui tombe dessus avec la vivacité d’un wendigo sur un promeneur égaré.
Mais il pouvait aussi l’utiliser comme diversion, que son frère se concentre uniquement sur « son » ange à en oublier jusqu’à son existence.
Puis, un jour, Sam se rendit compte qu’il commençait à apprécier cette légère somnolence induite par les premiers instants de l’éveil. Cette chaleur corporelle coincée par l’hermétisme des draps, créant un cocon tout chaud dans lequel on se prélasse, bien loin de l’air refroidi de la chambre. Le cerveau tournant au ralenti, s’habituant lentement à la mise en fonction.
Mais plus encore, c’était l’étreinte d’une partie aléatoire de son corps (une fois, il avait retrouvé Gabriel s’agrippant à sa jambe…), une seconde chaleur corporelle ajoutée à la sienne, le son mélodieux de sa respiration (Sam avait déjà partagé une chambre ou un lit avec toutes sortes de dormeurs. Des silencieux, des ronfleurs, des bavards, des crieurs. Mais c’était la première fois qu’on sifflait en dormant) qui le ravissaient, qui le rassuraient.
Mais ce qui le faisait réellement apprécier d’ouvrir les yeux, peu importait l’heure, c’était la vision magnifique qui s’offrait inévitablement à lui, quelque fut le degré de luminosité.
Réduisant l’espace entre eux, Sam embrassait la partie la plus proche qu’il pouvait atteindre sans éveiller l’archange, puis passait le temps les séparant de son réveil à lui, à contempler les effets irisés qu’il était capable de discerner, seuls indices des ailes que son amant avait drapées autour d’eux, en guise de bouclier.
Sam appréciait vraiment ses réveils.
