One-Shots SPN, Supernatural

Weightless

Couple : Sam Winchester x Gabriel

Genres : Romance – Humour – Lemon / One-Shot

Rating : +16

Résumé : Gabriel avait toujours des idées délirantes. Mais si Sam n’avait pas foi en lui, jamais elles ne prendraient forme. Prêt pour le grand saut ?

Bonne lecture !


Le vent soufflait violemment tout autour de lui, décoiffant sans égard les longues mèches brunes, certaines se glissant dans les yeux ou la bouche lorsqu’ils étaient ouverts, provoquant des larmes ou des plaintes.

— Des regrets ? Le taquina Gabriel.

— La ferme, claqua Sam en retirant une autre mèche.

Un nouveau battement d’ailes les éleva, les éléments luttant toujours plus à cette intrusion.

L’archange tenait le chasseur contre lui, un bras sous les genoux et l’autre au travers de son dos, l’appuyant contre son torse. Il avait refermé une de ses paires d’ailes sur lui pour le protéger autant que possible, mais ce n’était pas infaillible.

Sam avait fini par ronchonner mais rien de plus. Tout juste avait-il saisi quelques-unes des plumes le couvrant, autant pour se rassurer que pour profiter de l’occasion.

Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’il lui était possible de les observer. Et plus encore de pouvoir les toucher !

Pour un chasseur, il était plutôt cultivé. Il avait du vocabulaire et était assez calé dans son domaine. Mais pour avoir eu à approcher des professeurs d’université, des érudits, des immortels, il avait conscience de ses limites.

Et ça ne l’avait jamais autant fait souffrir qu’en cet instant alors qu’il était incapable de décrire la sensation, que ce soit celle dans sa main ou contre son corps. C’était pareil pour les couleurs miroitant au travers des plumes, ses yeux peinant à toutes les capter.

Définitivement, cette chance inouïe était gâchée…

Peut-être projetait-il ses pensées, peut-être le connaissait-il trop, peut-être en avait-il juste envie. Gabriel pencha la tête pour l’embrasser longuement, balayant toutes ces pensées sombres par cette seule action.

Leurs visages se séparèrent, ils ne prononcèrent pas un mot, Sam appuya son front contre le torse de l’archange, l’air apaisé.

Il s’autorisa à clore les paupières quelques secondes, goûtant à cette étrange sérénité qui le prenait à chaque fois.

— Je pense qu’ici, ce sera parfait, déclara Gabriel.

Ses quatre ailes stabilisèrent leurs positions, permettant au chasseur d’observer au travers des plumes la montagne perçant l’étendue du ciel.

Elle n’avait rien de spécial, Gabriel l’avait choisie au hasard, et pourtant Sam sentit son cœur battre plus fort et son visage chauffer, appréhendant les actions à venir.

Par petits à-coups, ils s’en approchèrent, Sam finissant par sentir la roche sous ses pieds alors qu’il était remis debout, vite rejoint.

— C’est une très jolie vue, commenta l’archange.

— Gabe, le paysage est de l’autre côté, commenta-t-il en souriant.

Mais ça ne suffit pas pour lui faire détourner le regard de sur lui. Alors, à la place de s’en défendre, Sam se pencha pour l’embrasser à son tour, frôlant les plumes du bout des doigts.

— On n’est pas obligés, répéta Gabriel.

— J’en ai très envie.

Et, sans attendre de réponse, il déboutonna sa chemise avec soin.

Il se concentra sur le retrait de ses vêtements, autant pour empêcher ses mains de trembler que pour éviter de croiser le regard de son compagnon.

Du moins, en avait-il l’intention, jusqu’à ce qu’une main soit pressée contre la sienne, l’arrêtant.

Nerveux, il leva la tête pour croiser son regard, s’attendant à ce qu’il fronce les sourcils ou quoi que ce soit prouvant sa désapprobation.

Mais il n’y avait rien de tout ça.

À la place, Gabriel affichait un sourire très doux, un de ceux qu’il n’esquissait que très – trop – rarement et donnait l’impression à Sam d’être recouvert d’une couverture chaude.

Pour ce sourire, il ferait n’importe quoi.

Doucement, comme pour ne pas l’effrayer, l’archange saisit sa main de la sienne pour l’écarter, puis, avançant d’un pas, il entreprit de déboutonner la chemise de flanelle lui-même.

C’était une action à la fois terriblement banale et domestique mais aussi d’une intimité précieuse. Malgré lui, Sam se sentait rougir. Ce n’était pourtant pas la première fois que Gabriel le déshabillait ! Ni qu’il le voyait torse nu !

Mais, il ignorait pourquoi, il y avait quelque chose de différent en cet instant.

On aurait dit deux jeunes amoureux s’apprêtant à coucher ensemble pour la première fois.

Lorsque le vêtement glissa de ses épaules, Sam se pencha et l’embrassa. C’était un baiser doux, du bout des lèvres, une pression rapide et un peu malhabile.

Et c’était merveilleux.

Ils en échangèrent d’autres, Sam enfouissant ses mains dans les mèches souples alors que ses habits le quittaient, un par un, sa peau couverte de chair de poule réchauffée par le passage des mains douces.

Un peu brumeux, le chasseur se fit la réflexion qu’il était nu, au sommet d’une montagne, mais surtout que ça ne le dérangeait pas tant que ça. Par contre, que son archange, lui, soit toujours vêtu… C’était une injustice qu’il se devait de réparer au plus vite !

De là où elles étaient enfouies dans les boucles souples, ses mains dévalèrent lentement le visage, s’accrochant à l’ombre de barbe, puis saisirent le col de sa veste, ses doigts s’y enfonçant.

À l’aveuglette, ils dézippèrent la veste, attrapant les boutons de la chemise dessous, tentant de les glisser au travers des fentes mais Sam était trop, trop impatient, trop maladroit…

Le baiser prit de nouveau fin et Gabriel s’éloigna, un tendre sourire amusé aux lèvres alors qu’il détachait les larges mains de ses vêtements pour les rassembler dans une des siennes. L’autre, libre, s’éleva juste un peu pour attirer les yeux noisette dessus, claquant des doigts.

Plus un seul bout de tissu ne subsistait sur lui non plus.

S’il n’habitait pas un vaisseau ou même s’il avait eu un corps lui-même, Sam aurait pu dire qu’il était aussi nu que le jour de sa naissance.

À la place, il reprit ses lèvres et rapprocha leurs corps, son gémissement englouti par la bouche gourmande de l’ange alors que leurs érections se frôlaient.

Quand ils se séparèrent, leurs regards se croisèrent et il n’en fallut pas plus à Sam pour que son visage ne se ferme.

— Gabe, demande-moi encore si je suis sûr et je t’enfonce un pieu couvert de sang dans le bide.

Malgré ses meilleurs efforts, sa menace sortit moins sombre qu’il l’avait espéré et n’eut pour seule réaction que le mouvement tendancieux des sourcils de son compagnon.

Il hésita un instant à se prendre la tête dans les mains, mais, à la place, il les trouva bien pleines. En effet, un certain archange avait décidé d’adopter sa position préférée : perché sur son chasseur personnel, les jambes nouées autour des hanches et les bras autour de son torse, un sourire absolument pas repentant aux lèvres.

— Prends-tu quoi que ce soit au sérieux ? Soupira faussement celui encore debout.

Boucler les bras sous ses cuisses était bien trop naturel, rappelant à Sam ô combien c’était une situation familière à tous les deux.

— Seulement ce qui est important. Et, oh ! Quelle chance extraordinaire ! Tu l’es !

Il ne put s’empêcher de rire face à la mimique d’enfant émerveillé que Gabriel avait prise en parlant.

Si la moindre nervosité avait persisté, elle avait disparu avec l’éclat de rire.

— Doux imbécile.

— Mais juste à toi.

Au lieu d’un baiser, cette fois, ils accolèrent simplement leurs fronts, les yeux clos, savourant quelques secondes le temps suspendu.

Puis Gabriel étendit ses six ailes d’un mouvement sec.

Le bruit soudain les surprit et l’instant de solennité faillit être gâché par leurs ricanements puérils.

Mais ils se reprirent bien vite et l’archange agita ses cils expérimentalement.

— Ça ira ?

— D’ordinaire, la position est inversée, mais on va improviser, hein !

L’image mentale de Sam grimpant sur Gabriel, dans une version inversée de la leur était beaucoup trop comique pour qu’il parvienne à garder son sérieux.

— Oui bon, ça va, quand j’ai choisi ce vaisseau, je n’avais pas prévu de réaliser ce rituel ringard avec un mortel aux dimensions d’élan.

— Et je suis très touché que tu me l’aies proposé, assura ledit mortel.

De l’arrière de sa cuisse, il remonta la colonne vertébrale, jouant avec la naissance de chaque paire d’ailes, chatouillant les barbes molles d’un doigt léger.

Sous son toucher, il pouvait sentir les muscles frémir, la chair de poule s’installer, et un sourire carnassier prit place alors qu’il se rendait compte – une fois de plus – du pouvoir qu’il avait sur l’un des êtres les plus puissants de la Création.

— On y va ? Chuchota-t-il à son oreille, exagérant son expiration finale.

— Quelqu’un est pressé ici…

— La prochain fois que tu voudras jouer les innocents, pense à ne pas coller ta bite contre moi. Ça te décrédibilise.

Comme si Gabriel était capable de lui cacher quoi que ce soit ! Pour une raison qu’il ignorait, Sam était capable de voir à travers ses mensonges, ses tours et ses tromperies.

Était-ce un tour de son Père ?

Optant pour ne surtout pas l’invoquer dans pareille situation, l’archange ébouriffa son plumage avant de battre expérimentalement des ailes, testant cet équilibre étrange.

Ils s’élevèrent de quelques centimètres, mais quelque chose clochait définitivement.

La grimace pensive déforma ses traits ordinairement enjoués et, bien vite, Sam tenta de les lisser d’un baiser, attirant son attention.

— Pourquoi ne pas faire les choses différemment ? Proposa-t-il alors.

Le regard que lui adressa son compagnon était si empreint de fragilité et d’espoir que, si jamais le chasseur avait encore un doute sur son existence, il sentit son âme en être perturbée.

Même si l’envie de l’embrasser l’écrasait par sa puissance, à la place, il l’étreignit plus fort encore, le tenant si près de son corps qu’ils auraient pu fusionner.

L’excitation avait disparu, remplacée par l’éphémère mise à nue figurative. Bien vite, les plumes chatoyantes le recouvrirent, les coupant d’un monde dont ils n’avaient déjà plus de nouvelles.

— J’ai une idée.

La voix de Gabriel était douce, presque timide, bien loin de son ordinaire ton claironnant et arrogant. Sans le silence environnant, il aurait été ardu de la percevoir.

D’un regard et d’un sourire tendre, il lui donna la permission nécessaire. Se retrouver allongé au sol ne fut pas une grande surprise. Inconfortable au possible, ça oui, mais pas très surprenant.

Pas plus d’être surplombé par l’un des archanges les plus puissants qui l’observait comme s’il allait se briser à tout instant.

Se décidant enfin, Gabriel se pencha pour lui souffler à l’oreille :

— Comme je te l’ai déjà expliqué, le rituel se compose d’un accouplement en plein vol. mais, dans la situation actuelle…

— Je risque de finir en bouillie sur le sol, j’avais compris, l’apaisa-t-il. À quoi penses-tu ?

Toujours assis sur ses hanches, Gabriel se redressa, jouant avec ses doigts, nerveux.

— Comme, de toute façon, on saute quelques étapes vu que tu n’es pas pourvu d’ailes…

— Gabe. À quoi penses-tu ?

Se redressant à son tour, il saisit ses mains entre les siennes, imitant Gabriel plus tôt.

— On pourrait… commencer ici ? Et, avant l’orgasme, on arrête tout et on fait comme prévu ? Comme ça, on limite les grands mouvements, on réduit le temps de vol…

La nervosité le faisait bafouiller et s’agiter. Il ne s’apaisa que sous le contact de la large main chaude contre sa nuque, le reconcentrant sur son compagnon.

— C’est une excellente idée, Gabe.

— Et si ça ne fonctionne pas ? Murmura-t-il d’une toute petite voix.

Enfin, on arrivait au cœur du problème.

— Alors, on trouvera autre chose. Et ça restera une sacrée expérience.

Aussitôt, un ersatz de son expression vantarde se fraya un chemin au travers de son anxiété.

— Je parie que je vais te faire crier comme jamais ! Fanfaronna-t-il.

— Essaye seulement de me lâcher pour de faux et je remplace le lubrifiant par de l’huile sacrée. On verra si tu fais toujours le malin.

La menace eut le mérite de le faire taire, mais aussi de souffler ses craintes : rien ni personne n’était capable de faire changer d’avis un Winchester, et encore moins Sam.

L’excitation s’accrut lentement alors que les baisers revinrent, les mains s’égarèrent, les peaux se réchauffèrent.

Les gémissements furent accompagnés des claquements d’ailes de Gabriel, s’emportant au fur et à mesure qu’augmentait leur ardeur.

Ce nouveau son d’ordinaire imperceptible plaisait beaucoup trop à Sam. Il était un rappel qu’une fois de plus, son partenaire n’était ni humain, ni mortel.

Il était l’un des êtres les plus puissants de cette planète, s’était battu avec eux – et brièvement contre –, il était celui à qui avaient été adressées ses prières quand il avaient encore la Foi. Il ne pourra pas mourir. Ils resteront ensemble pour autant d’années que Chuck lui aura allouées.

Sam avait l’impression que son cœur débordait, mais c’était des larmes de bonheur qui coulaient sur ses joues, essuyées par les doigts attentifs de l’archange.

Le souffle commençait à lui manquer, le plaisir toujours crescendo, et il manqua une fois ou deux de s’agripper à l’armature plus fragile des ailes.

— Accroche-toi à mon cou, souffla soudainement Gabriel à son oreille.

Il obtempéra, notant distrraitement les jambes plus courtes se nouant autour de ses hanches. Mais il était si égaré dans la félicité qu’il ne tenta même pas de l’interroger, pas plus lorsque le sol sous lui disparut ou que la force du vent s’intensifia.

Et après… après, tout n’était plus que sensation.

Il y eut des vertiges, le souffle du vent contre sa peau et ses cheveux, le plaisir augmentant encore et encore, puis le vide, le vide…

Ses poumons se vidèrent alors qu’une colonne d’air chaud coupa leur chute, s’engouffrant sous les longues ailes pour les tirer plus haut, toujours plus haut…

Il étouffa son cri contre la peau chaude, manquant de fermer les dents sur l’angle de l’épaule, tandis que, derrière ses paupières, ses yeux devenaient aveugles, ses muscles se tétanisant suite à l’orgasme que Gabriel était parvenu à leur faire atteindre, sa prise se serrant presque mortellement sur l’archange.

Celui-ci ne put profiter longtemps de la langueur induite malgré son envie, devant à tout prix leur éviter une chute fatale, battant frénétiquement des ailes, angoissé et encore un peu léthargique.

Contre lui et dans ses bras, Sam paraissait peser plus lourd que jamais alors qu’il peinait à rétablir leur assiette.

Le claquement des ailes était difficile à rater et le chasseur n’aurait jamais survécu tout ce temps s’il n’avait pas un temps de réflexion plus rapide que la moyenne.

Attirant l’attention de son compagnon d’un baiser, il plongea son regard dans le sien, y transmettant toute la confiance qu’il lui portait, avant de souffler à son oreille :

— Lâche-moi.

Sous la surprise, autant celle de l’initiative que de ce qu’il voulait dire, Gabriel fit le contraire, le pressant contre lui dans une étreinte douloureuse qui fit grincer les os malmenés.

— Gabriel. Lâche-moi. On fait comme dans le rituel, d’accord ?

Mais Gabriel n’était pas d’accord. Il ne l’était pas du tout. Et lorsqu’il darda une œillade aussi assassine qu’humide, il n’oublia pas de froncer les sourcils pour illustrer sa désapprobation.

Mais même une Apocalypse imminente ne parvenait pas à faire changer d’avis un Winchester, alors un ex dieu païen toujours fiché sur sa queue…

Avec réluctance, il l’embrassa sur la pommette et les détacha, libérant l’humain de sa prise.

Il n’eut pas le temps de l’observer s’éloigner de lui que, déjà, le courant ascendant qu’il cherchait le percuta et lui permit enfin d’accéder à la hauteur nécessaire.

Les larmes remontaient le long de son front sous la pression atmosphérique alors qu’il scrutait en bas pour repérer la silhouette la plus incongrue qu’on pourrait croiser dans le ciel : un homme adulte d’un mètre quatre-vingt-treize avec une anatomie à en faire baver les sculpteurs de la Renaissance.

Quand, enfin, il le vit, son plongeon en piqué aurait fait rougir de jalousie un faucon.


Afin d’éviter à l’angoisse de monter et de s’agiter inutilement, ce qui accélérait sa chute, Sam ferma les yeux, mais uniquement après s’être assuré que son amant était hors de danger.

Le vent contre sa peau était froid, cinglant douloureusement jusqu’à ses os, et son souffle lui était pratiquement arraché des poumons.

Lorsqu’une paire de bras se referma autour de lui, il rouvrit les yeux, souriant malgré l’arrêt de sa chute endolorissant ses articulations, l’imitant en l’enlaçant à son tour.

— J’espère ne pas t’avoir fait trop attendre.

Malgré son clin d’œil taquin, Gabriel n’était pas aussi assuré qu’il en donnait l’impression et Sam ne s’y trompa pas, frôlant du bout des doigts les rémiges tertiaires, à la naissance des ailes.

Ils n’étaient pas très loin de la montagne qu’ils avaient quittée plus tôt et ils y reposèrent rapidement les pieds, échangeant leurs positions pour l’étreinte.

Une fois les ailes rentrées, Sam n’était plus protégé du froid ambiant et la chair de poule le recouvrit rapidement alors qu’il frissonnait. Mais il n’en dit rien, peignant les mèches douces de son archange qui avait blotti son visage sous son menton, satisfait.

Parsemant son crâne de petits baisers tendres, il patienta, marmonnant une lointaine chanson dans son souffle sans y porter d’attention, le berçant doucement.

Il cessa tout mouvement lorsque Gabriel s’écarta, s’étirant mollement, lui faisant face.

— Ça va mieux ?

— Ça devrait être à moi de te poser la question… tu restes un simple humain…

— Tout va bien de mon côté. J’avais mon archange gardien à mes côtés…

Ils se blottirent l’un contre l’autre, épuisés. Un silence s’installa une poignée de minutes.

— Et, du coup, le rituel ?

Renâclant, l’archange froissa le nez avant de fermer les yeux, fronçant les sourcils, se concentrant.

Lorsqu’il sembla trouver la réponse, un soupir résigné quitta ses lèvres alors qu’il glissait les bras autour de son cou, les rapprochant. Il garda le silence encore quelques secondes avant de décider de ne pas pousser sa chance trop loin.

— On l’a complété. J’ignore comment, mais… c’est bon. On l’a fait.

Évitant encore son regard, il le répéta contre la peau froide.

Amusé par ses manières, Sam ne dit rien, souriant.

Aussi puissant que soit l’archange, il avait une personnalité un peu timide qu’il tentait de camoufler derrière ses attitudes de bravache. Percer à travers les différentes couches de l’armure était un travail ardu, mais, là encore, si un Winchester n’était pas têtu, il n’était rien.

Aux yeux de Sam, il était donc évident que Gabriel essayait de cacher l’émotion qui le prenait à la gorge malgré toutes ses assurances.

— Et maintenant ? Chuchota-t-il.

Gabriel lui fit soudainement face, les yeux légèrement humides et flous, mais avec l’une de ses expressions les plus douces.

— Maintenant ? Répéta-t-il sur le même ton. Maintenant, on a toute une nouvelle vie à vivre, tous les deux.

S’assurant de ne pas avoir la voix trop larmoyante, Sam ne put s’empêcher de profiter de l’occasion pour le taquiner.

— Une nouvelle vie ? On dirait bien que vous avez de la suite dans les idées, Monsieur Winchester…

— Monsieur Win… Quoi, non, hors de question de prendre ton nom ! S’insurgea-t-il.

— Aux dernières nouvelles, tu n’as pas de nom de famille. Et je refuse de m’appeler Sam Shurley !

— Pouah, Papa a vraiment des idées pourries de nom.

Ils rirent, toujours enlacés, avant qu’un éternuement du chasseur ne les convainque de retourner à la civilisation, se chamaillant sur leurs noms maritaux.


— Attends attends, ralentis Cas’, l’incita Dean. Tu veux que je quoi ?

— Pour solidifier notre lien et nous reconnaître comme compagnon, les anges ont pour coutume de s’accoupler en plein vol. C’est un peu archaïque, mais les autres coutumes sont hors de portée d’un humain, obéit-il diligemment.

Se levant soudainement, Dean manqua de pousser les livres posés en équilibre au sol, bafouillant.

— Hors de portée d’un humain ? Mais où t’as vu que j’étais capable de voler ? Je vais finir réduit en purée avec cette connerie !

Il commença à faire les cent pas, agité, sous le regard imperturbable de son amant qui pencha la tête sur le côté, légèrement surpris.

— Dois-je comprendre que l’idée de t’unir formellement à moi te pose problème ?

— Quoi ? Pas du tout ! Je ferais tout pour toi, c’est juste que le vol…

— Sam et Gabriel y sont bien parvenus, je ne vois pas pourquoi ça devrait nous poser problème.

— ATTENDS, QUI A FAIT QUOI ?!

Dans la nuit, un cri retentit.

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