One-Shots Zelda, Zelda

Le langage des fleurs

Couple : Jehd x Link

Genre : Romance – Fluffy / One-Shot

Rating : +12

Résumé : Jehd tendit la main vers l’emplacement du livre dont il avait actuellement besoin.

Mais il y trouva une rose.

Plus tard, il partit en quête de sa tasse préférée pour y découvrir un iris.

À chaque nouvelle découverte, un petit sourire attendrit le traversait.

Bonne lecture !


Jehd tendit la main vers l’emplacement habituel du livre dont il avait actuellement besoin.

Mais il y trouva un bouton de rose.

Plus tard, il partit en quête de sa tasse préférée pour y découvrir un iris.

Parmi ses boutons de manchettes, un très bel échantillon de lys.

Dans son plumier, des œillets.

À chaque nouvelle découverte, un petit sourire attendri traversait son visage. Il portait la fleur à son nez et frôlait les pétales de ses lèvres en un simulacre de baiser, alors que son cœur battait un peu plus vite à la pensée de Link ayant pris le soin de les sélectionner puis de les déposer à ces endroits précis, le long de sa routine, afin de lui permettre la charmante surprise qui égayait ses journées monotones dévouées à sa recherche.

Il n’en croisait jamais deux semblables, certaines fraîches, encore humides de rosée, d’autres délicatement pressées qu’il glissait dans sa lecture d’alors, afin de les retrouver intactes la prochaine fois qu’il la compulsera.

Dans la cuisine, c’était des plantes aromatiques, la salle de bain des plantes médicinales. La chambre était décorée de fleurs décoratives ou à l’usage plus… lascif. Le bureau possédait les spécimens les plus incongrus, les plus exotiques, et même quelques-uns qui n’avaient pas été encore reconnus par les spécialistes ! Le salon présentait, lui, des pieds plus solides, des pots à visée esthétique, des arbustes touffus donnant des allures de jungle à la pièce.

C’était son appartement. Son univers personnel. Son espace juste à lui.

Et, maintenant, à eux.

Sur sa table de travail, un bouquet de fleurs violettes et blanches l’attendait sagement, tel un vœu de bonne journée et de travail prolifique.

Il le ramassa délicatement, le portant à son nez pour profiter de la senteur atténuée du pollen frais et sucré, s’en gonflant les poumons avant de le déposer dans le petit vase qu’il avait mis en place suite au début de cette petite routine, puis il fut l’heure de s’installer, le dos droit, à son bureau et d’entamer les premières recherches matinales.

Le silence relatif qui régnait dans le logement n’eut plus que l’écho du griffonnage de la plume sur le papier, jusqu’à l’heure approximative du déjeuner où il fit une pause le temps de remplir son estomac et sa théière pour tenir les heures suivantes.

Imitant les gestes que Link lui avait appris des mois auparavant pour affiner ses articulations endolories, Jehd rejoignit la cuisine où il trouva le sandwich préparé avec soin par son amant, mais aussi une amusante couronne de fleurs des champs dont il se coiffa en pouffant gaiement, pendant que l’eau chauffait dans la bouilloire.

Comment Link était-il parvenu à se faufiler sans qu’il ne l’entende ? Il ne manquera jamais de le surprendre, définitivement !

Une chanson au bord des lèvres, il feuilleta son sandwich pour en découvrir la composition et les paroles quittèrent sa bouche quand il eut la confirmation que c’était son préféré.

Une bonne tasse de thé et son casse-croûte favori. Cette journée s’embellissait en chaque instant !

Et, en plus, il avait la plus belle des couronnes. Même la reine ne pouvait se vanter d’en avoir une semblable !

Lorsqu’il retourna à son bureau, il fut plus surpris par la nature de la fleur, qui ne poussait pas actuellement, que par son apparition soudaine.

Quand on le rencontrait la première fois, Link avait tout du gentil garçon de la campagne. Bon vivant, souriant largement et l’air toujours de bonne humeur, il était aussi particulièrement serviable et attentif au bien-être de ceux dont il était proche.

Dans l’ensemble, il était quelqu’un de lumineux, simple et bruyant.

Mais, si sa personnalité s’arrêtait à ça, il n’aurait jamais pu survivre au fardeau que les déesses avaient poussé sur ses épaules musclées. Il avait dû changer, il avait dû s’adapter.

Et maintenant, il usait de ces capacités acquises si chèrement, juste pour provoquer chez Jehd ce sourire un peu bêta et cette vague de chaleur qui se répandait en lui à chacune de ses charmantes attentions.

Son couvre-chef et la fleur rejoignirent le vase alors que l’érudit reprenait sa place, ouvrant l’encyclopédie à la page marquée, de l’encre tachant ses doigts rapidement. Plongé une fois de plus dans ses recherches, il picorait distraitement son repas entre deux lignes, son breuvage refroidissant sur un coin de la table.

Une bougie apparut à la limite de son champ de vision, apportant une nouvelle luminosité, tenue par une main familière dont la peau sombre était couverte de diverses cicatrices et de calles, les ongles courts et tachés de terre.

À peine le remerciement eut-il le temps de quitter ses lèvres qu’il sentit une pression sur ses épaules, qu’il reconnut comme étant celle de deux mains irradiant de chaleur, avant qu’elle ne se meure et que les doigts travaillent superficiellement à dénouer ses muscles raidis par sa posture pratiquement immobile toute la journée.

Il soupira, aisance et douleur mêlées, alors qu’il fondait lentement sous l’attention, et plus encore quand un baiser fut appuyé sur son crâne.

– Ta journée a été fructueuse ?

La voix grave résonna contre sa tête, son souffle chaud agitant les mèches rousses.

– J’ai bien avancé. Merci pour le repas, c’était aussi délicieux qu’à l’ordinaire.

Link modifia sa position, glissant les bras le long de ses épaules et sa gorge pour appuyer ses coudes et croiser les poignets contre son torse, jouant machinalement avec le nœud fantaisie que l’érudit portait, le nez enfoui dans ses cheveux.

– Ravi de l’apprendre.

Ils restèrent ainsi une poignée de minutes, savourant uniquement leur intimité renouvelée et leur toucher, se rassasiant de la présence de l’autre.

Ils s’étaient salués des heures plus tôt, quand leurs occupations respectives les séparèrent, et le jeune agriculteur avait entr’aperçu son amant lors de son passage furtif à l’occasion du déjeuner, mais c’était ainsi, ils ne pouvaient être à l’aise qu’une fois à proximité de l’autre, chacun servant de bouclier à l’autre, repoussant les ennuis du quotidien par sa simple présence, offrant un refuge bienvenu et accueillant pour son âme glacée de solitude.

Link finit par se redresser, ses mains remontant pour décoiffer sa chevelure si ordonnée avec un plaisir qu’il ne s’ennuyait plus à dissimuler maintenant. Distraitement, Jehd se fit la réflexion que ses mouvements étaient différents à d’habitude mais ne creusa pas plus loin, passant son buvard sur les derniers mots tracés, absorbant l’encre en excès.

Il quitta sa chaise une fois libre de son étreinte, une grimace tirant sur son visage alors qu’il étirait son dos une fois de plus, dominant son compagnon de sa haute taille, ce qui n’était pas pour lui déplaire, celui-ci enfouissant son visage contre son torse, l’enlaçant.

Le côté câlin du héros avait été une surprise. Une heureuse surprise pour lui, qui en était lui-même avide sans oser en réclamer à son entourage proche. Dans l’intimité de leur appartement partagé, ils ne cessaient de s’échanger des preuves d’affection physique, accrochés l’un à l’autre et valsant au milieu des pièces avec habitude.

Ému, Jehd l’observa faire, avant que son œil n’aperçoive la couronne de tantôt. Il n’eut aucun mal à manipuler Link dans sa direction sans qu’il n’émette la moindre objection, accroché comme il l’était à son gilet, et il n’eut qu’à tendre le bras pour saisir le fragile présent et le déposer avec révérence sur les mèches ébouriffées couleur sable. Les fleurs étaient un peu défraîchies mais leur présence au sommet du crâne du héros paraissait presque naturelle.

– Qu’est-ce que… Jehd, soupira-t-il faussement. Je l’ai tressée pour toi.

Frôlant les pétales de ses doigts terreux, l’ancien berger avait quitté son étreinte pour toiser son amant d’une moue boudeuse.

– Et elles te vont mieux qu’à moi, assura l’érudit en ponctuant sa déclaration d’un baiser sur le front.

– Voilà que nous faisons la paire, gloussa-t-il en se pendant à son cou pour ravir ses lèvres.

Dans le reflet maladroit d’une vitrine, Jehd découvrit la présence d’une multitude de pâquerettes parsemant ses propres cheveux.

– Quand ! Oh, vil coquin !

Le rire qu’ils partagèrent était trop paisible pour que leurs décorations respectives ne choient.

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