Couple : Link x Canita ?
Genres : Tranche de vie – Humour / One-shot
Rating : +16
Résumé : Link obtient la Jarre Magique à la raffinerie de Lanelle et se retrouve à dépoussiérer chez la mère de Kiko. Ou la mère de Kiko ?
Bonne lecture !
Quand Link avait quitté la raffinerie de Lanelle victorieux, il était encore un peu étourdi par le nouvel article magique qu’il venait d’acquérir, bien qu’il l’amusait.
Il rejoignit rapidement Célesbourg, autant pour dorloter les blessures récoltées au cours de son avancée dans le donjon, ou les brûlures dues au frottement du sable ou la proximité de la lave, que pour refaire son stock de potions, changer de bouclier… et passer une vraie nuit dans son bon vieux lit confortable plutôt qu’en boule sur le sol froid et dur.
Comme il était encore un peu tôt, même pour lui, il décida de se dégourdir un peu les jambes en allant prendre des nouvelles des habitants, même si leur ignorance de ce qui se déroulait à la Surface lui tapait légèrement sur les nerfs, alors il se répétait que ce n’était pas leur faute et prenait sur lui.
Ce n’était pas leur faute, après tout.
Quand Link rendit visite à Canita, la mère de Kiko, il fut parcouru d’une crise d’éternuements due aux couches de poussière, mais tenta de la camoufler de son mieux.
— Bonjour Link, tu vas bien ?
Elle avait une personnalité enjouée, qui était agréable, mais il ne pourrait pas éternellement apaiser son nez qui le chatouillait.
— Il y a quelque chose dont j’aimerais te parler, Link. Ma maison est une vraie porcherie… Kiko me répète tous les jours que je devrais faire le ménage, mais rien n’y fait, je n’arrive pas à m’y mettre !
Tiens, étrangement, il n’y avait pas que son nez qui le démangeait, maintenant. Il y avait aussi cette petite partie de son instinct. Cette toute petite partie de son instinct qui paraissait tout d’un coup s’éveiller et trépigner sur place. L’instinct de la quête secondaire à la con qui allait le ralentir alors qu’il avait définitivement plus urgent à faire.
— Alors je me suis dit que je pourrais te demander de le faire pour moi… Ça te ferait de l’argent de poche !
Évidemment. Il devrait vérifier que Hergo n’avait pas écrit quelque chose sur son bonnet, ou sa tunique. Un truc du style « Corvéable à merci, demandez juste ! », ou une version plus vulgaire, peu importe. Ou alors, il avait vraiment une tête de larbin et personne n’avait songé à le prévenir ?
Allez, il devait s’en débarrasser en restant poli, il ne fallait pas oublier qu’elle était la mère de Kiko, un ami très cher…
— Bien sûr ! s’entendit-il répondre.
Oui, vraiment un larbin.
— C’est vrai, tu veux bien ? J’étais sûre que tu accepterais, Link. Bon, où ai-je mis le balai ? Ça fait tellement longtemps, je n’ai plus la moindre idée d’où je l’ai rangé… De toute façon, tout ce que je veux, c’est être débarrassée de cette poussière. Peu importe la méthode, du moment que la poussière s’envole ! Allez, mets-toi au travail, tu veux bien ?
Link l’écoutait d’une oreille distraite, déçu de lui-même.
Oui, il avait bien eu l’idée d’aller rendre visite aux habitants de l’île, c’est vrai, mais c’était juste pour alléger son esprit des combats précédents avant d’aller dormir. Ça n’améliorait pas forcément l’état de son sommeil, bien sûr, mais ça lui permettait d’avoir une image apaisante quand il fermait les yeux et ainsi à sombrer lentement.
— Link ?
Aussitôt, il se redressa et afficha un sourire de façade.
— Je m’y mets tout de suite !
Bon, elle ne se souvenait pas où était rangé son balai ou n’importe quoi qui pourrait y ressembler, et elle se moquait clairement de la façon dont il s’y prendrait.
Très bien, aux grands maux les grands remèdes !
Soupirant le plus discrètement possible, il extirpa sa toute nouvelle acquisition et l’arma. L’air en jaillit et rapidement les couleurs parurent revenir sur les tapisseries et le reste de la maisonnette. C’était encore plus magique que la Jarre elle-même !
Puis la première assiette décorative tomba au sol.
Aussitôt, le chevalier en coupa le flux, craignant les remontrances.
Mais rien.
Alors, il reprit sa tache. Et une autre assiette se brisa contre le plancher.
Mais toujours rien.
Parfait, alors, il ira plus vite !
Avec application, il dépoussiéra chaque meuble, chaque voilage, chaque bibelot, s’arrêtant régulièrement pour rajuster sa prise et s’étirer un peu, gêné par le poids et la forme encombrante de l’objet. Il y eut beaucoup de fracas de vaisselle mais toujours aucune plainte. Ou, du moins, pas le genre auquel il s’attendait.
Dès que le souffle balayait la jupe de l’adulte, celle-ci poussait d’étranges petits sons, comme des gloussements, et pas un instant elle n’en parut dérangée, semblant même se déplacer de manière à se retrouver encore dans sa visée.
Heureusement, il en vit bientôt la fin.
— Ça alors ! J’avais oublié la couleur du plancher, depuis le temps ! Merci beaucoup, Link ! Tu as illuminé ma journée ! Il est temps de te payer pour tes efforts !
Bien malgré lui, il se redressa de toute sa petite taille, exsudant de fierté comme s’il venait de remporter la victoire sur un boss.
— Merci de tout cœur Link ! Ma maison est rutilante ! Comme c’est agréable de vivre dans une maison propre ! Tu as bien mérité quelques rubis ! Tu es tellement gentil ! Tiens, voilà vingt rubis !
Le rouge de ce rubis était semblable à celui de tous les autres qu’il avait pu glaner à travers son aventure, mais il ne put s’empêcher de le trouver… différent. Canita n’avait pas l’air conscient de son trouble.
— La poussière pourrait bien revenir, tu sais… Est-ce que je pourrai faire à nouveau appel à toi, dans ce cas ? Je te paierai bien ! Tu es d’accord ?
Alors qu’elle prononçait ces mots, elle s’était penchée sur lui, un air étrange sur le visage. Elle tenta de redresser son col mais échoua. Ni l’un ni l’autre ne le releva, bien que Link déglutit ostensiblement, rentrant la tête entre ses épaules alors que l’extrémité de ses doigts s’attardèrent sur sa gorge dévêtue.
Son visage était proche. Très proche. Trop proche.
— Oh… Une dernière chose… N’en parle pas à Kiko. Il se mettrait en colère en disant que je jette l’argent par les fenêtres… Tu n’en parleras pas, n’est-ce pas ?
— N… non, bien sûr !
Elle se rapprocha encore plus alors qu’il retint subitement sa respiration.
Dans l’intention de rejoindre sa chambre, Link marcha jusqu’à l’école de chevalerie. Mais, la tête brumeuse et les jambes flageolantes, il se rendit compte que ses pas l’avaient emmené vers l’accès supérieur de l’institution et que, non seulement il avait pu croiser Célestin, mais aussi… Kiko.
Kiko qui s’avança vers lui avec son habituel sourire enjoué, prêt à l’apostropher comme à son habitude.
— Salut, Link ! Tu… Tu vas bien ? Tu n’as pas l’air en forme ces derniers temps, mais là…
Ses yeux ne semblaient pas savoir où se poser alors qu’ils passaient des mèches ébouriffées coiffées du bonnet réglementaire de travers, au col de travers, aux pommettes légèrement rougissantes de son ami et à cette marque plus rouge sur sa joue qui ressemblait à du…
— Du rouge à lèvres ?
— Je- Je peux tout expliquer ! s’exclama Link alors que sa voix se brisait sur la fin.
