One-Shots Zelda, Zelda

Petites chamailleries entre amis

Couples : Time x Malon – Four x Dot (Zelda) / Vio Link x Shadow Link – Wind x Tetra – Twilight x Jehd – Legend x Lavio x Marin – Wild x Sidon – Warriors x Volga

Genres : Tranche de vie – Humour / One-shot

Rating : +8

Résumé : La visite du facteur était le meilleur moment de leur voyage.

Parfois, il ne s’adressait qu’à un seul Link, parfois à plusieurs et, très rarement, à eux tous.

Bonne lecture !


La visite du facteur était le meilleur moment de leur voyage.

Parfois, il ne s’adressait qu’à un seul Link, parfois à plusieurs et, très rarement, à eux tous. Et nous étions dans ce cas de figure.

Le petit groupe s’était éparpillé dans la trouée où ils se trouvaient, installés à même le sol ou contre les arbres, déchirant les sceaux des enveloppes et froissant le papier à lettre, impatients de ces nouvelles provenant de chez eux.

Warriors fut le premier à finir sa lecture, le mot étant aussi court qu’à chaque fois, et en profita pour laisser libre cours à sa curiosité sur qui pouvaient bien être les correspondants de ses frères d’armes.

Son voisin direct étant Wind, il fut tout naturellement désigné comme sa première cible. Alors, il le coudoya pour attirer son attention, son sourire de commère en place.

— Les nouvelles sont bonnes ?

— Oui, plutôt, commenta-t-il pensivement.

— Et qui est l’auteure de ce petit roman ? Tetra peut-être ?

Comme il s’y attendait, une légère rougeur le colora mais le benjamin de l’équipe ne releva pas le nez de sa correspondance.

— C’est une véritable chance que nous ayons obtenu notre courrier juste à temps !

— À temps pour quoi ?

Comme prévu, Wind lâcha ses nouvelles pour le regarder, l’intérêt brillant dans ses yeux.

— Tu ignores la date d’aujourd’hui ? C’est la Saint-Valentin, la fête des amoureux ! À quoi d’autre crois-tu que nous devons cette avalanche soudaine de missives ? Il n’y a bien que pour ce genre d’occasion que nous avons autant de lecture !

La réflexion fit son chemin dans ses pensées, Warriors pouvait le voir dans les grimaces qui froissaient le visage juvénile.

— Tu crois ?

— J’en suis persuadé. Tetra, donc ?

— Oui.

Le fard qu’il piqua fut cette fois plus prononcé, accompagné de ce sourire un peu timide, typique des premières amours.

— Et toi ? Il était de qui ?

— Artémis, ma Zelda. Mais c’est juste une taquinerie. On a pris l’habitude, quand nous étions plus jeunes, pour embêter notre entourage, puis pour se soutenir pendant la guerre. Nous ne sommes que des camarades.

Pour illustrer ses propos, il lui présenta le petit mot de sa souveraine, où celle-ci s’était amusée à écrire une déclaration si ringarde qu’elle en était comique.

— Tu lui as déjà envoyé la tienne ?

— Oui, quand le facteur m’a donné celle-ci, je lui ai confié ma version, c’est complètement extérieur à notre correspondance habituelle. Juste une plaisanterie bien rodée.

Wind afficha subitement son sourire de sale gosse alors qu’il se tournait vers leurs collègues.

— Et… les autres ? À ton avis, qui leur a écrit ?

— Oh, pour certains, c’est facile à deviner.

L’imitant, Warriors indiqua du doigt les héros qu’il mentionnait.

— Time, c’est évident, c’est son épouse Malon. Il fait toujours la même tête quand on la mentionne, et plus encore quand il la lit.

Ils avaient beau chuchoter, les gloussements du marin attirèrent l’attention de quelques-uns, mais ça ne dura pas longtemps.

— Notre bon vieux Sky, c’est assurément sa Zelda, aucune surprise là non plus.

L’élu de la déesse affichait lui aussi son sourire un peu stupide et énamouré, celui qu’il arborait uniquement quand il leur rabattait les oreilles sur les qualités de son adorable fiancée. Au moins ne leur lisait-il pas sa missive à voix haute, c’était déjà ça.

— Et enfin, Wild, je mettrais ma main à couper que c’est ce prince Zora. Il n’y a qu’à voir ses yeux.

Il y avait peu de sujets ou de situations qui détendaient autant leur ami, son prétendant en faisait partie. Ses lèvres étaient très légèrement courbées, mais c’était son front lisse de toute inquiétude et son regard clair qui indiquaient le mieux son état serein.

— Et pour les autres ?

Wind avait hoché la tête aux trois observations, en accord avec ses propos. Mais ils possédaient tous les deux cet amour du commérage et, évidemment, ce qui les intéressait, c’était de découvrir l’identité de la personne ayant rédigé les autres lettres, celles de ceux qui n’avaient pas encore été mentionnés.

— Deux choix s’offrent à nous : demander directement ou voler le courrier. Les deux comportent des risques, mais, qu’est-ce que c’est, comparé à la satisfaction d’avoir nos réponses ? soupira dramatiquement le soldat.

— Commençons par la manière civilisée, ils sont beaucoup trop nombreux pour que ce larcin s’achève sans encombre, s’amusa-t-il.

— Nous avons un plan.

Leur poignée de main fut remarquée par les plus paranoïaques, mais, hormis un sourcil arqué de la part de Legend, personne ne commenta. Qui savait dans combien de temps ils pourront prendre une pause pour se plonger dans leur admiration de la calligraphie de l’être aimé ? Ils pourront toujours se venger à un autre moment.

Justement, Hyrule paraissait avoir fini. Un air ravi sur le visage, il fouillait dans son sac, sans doute à la recherche de matériel pour répondre. Il était tout désigné, en plus d’avoir un caractère agréable et une pointe de naïveté qui ne devrait pas poser problème dans la situation actuelle.

— Les nouvelles sont bonnes ? s’enquit Warriors en s’asseyant à côté de lui.

— Très !

— Wah ! T’as deux lettres ? releva Wind en se penchant par-dessus son épaule.

Loin de s’offusquer de cet empiétement sur sa vie privée, le héros avait l’air de vouloir partager sa bonne humeur avec eux.

— Ce sont mes Zelda, Dawn et Aurora. C’est difficile pour nous d’échanger des lettres à cause de l’état du royaume, alors chaque petite nouvelle est forcément positive, peu importe le contenu !

— Tu as deux Zelda ?

— Oui, c’est une longue histoire, mais c’est le cas.

— Rien de romantique, alors ? Que c’est décevant, se plaignit le cadet en poussant plus son poids contre son ami, s’affalant.

— Désolé, rit-il. Mais pourquoi ces questions ?

Ils se contentèrent de hausser les épaules, tentant au mieux d’avoir l’air nonchalant. Ne surtout pas éveiller les soupçons, ils avaient à peine commencé !

— Comme ça, pour la conversation. Certains ont reçu pratiquement un livre à lire, donc nous allons sûrement rester sur place encore un petit moment.

Ils se tournèrent d’un même geste vers leurs camarades, apercevant les nombreux feuillets dans leurs mains.

— Je me demande bien qui a pu écrire autant à notre Vétéran préféré, releva Warriors.

— Legend est un correspondant tenace. Il écrit à pas moins de huit personnes, sans se tromper. Il a dû recevoir ses réponses.

— Comment tu sais tout ça ?

Au lieu de leur répondre, Hyrule se contenta d’un sourire mystérieux. Son prédécesseur et lui partageaient la même relation particulière de mentor et mentoré que Twilight et Wild ou Time et Twilight. Ils avaient leurs secrets.

— C’est moins croustillant, subitement… Moi qui m’attendais à une romance passionnée au vu de toutes ces pages, mais c’est juste son courrier régulier. Quelle déception.

— Je n’en serais pas sûr à ta place, Marin. Il sourit.

La mention de cette anomalie alerta les deux autres héros qui scrutèrent aussitôt le concerné qui, effectivement, arborait un rictus mal caché derrière sa longue mèche et ses lettres.

— Je veux savoir, se plaignit misérablement le héros du Vent. Il fait toujours la tête, c’est intrigant…

Il était loin d’être le seul à souffrir de cette avidité et le même regard entendu traversa leurs yeux. Même Hyrule !

— Alors, Legend, les nouvelles sont bonnes ? l’interpella Warriors.

— Qu’est-ce que ça peut te faire ? grinça-t-il en réponse.

Ses yeux étaient restés rivés sur le papier à lettre et il ne put donc apercevoir le pirate se glisser dans son dos – contrairement à Time qui se contenta de lever les yeux au ciel – bien décidé à voler une des pages ou, au moins, trouver un nom, une tournure vendant des sentiments romantiques… N’importe quoi.

— C’est Lavio qui t’appelle « mon petit lapin » ? demanda-t-il d’une voix claire.

— Non, c’est Marine, répliqua-t-il distraitement. Lui continue de m’appeler « Monsieur le Héros ».

Le chat était sorti du sac, il se rendit compte trop tard de son aveu et ne pouvait pas le nier. À la place, il devint cramoisi jusqu’au bout des oreilles et s’étouffa pratiquement sur place, mortifié.

— Deux personnes ! siffla d’admiration Warriors. Tu ne fais pas les choses à moitié !

— La ferme, grinça-t-il. Oublie tout ça et va te perdre dans les limbes.

— Ça te ferait trop plaisir et je te manquerais.

Au lieu de lui répondre, Legend ramassa ses affaires et grimpa au même arbre que Wild, se perchant à une branche voisine pour reprendre sa lecture, plus rouge que sa tunique. Le survivaliste releva la tête un instant à son passage, haussant un sourcil, puis l’imita, peu intéressé. Le syllabaire Zora était complexe à déchiffrer.

Assez fiers d’eux, le duo des affreux ricana d’avoir réussi leur coup. Hyrule se frottait la nuque avec embarras et amusement, gêné d’avoir passivement participé à cette bêtise mais, en même temps…

— Captain, jamais je n’aurais cru te voir t’abaisser à de telles gamineries, commenta Time en se redressant.

Il s’étira longuement, n’adressant plus le moindre regard aux incriminés.

Jouer au rabat-joie, c’était une chose, mais tout était une question d’équilibre. Les réprimander actuellement serait une perte de temps, il les sermonnera plus tard.

— Bon, il reste Four et Twilight, chuchota Wind en se rapprochant de son aîné. On enchaîne avec qui ?

— L’Éleveur. Il y aura sûrement plus à creuser vu ce qu’il nous a déjà raconté.

Cette fois, ils ne prirent même pas la peine d’être discrets, leur ami étant plongé dans sa lecture si profondément, dès le premier mot, qu’il avait l’air perdu dans son propre monde, n’ayant réagi à aucun des incidents précédents.

Le prenant par surprise, Warriors lui arracha le courrier des mains et le tendit à bout de bras dans une tentative de le mettre hors de sa portée malgré les quelques centimètres qui les différenciaient.

— Tiens tiens, de qui cela peut-il être ? Ta Zelda ? Non, je ne vois pas sa signature… Peut-être cette amie que tu mentionnes parfois… Iria, je crois.

Il retourna les feuilles, tentant de trouver une signature, n’importe quoi qui lui permettrait de reconnaître l’expéditrice.

— Ou alors, cette princesse qui t’aurait brisé le cœur ? À quoi ressemblait-elle, déjà ? Grande… Rousse…

Twilight luttait pour récupérer son bien, agrippant l’enquiquineur par le col pour le faire ployer et ainsi gagner les quelques centimètres qui lui manquaient pour cela. Autour d’eux, leurs camarades les observaient ou restaient plongés dans leur lecture, blasés.

Les chamailleries étaient fréquentes parmi leurs rangs, après tout. Tant qu’elles ne se concluaient pas dans le sang ou les larmes (ou le dîner renversé), ils avaient tendance à laisser courir. Ou à y participer. Il était bon aussi de renverser la vapeur et de quitter le carcan du héros afin de redevenir de simples citoyens.

— Ha ha ! Trouvé !

Le cri de victoire en surprit plus d’un et enragea d’autant plus le héros élu des déesses qui augmenta ses efforts, peu intéressé à l’idée de partager quelque chose d’aussi intime que le nom de l’élu de son cœur.

La distance entre ses yeux et la signature mettait à mal la vue du chevalier qui plissa les yeux pour déchiffrer la paraphe raffinée avec beaucoup de boucles.

— … Shad ? Jehd ? Attends, c’est pas ce gars, là ? L’archiviste ?

— Si ! s’exclama Hyrule. Twilight nous l’a présenté la dernière fois.

Profitant de la surprise, celui-ci parvint à lui arracher la lettre des mains et établir une distance de sécurité entre eux, tenant le papier contre son cœur, à deux doigts de montrer les dents et de gronder.

— Oh, pourquoi le prends-tu si mal ? Il n’y a pas de secret dans une famille !

— Non seulement, si, il y a des secrets dans une famille, mais c’est aussi à moi de décider ce que je partage ou non. Et Jehd est hors limites. Bas les pattes.

— Desserre ton col, berger, je ne fais que plaisanter. Je ne suis intéressé par aucun de vos partenaires et n’ai pas l’intention de m’immiscer dans votre intimité. Je pensais que tu me connaissais mieux que ça !

Pendant que les deux s’affrontaient verbalement, le reste du groupe s’était réuni, les observant comme au spectacle, jusqu’à ce qu’un détail n’attire l’œil exercé de Wind qui se faufila dans le dos du Capitaine en s’assurant de ne pas se faire repérer, ni par l’un, ni par l’autre, attrapa sa cible et s’empressa de s’écarter, poussant la prudence jusqu’à s’abriter derrière les autres héros.

— Hé, Wars ! Finit-il par l’appeler. C’est qui Volga ?

Twilight complètement oublié, le héros des guerriers se mit à poursuivre leur cadet, vociférant sur ses désastreuses habitudes de faire les poches, sous les moqueries de leur public.

— Alors, Jehd ? taquina Time quand son descendant le rejoignit, l’air grognon.

— Alors Jehd. Un problème ?

— Aucun, lui assura-t-il. Je trouve juste amusant qu’à défaut de mon nez, tu auras hérité de mon inclinaison pour les roux.

Il le laissa après un haussement d’épaules, lui offrant le temps de traiter sa blague, mettant une certaine distance de sécurité avant de se faire courser à son tour.

Et, au milieu de cette agitation, Four rangea soigneusement la lettre fleurie de Dot, sa Zelda, ses yeux passant du vert au violet alors qu’un rouleau de papier sortait de son ombre, tenu par une main grise aux ongles vernis. Leurs doigts se caressèrent alors qu’il le récupérait, soufflant un baiser en sa direction.

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