Couple : Red Link x Blue Link x Green Link x Lavio
Genres : PWP / One-shot
Rating : +18
Résumé : Le retour de M. le Héros de son aventure du royaume d’Estoffe avait été accompagné d’une surprise de taille : il y avait maintenant trois exemplaires de lui, pratiquement semblables physiquement, à l’exception de leurs couleurs de cheveux. Entièrement nu, il frissonna sans savoir si c’était dû à un courant d’air ou à l’anticipation.
À quelle sauce allait-il être mangé ?
Bonne lecture !
Lavio ferma les yeux, se sentant partir sous l’afflux des sensations.
Pressé contre lui, Bonfire lui dévorant la gorge et le haut du torse, les mains enfouies dans ses cheveux, lui inclinant la tête au besoin.
Les mains d’Ocean le frôlaient tour à tour, le déshabillant doucement pendant que Forest se tenait dans son dos, le soutenant quand il se penchait, caressant la peau dénudée, alternant les pressions.
Le bouche entrouverte, le marchand lâchait gémissements et geignements tour à tour, submergé.
Le retour de M. le Héros de son aventure du royaume d’Estoffe avait été accompagné d’une surprise de taille : il y avait maintenant trois exemplaires de lui, pratiquement semblables physiquement, à l’exception de leurs couleurs de cheveux (Bonfire les avait écarlate, ceux d’Ocean étaient bleu saphir, et Forest les avait vert lime).
Dans l’ensemble, ça n’avait pas été différent à d’habitude car Link ne se divisa que quelques fois, jusqu’à ce que la même idée ne traverse leurs esprits et qu’il se retrouve dans la chambre, aux bons soins des doubles de son compagnon.
Entièrement nu, il frissonna sans savoir si c’était dû à un courant d’air ou à l’anticipation, Forest le tirant entre ses jambes et collant son dos à son torse, repoussant Bonfire qui fronça le nez et claqua la langue de désapprobation.
– L’idée, c’est de partager, ne commence pas à te la jouer solo, commenta Ocean.
En glissant un œil vers lui, Lavio se sentit rougir en le découvrant nu à son tour. Rationnellement, il savait que c’était M. le Héros, le corps de M. le Héros qu’il avait exploré à plus d’une reprise, mais les cheveux bleus et l’air joueur sur son visage lui donnaient l’impression d’avoir à faire à une autre personne.
Des doigts pressèrent les traces de morsures et les suçons, attirant son attention sur Bonfire qui attrapa son menton, les sourcils froncés.
– Je peux savoir ce que tu regardes ?
Malgré la couleur écarlate de sa chevelure et ses sourcils, il n’eut pas le même trouble, reconnaissant Link dans l’éclat de ses yeux et le contrôle qu’il exerçait sur lui à cet instant, un autre frisson le trouvant, mais d’excitation cette fois, ses entrailles se tordant d’anticipation.
Au lieu de lutter contre la prise ou de tenir sa tête, il se fondit dedans, y prenant appui, les yeux se fixant dans les siens, son monde s’y limitant, totalement en confiance.
La peau chaude de Forest semblait le couvrir comme une couverture drapée sur ses épaules.
Le matelas sous eux se déforma, mais il ne s’imagina pas un instant se reculer pour satisfaire sa curiosité. Bonfire ne le lui permettrait pas.
Celui-ci brossait son pouce sur ses lèvres, pensif, les séparant et tirant celle inférieure, la pinçant doucement.
Le baiser qu’ils partagèrent était lent et doux, l’envoyant toujours plus loin.
Forest s’écarta de lui, marmonnant sans doute à Ocean, mais il n’y avait que Bonfire pour lui, sa tête au creux de sa paume, ses doigts contre sa peau.
Son autre main s’éleva, glissant le long de son bras gauche jusqu’à sa clavicule, la frôlant avant de reposer à la base de son cou, comme s’il mesurait son pouls, puis remonta jusqu’à l’os de sa mâchoire, la suivant, passant sur la rondeur de la pommette, appuyant légèrement sur la tempe.
Pas un instant ils n’avaient cessé de se regarder, leurs bouches se rencontrant au rythme imposé par cette version de Link.
De la tempe, la main passa aux boucles aubergines, jouant avec, suivant, suivant la ligne de l’oreille pointue, la taquinant, puis se reposa contre sa nuque, les doigts toujours enfouie dans ses cheveux, massant faiblement son cuir chevelu.
Ce n’est que lorsque Forest se recolla contre son dos que Lavio remarqua son absence de plus tôt. Et au vu du contact complet, les mouvements plus tôt devaient être lui retirant ses habits.
Bonfire se recula, le relâchant, mais il ne put s’empêcher de le suivre, provoquant un sourire amusé. Il gagna une légère pression de ses lèvres sur le front mais Bonfire resta en retrait.
Ocean surgit soudain dans son champ de vision, l’étreignant et déposant sa tête contre son torse, comme à l’écoute du battement de son cœur.
– À nous aussi de jouer, lui souffla Forest à son oreille.
Tel un signal, Ocean se redressa, cachant de nouveau la vision de Bonfire avec sa tête, ses yeux pétillants d’amusement. Involontairement, Lavio marqua un mouvement de recul, bloqué par le corps derrière lui.
Ocean grimpa sur ses cuisses, croisant les bras derrière la nuque de Lavio, pendant que Forest lui saisissait les hanches, embrassant une épaule.
Il était quasiment impossible d’ignorer les érections qui se frottaient contre sa peau et il gémit de nouveau.
La pensée fugace qu’il se laissait totalement faire le traversa, accompagné d’un pincement de culpabilité. Une relation était basée sur l’équilibre entre donner et recevoir ! Et la nouveauté de l’expérience ou d’être complètement dépassé par la situation n’était pas une bonne excuse…
Déglutissant, il entoura la taille d’Ocean de ses propres bras, découvrant la sensation différente de cicatrices qu’il connaissait pourtant depuis un moment. Mais il n’eut pas le temps de se pencher plus longtemps dessus que ses mains furent écartées par celles de Forest alors qu’Ocean se mordillait la lèvre inférieure, troublé.
Le lit bougea un peu sous eux et Bonfire surgit de nouveau, attrapant un des poignets retenus, y déposant un baiser.
Lavio enregistra distraitement qu’il avait dû profiter de son absence rapide pour quitter ses habits, avant de se retrouver piégé de son regard. Il chassa la main de sa version verte, ses lèvres frôlant la peau tendre à chaque mot.
– Laisse-nous prendre soin de toi, petit lapin, susurra-t-il. Abandonne-toi à nous…
Une fois de plus, il eut l’impression qu’un interrupteur était actionné dans son esprit, se relâchant soudainement, tel un pantin dont on coupait les fils, s’affalant contre Forest alors qu’Ocean appuyait de nouveau son visage contre son torse, les yeux fermés et souriant. Son autre main libérée à son tour, sentant Forest entrelacer leurs doigts, la reposant sur sa cuisse.
Son corps lui semblait à mille lieux de son esprit, une autre dimension…
Le sourire de Bonfire l’aurait apeuré dans un autre contexte, à la place, il se sentit lui répondre de même, rougissant légèrement lorsqu’il prit un air plus tendre, touché de cette preuve de confiance que lui conférait son compagnon.
Son échange oculaire fut brisé quand Forest lui releva le menton, l’air soucieux.
– Mais ne te force pas, d’accord ? Ton bien-être prime sur notre plaisir.
L’amour qu’il sentait lui fit piquer un fard impressionnant alors que lui revenait en tête des moments où Link tombait suffisamment ses barrières pour se permettre des preuves d’affection, rares et précieux.
Hypnotisé, il étira le cou, pressant difficilement ses lèvres contre les siennes, déposant sa tête contre la sienne, réchauffé par les souvenirs des étreintes langoureuses, les nuits un peu plus longues, les câlins impromptus, les baisers appuyés et leurs lectures à deux sur le même canapé dans les bras l’un de l’autre… Tous ces petits instants où l’armure tombait suffisamment longtemps pour qu’il en profite un peu.
– Moi aussi je veux un bisou, se plaignit Ocean en relevant la tête.
Amusé cette fois, Lavio obéit, se penchant pour le baiser réclamé, sentant ses mains glisser dans ses cheveux, les caressant.
Il retrouva le même amusement dans ses iris noirs, avec une nuance plus naïve, innocente. Celui que Link portait lorsque son âme d’enfant effleurait la surface, mais vu le contexte, il se doutait qu’il n’allait pas s’extasier sur le vol des abeilles.
Il se pelotonna de nouveau contre sa gorge, un sourire heureux sur le visage.
Même dans cette situation ô combien agréable, le cerveau de Lavio analysait ce qui se déroulait autour de lui.
– Vous abritez chacun une partie distincte de la personnalité du corps principal ? Conclut-il.
Ocean sous le menton, Forest l’embrassant dans la nuque et jouant avec ses doigts, Bonfire reprenant sa traînée de baisers au creux de son poignet gauche, il peinait à garder la tête hors de l’eau mais tint bon, effrayé de se laisser totalement aller malgré toute la confiance qu’il mettait en son partenaire, que celui-ci soit en trois exemplaires ou un seul.
– C’est ce que nous avons conclut à la fin de notre aventure, répondit Forest contre son oreille.
Il réprima le besoin de la secouer pour en chasser la sensation fantôme de son souffle, mais finit par échouer, provoquant un léger rire.
– Tu es surprenamment à l’aise dans cette situation.
– Vous êtes Link et c’est lui qui a pris l’initiative, je ne vois pas de raison d’être mal à l’aise, éluda-t-il.
Il le regretta lorsqu’un sourire carnassier s’afficha sur leurs trois visages et qu’ils parurent tenir une conversation télépathique au vu du mouvement de leurs yeux et de leurs têtes, un peu comme s’ils se mettaient d’accord sur un sujet qui paraissait être désagréablement lui.
– C’est le moment où je dois prendre peur ? Couina-t-il.
Au lieu de lui répondre, Ocean ravit sa bouche, Forest lui mordilla la nuque, pétrissant ses cuisses, Bonfire enlaçant son torse, la main gauche caressant toujours plus bas, toujours plus bas…
Lorsqu’il la referma sur son pénis, ce n’était pas une surprise mais il est quand même un sursaut, manquant de peu de mordre la langue d’Ocean. La pression sur ses cuisses, l’épinglant sur place.
– Hé, faîtes gaffe ! Râla Ocean. Si j’ai la langue blessée, vous l’aurez tous lors de la réunification.
– Pardonne-nous, s’amusa celui aux cheveux verts. J’ai été un peu distrait par cette délicieuse vision…
– Si c’est Lavio la raison de ta distraction, tu es tout pardonné, rit Bonfire.
Il eut l’impression de prendre feu tellement son embrasement fut violent, ce qui parut leur plaire.
Ocean noua les jambes dans le dos de son double, les rapprochant tous les trois dans la foulée, un gémissement roulant sur leurs langues, mais celui de Lavio se coupa dans un halètement alors que Bonfire le masturbait lentement, ses yeux rivés aux siens, l’immobilisant plus efficacement que n’importe quelle prise sur lui.
Link faisait ça, parfois, l’épinglant sur place d’un seul regard, pouvant le manipuler comme une poupée, à son plus grand plaisir.
Ce que, évidemment, ils savaient tous les quatre et dont comptait largement profiter Bonfire, désireux de découvrir jusqu’où ils pouvaient aller.
Lavio appuya la tête contre son épaule, cherchant à atteindre Bonfire pour l’embrasser, mais celui-ci se recycla hors de sa portée resserrant son poing. Il provoqua ainsi un soubresaut et un geignement mais ce n’était pas suffisant.
Forest l’enlaça, le poussant à s’affaler un peu plus contre lui, parsemant sa nuque et ses épaules de baisers et de morsures, ses doigts s’accrochant à ses épaules, ses bras l’étreignant fermement, l’épinglant efficacement.
Ocean lui, s’était penché en arrière, contemplant les actions de ses doubles sur Lavio sans desserrer sa prise sur leurs hanches, frémissant aux caresses indirectes de Bonfire.
L’air s’était réchauffé qu’il s’attendait à apercevoir de la condensation sur les vitres.
Mais bien vite, son attention se centra sur son amant, un nouveau gémissement lascif coulant de ses lèvres, l’invitant à reprendre part aux réjouissances.
Lavio était loin d’être inactif lors des moments tendres partagés avec son compagnon, et il se sentait un peu coupable de ne pas participer plus à l’étreinte, mais il y avait toujours une main pour le restreindre, toujours une langue pour détourner son attention ou le couper dans son élan, le réduisant toujours plus à un tas de chair frémissant et rougissant, ivre de plaisir, perdu dans toutes ces sensations.
Petit à petit, il n’était même plus capable de formuler la moindre pensée, se contentant seulement de réagir quand on lui en donnait la possibilité, la bouche ouverte sur une litanie de gémissements qu’il ne pouvait plus entendre.
Mais il voulait qu’eux aussi se sentent bien, qu’il puisse leur rendre la pareille…
– Laisse-nous faire, chuchota Forest à son oreille.
– Mais ce n’est pas juste si je suis le seul à profiter, articula-t-il avec difficulté.
– Qui te dit que c’est le cas ?
Peu importe le regard qu’il croisait, les trois paires d’yeux arboraient le même air satisfait d’un chat aux vibrisses recouvertes de crème. M. le Héros était un foutu roublard, quelque soit la couleur de son poil, parfaitement capable de retourner la pire des situations en sa faveur. Et celle-ci en était loin d’en être catastrophique.
En d’autres termes : Lavio n’avait pas à se casser la tête, ces trois diablotins sauront merveilleusement se payer la part du lion sur sa pauvre carcasse et, surtout, lui faire savoir quand ce sera le cas.
Et après, c’était lui le vilain marchand qui aimait avoir une ascendance sur ses pauvres clients dans le besoin…
Il ne quitta ses pensées que suite au resserrement de la prise sur son pénis, et quand il croisa le regard de Bonfire, il sut que c’était parfaitement volontaire. Il avait de nouveau froncé les sourcils et il montrait le même agacement que tantôt. Définitivement, il incarnait le côté dominateur de son amant, celui-ci appréciant peu quand il partait dans ses pensées dans ce genre de moment.
Mais était-ce de sa faute s’il lui donnait tant de grains à moudre ?
– Ne va pas nous le casser, Bonfire.
Au lieu de lui répondre, celui-ci leva les yeux au ciel et détendit la main, changeant son étreinte pour des caresses plus légères mais pas moins appuyées. Lavio se tortillait, autant pour éviter que pour amplifier la situation. À chaque balancement de ses hanches, les soupirs lourds de Forest et Ocean s’élevaient dans ses attentions pour parfois laisser poindre le tranchant d’une dent, comme s’il cherchait à s’ancrer dans la réalité. Ou, du moins, c’est ce que Lavio ferait à sa place.
Lui-même essayait de trouver une prise malgré les bras de Forest en croix autour de son torse, ma main ferme de Bonfire appuyait sur son érection ou les jambes d’Ocean appuyant sur ses cuisses, grattant de ses ongles émoussés les peaux abîmées, glissant sur les muscles lisses, butant sur les os affleurants. L’instant présent semblait lui glisser entre les doigts, s’éloignant de lui.
L’excitation montait en vague, raidissant ses membres comme s’ils hésitaient à se débattre ou à s’abandonner, repoussant toujours plus loin sa conscience qu’il sentait vaciller.
Si ces trois-là poursuivaient dans cette voie, Lavio ne serait pas surpris de perdre connaissance à un moment donné.
En désespoir de cause, il s’agrippa aux bras de Forest comme si les relâcher causerait sa perte, l’imminence de sa jouissance semblable à une agonie. Si jamais l’un d’eux le libérait de son contact, il aura l’impression de couler au fond de l’océan.
Le rythme de Bonfire devint erratique, s’accélérant au même titre que leurs souffles à tous les quatre.
Forest, Bonfire et Ocean ne parvenaient pas à détacher leurs regards du corps alangui de leur compagnon, celui-ci n’émettant plus la moindre résistance à quoi que ce soit, submergé par les stimulations. Il avait abandonné le combat contre ses paupières, leur permettant de se clore, ses lèvres gonflées entrouvertes laissant passer sa respiration laborieuse et un filet de salive suite aux nombreux baisers qu’Ocean lui avait ravi.
– Tu crois qu’il est encore avec nous ? s’amusa Forest.
Ne pouvant utiliser ses mains, il contractait les bras en une tentative de caresse, sentant les tremblements s’amplifier à chaque vague de plaisir supplémentaire.
– Je pense plutôt qu’il est loin, très loin, rit Ocean.
Il se pencha sur lui, mais au lieu d’un nouveau baiser, il appuya son front contre son épaule.
Même si c’était par contact indirect, les attouchements de leur double avait une incidence sur Forest et Ocean, dû à la friction occasionnée par Lavio. L’intensité était moindre comparée à son traitement de faveur, mais ils savaient tous les deux qu’ils le suivraient dans son orgasme, s’emmêlant dans un nœud de membres.
– J’y suis presque, haleta Bonfire.
Depuis que Lavio n’avait plus la force de garder les paupières ouvertes, il ne faisait plus l’effort de cacher le plaisir sadique de son sourire, s’amusant des tourments dans lesquels il plongeait son amant, mais aussi ses alter ego qu’il sentait se trémousser en rythme, leurs étreintes se resserrant et piégeant sa main entre les aines de Lavio et Ocean.
Il en avait encore une de libre et aurait pu décider de s’octroyer le même service, mais il savait qu’il sentirait plus de plaisir à les dévaster ainsi qu’en y prenant part.
Lavio n’était plus capable d’exprimer le moindre son depuis un moment. Quand la volupté le frappa, tel un éclair, il ne poussa aucun cri bien que sa mâchoire le mima.
Ses yeux s’ouvrirent subitement et il eut un aperçu de son amant dédoublé l’observant attentivement, la version aux cheveux bleus avec un sourire ravi, celui écarlate étant plus appréciateur du spectacle, puis il n’y avait plus que la félicité et il ne voyait plus rien, s’abandonnant totalement.
Bonfire ne fut que légèrement surpris par la virulence de l’orgasme du lolien, contrairement aux deux autres, mais tous les trois étaient d’accord sur l’aspect séduisant qu’il avait revêtu. Leur compagnon était adorable en tout temps et en tout lieu mais la sensualité qui se dégageait de lui en cet instant était un spectacle dont ils se gorgeaient. Et c’était encore plus satisfaisant en sachant que c’était de leurs faits.
Forest jouit à son tour, resserrant son étreinte sur le corps tendre, la mâchoire verrouillée sur la nuque sensibilisée, étouffant le grondement roulant dans sa gorge, contrairement à Ocean qui ne s’en cacha pas, l’exprimant librement, tout son être se crispant et son dos s’arquant, la tête rejetée en arrière, sa frange emmêlée en mèches humides.
Si Lavio avait retrouvé la vue, il aurait pu admirer la beauté lascive de son compagnon à l’apogée de son extase alors qu’il se redressait, le souffle court, retirant ses jambes pour se reculer plus confortablement.
Bonfire n’attendit pas plus pour prendre sa place, l’aidant à s’allonger au bout dut lit, repoussant les cheveux humides de son visage.
– Tu prends le relais ? Charria Ocean avant de se rouler en boule, le sommeil menaçant de l’emporter.
En guise de réponse, son sourire prit une nuance sournoise avant qu’il ne retourne auprès des deux encore enlacés, entreprenant de les démêler, repoussant Forest qui lui rendit le même sourire, s’adossant à la tête de lit, le souffle court.
Dans ses bras, Lavio reprit lentement conscience, se sentant tout cotonneux. La lumière l’éblouissant un peu alors il se réfugia dans l’étreinte qui le retenait, y enfouissant le visage.
La peau était légèrement salée par la transpiration et chaude au toucher. Les cicatrices qui la parcouraient étaient toujours aussi familières mais il était bien incapable de déterminer lequel des trois le câlinait.
– Tu es de retour ?
La voix douce n’était pas un indice suffisant alors il releva la tête, apercevant des mèches écarlates.
– Bonfire ?
– Exact.
Il l’embrassa sur le front, tendrement. De sa main encore propre, il effleurait l’épiderme sensible en des motifs invisibles, provoquant la chair de poule.
Ils n’avaient pas beaucoup de place avec les deux autres doubles à chaque extrémité du lit, leurs attentions tournées vers eux, mais c’était loin de faire peur à Bonfire. Au contraire, il profita de la présence de son double vert et qu’il se soit assis pour utiliser sa cuisse comme coussin pour Lavio, alors qu’il le relâchait lentement, parsemant son visage et le haut de son torse de baisers.
Il n’avait pas besoin de le faire supplier pour ravir ses pulsions dominatrices. Le voir aussi docile, ivre d’un plaisir qu’il lui avait octroyé, le gratifiait plus que tout au monde.
Il portait sur lui un regard humide si affectueux que ses joues auraient pu correspondre à la couleur de ses cheveux, s’il n’exerçait pas un bon contrôle sur ses émotions et leur manifestation.
Il lui fallait garder la tête froide pour ce qui allait suivre.
Encadrant Lavio de ses membres, il taquinait ses nerds de toutes petites attentions, juste assez pour qu’il lui soit impossible de l’oublier, lancinants rappels de cette nuit pour tous les jours à venir, sans s’attarder de trop.
L’idée était de faire monter le désir, une fois de plus, afin de pouvoir reprendre ce petit jeu là où ils en étaient avant que son orgasme ne remette tous les compteurs à zéro – ou presque.
La sur-stimulation et sa connaissance des zones érogènes de son compagnon y participèrent grandement, et bientôt Lavio se retrouva dans le même état que tantôt, mais uniquement du fait d’une personne.
Spectateur ravi, Forest les contemplait, les pupilles dilatées et le souffle haché. S’il en avait été capable, nul doute que son érection aurait tenue compagnie au lolien, mais ce n’était pas le cas, alors il se contenta de rester sage, peignant délicatement les mèches aubergines, lui dégageant le visage pour mieux admirer la passion qui l’animait.
Lavio plongea son regard dans le sien, incapable de soutenir sa nuque pour suivre le déplacement de l’autre réplique, lui adressant un sourire un peu boiteux.
La progression du désir le submergea rapidement et il ne fallut pas longtemps pour qu’il ait de nouveau à lutter contre ses paupières, le dos légèrement arqué au-dessus lit, hésitant entre approfondir les attouchements ou les fuir, mais ne parvenant pas à se décider, de légères plaintes quittant ses lèvres sèches.
Bonfire appuyait le front contre son ventre, embrassant du bout des lèvres la peau tendre, la tirant entre ses dents, juste le temps de provoquer cette petite piqûre de rappel avant de passer à un autre endroit.
Dans son dos, Ocean s’agitait mais personne ne lui prêta attention, du moins jusqu’à ce qu’il revienne avec de quoi boire, servant Forest qui le remercia avec gratitude puis il se pencha sur Lavio.
– Tu penses pouvoir te redresser ou je dois te la donner ?
À chaque tentative pour se relever, même un peu, les dents de Bonfire s’enfonçaient plus profondément dans la chair, ses doigts pétrissant ses cuisses d’une manière presque douloureuse.
Pas dupes, les deux autres encouragèrent leur amant dans ses efforts mais ne cachèrent pas pour autant leurs sourires amusés dès qu’il échouait.
Glissant à genoux sur le lit, Ocean se pencha sur lui, sortant prudemment la langue pour l’appuyer entre les lèvres à peine entrouvertes, quelques gouttes s’échappant de la bouche remplie d’eau.
– Ouvre, petit lapin, Ocean va t’aider, murmura Forest, comprenant son intention.
À l’instant où il obéit, il sentit le baiser pressé puis l’eau tiédie couler dans sa gorge, le réhydratant.
Le manège se répéta plusieurs fois, jusqu’à ce que Lavio lui fasse signe d’arrêter, satisfait. Une dernière embrassade et il se retira, prenant appui contre le côté de son double, attrapant une main du lolien pour la tenir entre les siennes, jouant avec, appliquant pressions et caresses dessus.
Mis de côté et appréciant peu cela, Bonfire claqua de la langue et ajusta sa position. Il attrapa les cuisses maigres pour les poser sur ses épaules, son visage disparaissant entre elles.
Le toucher humide de l’organe ne surprit pas Lavio, bien qu’il eut le réflexe de fermer les jambes, empêché par la prise de fer de l’alter ego écarlate.
L’éveil lent de son pénis était presque douloureux alors que son désir était lentement alimenté, trait par la succion qui lui était appliquée.
La douleur était présente mais presque indiscernable sous les attentions de Bonfire qui prenait un malin plaisir à jongler entre ses cajoleries, jouant de nouveau des dents et de la langue, quittant la bite faiblement érigée pour grignoter la ligne intérieure de la cuisse, en libérant une afin de récupérer une main, massant ses bourses alors qu’il suivait la courbe.
Il redressa la tête en direction des deux têtes similaires, leur adressant un ordre simple. Ils faillirent se rentrer dedans pour obéir, se gênant avant de parvenir à attraper l’huile abandonnée sur la table de chevet, la lui tendant puis la lui versant directement dans sa main tendue, des gouttes glissant sur le torse dessous, coulant en de fines lignes.
Ocean joua avec, les étalant sur la peau pâle, la pétrissant du bout des doigts jusqu’à ce que le produit ait pénétré, puis il se retira, déçu.
La piste était de nouveau pour Bonfire.
Facilité par leurs rapports fréquents et le corps gras, ses doigts prirent un rythme rapide, travaillant la prostate avec attention, l’observant se tortiller sans pouvoir s’échapper, les jambes toujours bloquées sur ses épaules, Forest et Ocean le retenant par les poignets, chacun le sien.
Le premier pressait ses lèvres contre le pouls, multipliant les baisers papillons, le cajolant.
Le second, lui, avait entrelacé leurs doigts, les caressant de temps en temps, plus intéressé par le manège de leur troisième membre, servant presque d’ancre à Lavio qui s’accrochait à lui.
M. le Héros était partout autour de lui, en lui, agaçant ses nerfs comme il savait si bien le faire, le poussant toujours plus contre sa limite.
Il était de nouveau noyé dans toutes ces sensations, s’agrippant à la main d’Ocean comme à une bouée, ayant une fois de plus l’impression qu’il serait perdu corps et bien à la seconde où leurs doigts se lâcheraient.
Quand Bonfire le pénétra enfin, mettant fin à ses taquineries incessantes, ce fut comme un soulagement. Une respiration avant le grand plongeon.
Il se pencha pour un baiser à peine appuyé, accolant leurs fronts en un simulacre de réconfort.
Bien, vite, les doigts folâtres d’Ocean emmêlèrent leurs mèches, comme s’il avait l’intention de les tresser ensemble.
– Bouge, supplia finalement leur compagnon.
Il était bloqué, incapable de mouvoir ses hanches pour provoquer un coulissement, alors que le poids semblait augmenter, Bonfire se reposant totalement sur lui, l’épinglant plus puissamment encore.
Se hissant sur les coudes, son tourmenteur se pencha à son oreille :
– Non, y souffla-t-il.
Incapable de s’en empêcher, des gémissements plaintifs s’élevèrent, presque des larmes. Mais ce n’était que la frustration qui parlait, et c’était exactement le signe qu’ils attendaient tous les trois.
Quel intérêt de se diviser et de charmer leur partenaire si c’était pour faire comme à leur habitude, en étant juste un peu plus nombreux qu’à l’ordinaire ?
Non, dès que l’idée avait germé dans leur conscience partagée, ils avaient minutieusement élaboré les étapes de leurs fantasmes et leurs limites personnelles.
Que Bonfire soit celui qui joue les marionnettistes avait fait partie de leurs discussions. Après tout, il était celui qui avait hérité du goût pour la domination de leur personnalité hôte, alors ça n’avait pas fait tant débat, la question étant plutôt si Ocean et Forest se laisseraient faire ou lutteraient contre. Heureusement, ils n’étaient pas aussi mauvaise tête que Link et pouvaient accepter quelques directives, tant qu’ils avaient eux aussi droit à leur part du gâteau.
Après tout, aucun d’eux n’était particulièrement partageur, et encore moins quand il était question de quelque chose qu’ils avaient revendiqué à eux. Même entre eux.
Lavio était parcouru de frissons, des larmes s’agglutinant autour de ses yeux. Les plaintes quittant ses lèvres gonflées étaient hachées, inintelligibles, mais il continuait de les bafouiller malgré tout, le regard rivé dans celui face au sien, à la recherche de la moindre étincelle de compassion. Le plus petit indice auquel s’accrocher pour espérer obtenir une nouvelle libération à la place de l’entretien de la frustration.
Mais rien.
Non, pire que rien.
Il avait peut-être sa vision brouillée par les larmes coulant enfin, mais il connaissait Link en tout temps. Et plus encore l’expression de ravissement pur et jubilatoire qui hantait actuellement le noir de ses iris.
Ce n’était pas qu’il savourait la douloureuse frustration qu’il lui faisait ressentir. Non, ce qui animait Bonfire en cet instant, c’était l’autorité qu’il avait sur lui, c’était la confiance totale et l’abandon complet du lorulien, et il ne pouvait s’empêcher de vouloir le pousser jusque dans ses limites, au mépris de son confort.
Heureusement, les doppels étaient aussi là pour veiller au grain.
– Ne va pas nous le casser, Bonfire, répéta celui aux cheveux verts. Tu as suffisamment joué comme ça. Libère-le.
– Nous aussi on on veut jouer ! Pleurnicha le dernier. T’es pas partageur.
Au lieu de leur répondre, le concerné asséna un nouveau coup de rein, mais la réaction de leur partenaire parla d’elle-même alors qu’il se tortillait autant qu’il le pouvait malgré sa liberté restreinte, les pleurs semblant sans fin alors que ses gémissements se mêlaient au grognement rauque roulant du fond de la gorge de Bonfire, le plaisir les épinglant simultanément.
Ocean et Forest lâchèrent leurs prises respectives et se déplacèrent chacun pour s’occuper d’un autre.
Ocean aida son alter ego à se libérer de l’étreinte crispée de Lavio, pendant que celui-ci était dorloté par le troisième, qui le ramassait dans ses bras, coiffant ses cheveux en arrière pour l’embrasser sur le front, essuyant les larmes et lui chuchotant des louanges.
L’ambiance s’apaisa lentement, les respirations bruyantes s’atténuant et un frisson les parcourut tous les quatre alors que la température retombait.
– Wahoo, souffla péniblement Lavio. Mes jambes sont encore là ?
Son habituel sourire de sale gamin aux lèvres, Ocean tendit la main pour lui pincer les mollets, obtenant ainsi un couinement indigné et une tentative de fuite, mais Lavio était bien trop épuisé pour faire plus que quelque mouvements vagues.
– Ça suffira pour ce soir, déclara celui qui l’étreignait. On en a assez fait comme ça.
Même s’ils l’avaient pu, personne ne s’en plaignit, assez d’accord et épuisés.
– « Pour ce soir » ? Releva Ocean.
Les étincelles dans ses yeux et son sourire accentué en disaient plus que tout autre mot.
Affalé contre lui, Bonfire ricana bêtement, les endorphines noyant son système nerveux.
– Oui, « pour ce soir », répondit-il sans se démonter. À moins que cette expérience ne t’ait suffi ou déplu, petit lapin ?
Un borborygme enthousiaste s’échappa de l’interpellé avant qu’il ne mobilise ses dernières forces, appuyant la joue contre son épaule, le regard flou et le sourire rêveur.
– À charge de revanche, souffla-t-il. Mais pas avant une sieste de plusieurs jours, si vous voulez bien…
Un rire épuisé les secoua, l’avis étant partagé.
– Je crois que même face à Ganon je n’étais pas aussi claqué, marmonna Bonfire alors qu’il glissait pratiquement contre son appui, ses cils papillonnant lentement.
– O, couchons-les, vite.
Obéissant, il l’allongea sous les couvertures avec soin, au côté du marchand dont les paupières s’alourdissaient à chaque seconde supplémentaire.
– Il n’y aura pas assez de place… marmonna-t-il. Comment…?
– Dors, nous ne sommes jamais très loin.
L’un à califourchon au-dessus de lui, l’autre penché par-dessus un Bonfire endormi, les deux répliques partagèrent un dernier baiser avec Lavio qui sombra lentement dans le sommeil à son tour, ratant la fusion des trois héros en un seul. Mais ce ne fut pas le cas de l’étreinte prodiguée par Link à son retour, celui-ci se tournant sur le côté dans son inconscience, rapprochant leurs deux corps et emmêlant leurs jambes, paisible.
Lavio ferma les yeux.
