Ship ship ship

Ship ship ship – Ralph x Link – Tombé à l’eau 3/?

La soirée avait été parfaite.

Ils avaient dérivé en tête à tête un peu plus tôt, savourant cette intimité qu’ils partageaient enfin, les plats simples révélant subitement une saveur différente dans cette atmosphère frustrée.

Pas encore fatigués et trop intimidés pour énoncer les activités plus audacieuses qui habitaient leurs songes, ils poursuivirent leur rendez-vous les pieds dans le sable, leurs mains entrelacées entre les plis de la cape de Ralph.

Le ressac apaisant et les cris lointains des mouettes les berçaient agréablement, ils cheminaient en silence, affectionnant la présence de l’autre, la pression de leurs doigts, le frôlement de son épaule contre la sienne, les grains de sables glissant entre leurs orteils.

Une légère brise leur agitait les cheveux, caressant leurs visages souriants et provoquant quelques plaintes quand les mèches s’égaraient dans leurs yeux.

Avisant une pointe rocheuse, Link parut s’illuminer et augmenta leur rythme, entraînant derrière lui son petit-ami parmi les rochers, se penchant par-dessus les anfractuosités pour y contempler la vie qui y grouillait, souriant à leur manège.

Ralph fixa un instant l’horizon avant de retourner à son observation du héros accroupi, leurs mains toujours liées. Le sourire ravi qu’il arborait et les yeux étincelants qu’il posait sur la moindre algue ou le plus petit bigorneau, tel un enfant émerveillé.

Ce rien d’innocence le remuait à chaque fois qu’il pouvait en être spectateur. Il l’avait vu au cœur des combats, les yeux brûlant de rage, un éclat métallique gelant le bleu qui s’y trouvait, les traits figés de concentration. Il avait été aussi témoin de sa gène ou de ses éclats de rire.

Link possédait une multitude de visage, mais c’était celui-ci qui lui avait ravi le cœur, plus que tout autre.

Quand l’objet de ses pensées se leva subitement, le tirant une fois de plus derrière lui et hors de ses rêveries, il accompagna le mouvement, un sourire attendri aux lèvres.

Cette fois, ils firent face à l’étendue marine, des gouttes d’écume salant leurs lèvres à chaque vague s’écrasant contre les rochers affleurants.

Le soleil avait amorcé sa descente pendant leur balade, les colorant de ses lueurs chaudes, les mèches blondes presque oranges.

Link se détourna du spectacle pour lui décocher un nouveau sourire large et resplendissant qu’il recouvrit de ses lèvres, se penchant pour approfondir le baiser, lui pinçant le menton d’une main, l’autre sagement rangé contre sa hanche.

Les embruns marins, le soleil couchant, eux seuls sur cette grande plage… tout en cet instant appelait à la décontraction et au lâcher prise. Et c’est bien ce qu’il avait l’intention de faire…

Soudainement, il rompit leur étreinte, gloussant presque.

– Link, sois sérieux, ce n’est pas le moment pour me chatouiller !

Mais au lieu de l’habituel air malicieux, son ami parut perdu, le fixant sans comprendre, avant de retirer ses mains pour signer son incompréhension.

– De quoi tu parles ? Je n’ai rien fait…

– T’es pas obligé de me mentir, je ne t’en veux pas, juste arrête.

Il se crispa, un début de rire mourant à ses lèvres à une nouvelle chatouille.

– Cesse !

Mais Link n’eut l’air que plus perplexe, agitant ses mains sous son nez jusqu’à ce que Ralph percute qu’il était réellement innocent. À moins qu’il ne le chatouille avec les pieds, mais il doutait de sa souplesse.

Cette fois, il ne parvint pas à garder le son pour lui, un couinement surpris surgissant de sa bouche avant qu’il ne s’en rende compte.

Il sautilla sur place, agitant ses pieds nus, rattrapé in-extremis par son compagnon d’une mauvaise chute par sa prise de fer sur son bras.

D’un élan semblable, ils baissèrent la tête, à la recherche d’un indice et ils finirent par trouver.

Des petites pattes oranges.

Plein de petites pattes oranges.

– DES CRABES ! s’exclama leur cible.

Il se précipita vers la plage, trébuchant sur le relief inégal, rejoignant le sable avec soulagement, accueillant le retour de son ami avec son habituel air fier.

Loin de s’en vexer, Link lui adressa un sourire amusé avant de l’embrasser sur la jour, lui reprenant la main et leur petite promenade.

L’ambiance revint rapidement alors qu’ils avançaient, enlacés, admirant le soleil mourant et la lueur timide des étoiles.

C’était vraiment paisible, intime, et…

– DES CRABES ! Rugit de nouveau Ralph.

Link eut à peine le temps d’enregistrer ce qu’il se passait qu’il manqua de peu de se retrouver étalé par terre, heureusement qu’il avait de fulgurants réflexes !

Quand son attention revint sur son ami, il hésita sur le comportement à adopter.

Actuellement, Ralph courait pratiquement en rond, son avancée contrariée par l’arrivée de plus de crustacés, criant sa surprise et son horreur, agitant ses membres pour les faire lâcher prise.

Son envie de rire devenait insoutenable mais son côté sauveur le poussait à foncer le libérer des petites bêtes. Il était très curieux de la conclusion de leur affrontement, aussi…

Allez, se faire pardonner son inaction ne devrait pas être trop difficile… il devrait s’en sortir confortablement…

Fort de sa décision, Link s’assit sur le sable, les coudes sur les genoux et la tête entre les mains, il assista à cet amusant spectacle de l’homme qu’il aimait se faisant grimper dessus par un amas orangeâtre qui grossissait toujours plus, s’agitant en poussant des cris d’orfraie.

– LIIIINK !


– Papy, papy, c’est vrai l’histoire de pépé ?

Détournant son attention de sa recette, l’interpellé fixa les petits hyliens accrochés à ses jambes, leurs grands yeux l’observant jusqu’aux tréfonds de son âme.

Dans leurs dos, à renfort de grands gestes, Ralph contait sa mésaventure – une fois de plus.

– … et c’est à cet instant crucial que deux Gohmas m’attrapèrent les chevilles !

D’autres petits s’étaient réunis devant lui, attentifs, esquivant les coups de canne qui rythmaient son récit.

– D’une certaine manière, éluda-t-il de ses mains enfarinées.

Un son admiratif passa entre eux alors qu’ils échangeaient des regards remplis d’étoiles.

– Et toi ? Que faisais-tu pendant ce temps ?

– Ah : ce que Link, héros d’Hyrule, de Labrynna et d’Holodrum, a fait alors que j’affrontais une véritable armée de Gohmas ?!

Attiré par l’interaction dans la cuisine ouverte, le vieil homme avait boité jusqu’à eux, l’air faussement sévère, sa canne à pommeau tapant rythmiquement son allure ralentie.

– Vous savez ce qu’il a fait ?!

Théâtralement, il s’était redressé, les sourcils froncés, son dos craquant, le bras libre tendu d’une manière accusatrice en la direction de son mari qui gardait un air calme.

– Il riait ! Oui mes enfants, l’élu des déesses riait de mon infortune ! Il se roulait sur la plage en se tenant le ventre !

Comme pour illustrer son reproche, son partenaire eut un gloussement avant de se pencher à son épaule pour claquer une bise sur joue ridée.

– Tu maîtrisais parfaitement la situation.

– C’est pas une raison, bouda-t-il en détournant la tête.

Il croisa les mains sur le pommeau de sa canne, faisant la moue, mais suivit le mouvement quand un index noueux le crocheta par le menton pour qu’ils soient de nouveau face à face.

– J’avais très envie de te voir à l’action.

– Ça passe pour cette fois, maugréa Ralph avant de l’embrasser sous les plaintes de leurs petits-enfants.

– PAPYYY ! PÉPÉÉÉ ! C’est dégueu !

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