Vérité universelle : Legend abritait l’âme d’un vieil homme.
Il prenait rarement la parole – mais, dans l’ensemble, il n’y avait bien que Wind pour avoir toujours quelque chose à raconter – et, quand il le faisait, selon le contexte, c’était soit une insulte, soit du sarcasme.
L’armure du Vétéran était épaisse et il fallut du temps à chacun des Link pour en venir à bout, tour à tour, mais ça ne suffit pas pour lui permettre de se détendre pleinement en leur compagnie ou de s’étendre plus sur ses aventures, malgré un auditoire émerveillé et attentif (Wind, Wild et Hyrule étaient souvent les premiers à les presser dès que l’un d’eux avait le malheur d’évoquer une bribe de sa quête respective).
Il était souvent amer, désillusionné et méfiant, parfois le dernier rempart entre eux et le danger, sous quelque forme qu’il soit (même Warriors avait tenté le snowboard sur bouclier), et plus d’un affrontement naquit suite à cette attitude.
La première fois qu’ils foulèrent son Hyrule, ils s’attendirent à découvrir une nouvelle facette chez lui, comme ç’avait été le cas pour chacun jusqu’à maintenant. Le voir sourire, peut-être, content d’être chez lui, saluer des connaissances qu’ils croiseraient sur leur route, chanter les louanges de son époque et vanter un plat incomparable que Wild tenterait alors d’imiter, foncer au château pour saluer la famille royale…
Non seulement rien de tout cela n’arriva, mais, pire, ils le virent se tendre encore plus, ses articulations blanchissant et sa mâchoire se crispant.
Legend était encore plus sur ses gardes chez lui qu’avec eux…
Ça n’avait aucun sens.
Ce ne fut qu’une fois la porte de sa maison fermée derrière lui qu’il lâcha un faible soupir et fit rouler ses épaules, en chassant la tension.
Il fallut tout de même l’intervention de Lavio pour l’ombre d’un sourire.
Malon aimait son mari. Elle l’adorait, même !
C’est elle qui l’avait choisi, elle qui avait réalisé chaque premier pas, et elle lui avait promis de vivre à ses côtés jusqu’à la mort sans une arrière-pensée.
Ils se connaissaient depuis l’enfance, avaient grandi côte à côte, n’avaient que peu de secrets pour l’autre, et son côté romantique avait hâte de vieillir auprès de lui.
Puis il perdit un œil, son visage garda les marques de son masque de la puissance des Fées et il oublia comment ne plus froncer les sourcils.
Elle l’aimait toujours, c’était son mari, le fairy boy qui avait réveillé son père à sa demande, mais c’était aussi un héros hanté par ses actions passées qui se perdait dans ses pensées, l’air sombre.
C’était son mari, elle l’adorait. Il lui ouvrait toujours les bras quand elle souhaitait une étreinte, ses baisers étaient toujours aussi tendres et ils avaient le même sourire quand ils évoquaient le futur de leur foyer.
Si seulement il pouvait sourire un peu plus…
