Couple : Jim Hawkins x Long John Silver
Genres : Fluff – Tranche de vie / One-shot
Rating : +12
Résumé : Si Jim était un mollusque, il serait une patelle et John serait définitivement son rocher. Et cette simple idée l’emplissait de joie.
Bonne lecture !
Ce que Jim aimait le plus, dans sa relation avec Silver, ce n’était pas tant le sexe – bien que ses années d’expérience rendaient l’activité particulièrement attrayante – que la tendresse qu’ils se prodiguaient l’un l’autre.
En effet, son compagnon le repoussait rarement et lui rendait toujours ses étreintes, lui caressant les cheveux pendant qu’il se collait à lui, se ressourçant.
Ce qu’il aimait le plus, c’était son gros ventre. D’un point de vue extérieur, on pourrait le croire mou, dû à la bière ou juste constitué de graisse, mais, à force de se presser contre, Jim savait que les muscles n’étaient pas loin de la surface.
Il pouvait passer des heures pressé contre ce renflement, à somnoler, pendant que Silver vivait sa vie, le laissant faire.
Au début, le jeune homme s’était inquiété de l’agacer ou qu’il le prenne mal, mais une conversation tous les deux lui apprit que Silver ne comptait pas l’en empêcher, le trouvant particulièrement adorable. Juste, s’il pouvait éviter de l’empêcher de marcher…
John avait bien conscience que cette soif de contact n’était pas innocente et provenait de son manque de confiance en lui et de sa vie, en général.
Le sujet avait été abordé à plusieurs reprises, des limites avaient été fixées, mais il savait que le sac n’était pas complètement vidé, vu comment Jim évitait à tout prix le sujet de son enfance et tout rapport à son père.
Mais il était clair que le pousser dans ses retranchements ferait plus de mal que de bien et que, en dehors de ces sujets, il était un adulte tout à fait équilibré, avec un métier qui le passionnait, des visites régulières auprès de sa mère qui ne le laissait pas repartir sans une demi-douzaine de boîtes de nourriture et une relation amoureuse stable dans laquelle il s’épanouissait.
Attendri, il l’embrassa sur le sommet du crâne, reprenant sa lecture, alors qu’une fois de plus, il lui servait d’oreiller.
La tête confortablement calée sur son ventre, Jim somnolait, la bouche entrouverte sur un ronflement silencieux, les bras ballant de part et d’autre. Le sommeil l’avait fait desserrer son étreinte alors qu’il lui ramollissait les muscles.
De temps en temps, une respiration plus profonde troublait le calme de leur logement et amenait un sourire affectueux mais aussi amusé.
Quand Jim se réveilla, il était encore trop alangui pour faire autre chose que vaguement ouvrir les yeux et émettre un gargouillis indistinct
– Ah, on dirait que notre Belle au Bois Dormant est revenue avec nous. Bien reposé ?
Avec son visage niché contre son torse, il avait l’impression d’être dans une caisse de résonance, entouré de la voix moqueuse de Silver.
Le paradis.
Il ne put que marmonner un autre son, étouffé par la chemise dans laquelle il avait fourré son visage.
– Que dirais-tu de te décaler, que je lance le dîner ?
Un gémissement plaintif lui exprima tout son refus mais il se laissa tout de même glisser sur le côté, tombant sur le canapé, rebondissant mollement sur l’assise. En mode étoile de mer, il fixa le plafond pendant que John posait son livre et quittait le canapé, non sans ébouriffer délicatement les mèches dépeignées, recevant un autre son sans sens pendant qu’il rejoignait la cuisine.
Resté seul, les yeux toujours rivés sur le plafond, l’esprit vide, Jim cherchait encore à se réveiller complètement.
Ce furent les premières odeurs alimentaires qui y parvinrent, telles une invitation à rejoindre le monde éveillé et la cuisine.
Se frottant les yeux et bâillant à s’en décrocher la mâchoire, il passa le seuil pour se blottir contre le dos large, comme pour recharger ses batteries quelques minutes avant d’aller mettre la table.
– Besoin d’aide ?
– Non, on va faire léger ce soir, tu m’as l’air épuisé.
– Je ne vois pas de quoi tu parles.
Silver n’ajouta rien mais leva un peu les coudes pour permettre à la paire de bras de se nouer autour de sa taille, pendant que son partenaire nichait sa tête contre son épaule et pressait le reste de son corps contre sa colonne vertébrale.
– Je me demande aussi d’où je sors ça, plaisanta-t-il en lui tapotant un poignet.
Le silence aurait pu revenir mais le cuisinier avait pris l’habitude de fredonner quand il était aux fourneaux, ce qui ne dérangea pas son bébé koala qui n’émit plus le moindre son, l’accompagnant dans ses déplacements non pas comme un boulet gênant le mouvement mais en le suivant, telle une extension de sa personne.
Il lui arrivait de déclarer – sur le ton de la plaisanterie – que Jim était parfois semblable à une cinquième prothèse, pesant son poids mais ne faisant pas obstacle à son quotidien.
La première fois qu’il l’avait énoncé avait été suivi d’une crise de larmes qu’il avait fallu étancher et de nombreuses heures à devoir expliquer que, non, ce n’était pas une façon déguisée de le traiter de lourdaud inutile ou d’obstacle.
Le plus simple, finalement, fut de lui rappeler avec quelle dextérité Silver maniait ses prothèses et ce qu’il pouvait réaliser avec, particulièrement lors de leurs moments intimes.
Depuis, ces mots le faisaient sourire et parfois même rougir quand il y ajoutait un clin d’œil entendu, rappel de l’étreinte qui avait suivi la première occurrence.
Il savait malvenu de prétendre que seul Jim portait le bagage émotionnel le plus lourd, il était simplement le plus jeune des deux et avait plus de difficulté à se contrôler quand les plaies étaient ravivées et se remettaient à saigner.
John avait aussi ses blessures, son fardeau à porter, mais il avait vécu plus d’années et appris à gérer, à digérer, à passer outre.
L’exemple le plus frappant était tout son attirail cybernétique, qui était difficilement dissimulable et faisait maintenant partie intégrante de son identité, au même titre que son gros nez croche ou ses capacités culinaires.
C’était arrivé il y a si longtemps, et pourtant, il n’en parlait jamais, esquivant le sujet sans un mot, que ce soit Jim ou le doc chargé de l’entretien.
Il y avait des souvenirs à ne pas réveiller, c’était ainsi.
Avec des gestes doux, il détacha les mains croisées sur sa bedaine et fit asseoir Jim sur sa chaise, servant les plats tout juste sortis du four et des casseroles.
Le plus jeune maugréa puis porta sa première fourchette à la bouche, goûtant avec ravissement le dîner.
– Je crois que je n’ai jamais aussi bien mangé que depuis que je te connais, déclara-t-il entre deux bouchées.
– Ne le répète pas devant ta mère ou tu finiras veuf.
Il avait pratiquement des étoiles dans les yeux, remplissant régulièrement son assiette, dévorant à pleines dents, pendant que son compagnon l’observait faire, clairement amusé de son appétit vorace.
Certaines mauvaises langues avaient persiflés que c’était uniquement dû à ses compétences alimentaires que Jim était intéressé par lui.
Malgré sa gestion de l’auberge et qu’elle fut une mère aimante et attentive, Sarah Hawkins dut serrer la ceinture à plus d’une reprise.
À de trop nombreuses reprises, son fils et elle avaient dû se contenter des restes des clients, et là encore, elle privilégiait son enfant, ce qui l’avait mené un jour à s’évanouir en plein service puis à l’hôpital.
Mais pour ça non plus, ils n’avaient pas les moyens.
Alors Jim avait mis son avenir au clou, multipliant les délits mineurs pour assurer les soins du seul membre de la famille qu’il lui restait.
Tout juste passable en cuisine, il n’avait pu reprendre les fonctions de sa mère, et l’auberge Benbow avait dû être momentanément fermée, dans l’attente de jours meilleurs.
Des jours meilleurs qui ne revinrent que des années plus tard.
Si Sarah finit par se rétablir, elle ne parvint pas à empêcher son fils de poursuivre ses exactions. Les dettes s’étaient accumulées d’une part et de l’autre, Jim avait affiné ses techniques, évitant les ennuis autant qu’il était possible.
Mais le vol parfait n’existait pas et, malgré toute sa détermination, il restait un ado tête brûlée, et il finit par se faire épingler.
La seule chose qui le sauva fut son âge. Étant toujours mineur, il put éviter les longues peines, mais ils ne purent payer la caution, et rembourser ce qu’il avait dérobé était hors de sa portée. Alors, là aussi, Jim prit la seule décision qu’il pouvait, réclamant l’incarcération de son propre chef. Pas qu’il ait eu beaucoup de choix…
Quand son moral était au plus bas, il se répéta qu’au moins sa mère n’avait plus de dépense à son nom à sa charge, pouvait se battre pour elle seule, en attendant qu’il purge sa peine en maison de correction.
Son bon comportement, malgré son caractère agressif et rebelle, fut mis en évidence lorsque son dossier fut examiné à l’approche de sa majorité, ce qui lui permit d’obtenir la libération conditionnelle et de rentrer à l’auberge, retrouvant sa mère qui avait vieilli prématurément en son absence, et s’écroula en larmes dans ses bras.
Jim avait toujours une dette à rembourser, ce qu’il s’employa à faire dès qu’il le put.
Après tout, dans d’autres conditions, jamais il n’aurait forcé de serrures, ces gens n’y étaient pour rien et n’étaient que des noms dans son dossier, pour lui.
Il s’était présenté à tous les rendez-vous fixés par son agent de probation, cherchant des solutions et provoquant la disparition d’une forêt complète par la faute de tous les documents qu’ils avaient dû remplir, les envoyant aux quatre coins du pays et demeurant sur des charbons ardents pour recevoir un simple refus, dans le meilleur des cas.
En désespoir de cause, il avait fini au centre de réinsertion avec pour unique bagage le diplôme qu’il était parvenu à décrocher pendant sa détention.
C’était d’ailleurs là qu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois.
– Tu fais encore ton sourire bizarre, le prévint Jim. Tu t’es brûlé ?
– Je réfléchissais.
Il continua de débarrasser la table et de remplir le lave-vaisselle, peu affecté par l’absence précédente de son partenaire. Ça leur arrivait de temps à autre et eux-même n’aimaient pas en être dérangés.
Silver termina d’ordonner les condiments avant de quitter la cuisine, bourrant sa pipe et craquant une allumette, s’accoudant au rebord de la fenêtre.
Dans son dos, il pouvait entendre Jim traversa la pièce en chantonnant, vaquant à ses occupations, sa mâchoire craquant à chaque bâillement qu’il tentait de réprimer.
Quand il eut fini, il tapota le coude prothétique, l’invitant à se relever, se faufila dessous et s’adossa à son compagnon. Il lui présenta une photo.
– Amélia m’a envoyé un faire-part de baptême et elle a ajouté une photo des quadruplés, expliqua-t-il en la lui montrant.
Saisissant le cliché entre deux coussinets de sa prothèse, il l’approcha de son visage.
Les quatre petites fripouilles dont il avait le souvenir s’alignaient en montrant leurs sourires édentés, tirés à quatre épingles.
– De qui es-tu le parrain, déjà ?
– Tillie. Mais ne me demande pas de te l’indiquer, je suis incapable de la reconnaître.
Silver rit, retournant l’image pour lire l’invitation.
– Tu as l’intention d’y aller ?
– Ma mère serait capable de venir ici pour m’y traîner par l’oreille, si je ne le fais pas. ‘Puis, ça fait un moment que je n’ai pas vu Amélia et Delbert, ce serait l’occasion.
Il retourna la photographie, revenant aux enfants.
– Tu veux m’accompagner ?
– Je t’accompagnerais jusqu’au bout du monde, mais je me doute que ta mère sera là et je préfère éviter de gâcher une belle cérémonie.
Baissant le regard, Jim soupira et récupéra le faire-part, le rangea dans une poche.
Sarah et John n’avaient aucun problème, en soi, au contraire. John appréciait cette femme qui s’était battue pour son fils sans baisser les bras et qui l’aimait de manière inconditionnelle. Sarah, quant à elle, aimait sa compagnie et ses discussions, échanger des recettes de cuisine et son habileté à rafistoler l’auberge.
Mais Jim et leur relation étaient des sujets brûlants qui la mettaient dans une rage folle. Leur différence d’âge était une conversation qui avait été maintes fois débattue, par eux les premiers.
Cette femme adorable ne parvenait pas à approuver leur couple, tentant de les séparer, présentant à son fils des hommes de son âge pendant pratiquement un an, jusqu’à ce que Jim n’explose et ne menace de ne plus jamais remettre les pieds dans la maison de son enfance si elle continuait son manège.
Ayant pris peur de la menace, elle cessa, mais jamais Jim ne parvint à les réunir tous les trois dans une même pièce sans que l’ambiance n’en devienne délétère, malgré toutes leur bonne volonté.
S’il était absent, ou que Silver gardait la bouche fermée, ça pouvait aller, mais ils avaient fini par se faire une raison tous les trois : il valait mieux restreindre leurs réunions afin de garder une relation saine.
Ils en souffraient à divers degrés tous les trois, mais c’était Jim qui subissait le plus, déchiré entre eux deux, estimant être la raison de leur dissension.
Difficile de donner tort à cet argument, il était en partie vrai vu que c’était son refus de rompre et son amour filial qui les menaient à se croiser.
Plus d’une fois, Sarah finit en larmes, déçue d’elle-même, face aux preuves évidentes de l’affection qu’ils se portaient l’un à l’autre, consciente que le seul défaut de cet homme était son âge.
À bien des reprises, John était prêt à mettre fin à leur relation, à dire adieu à ce jeune adulte qui le rendait si vivant et à quitter la ville, voire le pays, refusant d’être un obstacle entre une mère et son fils. Mais, à chaque fois, cette seule proposition bouleversait tellement Jim que, une fois, il eut une crise d’angoisse d’une ampleur terrifiante qui l’exténua au point d’avoir dû prendre une semaine de congé, épuisé mentalement et physiquement.
Ce fut la dernière fois que l’idée fut émise, l’épisode les ayant violemment secoués.
Il y eut d’autres incidents, mais aucun de cette dimension, heureusement.
Depuis, ils réduisaient au minimum leurs interactions pour garder l’ambiance au beau fixe.
Ils pouvaient sans doute rester côte à côte tous les trois durant la cérémonie puis le déjeuner, n’échangeant que politesses et banalités, mais Jim serait inconfortable tout du long.
Alors John préférait se retirer de l’équation et participer au beau cadeau destiné à la petite demoiselle qui tente toujours de dévisser les pièces de sa prothèse et de se faufiler dans les placards, à la recherche de gâteaux.
Embrassant Jim dans la nuque, il l’étreignit d’un bras, reprenant une bouffée de sa pipe, pendant que celui-ci appuyait la tête contre son torse.
– C’est à deux heures d’ici. On pourrait prendre le week-end, tous les deux ?
Ils discutèrent encore un peu, frissonnant dans la bise du soir jusqu’à ce qu’ils décident d’aller se coucher.
Pelotonné dans les bras puissants, Jim jouait avec les doigts mécaniques sous le regard attendri de leur propriétaire, habitué à cette manie.
Silver avait rencontré bien des gens dans sa vie, mais lui était sans doute le premier à être aussi passionné par ces morceaux de métal qui remplaçaient ses membres, à les intégrer dans leur quotidien non pas comme des outils ou des bouts inertes de métal, mais pour ce qu’ils remplaçaient, tenant aussi bien sa main organique que celle cybernétique, caressant la jambe gauche au même titre que celle de droite, chuchotant à son oreille droite et le regardant droit dans les yeux.
Quand ils se sont rencontrés cette fois-là, au centre de réinsertion, il lui avait serré la main sans la moindre appréhension, ne marquant pas de pause comme le faisait tout un chacun. C’est ce qui lui avait plu.
Ça faisait plus d’une décennie qu’il avait été amputé, maintenant, et il avait fini par comprendre que c’était à lui de jouer les clowns pour mettre les autres à l’aise et de ne surtout pas atténuer leur existence s’il ne voulait pas être le sujet de mauvaises blagues et de remarques déplacées.
C’était d’ailleurs sans doute pour ça qu’ils avaient échoué ensemble, les formateurs ayant dû être fatigués de leur carapace à tous les deux, l’un maussade et l’autre faussement enjoué.
Habitué du système, il l’avait encadré dans ses démarches, rencontrant Amélia, son agent de probation, qui l’avait validé, surtout quand elle apprit qui fut le sien, Samuel Arrow étant l’un de ses vieux amis.
Lorsque James avait décroché un entretien puis son premier emploi, ils avaient fêté ça tous les trois dans le bar le plus proche et ainsi Amélia fut témoin de leur premier baiser.
Ils étaient repartis chacun de son côté, ce soir-là, mais les deux hommes se revirent à plusieurs reprises en dehors du centre, creusant leur inclination pour l’autre et bâtissant leur relation, pierre après pierre.
Et ils en étaient arrivés là, près de sept ans plus tard, dans leur appartement, vivant une routine calme et apaisée, jonglant avec les soucis du quotidien.
De sa main gauche, il caressa les mèches soyeuses, souriant alors qu’il sentait leur propriétaire se détendre et sombrer dans le sommeil, bien calé entre ses bras, agrippé aux phalanges métalliques.
Il en avait connu, des fétichistes de toute sorte, le réduisant à ses amputations ou à ses prothèses, le menant à repousser tout le monde, dans le doute.
Il n’osait plus dénuder ses bras ou ses jambes, tirant son bandana sur son oreille cybernétique, toisant de sa haute stature quiconque croisait son regard.
Même le docteur qui huilait les engrenages et mesurait la tension des pièces était mal à l’aise face au silence dans lequel il s’abîmait pendant les sessions de révision.
Puis, un jour, Jim avait glissé sa petite main douce entre les phalanges glacées, et ne l’avait plus lâché depuis.
Il l’avait accepté dans son ensemble, lissant les cicatrices, caressant le métal comme la peau, ne faisant aucune différence entre les deux.
Ça aussi, ç’avait pris son temps pour qu’il le fasse quitter complètement ses habits pendant leurs étreintes, du temps et beaucoup de confiance, mais il y était parvenu.
James n’était rien, si ce n’était obstiné.
Il avait tenté de le repousser, à chaque fois qu’il lui faisait des avances plus ou moins subtiles, tentant de rester un simple mentor, plus encore quand il découvrir être plus âgé que Leland, son père, allant jusqu’à s’absenter même.
Mais, quand il revint, ce fut pour découvrir à quel point le jeune adulte gérait très mal les abandons, justement par la faute dudit père, se détruisant presque au passage.
Alors, il s’était agenouillé, lui avait ouvert les bras, son cœur et l’avait accueilli dans sa vie, pour ne plus jamais le relâcher.
Ils avaient pansé les plaies, jeté les débris et s’étaient mutuellement apprivoisés.
L’état dans lequel il avait retrouvé Jim les hantait encore maintenant. Sarah n’en avait jamais été informée mais c’était la raison principale et indicible pour laquelle ils refusaient de se séparer. C’était presque une condamnation à perpétuité, mais c’était une peine à laquelle ils pouvaient se conformer avec le sourire, tant qu’ils étaient tous les deux.
Poussant un soupir de confort satisfait, Silver enfonça un peu plus son visage dans son oreiller et resserra son étreinte sur Jim, qui avait fini par se retourner, plaçant front contre ventre, comme souvent avec lui, souriant dans son sommeil.
Il l’embrassa sur le haut du crâne et y plaça sa main organique, tel un élan possessif.
Avant de clore les paupières, son œil capta un rayon de lune faisant étinceler son alliance, le faisant sourire, puis il sombra.
