Couple : Touya « Dabi » Todoroki x Keigo « Hawks » Takami
Genre : Romance – Famille – Hurt/Comfort / One-Shot
Rating : +12
Résumé : Le conte d’Éros et Psyché, version MHA
Bonne lecture !
Dans un village, tout près des montagnes, vivait un jeune homme ravissant qui surpassait tous les autres en éclat.
Il était si beau qu’il paraissait être un dieu vivant parmi de simples mortels. La rumeur se répandit bientôt dans tout le pays, et les Hommes commencèrent à dire que la beauté de Touya dépassait celle de la déesse lagomorphe Rumi elle-même. Ces nouvelles parvinrent jusqu’aux longues oreilles de l’intéressée, qui ne pouvait laisser les choses ainsi. Comme toujours, lorsqu’elle se trouvait dans l’embarras, elle demanda l’aide de son fils Keigo, qui était aussi le dieu de l’amour.
– Utilise le pouvoir que je t’ai donné, lui dit-elle, et punis cet audacieux mortel.
Keigo envoya un oracle, qui délivra un message terrible à la mère de Touya. Les larmes montèrent aux yeux de la femme âgée qui adorait plus que tout son aîné.
– Mon petit ange, dit-elle d’une voix tremblante, je dois te conduire, toi, le premier de mes enfants, au sommet d’une montagne, pour sauver le village de calamités effroyables.
Voyant que son fils frissonnait de peur, elle n’eut pas le courage de lui révéler qu’un monstre horrible et méprisable allait s’emparer de lui.
– Je ferai ce que tu me commandes, mère bien-aimée, répondit le jeune homme, qui était aussi courageux que beau.
Mais, dans sa fureur jalouse, Rumi n’avait point pensé à ce que pourrait inspirer la beauté de Touya au dieu de l’amour, lorsqu’il le verrait.
« C’est comme si je m’étais percé le cœur d’une de mes propres flèches » songea Keigo en découvrant Touya.
Le jeune homme, pâle et résigné, regardait autour de lui de ses grands yeux inquiets. Sa peau, sa bouche, ses cheveux, tout évoquait en lui la splendeur marbrée d’une statue immortelle.
Keigo décida de ne pas exaucer les sombres souhaits de sa mère et guetta la tombée de la nuit. Une fois le soleil endormi, il souffla entre ses doigts un long filet de vent. C’était le Zéphyr, le plus doux des vents, qui emporta doucement le beau Touya.
Il sentait comme une haleine fraîche qui le souleva, le faisant flotter dans l’air comme sur des fleurs moelleuses. Apaisé par ce climat tout de coton, Touya s’endormit, et se réveilla sur les marches d’un palais magnifique. Bien qu’intimidé par une telle richesse, il entra dans la demeure.
– Ces colonnes sont en or, s’émerveilla-t-il, et les murs sont en argent ; à mes pieds, le sol est incrusté de pierres précieuses.
Après avoir admiré le palais, Touya attendit que le mystérieux maître des lieux le trouvât. Il s’assit près de la fontaine qui scintillait comme une pluie de diamants. Il n’entendait aucun bruit, n’apercevait aucune silhouette, lorsque, soudain, des voix chuchotèrent à son esprit :
– Restaure-toi avec ces mets délicieux.
Touya vit apparaître une table dressée comme pour un repas de fête, et mangea des plats raffinés que son palais n’avait jamais goûtés.
– Rafraîchis-toi et prends un bain, dirent encore les voix.
Et Touya découvrit une baignoire qui exhalait des essences de fleurs qu’il n’avait jamais senties ni vues.
La nuit venue, alors que l’obscurité étendait ses ailes sombres sur tout le palais, les paupières de Touya commencèrent à être lourdes de sommeil. Dans son abandon, il perçut qu’un être étrange, drapé et comme masqué, s’approchait lentement de lui. Sa voix était tendre et douce, son visage avança vers le sien sans pour autant qu’il le vit :
– Je suis le maître de cette demeure et l’époux que tu attendais, lui dit-il.
Touya passa la nuit dans les bras de son amant. Jamais ses oreilles n’avaient entendu proférer des paroles aussi empreintes de tendresse.
Au retour de l’aurore, l’étrange visiteur lui dit encore ces quelques mots :
– Touya, tu ne verras jamais mon visage car je ne viendrai qu’à la nuit noire.
– Je ferai comme tu voudras, répondit Touya d’un ton passionné.
– Tu auras garde également de ne plus parler à tes frères et ta sœur, car ce serait le début de notre fin.
– Non. Cela, je ne le peux pas. Je t’en supplie, accorde-moi la joie de revoir ma famille, supplia Touya.
– Je te l’accorde, dit-il tristement, car je ne saurais te voir souffrir ; mais, encore une fois, je te préviens : tu prépares par cette rencontre notre propre destruction.
Le matin éclata de soleil et Touya envoya le Zéphyr chercher sa chère fratrie.
Celle-ci, à la fois émerveillée et jalouse de toute cette magnificence, eut des paroles qui jetèrent le trouble dans le cœur de Touya :
– Si ton époux craint de montrer son visage, c’est qu’il doit être réellement une créature des plus affreuses.
– C’est vrai, vous devez avoir raison, donnez-moi un conseil, je vous en prie.
– Eh bien, dirent ses frères fiers de l’avoir blessé, la nuit venue, profite de son sommeil pour voir son visage.
Et les mains pleines de l’or et de l’argent que leur avait offert leur pauvre frère, ils repartirent, la figure envieuse et l’âme torturée de n’être pas aussi riches. Cependant, tout au fond d’eux, ils étaient heureux de l’avoir fait douter de son époux mystérieux.
Après des heures et des heures passées éveillé dans l’obscurité, Touya entendit enfin le souffle régulier de son mari qui s’était endormi. Rassemblant tout son courage, il se leva sans bruit, alluma une lampe et l’approcha du visage de son époux. Celui qui était étendu dans son lit, découvrit-il, était l’être le plus gracieux du monde.
– Mon cœur se remplit de joie ! Murmura-t-il, le soulagement se glisse dans mon âme !
Puis soudain, il vit l’arc et les flèches posées au pied du lit.
Saisi de stupeur, il porta la main à son cœur car il lui semblait qu’il allait défaillir. Maîtrisant son grand tremblement, il s’approcha encore de lui.
– Ô mon époux, j’ai enfin compris. Tu es le divin Keigo en personne.
Émerveillé par la pureté de ses traits, la blancheur de son teint, il inclina la lampe vers lui : une goutte d’huile s’échappa alors de la lampe et tomba sur l’épaule du bel endormi. Il s’éveilla dans un sursaut et vit, en même temps que la lumière, la trahison de Touya. Tandis qu’il reculait de honte et d’horreur, Keigo saisit son arc et ses flèches et disparut sans un mot. Tout s’évanouit à sa suite, le palais, le bonheur et les délices de l’amour. Aux prises avec une affreuses solitude, Touya pleura toutes les larmes de son corps, se lamenta en poussant des cris déchirants :
– Je veux mourir, hurla-t-il, le dieu de l’amour était mon époux et moi, qui ne suis qu’un misérable mortel, j’ai manqué à ma parole.
Et, de honte, Touya se jeta dans le fleuve près du rocher où le divin Zéphyr était venu le chercher. Mais les eaux elles-mêmes rejetèrent son chagrin et le portèrent jusqu’à l’autre rive. Voyant que la mort ne voulait pas de lui, Touya se remit à crier :
– Rendez-moi mon mari ! Répétait-il, rendez-moi mon mari !
Rumi, exaspérée par tous ces cris, apparut alors devant lui.
– J’ai appris que tu cherchais un mari ? Lui demanda-t-elle avec mépris.
Lorsque Touya leva son regard vers la déesse, celle-ci fut ébranlée par la peine qu’elle y lisait :
– C’est bien, je te prends à mon service mais tu devras accomplir toutes sortes de tâches. Si tu réussis, je t’aiderai.
Et elle lui fit trier des milliers de grains, jour et nuit, chercher la laine d’or que portaient d’affreux moutons, remplir des flacons de l’eau noire du Styx ; il dut aller jusqu’aux Enfers. Mais, à chaque fois, un être mystérieux l’aidait, et Touya revenait victorieux de l’exploit commandé.
Caché dans les roseaux, Keigo, guéri de la brûlure qui avait abîmé son épaule, lisait dans l’esprit de Touya. À chaque fois, il n’y trouva que son nom sans cesse et sans cesse répété. Il l’aida souvent, caché près de lui, l’endormant et faisant le travail à sa place. À ces moments précis, il découvrait qu’il aimait plus que jamais la figure douce et implorante du pauvre Touya.
Il s’envola vers l’Olympe des dieux pour y trouver All for One en personne, et lui demanda de l’unir à Touya. Le père des dieux l’écouta en silence :
– Je consens à ton mariage avec Touya, bien que tu aies grand tort de contrarier Rumi, répondit-il avec bienveillance.
Le doux Zéphyr amena dans la seconde un Touya tout étonné aux pieds d’All for One.
– Bois l’ambroisie, ordonna All for One ; elle te rendra immortelle, comme ton époux que voici.
Fou de joie, Touya découvrit Keigo souriant qui lui tendait amoureusement les bras.
– Je vous bénis, dit alors une voix narquoise que Touya connaissait bien.
Touya se tourna avec effroi vers Rumi qui s’avançait. Il prit peur mais un geste de la déesse l’apaisa :
– N’aie crainte Touya, je ne trouve rien à redire à ce qu’un dieu soit mon beau-fils.
– Car tu vivras désormais dans les cieux et, ajouta malicieusement All for One, Rumi pourra redescendre sur terre tourner la tête aux Hommes.
– Et ils ne diront plus qu’un mortel est plus beau que la déesse elle-même, poursuivit Rumi en riant à demi.
