Foire à l'OS

Foire à l’OS – Wy & Seborga – Seconde chance 55/197

Wy : Willoh / Seborga : Sabato

Demande de quelqu’un de HO


-Hey, bella~

-Hey, blaireau.

L’ignorant parfaitement, Willoh poursuivit son chemin, la tête haute et ses talons claquant contre le goudron. Son sac frappait contre sa hanche au rythme de ses pas, lui promettant quelques bleus pour la fin de la journée.

Elle rentra dans la première boutique possible, repoussant ses lunettes de soleil contre son front. Faisant semblant de s’intéresser aux rayonnages mais gardant un œil sur la vitrine. Au cas où.

Elle n’aurait jamais dû faire confiance à sa meilleure amie pour son choix de tenue. Le mini short avec son habituel débardeur largement ouvert sur sa peau bronzée, c’était pas l’idée du siècle.

Depuis qu’elle avait quitté sa maison -un peu moins d’une heure- elle se faisait accoster par tous les gros lourds que la société avait pu engendrer.

Et c’était plus que usant.

Manipulant les bougies devant elle, elle les retournait comme à la recherche d’un prix, mais son regard partait plus loin. Bien plus loin. Vers un groupe de garçons qui s’élargissait un peu plus à chaque minute qui passait.

Elle avait la poisse, elle ne voyait que ça.

Vous vous imaginez sans doute qu’elle devait avoir des chevilles d’une taille impressionnante pour croire que tous ces garçons étaient là pour elle. Mais en vérité, elle était surtout une grosse poissarde, et les coups d’œil à son égard étaient difficiles à rater.

Son portable la démangeait. Et plutôt sauvagement. Mais elle ne voulait pas se résoudre à ce procédé. Elle ne pouvait pas. C’était contre ses principes. Mais parfois, elle devait les jeter aux orties.

-Oh, Willoh, c’est toi ? S’exclama une voix dans son dos.

Elle se retourna, partagée entre son envie de soupirer et celle de sourire.

De toutes les boutiques dans lesquelles elle pouvait entrer, il avait fallu que ce soit celle-là. Celle de Sabato.

-J’adore la tronche que tu fais, dans ces moments-là, poursuivit-il.

-Comment ça ?

-Eh bien, tu arrives à mêler le dégoût et la joie. J’ai l’impression de faire face à un Picasso. C’est très artistique. Et très blessant.

-Ha… euh, désolée, marmonna-t-elle en baissant la tête.

Machinalement, elle reposa les bougies à leurs places. Ce n’est pas comme si elle était intéressée par ce genre d’articles.

-Pas grave. Comment vas-tu, ces derniers temps ? Tes partiels étaient la semaine dernière, non ?

-Oui. Pas besoin de te demander comment tu le sais, sourit-elle malgré elle.

-En effet, pas besoin. Ma source est toujours la même, rit Sabato.

Son frère aîné (enfin, le deuxième né) était en charge d’une des classes de Willoh. C’était aussi comme ça qu’ils s’étaient connus, d’ailleurs.

Repenser à ça crispa le visage de la jeune fille qui resserra sa prise sur sa propre main.

-Et ? Tu te sens confiante à ce sujet ?

-Hm… Oui, j’imagine.

-Désolée, peut-être que tu voulais ne plus y penser, renonça-t-il, mal à l’aise.

-Y a un peu de ça. Mais c’est pas grave, décréta-t-elle en haussant les épaules. Mais c’est surtout que j’ai arrêté de me prendre la tête à ce sujet.

-Où est passée la petite Willoh première de sa promotion ?

-Elle prend des vacances.

La voix implacable et le regard vide de son ex-copine suffit pour le faire taire et changer de sujet.

-Tu as des projets pour cet été, sinon ?

-Non. Je vais sans doute me trouver un petit job pour avoir quelques économies. Ce sera toujours ça en moins de dépensé par mes frères.

Sabato réprima son envie de se frapper. Mais il les accumulait, c’était pas possible.

Bon, un autre essai, peut-être ?

-Tu veux revenir travailler ici ? Je suis sûr que le patron sera d’accord. Tu lui as bien plu, la dernière fois.

Le petit sourire qui naquit le rassura : tout n’était pas perdu !

-Je ne sais pas, avoua-t-elle en triturant une mèche.

-Parce que je suis là ? Proposa-t-il, le cœur serré.

Sabato fixait leurs pieds, pas très fier de leur récente rupture.

-Parce qu’il y a tous les gros lourds de la ville, surtout, râla Willoh.

Elle pointa du doigt la vitrine à travers laquelle on apercevait le groupe de garçons qui n’avait pas changé de place.

-Ah oui, c’est vrai.

Il rit légèrement, passant une main dans ses cheveux, mais le cœur n’y était pas vraiment. Elle ne lui avait pas répondu directement.

-Bref, j’en parle au patron ou pas ?

Triturant toujours une de ses mèches, Willoh pencha la tête sur le côté, réfléchissant. Malgré son environnement, la petite boutique était sympathique et le travail n’était pas trop complexe. La planque était parfaite pour passer des vacances. Si ce n’était pas son ex-petit-ami qui y travaillait aussi.

-Mmh… Okay.

Le sourire qu’elle reçut en réponse l’éblouit presque.

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