Pauline : Monaco
Demande de quelqu’un de HO
-Je ne comprends pas tout ce raffut que l’on fait à propos de Las Vegas, franchement, souffla Monaco. Je ne vois pas en quoi une ville entièrement tournée sur les jeux au point de les pervertir a d’intéressant.
-Qu’est-ce qu’une vieille comme toi peut y comprendre ? Renifla USA d’un ton hautain. Si on devait compter sur les anciens du vieux continent, on serrait encore à jouer aux dominos près d’une cheminée.
Tout à son dédain, Alfred ne remarqua pas l’œil noir qu’elle lui lança.
-La vieille te fera remarquer que les casinos ne sont pas des lieux de débauche et que s’il fallait compter sur vous autres colons, on serait bien dans la panade.
-Le colon t’emmerde.
-La vieille aussi.
-Ils sont toujours comme ça ? Souffla-t-on à l’oreille de Francis.
-Oh non. Là, ils sont en train de s’échauffer. Laissez leurs quelques minutes, le temps que leurs gorges soient prêtes.
-Et sinon, ils peuvent pas aller ailleurs ? Soupira Espagne. Sont chiants les deux tourtereaux avec leurs mots d’amours…
=ON N’EST PAS UN COUPLE ! Hurlèrent-ils à l’unisson à l’intention de l’hispanique qui en tomba à terre.
-Comme si j’allais laisser ma Pauline dans les griffes de cet horrible amerloque, renifla Francis en croisant les bras.
Ledit horrible amerloque lui lança un regard effaré tandis que sa vis-à-vis cachait son visage dans ses mains.
-Là n’était pas le sujet, tenta timidement Lettonie.
Il se fit la réflexion qu’il aurait mieux fait de mentir car les éclats de voix reprirent entre USA et Monaco. Cette dernière reprochait au premier le laisser-aller clair et certain de Las Vegas qui donnait une mauvaise image des casinos en général. Une image de débauche, de lieu de perdition, de perversion… Bref, on était bien loin de Monte-Carlo et ses amusements bourgeois !
-Mais c’est juste que vous êtes de gros coincés sur le vieux continent, râla Alfred. J’y peux rien si vous ne savez pas vous amuser !
-Mais on sait s’amuser, ricana-t-elle froidement. Tu aurais dû nous voir du temps des monarchies. Les exécutions publiques, c’était l’amusement du dimanche après-midi ! Juste après la messe !
Ce rappel sanglant força quelques nations à déglutir et à regarder ailleurs, l’air dégagé. Tout le monde n’en était pas fier.
-C’est justement ça, le problème, vous saviez vous amuser, auparavant ! Mais vous avez finit par vous encroûter et à oublier ce que c’était que le vrai plaisir !
-Oh, si nous partons sur ce terrain-là, je suis sûre que France et Grèce sauront te prouver le contraire.
Le sourire absolument pervers qu’elle affichait fit s’étouffer les susnommés qui rougirent à la limite de la combustion spontanée.
-Et après, c’est moi que tu traites de pervers, marmonna Alfred, rouge aussi.
-Nan, toi, t’es juste un gros puceau, asséna Pauline avec un air victorieux. C’est sans doute pour ça que Las Vegas a si mal tourné…
Sonné suite à ces paroles, il ne fit aucun geste pour la retenir alors qu’elle s’éloignait afin de boire un peu. Gagner donnait soif.
-Beau match, gloussa Hongrie derrière elle.
-Merci merci, mais j’ai aucun mérite, vivre avec Francis apprend à donner de la voix et à avoir une grande gueule.
Elles échangèrent un sourire entendu et se servirent à boire.
-Et, sinon, quand est-ce que vous comptez nous annoncer votre relation à tous les deux ? Alfred et toi ?
Pile comme escompté, Pauline s’étouffa avec sa gorgée sous la surprise. Par contre, elle ne chercha pas à détromper son amie. Son instinct était redoutable.
-Depuis combien de temps le sais-tu ? Se contenta-t-elle de demander.
Elle épongea son chemisier avec application.
-Depuis que cet imbécile ne cherche plus à se cacher lorsqu’il te dévore des yeux. Mais je doute que – hormis Pologne et moi– qui que ce soit s’en est rendu compte. Vos coups de gueules paraissent suffisamment vrais pour ne pas être remis en question.
Pauline haussa les épaules et se resservit.
-En fait, si tu veux savoir… commença-t-elle, hésitante.
-Oui ? La pressa Élizaveta.
-Ce n’est pas une comédie.
