Demande de Yuu Kirkland
Yao se cherchait une place dans le réfectoire bondé.
Il aurait bien tenté du côté de sa famille, mais il était en froid avec ses cousins qui le lui firent bien comprendre en s’étalant autant que possible.
Et dire qu’il en était l’aîné !
Où allait-il pouvoir s’installer ? Les places étaient rares, aujourd’hui…
Déjà que son cercle de connaissance n’était pas très large, il n’y avait que quelques membres de sa classe à être présents et étaient déjà en plein repas et en bonne compagnie.
Non, rien à faire, c’était à croire qu’il allait devoir manger dans le couloir, le plateau sur les genoux. Quelle journée de merde…
-Hey, dude ! L’appela-t-on. Tu comptes rester debout longtemps ? Je t’invite à ma table, si tu veux !
Mon sauveur… pensa Yao en se tournant vers lui, reconnaissant.
-Moi, c’est Alfred ! Mon cousin Mat’ est malade, donc sa place est libre ! Babilla-t-il.
-C’est bien gentil, merci. Je m’appelle Yao.
Si, au début, le Chinois lui était reconnaissant de lui éviter le repas dans une situation précaire et inconfortable, il se maudit après plusieurs minutes, assommé par un tel débit d’informations.
-Tu dois aller où, après ? S’interrompit-il soudainement.
Il fallut quelques instants à son nouvel ami pour mettre un sens à cette question. Lorsque cela fut fait, il lui indiqua le bâtiment de sciences où il devrait lutter contre son envie pressante de dormir.
-Oh, cool ! Moi aussi ! On va pouvoir rester ensemble encore un moment ! Very good !
Yao, lui, préféra taire son propre avis qui n’allait pas vraiment dans la même direction que la phrase précédente. Plus « sauvez-mooooi ».
Rangeant leurs plateaux vidés de leurs contenus, ils prirent donc le chemin qui les mènerait à leurs prochains cours. Ils croisèrent quelques-unes de leurs connaissances, mais seules quelques banalités furent échangées et ils ne restèrent que tous les deux, dans une conversation menée par le blond seul. Parfois, Yao lui marmonnait une réponse, mais ce n’était pas toujours le cas.
-Tu dois aller à quel étage, toi ?
Ils cherchèrent du regard leurs professeurs dans le tableau blanc pour savoir alors dans quelles salles ils se retrouveraient.
Faîtes que ce soit le plus loin possible de sa salle que nous ayons à nous séparer ! Pria le plus vieux en le lui indiquant.
-Oh, je suis dans la salle voisine !
Noooon…
-On monte ?!
-Je te suis, soupira-t-il.
Heureusement, le silence étant de mise, le débit fut calmé, à défaut de stoppé, et plus agréable à l’oreille.
-Tu es dans quelle classe, toi ?
-Terminale. Et toi ?
-Wah, t’es vieux, alors ! Moi, je suis en seconde, encore !
Si jeune et déjà irrespectueux…
-D’ailleurs, t’a fait tout ton lycée ici ou tu en as changé ?
-Je suis ici depuis mes premières classes. J’ai fait toute ma scolarité entre ces murs.
-Même la primaire ?
-Même la maternelle. Ils les ont fermés par manque d’élèves, il n’y a pas longtemps.
-Wah !
Tournant légèrement la tête, Yao aperçut comme des étoiles dans le regard bleu du plus jeune.
-Alors, tu connais tout le monde et le bahut comme ta poche !
-Euh, oui…
-Mat’ et moi on déménage souvent, donc on n’a jamais eu cette possibilité ! Encore, moi, j’ai la chance de me faire facilement des amis, mais mon cousin est trop timide pour ça, donc il est souvent seul !
Et c’était reparti… Quel bavard !
-… Et donc, depuis ce jour, j’ai peur des araignées et Mat’ des guêpes, c’est dingue, hein ?
-Époustouflant, marmonna Yao sans avoir écouté.
Alfred fit la moue en s’en rendant compte. Il avait dû être trop enthousiaste lors des premiers instants.
-Oh, ma classe est déjà là ! Glapit-il. On se revoit plus tard, Yao ?!
Il n’attendit pas la réponse et sauta vers lui avant de faire volte-face, rejoignant ses camarades.
Il m’a embrassé…
