Demande de Pologne de HO.
Katyusha touilla sa cuillère dans la glace presque fondue tout en soupirant fortement.
À ses côtés, Feliks sirotait un milk-shake multicolore.
-Tu ne veux toujours pas me raconter ce qu’il a fait ? Ce qui s’est passé ?
Elle lâcha sa cuillère et éclata en sanglots, attrapant le mouchoir que son ami lui tendait tout en jouant avec sa paille.
-Il vaut pas tes larmes, alors sèche-les, marmonna-t-il.
-Merci, renifla-t-elle.
Elle se moucha bruyamment, reniflant encore un peu.
-Quel déplorable spectacle tu m’offres ! Commenta le Polonais.
Il se reçut un mouchoir roulé en boule sur le haut du crâne en grimaçant de dégoût.
-Je ne veux même pas savoir si tu l’as utilisé pour t’essuyer les yeux ou le nez !
Elle lui tira la langue malgré ses larmes.
-Idiot, va, renifla-t-elle.
-Ce qu’il ne faut pas faire pour te faire de nouveau sourire !
Il se reçut un nouveau mouchoir sur le coin du crâne.
-Eurk ! C’est répugnant, franchement, Katyusha.
-T’as encore du chocolat ?
Se dirigeant vers la cuisine où il sortit la totalité de ses réserves, il soupira à son tour.
Il fallait vraiment qu’il l’apprécie pour la laisser ainsi squatter son appartement et vider ses mouchoirs et son chocolat.
-Est-ce que vos désirs sont satisfaits, maintenant, noble dame ?
-Absolument, mon brave. Bien que je ne sois pas contre un petit massage de la plante des pieds…
-Même pas en rêve, je viens tout juste de refaire ma manucure ! S’offusqua faussement Feliks.
En réponse, elle ôta ses chaussures lapins et agita ses pieds nus sous le nez de son ami qui prit un air dédaigneux.
-Ôtez ces vilains appendices de ma figure, je vous prie, souillon.
Elle se jeta alors sur lui et ça dégénéra en bagarre de chatouilles à renfort de coussins et autres objets leur venant en main.
Lorsqu’ils cessèrent, à bout de souffle et dépenaillés, ils tentèrent de se séparer malgré leurs membres fatigués mais n’arrivèrent à rien, se couvrant juste un peu plus de poussière.
Lorsqu’ils cessèrent enfin leurs enfantillages, Katyusha avait la tête sur le torse de son ami qui, lui, caressait les cheveux cendrés étalés sur lui.
Elle soupira de nouveau, sa tristesse lui revenant en tête.
-Ne me dis pas que cet abruti te manque ! Râla Feliks, mécontent.
Il avait réussi à lui éclaircir l’humeur, c’était pas pour que l’autre albinos lui revienne en tête, pour ne pas dire dans son cœur.
-Oublie Gilbert, pour cette journée, au moins…
-Mais…
Elle tourna la tête, l’enfouissant dans la veste confortable que portait son ami. Ses épaules étaient légèrement secouées par ses sanglots.
Feliks ne dit rien, continuant ses caresses.
-Toi, au moins, tu es gentil avec moi, articula-t-elle difficilement.
Et c’est reparti, encore ce refrain, pensa-t-il.
Rapidement, Ekaterina enchaîna des louanges sur son ami et rouler dans la boue celui qu’elle aimait, ce qui n’était pas déplaisant pour Feliks qui ne le portait pas dans son cœur.
-Si seulement il pouvait être aussi attentionné que toi… aussi gentil…
-Le jour où il aura le visage tourné ailleurs que sur son nombril ou son reflet, peut-être, critiqua-t-il en réponse.
Il pouvait sentir la chaleur de son corps contre le sien. Son souffle glissait sur sa peau, telle une caresse. La prise de ses mains sur sa veste semblait être une promesse.
Il resserra son étreinte sur elle de manière imperceptible, comprenant qu’il ne pourrait se contenter que de ça, à défaut d’autre chose.
-Feliks, chouina-t-elle de nouveau, pourquoi je tombe que sur des connards ? D’abord Francis, maintenant Gilbert, j’arriverais jamais à trouver un mec bien !
-Mais non, voyons, ne dis pas ça, tempéra-t-il.
-Je devrais faire comme toi…
Elle se moucha longuement, laissant Feliks sur sa faim, attendant de savoir la suite de ce qui pourrait être un compliment.
-Comme moi, donc ? La relança-t-il.
-Oui, comme toi, je vais finir par devenir homosexuelle, je tomberais pas sur des connards, au moins !
Elle replongea sa tête dans la veste de Feliks qui hésita à faire de même, le cœur brisé.
