Liechtenstein : Lily / Belgique : Bieke
Demande d’un(e) Guest.
Un papier de soie fut froissé alors que des doigts délicats s’emparaient d’un des trésors qu’il dérobait à la vue. Le trésor fut glissé entre les lèvres ourlées qui s’étaient gracieusement écartées pour permettre le passage.
Un petit gémissement de plaisir en sortit, la saveur explosa dans le palais, le ravissant au passage, alors que la propriétaire fermait les yeux pour accentuer le ressenti, un petit sourire aux lèvres.
Elle se pencha, ouvrant un carton dont elle sortit une friandise qu’elle présenta à son amie qui ouvrit la bouche à son tour pour une nouvelle expérience.
Les saveurs se mélangeaient, leur faisant vivre de drôles de réactions, des sensations.
Il fut un temps où on prêtait au cacao bien des propriétés, dont des vertus aphrodisiaques que plus d’une personne prétendait avoir ressenti. Et si même la science avait démoli ce mythe, ça ne gênait nullement Liechtenstein et Belgique de mener leurs propres expériences… personnelles.
Ni leurs frères -ignorants de leurs rapprochements- ni France -qu’il continua de se croire producteur de chocolats, ce grand importateur- ne viendraient les déranger, elles y avaient veillé, sous le sourire amusé et conspirateur de Hongrie qu’elles aimaient bien inviter de temps à autre.
Profiter des plaisirs de la vie de mille façons et en prenant son temps était un luxe que nombre d’entre eux prenait. Plus le temps passait et plus leur nombre croissait. Le confort des temps modernes et la pacification des relations mondiales étaient un véhicule bien pratique à prendre.
Les boîtes de chocolats s’écrasèrent au sol alors que Bieke s’installait à califourchon sur Lily, une mignardise dépassant de ses lèvres alors qu’elle se penchait sur elle, ses cheveux glissant de ses épaules dénudées pour encadrer son doux visage.
Lily releva la tête pour rencontrer les lèvres et attraper la douceur, l’enroulant de sa langue et se frottant à celle de la Belge, faisant fondre le chocolat à travers ce baiser qui devenait un peu plus intense au fur et à mesure que le cacao se mêlait à leurs salives.
Le contact de leurs peaux nues n’était qu’un bonus dans leur petit moment à deux, mais elles en profitaient bien, les prolongeant, les renouvelant, jouant avec leurs nerfs encore et encore, les poussant toujours plus loin.
L’idée était de ne pas succomber, de laisser la lame couvant au fond de leurs ventres les engloutir et parcourir leurs veines, telle une drogue des plus mortelles.
Elles se séparèrent, le souffle court, un relief de gourmandise fondant sur leurs langues, alors qu’elles se fixaient, leurs membres tremblant sous l’effet de ce désir brûlant qui les envahissait finalement, mêlant frustration et satisfaction, leur retournant l’esprit et les sens.
Mais leurs mains se retrouvèrent et l’une s’agrippa à l’autre, les muscles tétanisés, tirant chacun de son côté, ajoutant de la douleur au maelstrom qui les enivrait déjà.
Il fallut attendre plusieurs dizaines de minutes durant lesquelles il n’y eut que leurs respirations coupées puis hachées pour briser le silence.
Lentement, elles redevenaient propriétaires de leurs corps.
Le plafond était presque beau avec toutes ces étincelles de couleur et autres spirographes envahissant leur vision…
Lily gloussa, ses bras bougeant vaguement alors qu’elle tentait de se redresser, mais ses muscles refusaient de lui répondre à 100 % alors elle retomba bien vite, ce qui diminua son hilarité.
À ses côtés, Bieke partageait ses rires, sa gorge lui faisant mal et le corps secoué par les spasmes.
Il n’y avait rien de comique dans leur situation actuelle, l’air était même teintée d’un rien d’érotisme qui renforçait l’intimité de ce partage, de cet échange.
Leur éclat se calma à grand-peine, plus par nécessité que par reprise de soi, et Bieke ferma les yeux, écoutant un bruit lointain semblable à une mélodie. Qu’était-ce donc ?
Dans un chuintement, la porte s’ouvrit puis se referma, alors qu’une personne pénétrait ce sanctuaire sacré.
Oups, elles avaient oublié de verrouiller derrière elles.
Luttant contre la langueur s’emparant d’elles, les deux nations se redressèrent, prête à houspiller l’intrus osant les troubler. Mais leur fureur retomba aussi vite qu’un soufflé lorsqu’elles le reconnurent.
-Élizavéta ? Un problème avec nos frères ?
La Hongroise se contenta de sourire et tourner le verrou, sans quitter des yeux les jeunes femmes dénudées frémissant doucement.
Puis, elle s’approcha en agrandissant son sourire.
-Vous ne croyez tout de même pas que j’allais vous laisser seules ?
