Foire à l'OS

Foire à l’OS – Italie du Nord & Japon – Tourisme 40/197

Demande de Guest


Quelques jours plus tôt, Italie du Nord et Japon avaient décidé que le premier ferait visiter au second son beau pays. Bon, en temps de guerre, c’était pas aussi chic et représentatif de la culture italienne, mais autant profiter de sa présence !

Allemagne vint leur souhaiter un bon voyage entre deux obligations, et il pria silencieusement pour que Kiku survive à la conduite mortelle du plus jeune. C’était tout ce qu’il pouvait faire dans une pareille situation. La dernière fois qu’il avait confisqué les clés, Feliciano avait fait de sa semaine un enfer sur terre. Pour courir, il n’y avait personne, mais pour se venger, il avait des ressources insoupçonnées !

Kiku ne quitta pas son ami d’une semelle, un peu effrayé par toutes ces différences culturelles. Il ne savait plus où donner de la tête avec tout ce qu’il voyait, entendait, sentait.

De par son statut de nation (en plus d’être haut placé dans la hiérarchie politique), Feliciano pouvait accéder à des parties interdites au public en temps normal et était, évidemment, bien meilleur que le guide le plus chevronné du globe. L’avantage d’avoir vécu cette histoire exposée.

-Le soleil va bientôt se coucher, commenta l’Italien. Et le couvre-feu va se faire entendre. On rentre ?

En bon paranoïaque, Feli ne vivait pas dans une demeure luxueuse en plein centre-ville avec des moulures partout et une fontaine dans le jardin. Non, ça c’était en temps de paix ou pour donner une image fastueuse du train de vie en capitale.

Étonné, Kiku le suivait dans des petites ruelles sombres où les gens circulaient rapidement, la tête baissée, et où la milice ne restait pas longtemps, l’air tendu et peu assuré.

Mais où l’emmenait-il ? Pas qu’il lui faisait confiance, évidemment, mais on restait en temps de guerre, tout de même. Le sens de l’honneur n’avait plus autant cours qu’auparavant, peut-être tout cela n’était-il qu’un traquenard ? Peut-être même était-ce une demande d’Allemagne en réponse à la lenteur de son propre gouvernement ?!

-On est arrivé ! Chantonna Feliciano.

Il sortit une lourde clé de ses poches et ouvrit avec difficulté la porte épaisse. D’ailleurs, il referma avec application après qu’ils soient rentrés.

-Bien ! Nous voilà en sécurité pour la nuit ! Déclara l’Italien.

Kiku ne dit pas un mot, se contentant de hocher la tête plus ou moins lentement. En sécurité ? Vraiment ?

Croisant le regard inquiet, Feli s’empressa d’apaiser les craintes de son ami. Le quartier n’était pas sûr -le pays entier à vrai dire- à cause du nombre croissant de résistants à la botte de son frère aîné. Il valait donc mieux qu’ils passent la nuit dans ce lieu secret -Feli déménageait presque tous les mois- et sous la bonne garde de ces épaisses portes ! Pas que leur mort ne l’inquiète -presque impossible à réaliser- mais l’Homme n’était pas plus doux avec ses congénères qu’avec les animaux. Et encore.

-Profitons-en pour te faire découvrir les merveilles de la cuisine italienne ! Tu m’en diras des nouvelles !

Si la promesse le fit saliver, le résultat n’eut pas le même effet. Le rationnement était passé par là, forçant l’imagination et la débrouillardise, deux qualités que, heureusement, possédait l’Italie du Nord.

N’empêche, le résultat était peu fameux. Bah ! On était en guerre, après tout ! Et au moins avaient-ils de quoi se remplir l’estomac.

Le repas se passa de la même manière que la journée, Feli pépiant en tous sens et Kiku lâchant quelques mots par-ci, par-là.

La nuit qui suivi fut nullement reposante, Feliciano se tordant dans son lit en prise à des cauchemars et aux douleurs liées à sa nature de nation. Dehors, il pleuvait des bombes et leur sommeil fut rythmé par les alarmes d’évacuation. Sortir ? Pas besoin, l’immeuble pouvait leur tomber dessus qu’ils se réveilleraient demain.

Déjà avec Allemagne, ils tenaient le même raisonnement, bien que… Tiens, c’est vrai, Italie jouait toujours les froussards et marchandait pendant des heures pour qu’ils aillent tous les trois dans l’abri le plus proche ! Pour quelle raison ne tenait-il pas le même discours ?

S’étant relevé à cette révélation, Kiku ne put s’empêcher de regarder vers le lit où s’était couché son allié. Qui était allongé sur le côté, semblant l’observer depuis des heures.

-Ne pas avoir peur du bombardement ne colle pas vraiment au caractère de mon personnage, Kiku, déclara-t-il tranquillement.

Il ne put qu’en convenir. Par contre, c’était quoi cette invasion de couchette ?

Nullement déphasé, Feli se faufilait dans le lit du Japonais, un petit sourire aux lèvres.

-Mais, si ça peut te rassurer… J’ai peur Kiku, je peux dormir avec toi ? Minauda-t-il d’une voix aiguë.

Embarrassé, il lui tourna le dos et ne dit rien lorsqu’il se colla à lui.

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