Foire à l'OS

Foire à l’OS – Autriche & Prusse – Traquenard 38/197

Demande de Vladamdam


Roderich observait avec dédain les chaînes qui le retenaient. Comme si ça voulait dire la moindre chose pour une nation ! Ces entraves n’étaient qu’une illusion, une fausse sécurité pour des humains à l’espérance de vie risible. Que pourraient-ils bien lui faire ?

Rien. Ça leur était interdit, tout simplement. Ça et le fait qu’ils n’avaient pas la connaissance pour lui faire du mal.

Il changea de couleur lorsque la chevelure blanche et la voix narquoise entra dans son champs de vision. Prusse. Évidemment.

-Ne pense pas que je vais te faire le plaisir de me laisser faire.

-Mais je l’espère bien ! Répondit Gilbert avec un sourire effrayant.

Tous deux savaient très bien comment ça allait se dérouler. Rien ne dérogerait à la règle, tel du papier à musique. C’était une espèce de rituel, une habitude qui permettait de les rassurer d’une certaine manière.

Peut-on faire confiance à la race humaine alors qu’elle tentait de faire du mal à des nations qui leur étaient hors de portée ?

Il fut jeté dans un cachot quelconque où il s’installa confortablement, attendant une visite qui ne tarderait pas. Il le savait. Pourquoi déroger aux habitudes ?

D’ailleurs, des pas résonnaient à travers le couloir glacial.

-Beau temps pour la saison, déclara son hôte sur son habituel ton grinçant.

-La température est atroce. Vous nous avez déclaré la guerre pour vous réchauffer, pourrait-on croire.

Les deux regards peu ordinaires se défièrent sans qu’un mot de plus ne soit ajouté. Des petits sourires en coin étiraient leurs lèvres, mais ils faisaient attention à ne pas relever celui de l’autre afin de ne pas avoir à expliquer le sien.

Gilbert avança d’un pas, s’approchant d’autant plus des barreaux qui les séparaient. Sa main gantée attrapa l’un d’entre eux, se refermant violemment, comme si c’était le cou pâle du mélomane.

-Si tu penses m’effrayer…

-Je ne fais pas que le penser, ricana l’albinos.

Ils allaient poursuivre leur mise en scène lorsqu’il y eut quelque chose de différent. Un intrus. Ou, plutôt, une intruse.

Une intruse qui ouvrit violemment la grille, le poussa dans le cachot et le referma, le tout avant qu’aucun des deux ne puisse réagir.

Lorsqu’ils reprirent leurs esprits, Élizaveta leur faisait face avec un trousseau de clés épaisses qui disaient quelque chose à Gilbert, celui-ci mettant la main à sa ceinture vivement. Évidemment, il n’y avait plus rien.

-Hé hé hé ! Rit-elle. Il semblerait que j’ai gagné mon pari avec Vash !

Elle les salua une dernière fois et s’éloigna dans le couloir en sifflotant.

Les deux ennemis se toisèrent du regard, se défiant de se moquer.

-Bon, plus qu’à attendre la relève des gardes. Ils ont un double, normalement, soupira Gilbert.

Il prit place contre le mur lui faisait face, poussant du pied les chaînes qui y rouillaient, tentant de trouver un peu de confort dans cette cellule de pierre. Autant dire qu’il fallait revoir ses exigences à la baisse, dans pareille situation.

-J’ignorais que Élizaveta était là… finit par déclarer l’albinos.

-Tu n’es même pas capable de savoir si d’autres nations se trouvent sur ton territoire ? Pathétique, ricana-t-il.

-Je t’emmerde.

Un sourire aussi moqueur que hautain sur les lèvres, Roderich bougea les mains afin d’être plus à l’aise, malgré les menottes un peu trop serrées.

-Voilà un rebondissement des plus inattendus, en tout cas ! Nous étions si bien partis, pourtant ! Se moqua de nouveau l’Autrichien. Tout était prêt, tout allait commencer, le mécanisme était bien huilé !

-Eli est un foutu grain de sable, marmonna Gilbert.

Il sortit difficilement d’une poche une petite clé qu’il balança à son vis-à-vis qui la regarda sans comprendre.

-Eh bien ? Qu’attends-tu ? À défaut d’ouvrir la cellule, je peux toujours te libérer de tes menottes.

Cachant au mieux sa surprise, le noble obtempéra et se libéra maladroitement, se massant les poignets.

-Et maintenant ? Que fait-on ?

Fouillant de nouveau ses poches, Gilbert eut la surprise d’y trouver un jeu de cartes.

-Une partie ?

Roderich hocha la tête et les cartes furent distribuées.

À ce spectacle, Hongrie piqua une colère, comprenant que son plan avait échoué. Ils allaient pourtant si bien ensemble !

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