Demande de quelqu’un de HO.
La guerre était finie. Il y avait des morts, des blessés, des dégâts matériels en tout genre. Des orphelins, des veuves et des veufs.
Il y avait la mort. Mais aussi la vie.
Et l’amour.
-Ludwig ? Regarde-moi…
-F… France ? C’est toi ? C’est…
Il fut propulsé dans les bras de France par une impulsion de celui-ci qui le serra fortement contre lui. Ce fut une étreinte désespérée mais forte. Et elle ne fut pas défaite de sitôt.
-Tant d’années se sont écoulées. Et elle ne reviendront pas.
Les deux corps alanguis sous les draps se serraient l’un contre l’autre. Les respirations étaient lourdes et profondes, les cheveux étaient emmêlés, les peaux étaient luisantes de sueur. Les deux amants dormaient du sommeil du juste, ne se lâchant pas une seule fois. Ils avaient trop perdu de temps à se tourner autour, à se faire la guerre et à s’ignorer pour ne pas savourer chaque seconde passée ensemble.
Ils passaient les journées côte à côte à se distraire de mille manières, la lecture à voix haute, les jeux de société, ouvrages, siestes…
Ils se redécouvraient par petits gestes, petits mots, se remémorant le passé doux qu’ils avaient partagé et oubliant les coups durs et les trahisons, autant de leurs propres faits que de ceux de leurs dirigeants respectifs. Ah, les Hommes…
Il n’y avait personne en dehors d’eux, juste des yeux bleus dans lesquels se perdre, des cheveux blonds avec lesquels jouer, des bras fins ou puissants où se réfugier. Et un amour dévorant.
-Ludwig, tu me passes le pain ?
Le repas était différent de bien d’autres auparavant. En effet, Italie du Nord et Prusse avaient été invités, autant pour les rassurer de leur état physique et mental que pour avoir des nouvelles du monde extérieur. Leur présence, bien qu’un peu étrangère après des semaines coupés de tout contact, était grandement appréciée. La grande amitié de Feliciano et l’amour fraternel de Gilbert envers Ludwig, et l’inverse pour Francis. Prusse ne disait mot, couvant du regard son plus si petit frère qui possédait une tranquillité de l’âme dont il aurait pu être jaloux si son regard ne restait pas hanté malgré les attentions nombreuses de son meilleur ami.
Feliciano, lui, babillait en tout sens, faisant l’essentiel de la conversation qui était parfois agrémentée de quelques mots de France et de regards d’Allemagne qui le faisaient parfois rougir, augmentant le sourire moqueur de Prusse.
Quel couple farfelu, n’est-ce pas ? Mais ne l’étaient-ils pas tous ?
L’amitié franco-allemande. L’alliance franco-allemande. L’entente franco-allemande.
Pourquoi cacher leur relation si le monde entier était au courant de l’entente de leurs deux pays ? L’un des deux aurait été une femme qu’un mariage aurait été organisé à ne pas en douter !
Depuis la réconciliation des deux pays, des félicitations leur avaient été adressées d’un peu partout, ainsi que quelques moqueries en tout genre qui n’étaient pas toujours courtoises.
Mais ça leur passait au-dessus de la tête. Bien au-dessus, même.
Qu’ils soient au courant ou qu’ils ne le soient pas n’était qu’un détail. Ils n’attendaient rien de leur part ! Ni félicitation, ni accord, ni commentaire là-dessus. Et encore moins de leurs proches.
Que tout le monde croie que Francis avait une aventure avec Angleterre ! Qu’ils pensent que Ludwig entretient une relation platonique avec Italie du Nord ! Si ça peut leur faire plaisir…
-Non, Francis, pas en public ! Couina Ludwig, le plus bas possible.
Sur sa cuisse, la main habile poursuivait toujours son chemin, montant de plus en plus haut, de plus en plus près de…
-Francis !
La main se retira, mais pas le petit sourire joueur des lèvres du susnommé.
-Cette réunion est d’un ennui… soupira-t-il. J’ai hâte qu’elle finisse !
Il se pencha discrètement vers son oreille, lui murmurant tout ce qu’il comptait lui faire une fois libéré de leurs devoirs de nation, obtenant un léger rougissement sur les pommettes de l’objet de son attention.
Mais Ludwig savait que leur relation n’était pas portée que sur le sexe et que malgré les avances un peu osées et les promesses renversantes, ils pouvaient rester des heures à se conter fleurette et à se regarder yeux dans les yeux.
-Tout ce que tu veux, mais pour le moment, concentre-toi, je te prie, je dois écouter, c’est important.
Sagement, France se redressa et prit des notes pour donner le change, bien que sa jambe était prise de tics, s’agitant silencieusement.
Le soleil caressait le parquet de ses rayons, glissant à travers les volets mal fermés de la veille.
Les vêtements étaient froissés, laissés là où ils étaient tombés, et les deux corps sur le lit défait respiraient paisiblement.
Malgré les apparences, les deux hommes n’avaient fait que s’écrouler sur leur couche, la veille, jetant leurs habits un peu n’importe où, et se pelotonnant l’un dans les bras de l’autre, la soirée ayant été épuisante.
Ludwig fut le premier à ouvrir les yeux, mais il resta là où il était, observant le visage endormi de son compagnon.
-Ich liebe dich, souffla-t-il.
