Santuzza : 2p!Nyo!Italie du Sud / Flavia : 2p!Nyo!Italie du Nord / Gisèle : 2p!Nyo!Allemagne / Edenia : 2p!Nyo!Espagne
Demande de Dokigaygay
-Les roses sont arrivées ?
-À l’instant. Toutes fraîches. La coiffeuse commence leur préparation.
-Parfait. Les lumières ?
-En train d’être vérifiées.
Les coulisses fourmillaient d’activité et la nervosité s’élevait d’un cran supplémentaire à chaque poignée de minutes s’écoulant, le délai s’effritant.
Mais au milieu de cette agitation, il y avait une bulle de calme où se trouvait la personne la plus importante de la soirée.
Se fixant d’un air sévère à l’aide de la grande glace lui faisant face, la quarantenaire évaluait le chignon mis en place par la coiffeuse, avant de tirer sur une épingle et de la jeter sur le plan de travail d’un air dédaigneux.
Ses boucles brunes retombèrent sur ses épaules, mais elle n’en avait cure, se levant brusquement et tirant sur le bustier, puis sur la jupe, la ceinture, de la robe rouge style flamenco qu’elle portait.
Elle ne réagit pas lorsqu’on toqua à la porte, ni quand celle-ci s’ouvrit pour laisser passer la manucure intimidée qui trébucha sur une chaussure traînant sur le sol.
Complètement rouge, la jeune fille s’empressa auprès de la diva qui continua de l’ignorer, toujours à la recherche de la moindre imperfection dans sa tenue.
Une fois son regard d’aigle ayant contrôlé chaque cm² de son apparence, elle reprit place sur le siège de tantôt et tendit une main dédaigneuse en direction de la praticienne, l’invitant à se mettre au travail. Déjà qu’elle était en retard…
En larmes, la coiffeuse sortit en trombe de la loge, manquant de peu d’entrer en collision avec un technicien qui se retrouva avec la demoiselle dans les bras, trempant son épaule. Heureusement pour lui, cette agitation attira l’attention de ceux qu’il fallait.
-C’est quoi, cette fois ? Soupira l’un en tendant un verre d’eau.
-Elle a dit que ma création était immonde et que je ferais mieux de me couper les mains pour cesser d’apporter la honte au monde de la coiffure, bégaya-t-elle entre deux sanglots.
Il fut complexe d’apaiser la jeune femme qui avait subi une nouvelle fois le caractère infâme de la célébrité, et plus encore de la convaincre d’y retourner afin d’achever son travail.
On ne faisait pas attendre le monde du spectacle.
À l’extérieur de la salle de concert, la foule s’amassait, luttant contre le froid du mieux qu’ils pouvaient, chantant à tue-tête pour se remettre d’entrain.
Ici et là, on pouvait apercevoir quelques drapeaux et pancartes s’agitant déjà, pressés d’être aperçus, ornés de symboles, de mots, de dessins…
Parmi les fans et les groupies, on pouvait apercevoir un trio un peu en retrait, composé de trois femmes, dont deux partageant des traits physiques, l’une d’entre elle se pressant contre le corps de la troisième.
-Pourquoi avoir pris des places dans la fosse ? On voit tout aussi bien depuis les tribunes ! Déclara timidement la jumelle solitaire.
Le regard mauvais que lui lança sa sœur la fit frissonner et se recroqueviller.
Mais sa compagne l’apaisa d’une caresse dans le dos, n’étant pas adepte du langage. Aussitôt, Flavia s’accrocha à son cou, roucoulant bruyamment, sans prêter attention à ceux qui l’entouraient.
Sa sœur, Santuzza, essaya de se faire oublier, rentrant la tête dans le cou et fixant ses pieds.
Avec une sœur à forte personnalité, difficile de s’affirmer…
Les portes finirent par s’ouvrir et la foule avança par-à-coup, entraînant les trois jeunes filles au passage.
Santuzza tournait la tête un peu partout. Il y avait trop de monde pour elle, trop d’agitation. La chaleur lui montait au cerveau, lui donnant des vertiges et troublant sa vision. Elle ferait peut-être mieux d’attirer l’attention des agents de sécurité, qu’ils l’évacuent avant qu’elle ne touche sol…
Mais elle n’eut même pas le temps d’amorcer un mouvement que la lumière changeait et qu’un fond de batterie s’élevait. Trop tard.
Elle avança malgré elle, poussée par ses voisins, se rapprochant de la scène.
Une silhouette floue se rapprochait, traversant les nuages de fumée sans marquer le moindre arrêt. Des noms étaient lancés à travers la salle.
Encore un jeu de lumière, et elle parut jaillir du brouillard, ses traits d’aigle mis en valeur par le maquillage, les cheveux tirés sur un côté de sa tête et retombant sur l’épaule de sa robe rouge.
Son micro à la main, elle défiait le public de la troubler, provoquant des réactions de joie, fusillant les oreilles de Santuzza qui n’arrivait plus à décrocher ses yeux d’elle.
Leurs regards parurent se croiser parmi les centaines de personnes agglutinées entre elles.
-Je crois que je suis amoureuse, souffla la jeune fille.
