–I’m a hero !
-Et de quinze, marmonna Francis tout bas. Je me demande quand il arrêtera.
-L’espoir fait vivre, camarade !
-Oh, Ivan. Ce n’était pas Chine mon voisin ?
-Il a préféré endurer le voisinage d’Angleterre au mien. C’est d’un dommage…
Le grand Russe esquissa une moue triste en accord avec ses paroles.
-Tu ne sembles pas aller bien ces derniers temps, j’ai remarqué. Tu as des problèmes avec tes sœurs ?
Un haussement de épaules lui répondit. Mais ça ne suffisait pas à Francis, ça non ! Alors il le poussa doucement du coude pour le presser aux confessions.
-Tu es trop curieux.
-Je préfère penser que je suis attentif à mon entourage.
-C’est la même chose.
-C’est moins péjoratif. Allez, je serai muet comme… comme euh… ta pioche.
Ivan ricana tout bas alors que le blond souriait. Bon, sa comparaison était des plus faibles, certes, mais c’était le résultat qui comptait !
-C’est Alfred. Depuis l’éclatement de l’URSS, ce n’est plus la même chose. Avant il s’intéressait à moi, nous étions en compétition… Pourquoi Angleterre et toi vous arrivez encore à vous intéresser, alors que nous deux…
-Alfred est quelqu’un de très égocentrique. Tant que tu n’as pas une chance de le talonner, il ne se retournera pas. Si Arthur le traite souvent d’ingrat, c’est bien à cause de ce trait de caractère. Et Arthur et moi, c’est incomparable. C’est un peu comme Prusse et Hongrie : une très vieille histoire née de nombreux conflits et d’une proximité forcée.
-Et maintenant, je suis seul. Mes sœurs, les trois pays Baltes, Chine… Je n’ai plus personne. J’en suis presque à regretter la présence de Prusse !
La boutade les fit sourire tous les deux. Aussi profonde que l’était l’amitié liant les trois membres du Bad Touch, Gilbert, Antonio et Francis concédaient le fait que les deux autres avaient un caractère plus que exprimé et marqué.
-Tu dois vraiment te sentir seul, pour ça, ricana le Français.
Il se reçut d’ailleurs un emballage de hamburger roulé en boule, dans le front.
-Si je vous dérange, vous pouvez sortir, cingla USA.
-Le sujet est inintéressant, ton discours est incompréhensible, commença Francis en se levant, le spectacle que tu nous offres est répugnant ! Je n’ai rien à faire dans le thème de cette réunion, alors je m’occupe comme je peux ! Et si ça te dérange toi, parce que je fais la causette avec Russie, c’est que tu as un problème.
L’attitude de Francis effara Chine et Amérique, rappela à Canada son enfance, et à Angleterre et Allemagne les différentes guerres entre eux. Italie, lui, glapit en retrouvant une icône qui lui faisait peur.
Russie sourit.
-Je suis la première puissance mondiale !
-Et c’est tout. Tu veux savoir ce que ma population pense de la tienne ? « Aux USA, quelqu’un qui s’intéresse à la culture européenne, c’est un intellectuel. En Europe, quelqu’un qui s’intéresse à la culture américaine, c’est un attardé ! »
Russie ricana discrètement.
