Francis était odieux ces derniers temps. Certes, son nouveau boss était incompétent comme pas deux, mais il pouvait être assez gentleman pour garder ses ressentiments pour lui. Après tout, tout un chacun avait un caractère posé, non ?
Hum, oubliez ça.
Mais là, l’état français méritait des tartes, et plus que d’ordinaire.
En effet, depuis le début de l’après-midi, il harcelait Belgique de blagues sur son peuple, les tournant au ridicule.
Si au début la jolie nation était restée calme et courtoise (« -Francis, ce n’est pas drôle, et tu le sais. »), elle paraissait fulminer des affronts portés à son encontre (puisqu’elle représentait la population belge).
Nul ne songeait à voler au secours de la jeune blonde. Déjà, parce que son frère lui-même n’avait pas levé le petit doigt malgré la présence insistante du gastronome. Ensuite, parce que… Parce que Belgique semblait terrifiante à l’instant même.
-Hey, Bieke ! À quoi reconnaît-on un belge dans un groupe de charmeurs de serpents ?
Quelques esprits alertes notèrent que la paupière de la blonde s’était mise à tressaillir. D’autres perçurent son aura s’assombrir. Et enfin, les derniers captèrent le bruit des phalanges serrées.
Armée d’un sourire resplendissant, et aussi grand que faux, elle prit la parole.
-Dis-moi Francis, tu sais pourquoi [les blondes ont le nombril bleu / les Français aiment-ils tant les histoires de Belges] ?
Un peu déstabilisé, il lui fallut quelques cillements avant de reprendre pied.
-Euh non…
-[Parce que les blonds, ça existe aussi. / Car ce sont les seules qu’ils comprennent.]
Fière de son coup, elle se leva et alla s’asseoir auprès de Espagne qui lui tendit une tomate bien fraîche.
« À quoi reconnaît-on un belge dans un groupe de charmeur de serpents ?
-C’est le seul qui souffle dans le serpent »
